La violence du mal est-elle soluble dans la raison ?

Par Liliane Messika,
[26 novembre 2025]

Jeudi 13 novembre 2025

Dix ans après les attentats du Bataclan, de multiples cérémonies ont marqué le funeste anniversaire de 132 morts, 413 blessés et 67 millions de traumatisés.

Que nous disent ces chiffres ? On peut les contextualiser avec un pogrom que les Français ont tendance à oublier, pour ne s’intéresser qu’aux représailles qui l’a suivi. Passés par profit (pour les antisémites) et pertes (pour les humains) donc, les 1200 morts et 4500 blessés du 7 octobre 2023 en Israël. Au prorata de la population française (9 millions/67 millions), cela correspond à 8400 morts et 31 500 blessés. Sans compter 251 otages, soit l’équivalent de 1757 Français.

Cette violence du mal à l’état pur est-elle soluble dans la raison ?

Si les arguments de l’antithèse débordent de la page, plus difficiles d’accès sont ceux de la thèse. Mais devoir de philo oblige : dansons les trois temps de thèse, antithèse et synthèse !

Thèse fantasmatique : la violence du mal est influençable par la raison

Dans les démocraties, on cache le mal, celui qu’on fait et celui qu’on voit, pour ne pas avoir à lutter contre lui. On cache encore plus profondément le mal que l’Autre nous fait, car notre civilisation judéo-chrétienne nous accable d’un péché originel et toute notre éducation nous condamne à la culpabilité. Quand, de surcroît, les reliquats de mai 68 ont planté dans nos tréfonds la sentence du « tu-aimeras-ton-lointain-plus-que-toi-même », la culpabilité d’être ce que nous sommes est plus forte que l’instinct de survie, qui n’a pas survécu à l’amollissant cocon de la civilisation.

Peut-on négocier avec les terroristes ?

À l’appui de la thèse, toutes les polices du monde se sont dotées de négociateurs depuis la fin du XXᵉ siècle. Mais il s’agit seulement de gagner du temps jusqu’à ce que le GIGN ait les coupables dans le viseur. Nul n’imagine que les kidnappeurs/terroristes/cambrioleurs auront une épiphanie en écoutant le négociateur et libéreront les otages en demandant pardon.

L’histoire se répète, avec les mêmes personnages. Les bons, les méchants et les lâches en pantoufles. Les collabos dansent avec les bandes de loups solitaires. Les demi-lâches leur refusent leur haine, espérant ainsi les amadouer. Comme s’ils pouvaient choisir leur ennemi, ou décider de n’en avoir aucun. Comme si ce n’était pas l’ennemi qui vous désignait :

« Vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez l’ennemi, vous l’êtes.1 »

La seule chose qui change, d’un siècle à l’autre, c’est la couleur de l’uniforme : le kaki nazi se porte désormais en vert et contre tous : les riches, les Blancs, les démocraties et les Juifs, surtout les Juifs.

Le vert-Hamas se décline en bandana (taille enfant, taille adulte) et s’assortit au keffieh, traditionnel en noir et blanc ou audacieusement rouge, façon Rima Hamassan de la Flottillette.

Connais ton ennemi

Si l’on veut combattre la violence du mal, que ce soit à coups de canon ou de raisonnements irréfragables, il faut le connaître, et pour cela l’étudier : son origine, son développement, ses stratégies, ses méthodes…

Le mal est un concept subjectif. Il n’a pas d’origine biologique, neurologique ou chimique et se cache souvent chez des personnalités « comme si ». La personnalité « comme si », décrite par la psychanalyste Hélène Deutsch en 1942, se caractérise par l’imitation des autres, l’absence de spontanéité et un sentiment de vide intérieur ou d’inauthenticité, malgré une apparence normale. Ce type de personnalité est souvent associé à un profond sentiment de fragilité et à une incapacité à établir des liens émotionnels profonds. Cette inadaptation relationnelle peut avoir de multiples causes. Ainsi, le lobe frontal, où se situe le siège de ces relations, n’est pas totalement développé dans l’autisme. Il peut aussi subir des atteintes qui affectent plus ou moins le comportement du sujet avec son entourage.

