Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles ; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens1. »
Il existe deux versions du Code noir :
La première version a été élaborée par le ministre Jean-Baptiste Colbert (1616-1683) et promulgué par Louis XIV en 1685.
La seconde version fut promulguée par Louis XV en 1724. Ce code définit le cadre juridique à l’exercice de l’esclavage dans les Antilles.
Bien que l’esclavage ait été aboli en France en 1848, étonnamment, l’abrogation du Code Noir par l’Assemblée nationale n’a eu lieu que le 13 mai 2025.
Le mythe des Juifs qui ont inventé, organisé et profité de l’esclavage des Noirs.
En 1920, l’industriel Henry Ford2, évoqua ce mythe aux États-Unis et le rendit populaire en faisant paraître une revue antisémite : « le Juif international » qui fut une source d’inspiration pour Hitler. Cette revue fut diffusée par les suprémacistes blancs du Ku Klux Klan, dans la période du maccarthysme3.
Un protocole des sages de Sion américain
« Who Brought the Slaves to America ? ». Qui a amené les esclaves en Amérique ? : Cet ouvrage qualifié de « protocole des sages de Sion américain » fut publié en 1968 par un membre du Ku Klux Klan, un certain Robert Brock, raciste, sympathisant des nazis. Il était afro-américain. C’est à lui que l’on doit le mythe des Juifs responsables de l’esclavage des noirs. Ne reculant devant rien, il annonça 110 millions de victimes, transportés par une flotte considérable de 120 navires négriers juifs dont il n’existe aucune trace.
Ses spéculations furent reprises et popularisées en 1991 par le négationniste et suprémaciste noir, Louis Farrakhan, dirigeant de l’organisation politique, religieuse et antisémite « Nation of Islam ».
En France, ces allégations se répandirent, propagées par des extrémistes antisémites comme Alain Soral et Dieudonné M’Bala M’Bala.
Alliance contre nature des extrémistes de tous poils, racistes noirs et blancs, fascistes, antisémites et islamistes qui ont fait leur la maxime de Goebbels : « plus le mensonge est gros, mieux il passe ».
La réalité
Si les Juifs, sous l’Antiquité ont pratiqué comme les autres l’esclavage, les persécutions antisémites vont par la suite, sérieusement entraver leur « liberté d’entreprendre ».
Quant au XVe siècle, les pays d’Europe occidentale entreprirent la colonisation du monde, ce fut le début de la traite triangulaire, d’Afrique en Amérique en passant par l’Europe pour approvisionner les besoins de main d’œuvre servile. Les Juifs déjà persécutés par l’inquisition, chassés d’Espagne et du Portugal, massivement expulsés d’Angleterre, de France, d’Italie, d’Allemagne et de Hollande, se réfugièrent en Europe orientale. Bien loin des circuits du trafic négrier.
The « Secret Relationship » de Nation of Islam ouvrage pseudo-scientifique s’efforce de démontrer que ce sont les Juifs qui sont responsables de la traite négrière.
Il manipule les statistiques, affirmant que les Juifs dominaient le trafic alors qu’il s’avère que des navires de compagnies juives n’ont transporté que 2 % des esclaves4,
« lorsque les États-Unis étaient encore dans l’enfance, et lorsque l’importation et le commerce des Africains étaient à leur apogée, les Juifs possédaient moins 0,03 % de l’ensemble des esclaves d’Amérique, les Indiens Cherokee possédaient alors plus d’esclaves noirs que les Juifs ! En 1830 aux États-Unis, ajoute David Brion Davis5, sur 59 000 propriétaires d’au moins vingt esclaves, vingt-trois étaient juifs ; sur 11 000 propriétaires d’au moins cinquante esclaves, à peine quatre étaient juifs. Peut-on parler, dans ces conditions, de suprématie juive ? »
Judaïsme et esclavage
Si les juifs pouvaient pratiquer l’esclavage comme les musulmans et les chrétiens, leurs esclaves ont bénéficié d’un traitement beaucoup plus humain.
La loi donnée à Moïse impose aux Hébreux d’accorder à leurs esclaves des protections particulières n’existant nulle part ailleurs dans les sociétés de cette époque :
il est interdit de les faire travailler le jour du Shabbat,
ils doivent être affranchis après 7 ans de captivité.
Un esclave qui est emmené en Terre d’Israël devient libre dès qu’il en a touché le sol.
L’esclave doit être logé, vêtu et nourri :
« Tu ne dois donc pas manger du pain blanc, alors que ton esclave mange du pain noir, dormir sur un matelas de laine, tandis qu’il dort sur la paille. »
Le Talmud6 condamne le propriétaire d’un esclave à libérer celui-ci sur le champ s’il est blessé par son maître.
Dieudonné – Soral – Bouteldja
Qualifié d’humoriste, Dieudonné s’engage en politique en 1997. Initialement marqué à gauche, plusieurs de ses déclarations révèlent son antisémitisme. Il se rapproche du « socialisme-national français » de son mentor, Alain Soral, du Front national et de l’extrême droite. Il invite le négationniste Robert Faurisson dans l’un de ses spectacles.
