Les médias traditionnels sont les champions pour diffuser (vitesse, audience) les fausses nouvelles

Par Michel Bruley,
[6 janvier 2026]

De la diffusion des fausses nouvelles

Pas un jour sans que je sois confronté dans les médias à la propagande contre les réseaux sociaux affirmant qu’ils sont principalement responsables de la diffusion des fausses nouvelles, en français journalistique d’aujourd’hui des fake news.

La diffusion de fausses nouvelles concerne toutes les sortes de communication, même parfois les communications gouvernementales, scientifiques et bien entendu très souvent la presse écrite, parlée, télévisée. Cependant, il faut noter que le nombre d’arguments fallacieux, la durée de vie et l’intensité de la diffusion d’une fausse nouvelle varient beaucoup suivant sa source et son canal de diffusion.

Si l’on exclut les stars du show-biz, du sport ou certains hommes politiques américains qui peuvent avoir plusieurs centaines de millions d’abonnés, les comptes sur les réseaux sociaux ne touchent pas un grand nombre de personnes (dans 80 % des cas moins de 10 000 personnes), par exemple un seul homme politique français a plus d’un million de suiveurs :

  • La presse écrite en France largement subventionnée est à la peine, mais plusieurs journaux touchent un demi-million de lecteurs ou plus,
  • tandis que les chaînes de télévision en touchent facilement plusieurs millions suivant les émissions (le record en France, l’ouverture des Jeux olympiques de Paris est de 23 millions).

D’après les experts, sur les réseaux sociaux des faits ou des arguments mystificateurs peuvent être lancés, mais généralement de façon limitée en volume de textes, d’images, de commentaires.

Ce n’est pas le cas pour les médias traditionnels ni les documentaires. La vitesse de diffusion auprès d’une audience n’est pas non plus comparable, elle est immensément plus rapide pour les médias traditionnels qui atteignent leur pic de diffusion en millions en moins de huit heures, contre un pic très inférieur en vingt-quatre heures pour les réseaux en tenant compte de la viralité.

Sauf exception, la durée de vie d’une fausse nouvelle est courte (<16 heures) pour les médias traditionnels et elle est plus longue (~72 heures) pour les réseaux sociaux...

Une fausse nouvelle intéressante : « la Russie a saboté les gazoducs Nord Stream »

Cette fausse nouvelle a été diffusée mondialement par les médias traditionnels (audience en milliards ?), et aussi largement en France par Le Monde, France Télévision, BFM TV, LCI

Emmanuel Macron a indirectement donné du crédit à cette version d’une agression d’un adversaire visant l’Europe en annonçant le lancement d’une mission de sécurisation de nos câbles sous-marins.

Le sabotage a eu lieu le 22/09/2022, mais dès la fin septembre plusieurs services de renseignements occidentaux avaient établi que les Ukrainiens étaient les responsables, mais rien n’a filtré dans la presse. Le feuilleton médiatique lui a continué avec différents épisodes évoquant différents scénarios de sabotages plus ou moins fantaisistes et de nombreuses conjectures sur les motivations des uns et des autres.

  • Il faudra attendre février 2023 pour que les enquêteurs allemands annoncent ne posséder aucune preuve que la Russie est à l’origine des explosions sur les gazoducs.
  • Puis en mars, un journal américain a désigné des pro-Ukrainiens commandités par un haut responsable ukrainien comme les responsables des sabotages. Il a en outre dévoilé que la CIA avait dès juin 2022, signalé que les Ukrainiens envisageaient cette attaque, soit trois mois avant les faits.

Les responsables occidentaux ont longtemps laissé entendre que la Russie pourrait être derrière l’attaque, en raison du contexte géopolitique tendu, ils ont choisi de dissimuler la vérité afin d’éviter une querelle diplomatique avec Kiev.

Les gazoducs avaient représenté un investissement de 20 milliards de $ et s’inscrivaient dans une stratégie d’ouverture à la Russie dans une logique « plus on fait de commerce ensemble, plus on lie les intérêts des pays concernés » : faisons du commerce plutôt que la guerre.

En conclusion

Si on exclut les manipulations et l’instrumentalisation des communications par les politiques qui polluent tous les canaux de communication,

  • c’est la télévision qui touche le plus grand public instantanément et massivement.
  • Les réseaux sociaux touchent un petit nombre de personnes au départ, ils peuvent dans certains cas particuliers diffuser une fausse nouvelle de manière virale et toucher parfois de façon exceptionnelle davantage de monde que la télévision, mais ceci en plusieurs jours et tant que la fausse nouvelle n’est pas démasquée.
  • Les messageries privées, qui sont aussi diffuseuses de fausses nouvelles, créent une diffusion lente et marquante, car profondément ancrée dans des cercles de confiance.

Finalement, si l’on parle des fausses nouvelles les plus fréquentes qui ont une durée de vie courte, les médias traditionnels sont ceux qui diffusent le plus instantanément et le plus largement de fausses informations, comme dans le cas du balcon effondré à Angers en 2016 qui avait causé la mort de quatre jeunes. Les médias avaient relayé sans vérification une rumeur qui a été largement reprise selon laquelle les victimes participaient à une soirée « bizutage ». Cette affaire illustre la rapidité avec laquelle une fausse nouvelle peut se propager et être amplifiée par les médias, surtout dans un contexte de course à l’information. MB

Michel Bruley, MABATIM.INFO


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Un commentaire

  1. Parmi les plus grands diffuseurs de calomnies, comment ne pas citer Al Jazeera, la chaîne Qatarie qui balance ses saloperies à pleins tubes 24/7?

    Les chaînes d’infaux en continu, La Chaîne Infaux et France Infaux reprennent systématiquement ces diffamations et les diffusent, avant que des zexperts en courants d’air qui squattent leurs plateaux les commentent, bien entendu, aucun contradicteur n’est présent, puisque le groupuscule suffit à cautionner n’importe quoi.

    Ces sont ces chaines d’infaux en continu, qui véhiculent des diffamations calomnieuses à longueur de journée, il est temps que l’Ambassade d’Israël réagisse et rappelle à l’ordre ces faussaires, sinon, il faudra exiger la présence d’un modérateur sur leurs plateaux pour éviter les dérapages volontaires destinés à diaboliser Israël/Bibi/Tsahal.

    Que dire de ceux qui reprennent une infaux en affirmant qu’elle est vraie parce qu’ils l’ont vue sur Tik Tok ou d’autres égouts de la folie généralisée qui frappe toute la planète ?

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