Homo Sapiens s’est différencié des autres animaux il y a environ cent millions d’années, quand est apparue chez lui la subjectivité.

C’est probablement à cette époque qu’Adam a mangé le fruit de la connaissance et qu’il est passé du jugement entre le vrai et le faux à celui entre le bien et le mal. Il voyait le réel tel qu’il était, il s’est mis à le penser tel qu’il pourrait être ou comme il le voudrait. La capacité d’inventer des choses qui n’existaient pas est un changement anthropologique qui lui a permis de s’élever et de dominer les autres espèces.

Et au sein de sa propre espèce ? Sa survie dans un environnement hostile dépendait de sa capacité à agir en groupe. Il lui a donc fallu apprendre à trouver un équilibre entre son intérêt personnel et celui de ses semblables. Grâce à Darwin, nous savons que cette capacité lui est venue avec le développement de son système cérébro-spinal.

L’homme comme sujet est l’objet de ses émotions

Au commencement était l’émotion.

Il Dottore Gabriel Offer, qui enseigne la Psycho-dynamique à des post-docs dans les universités de Padoue et de Vérone, est l’auteur d’une théorie qui complète celles déjà connues de ses étudiants : les stades du développement sensorimoteur décrits par Piaget et ceux de l’évolution sexuelle établis par Freud.

Partant de son observation clinique, Offer stipule que les stratégies de survie mises au point pendant la prime enfance (de la naissance à l’Œdipe) contre les peurs primales, sont adaptées et utilisées tout au long de la vie, régissant les conduites de l’adulte dès l’apparition d’un stress.

Résumé en quelques lignes d’une théorie complète et complexe :

De la naissance à un an, voire 18 mois, le bébé apprend l’alphabet émotionnel à partir de ses seules sensations, puis de ce qu’il ne sait pas encore être son environnement, particulièrement sa mère (ou son substitut).

De 18 mois à 3 ans, le narcissisme se met en place. Un narcissisme « sain » se construit par les interactions avec la mère et s’installe lorsque l’enfant intuite qu’il est aimé, même lorsqu’il n’agit pas de la façon attendue par l’adulte.

De l’Œdipe (± 3 ans) à 6 ans, l’enfant acquiert le « complément émotionnel » dont il aura besoin, notamment l’introjection du principe de différence entre les générations et entre les sexes.

Offer fait un parallèle entre ces stades de l’évolution de l’enfant et les cinq premiers commandements, qui résument l’enseignement de la différenciation : entre le Créateur et ses créatures, entre les stades calendaires, entre les sexes.

  1. Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai sorti d’Égypte (différence entre créateur et créature)
  2. Tu n’auras pas d’autres dieux en ma présence (hiérarchie entre créateur et créature et par extension entre les générations).
  3. Tu ne prononceras pas le nom de l’Éternel ton Dieu en vain (introduction d’une hiérarchie dans les paroles et des actes).
  4. Souviens-toi du Shabbat pour le sanctifier (introduction d’une concordance des temps)
  5. Honore ton père et ta mère (reconnaissance des sexes)

À chaque stade sa menace existentielle

On n’arrive pas à l’âge vénérable du Professeur en imaginant que l’intégration satisfaisante des trois stades affectifs produit un adulte parfait : le self-control des individus ne suffit pas à faire société. L’individu a besoin d’une superstructure extérieure (culture, éducation, foi…), qui s’incarne dans un arbitre indépendant (État, église…)

Mais quid des loupés à chaque stade de la maturation émotionnelle ?

Gabriel Offer postule qu’à chaque stade correspond une menace et à chaque menace une pathologie et des stratégies protectives.

Premier stade : la menace existentielle face à une impotence absolue est celle d’une non-réponse aux pleurs/cris de l’enfant. Cela peut aller jusqu’à la fragmentation émotionnelle. D’après le professeur, une mère hyper narcissique et un père passif constituent une recette pour la psychose, dont les hallucinations sont autant un mécanisme de défense contre la réalité qu’un symptôme.