Au début des années 2000, Dieudonné tente de fédérer, par son action politique, les différentes communautés noires de France : il attire autour de lui différentes associations et personnalités qui voient en lui un porte-parole médiatique.
Le parallélisme entre la traite négrière et la Shoah tient une place importante dans son discours. Il dénonce la traite triangulaire qu’il désigne par le néologisme africain de « Yovodah », terme qui fait référence à la Shoah.
Soutenant Soral,le Parti des Indigènes de la République écrit7 :
« Tout ça c’est la faute du Talmud, c’est à dire des juifs de Wall-Street responsables de l’esclavage et du racisme, avec la collaboration des francs-maçons. Les lois anti-islam, le sur-chômage des noirs et des arabes, les discriminations au logement, les crimes policiers… constituent le plan sataniste tel qu’il est – soi-disant – décrit noir sur blanc dans le Talmud » ; on peut vérifier, dit le PIR, les extraits du Talmud qui sont sur le site de monsieur Soral.8 »
Houria Bouteldja a écrit dans son livre « Les blancs, les Juifs et nous » :
La race blanche a été inventée pour les besoins de vos bourgeoisies en devenir, car toute alliance entre les esclaves et les prolos devenait une menace pour elle… p. 41
La bourgeoisie américaine vous a proposé un deal : vous intéresser à la Traite des Noirs et ainsi vous solidariser de l’exploitation des esclaves. »
Pour ce qui est de l’esclavage, commente le journal Respublica9,
« l’auteure oublie juste un détail : qui capturait les Africains qui allaient être déportés dans le cadre du commerce triangulaire ? D’autres Africains et des Arabes qui vendaient les esclaves aux marchands Européens… Il n’est pas certain que les prolétaires « blancs » aient beaucoup profité de l’esclavage ».
Les juifs abolitionnistes
De nombreux juifs abolitionnistes étaient des immigrés fuyant l’instabilité politique et les discriminations en Europe, ce qui renforçait leur engagement pour les droits universels.
Le rôle des Juifs dans l’abolition a été particulièrement marqué dans le Nord des États-Unis et au sein du Judaïsme réformé.
Parmi ceux qui ont joué un rôle important, on peut citer aux États-Unis,
le rabbin David Einhorn, leader du judaïsme réformé à Baltimore. Il fut l’une des voix les plus radicales contre l’esclavage ;
Ernestine Rose qui lutta simultanément pour l’abolition, les droits des femmes et la liberté de pensée ;
August Bondi immigré juif autrichien, qui rejoignit le militant radical John Brown dans sa lutte armée contre l’esclavage au Kansas ;
En France, Adolphe Crémieux avocat et homme politique juif fut l’auteur d’un projet de loi sur l’abolition et signataire du décret d’abolition définitive de l’esclavage en France en 1848.
Un article de Dhimmi-Watch10 mentionne que les Juifs ont très vite été aux côtés de Martin LutherKing.
Il rappelle les noms des jeunes Juifs assassinés par le KKK parce que militants pour les droits civiques: Andrew Goodman, Michael Schwerner.
Et Dhimmi-Watch rappelle l’occultation du soutien de Rosa Parks, icône de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, aux Juifs et à Israël11, et qu’en Afrique du Sud aussi, les Juifs étaient aux avant-postes contre l’apartheid.
Un mensonge historique
« Prêter aux Juifs un rôle majeur dans la traite transatlantique et le travail forcé des Noirs dans les colonies occidentales, notamment en Amérique, est un mensonge historique. Ce mensonge repose sur une falsification des archives et des travaux d’historiens sur la question. Non que les Juifs aient davantage fait preuve d’idéalisme que les autres, le fait qu’ils aient joué un rôle des plus réduits dans l’organisation de l’esclavage résulte sans doute des persécutions antisémites qui leur interdisaient quasiment l’accès à ce secteur économique. Il est d’autant plus ignoble de leur prêter, rétrospectivement, un monopole qui leur était interdit par l’antisémitisme de l’époque.12 »
Une telle falsification de l’Histoire cherche évidemment à redonner du souffle au vieux mythe du « complot juif mondial »…
C’est pourquoi elle naît dans les milieux suprémacistes américains (blancs… et noirs), avant d’être reprise par l’extrême droite blanche, tant américaine que française, ainsi que par des démagogues noirs antisémites tels que Farrakhan et Dieudonné M’Bala M’Bala. Ce faisant, ces derniers, instrumentalisent hypocritement la souffrance des victimes de la traite et la mémoire qu’ils ont léguée à leurs descendants, au nom d’un discours de haine.13 »
Pourquoi les traites orientales et intra-africaines sont-elles occultées ? Pourquoi les Juifs en sont-ils accusés ?
La loi Taubira du 21 mai 2001 ne reconnaît que la traite triangulaire. Elle ignore la traite intra africaine qui met en cause les noirs et la traite orientale dont sont responsables les arabo-musulmans.
Christiane Taubira a déclaré que
« Il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les “jeunes Arabes” ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ».