Deuxième stade : Prise de conscience des limites, entre soi et la mère, entre soi et l’environnement, entre soi et l’Autre. Quand cette différentiation n’est pas clairement établie, elle peut être vécue comme une menace d’abandon, qui contrarie la construction du narcissisme et résulte en une faible estime de soi.

Troisième stade : Reconnaissance de ses propres besoins mais aussi de ceux des autres, ainsi que de la complémentarité entre les deux. L’absence de cette phase empêche l’émergence du surmoi, qui permet à l’individu de s’approprier la Loi. Si de surcroît, l’Œdipe n’est pas ou mal résolu, la confusion des sexes et des générations mène à des unions contre-nature.

Les stratégies par lesquelles les individus se protègent sont innombrables, mais elles ont en commun d’avoir été élaborées à un âge très précoce et de s’adapter au fur et à mesure de l’évolution de la personne, tout en demeurant inconscientes.

Antithèse : la violence du mal

Ce qui apparaît dans les réactions spontanées d’une personne, c’est la mise en œuvre d’un mécanisme de défense élaboré à une période très précoce, contre des menaces perçues au niveau inconscient.

Puisque « mal nommer les choses ajoute au malheur du monde et que ne pas les nommer est nier notre humanité2 », soyons précis et nommons : entre 1979 et avril 2024, il y a eu 66 872 attentats islamistes dans le monde. Ils ont provoqué la mort d’au moins 249 941 personnes (1979-2000 : 2 194 attentats et 6 817 morts ; 2001-2012 : 8 265 attentats et 38 187 morts ; 2013-avril 2024 : 56 413 attentats et 204 937 morts.)3

On parle d’attentats commis au cri de Allah akhbar par des croyants élevés dans la certitude que tuer un infidèle plaît à Allah et garantit au meurtrier une place au Paradis à la droite du Prophète avec, comme bonus, l’usage illimité de 72 vierges à l’hymen renouvelable. Les infidèles juifs comptent double et ceux tués pendant le ramadan itou. Il n’est pas précisé si le croyant qui tue un Juif pendant le ramadan a droit à 4×72=288 vierges.

Si ce que les Occidentaux identifient comme la violence du mal est, en réalité, la stratégie choisie à un âge très précoce par des bébés musulmans pour lutter contre une menace perçue comme existentielle, rien ne sert de les déradicaliser. En effet. La preuve en a été faite par millions d’euros sonnants, trébuchants et n’évitant pas un seul attentat.

La bien-pensance AOP woke indique à ses adeptes qu’il convient de considérer toute critique de l’idéologie islamique comme une menace contre les individus qui croient en Allah. Il est donc important, là aussi, de bien nommer les choses.

Les trois monothéismes sont liés par la généalogie : le judaïsme a engendré le christianisme, par un schisme entre les traditionalistes et des descendants des juifs messianiques, qui avaient reconnu le messie en Jésus (Yehoshoua ben-Iossef).

Le judaïsme est une éthique plutôt qu’un dogme : il se résume, si l’on en croit Hillel le Sage, à

« Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse4 »… et à étudier, étudier et étudier.

Le christianisme, qui a commencé comme branche du judaïsme, a été transformé en dogme par l’Église une fois assise dans ses fastes et dans ses ors5.

Pour se démarquer, le troisième larron a dû présenter à ses prospects des avantages inédits, absents de la panoplie de ses prédécesseurs. Plutôt que de placer en tête de gondole le bien et le mal, comme les Juifs, ou l’amour de Jésus, comme les chrétiens, il a énoncé la charia, qui consiste à imiter tout ce qu’a fait Mahomet et à proscrire tout ce qu’il a dédaigné, en mettant l’accent principalement sur les satisfactions narcissiques, la violence et le sadisme.

L’islam se présente comme un corpus paranoïaque, qui prend en charge la totalité des aspects de l’existence humaine, une globalité où le noir et le blanc ne tolèrent aucune nuance de gris. Cette superstructure culturelle et religieuse renforçant une éducation négligeant l’individu et valorisant le groupe, explique le recours généralisé à la violence par les adeptes.

La violence des pantoufles égale celle des bottes

Le 11 novembre 2025, jour anniversaire d’un armistice vieux de près d’un siècle, Jujupiter a reçu son homologue cisjordanien, Mahmoud Abbas, dictateur à la petite semaine. Au pluriel, les semaines : 1040 au total, soit 20 ans d’un mandat de 4 ans reconduit tacitement entre lui et lui-même depuis 2005.

Ils ont beaucoup de choses en commun : Emmanuel Macron veut écarter le Hamas et ramener l’Autorité palestinienne à Gaza. Il soutient fermement la sécurité palestinienne et mollement la restitution des dépouilles d’otages. Tous les deux condamnent la « violence des colons »6 et le Français ruiné a promis, comme chaque Noël, 100 millions à Gaza.

Pour mémoire, les parents français qui ont les moyens de donner à leurs enfants de l’argent qu’ils ont gagné en travaillant, paient sur leur don des taxes à l’État, au-delà de 37 500 €. Le don Emmanuel, lui, n’est pas soumis à taxe et provient du travail des parents ci-dessus, pas de celui du payeur, mauvais conseilleur irresponsable.

En quoi consiste la violence des « colons », ciment de l’amitié Manu-Mahmoud ?

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires du Secrétariat de l’ONU, UN-OCHA pour les initiés, est chargé de coordonner les interventions d’urgence. C’est lui qui a produit la liste permettant d’accuser les « colons israéliens » d’incidents violents « survenus en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est entre janvier 2016 et avril 20237 ».

D’après le Wall Street Journal, la compilation des 6 285 incidents septennaux ferait partie d’une campagne visant à dresser le tableau d’une violence généralisée des « colons » israéliens de Judée-Samarie à l’encontre des résidents arabes. En réalité, il s’agit de quelques incidents, réels mais marginaux, dont les auteurs ont été arrêtés et jugés8.

Alors d’où sort le chiffre de 6 285 ?

« La base de données de l’ONU inclut des milliers d’incidents clairement non violents dans son décompte des événements violents ».

Alliance entre propagande et projection psychanalytique

Chaque visite d’un juif sur le Mont du Temple, le site le plus sacré du judaïsme, a été comptabilisée comme un acte de violence commis par des « colons ». « Vous êtes juif, Salomon ? » demandait de Funès à Rabbi Jacob.

Mahmoud Abbas, le président palestinien qui a fêté, en janvier 2025, le vingtième anniversaire de son élection pour 4 ans, a répondu par la négative. Le Temple de Salomon est musulman. Il avait déclaré, le 16 septembre 2015, que « les Israéliens n’avaient pas le droit de profaner de leurs pieds immondes9 » le Mont du Temple, ainsi nommé depuis l’an 1050 avant notre ère et rebaptisé Esplanade des mosquées depuis 1967 après J-C.

L’imprécation du calife de Ramallah ne recouvre aucune réalité de terrain : pendant les 18 ans de son occupation de Jérusalem (1949-1967), la Jordanie interdisait aux Juifs d’accéder à leurs lieux saints. La situation a changé avec la victoire israélienne de juin 1967.

Depuis cette date, TOUS les cultes sont autorisés à Jérusalem et TOUS les lieux saints sont accessibles à TOUS les fidèles. Comme dans tous les pays qu’ils ont envahis, les colons musulmans ont construit des mosquées sur les ruines des monuments autochtones, en l’espèce, le Temple de Jérusalem.

Si l’ONU y considère la présence, parfaitement légale, du moindre Juif comme une « violence de colons contre les résidents arabes », cela en dit long sur l’antisémitisme de l’Organisation des 96 dictatures et des 71 démocraties. Sont comptabilisés dans la même rubrique les voyages scolaires vers des sites archéologiques, les accidents de la circulation, les travaux d’infrastructure publique, les passages de randonneurs… et les terroristes blessés ou tués dans l’accomplissement de leurs attentats. Toutes ces activités relèvent donc de « violences nationalistes ayant entraîné des blessures corporelles » selon la définition que l’ONU, elle-même, donne des violences qu’elle prétend recenser.

La violence du mal est-elle soluble dans la raison ?