Ces logiques communautaires ont aussi influencé le projet mémoriel « La Route de l’esclave », décidé en 1993 par l’Unesco :
Roger Botte, chercheur au Centre d’études africaines du CNRS, constate que ce projet privilégie la traite transatlantique du fait de « la pression des représentants du monde arabe et des États africains ».
Le risque de voir cette histoire partielle, donc partiale, devenir histoire officielle a mobilisé les historiens quand l’un des meilleurs spécialistes actuels des traites négrières, Olivier Grenouilleau, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira, parce qu’il rappelait que la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des blancs mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l’arrivée des négriers européens. Il lui était aussi reproché de réfuter l’application du terme de “génocide” aux traites négrières, contredisant ainsi le parallèle implicite entre l’esclavage et l’extermination des juifs qu’évoque l’exposé des motifs de la loi Taubira14.
En incitant à la concurrence des mémoires, la loi Taubira par ses « non-dits » est probablement une des causes de la montée de l’antisémitisme en France…
Et que dire du Haut-commissariat à la diversité et aux diasporas que veut instaurer le président Macron ?
Il conforte le communautarisme et oppose les diasporas. Encore une fois seules sont reconnues et qualifiées d’atout les diasporas arabo-musulmanes et Africaine,
Les autres disporas : juive, arménienne, européenne, asiatique, iranienne, etc. sont ignorées pour le plus grand plaisir de Dieudonné, Soral et Bouteldja. KF♦
Pour mieux comprendre la situation de la servitude et de ses liens avec la dhimmitude, il faut lire les nombreux articles parus dans la rubrique « esclavage » sur le site de Dhimmi-Watch. Cet article est une version actualisée de celui paru dans l’étude L’esclavage, l’abolition, et après ?
1 Article 1er du Code noir, première et deuxième version.
2Henri Ford, ingénieur génial et immonde antisémite, le seul américain admiré par Hitler et cité dans Mein Kampf, fit semblant de se repentir quand les producteurs juifs d’Hollywood le menacèrent de présenter des automobiles Ford dans tous les crashes automobiles du cinéma.
3 Un avatar du « complot juif mondial » : les Juifs et l’esclavage des Noirs. Publié dans Conspiracy watch par Nicolas Bernard | 14 janvier 2019
4 Comme les familles Belmonte d’Amsterdam ou Gradis de Bordeaux.
5David Brion Davis (16 février 1927 – 14 avril 2019)[1]est un historien intellectuel et culturel américain et une autorité de premier plan en matière d’Esclavage et d’abolition dans le monde occidental. Il est professeur d’histoire à l’université Yale et fondateur et directeur du centre Gilder Lehrman de Yale pour l’étude de l’esclavage, de la résistance et de l’abolition.
6 Le Talmud (« étude ») est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de la loi religieuse.
7 Indigènes de la République : Pourquoi je soutiens Alain Soral – Publié le 26 juin 2011 par Fatouche Ouassak
14 C. Taubira : « ne pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane (lexpress.fr, 4 mai 06) » – Comité Laïcité République. II était reproché à Olivier Grenouilleau de refuser d’appliquer le mot « génocide » à l’esclavage des noirs. En effet ceux-ci avaient une valeur marchande et si leur sort était dramatique, leur extermination n’était en aucun cas envisagée.
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La loi Taubira a marqué un tournant historique _ dans le pire sens du terme. Elle s’inscrit dans le cadre d’un négationnisme et d’un racisme d’Etat : celui incarné par la mouvance islamonazie (Bouteldja, Diallo, puis LFIstes etc). Situation peu ou prou similaire dans les autres pays occidentaux (aux USA : Nation of islam et son successeur BLM sont devenus les références idéologiques du parti « » » »démocrate » » » », des universités, du showbiz et du narratif officiel) et naturellement dans une grande partie de l’Afrique musulmane et chrétienne, de l’Algérie à l’Afrique du sud.
La réécriture de l’Histoire, la novlangue et l’inversion des valeurs sont les trois éléments clefs ayant permis au Nazisme de revenir sous un autre visage, en se faisant passer pour le camp du bien. Et les milieux universitaires et « culturels » y ont amplement contribué : en France et en francophonie, cela a commencé dès les années 1940-50…
La loi Taubira a marqué un tournant historique _ dans le pire sens du terme. Elle s’inscrit dans le cadre d’un négationnisme et d’un racisme d’Etat : celui incarné par la mouvance islamonazie (Bouteldja, Diallo, puis LFIstes etc). Situation peu ou prou similaire dans les autres pays occidentaux (aux USA : Nation of islam et son successeur BLM sont devenus les références idéologiques du parti « » » »démocrate » » » », des universités, du showbiz et du narratif officiel) et naturellement dans une grande partie de l’Afrique musulmane et chrétienne, de l’Algérie à l’Afrique du sud.
La réécriture de l’Histoire, la novlangue et l’inversion des valeurs sont les trois éléments clefs ayant permis au Nazisme de revenir sous un autre visage, en se faisant passer pour le camp du bien. Et les milieux universitaires et « culturels » y ont amplement contribué : en France et en francophonie, cela a commencé dès les années 1940-50…
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