Après la Shoah, Hanna Arendt a décrit le mal comme une conduite conjoncturelle dont aucun homme n’était exempt. Elle a été accusée d’humaniser le criminel, mais on peut aussi lire, dans sa théorie, une dévalorisation du libre-arbitre et un pessimisme absolu concernant la nature humaine.

Le fait est que le génocidaire Pol Pot a été accueilli avec enthousiasme par certains de nos humanistes de gauche, qui n’ont jamais lésiné sur leurs croyances de luxe, puisqu’ils n’auront jamais à souffrir de leurs conséquences.

Ceux qui, aujourd’hui, au motif d’un génocide imaginaire, donnent l’adresse de Juifs à abattre sur Internet, ont acclamé l’auteur de l’authentique génocide, qui a tué un quart de la population cambodgienne (2 millions de personnes) en cinq ans.

Parmi les thuriféraires de Pol Pot, l’antisémite Alain Badiou s’est brillamment illustré en souhaitant la victoire du Kampuchéa démocratique, dans une tribune publiée par Le Monde10.

Il n’était ni le premier ni le dernier : Michel Foucault, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (entre autres) ont applaudi l’arrivée de Khomeiny à Téhéran la même année.

Rithy Panh, qui a survécu aux Khmers rouges, a rencontré un des responsables des tortures du camp S21, dont seulement sept personnes sur 18 000 sont ressorties vivantes. Il en a tiré un livre, dans lequel il s’insurge contre cette habitude contemporaine de renvoyer dos à dos les bourreaux et les victimes :

non au « sentiment contemporain que nous sommes tous des bourreaux en puissance. Non, une feuille de papier ne sépare pas chacun de nous d’un crime majeur. Les victimes sont à leur place. Les bourreaux aussi »11.

Les vrais génocideurs n’ont pratiquement jamais eu à répondre de leurs crimes, le directeur du Camp S21 pas plus que Staline ou Mao Tse Toung. Parce qu’ils se revendiquaient de la gauche : deux millions de Cambodgiens assassinés, c’est une bavure dans une œuvre de bienfaisance. En revanche, la mort de 60 000 Gazaouis, dont un maximum de tueurs du Hamas, était déjà un génocide avant que soit tirée la première balle israélienne.

L’effet de meute additionné à un antisémitisme redevenu politiquement correct laisse entrevoir un sombre avenir pour les citoyens non musulmans des démocraties occidentales.

Quand les islamistes viendront les chercher, les communistes ne réagiront pas. Quand ils viendront chercher les chrétiens, les LGBT ne réagiront pas. Et quand ils viendront chercher les derniers idiots utiles, il ne restera plus personne pour réagir.

Ils n’auront pas notre haine

Que la violence au prétexte dogmatique ou religieux soit la réactivation d’une stratégie infantile à une menace inconsciente ou l’expression d’une pulsion sadique d’adultes biberonnés à la haine, elle est toujours un passage à l’acte qui relève du domaine émotionnel et non cognitif. Imaginer de convaincre un meurtrier islamiste par des arguments rationnels relève d’une folie encore plus grave que la sienne.

Il n’est pas impossible que quelques individus puissent, à froid, être sensibles à une thérapie psychodynamique, mais ils constitueraient une exception inédite à une règle observée 66 872 fois entre 1979 et 2024.

Les intellectuels, les artistes et les jeunes Français ont en commun une image narcissique d’eux-mêmes comme redresseurs de torts et une fascination pour la souffrance (synonyme de supériorité morale) et la misère (forcément conséquence de la rapacité des Occidentaux). Ils ont besoin de victimes à sauver pour se déculpabiliser de leur privilège (pas de misère, pas de souffrance, pas de famine, pas de guerre, mais des prestations sociales et le statut d’intermittents du spectacle).

Comme l’a résumé le père de Mathieu Kassovitz à propos de son fils, « L’histoire de mon fils, c’est celle d’un type qui aurait voulu être un grand Noir alors qu’il est un petit juif blanc.12 »

Ils sont nombreux, les petits blancs qui, du fond de leur canapé Roche-Bobois, considèrent que le statut de victime est enviable.

La victime de leur choix est, par essence, moralement irréprochable.

Lorsque la réalité contredit leur monde imaginaire en noir et blanc, notamment en le repeignant de cinquante nuances de rouge-brun-vert, ils choisissent de modifier la réalité.

Dans ce monde alternatif, la victime est aussi coupable que le bourreau et la chronologie peut être inversée si le narratif victimaire l’exige.

Puisque le bourreau est avant tout une victime (du système, de sa naissance, de sa couleur, des circonstances…), il est plus à plaindre qu’à maudire et « il n’aura pas leur haine ».

Mais le bourreau sadique ne cherche pas leur haine, seulement leur mort et la satisfaction de ses pulsions.

Le bien-pensant est tombé tout petit dans la marmite de potion magique contre la haine et l’extrême-droite. Il croit préférer mourir (surtout quand il ne risque rien) plutôt que d’apparaître comme islamophobe.

Deux mondes se font face, où celui qui vénère la violence se voit tendre les verges par celui qu’il veut abattre.

À armes égales

On ne lutte pas contre la violence ou la maladie avec des nounours et des bougies.

Les foules fanatisées ne peuvent être vaincues que par la force.

Lorsque l’agressé refuse le combat, il facilite la tâche de l’exterminateur.

« Il faut être deux pour faire la paix » chantent en chœur les conseilleurs de solution à deux États, oubliant qu’un seul suffit à déclencher une guerre.

Synthèse prévisible depuis l’introduction : NON, la violence du mal n’est pas soluble dans la raison, pour de multiples raisons.

Liliane Messika, Dogma


1 Julien Freund. Au cœur du politiquehttp://www.revue-elements.com/le-politique-ou-lart-de-designer-lennemi-de-julien-freund/

2 Albert Camus.

3 www.fondapol.org/app/uploads/2024/10/enquete-terrorisme_2024_fr_2024-09-16-avec-actualisation.pdf

4 www.ajcf.fr/un-juif-est-il-necessairement-religieux.html

5 Les anglophones pourront se régaler avec la genèse romancée de cette transformation dans le livre de Ron Cantor « Identity Theft : How Jesus Was Robbed Of His Jewishness » (Usurpation d’identité : comment Jésus a été dépouillé de son identité juive) – www.amazon.fr/Identity-Theft-Jesus-Robbed-Jewishness/dp/0768442176/

6 « La violence des colons et l’accélération des projets de colonisation atteignent de nouveaux records qui menacent la stabilité de la Cisjordanie et constituent des violations du droit international. » (E. Macron) http://www.bfmtv.com/politique/elysee/direct-emmanuel-macron-recoit-mahmoud-abbas-a-l-elysee-pour-discuter-de-la-pleine-application-de-l-accord-de-cessez-le-feu-a-gaza_LN-202511110543.html

7 Dès l’intitulé, un malentendu aurait dû sauter aux yeux onusiens : la « Cisjordanie occupée y compris Jérusalem-Est » est un concept hors sol, car la capitale millénaire d’Israël n’est pas occupée. Elle l’a été, de 1948 à 1967, par la Jordanie.

8 www.wsj.com/opinion/united-nations-settler-violence-data-israel-west-bank-palestinians-regavim-0186d648

9 https://documents.un.org/doc/undoc/gen/n18/045/55/pdf/n1804555.pdf

10 www.lemonde.fr/archives/article/1979/01/17/kampuchea-vaincra_2786504_1819218.html

11 www.lejdd.fr/culture/genocide-des-khmers-rouges-rithy-panh-confronte-le-visage-du-mal-dans-son-dernier-livre-160605

12 Peter Kassovitz, réalisateur hongrois – www.lemonde.fr/m-actu/article/2017/09/15/les-demons-de-mathieu-kassovitz_5186279_4497186.html


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3 commentaires

  1. Désolée Madame, de constater que votre belle chronique date de Novembre 2025 ?!
    Mais elle n’a que plus de réalité.

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  2. M A G I S T R A L  développement d’intelligence et de percussion !

    Un vrai remède de bonheur pour la sortie de shabbat et l’annonce d’une semaine pleine de promesses.

    Merci infiniment !!!

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Répondre à 75rebibo Annuler la réponse.