
par Dan Shiftan,1,
[25 mars 2026]
Propos recueillis par Gadi Taub sur la chaîne Shomer Saf
VERBATIM
Concernant la guerre actuelle, c’est l’événement le plus important de ce premier quart du XXIe siècle, car les implications de ce conflit vont bien au-delà du Moyen-Orient.
La guerre qui redéfinit le Nouvel Ordre Mondial
Des gens, très sérieux déclarent :
« À partir du moment, où les Iraniens s’attaquent aux intérêts vitaux, non seulement des pays de la région, mais par ricochet, aussi bien à l’Europe et l’Asie, les États-Unis ne seront pas libres de vaincre l’Iran, car les conséquences économiques mondiales seront si fortes, que le reste du monde exercera de telles pression sur le gouvernement des États-Unis, que celui-ci, bon gré mal gré, seront obligés d’arrêter la guerre, même si les buts ne sont pas atteints. »
D’autant plus, que le régime iranien fait montre d’une résilience étonnante, qui prolonge le conflit au-delà des délais supportables par l’économie mondiale. De plus il s’avère que l’Iran est capable de porter des coups, là où ils sont le plus préjudiciables à l’économie mondiale.
Et là je voudrais dire deux choses.
- Premièrement, si ce qui est exposé plus haut est vrai, alors c’est un grand danger pour toute la civilisation occidentale.
- Deuxièmement, si les États-Unis ne vainquent pas l’Iran, alors ce sera un très mauvais présage historique, pour le futur des tous ceux dans le monde, qui placent la LIBERTÉ comme une valeur cardinale de l’humanité. Et je vais développer ce que j’entends par « mauvais présage historique ».
Lors des tous les conflits précédents contre des pays ou organisations extrémistes, où les États-Unis ont participé, par une confrontation politique ou même par une guerre, les conséquences de ces conflits n’ont pas impacté l’avenir du monde.
- Malgré un boycott politique et économique imposé à la Corée du Nord, celle-ci a réussi à produire sa bombe atomique et par la même sanctuariser son territoire.
- Après deux décennies de guerre contre le Nord Vietnam, les États-Unis se sont honteusement retirés et le Nord Vietnam a occupé le Sud Vietnam, sans qu’aucune conséquence mondiale n’ait résulté de l’échec américain au Vietnam.
- Même les échecs américains en Irak ou Afghanistan n’ont pas bouleversé l’ordre mondial.
En ce qui concerne l’Iran, la situation, dès le départ, se présentait de façon autrement plus compliquée.
Ce pays a inventé une stratégie basée sur des proxys financés, armés, soutenus politiquement et qui constituaient pour Iran des paravents, de façon à ce qu’Iran ne paraisse pas de façon flagrante, comme l’instigateur et créateur des ces proxys.
Dans l’esprit des dirigeants iraniens, cela leur donnait l’immunité pour mettre au point leur propre arme nucléaire. Cette stratégie, toujours selon les ayatollahs, s’appuyait sur un principe simple, qui dit :
« puisque nos proxys disposent d’un armement si puissant, dépassant en puissance ceux des pays de la région, personne n’osera s’opposer à nous, de peur d’être défait préventivement par nos proxys »
Cette stratégie était sensée de sanctuariser le territoire iranien.
Il y avait un autre but de cette stratégie. Les proxys iraniens étaient implantés de façon à pouvoir intervenir partout au Moyen-Orient :
- Hezbollah au Liban et sur la frontière nord d’Israël.
- Houtis dans le sud face à l’Arabie Saoudite,
- Hamas sur la frontière sud d’Israël et face à l’Égypte.
- Les milices chiites en Syrie et Irak au centre du Moyen-Orient.
Ces implantations avaient un but stratégique :

Le moment venu, mettre la main sur la totalité de sources de gaz et de pétrole et par là même devenir une puissance incontournable sur le marché des ressources énergétiques mondiales…
Il y avait aussi un troisième volet aux velléités impérialistes hégémoniques d’Iran. Le volet religieux, à savoir, prendre le contrôle de la Mecque et de Médine, supplanter l’Arabie Saoudite et devenir le « vrai » gardien des lieux saints d’islam, ce qui aurait donné à Iran le contrôle religieux et politique de la « oumma islamyya », la communauté des croyants.
Donc, disposer de l’arme nucléaire, puis des vecteurs balistiques de 4 ou 5 000 km, pour menacer l’Europe et plus tard des missiles inter continentaux pouvant atteindre les États-Unis, aurait donné à l’Iran une position mondiale dans sa quête d’un nouvel ordre mondial.
Pour les occidentaux,de telles ambitions paraissent irréalistes et folles, mais pour les barbus, cela constituait un but, qui avec l’aide d’Allah était tout à fait atteignable.
Cette guerre, qui en vérité a commencé, le 7 octobre 2023, a amené le monde dans une situation critique, qui a forcé la plus grande puissance mondiale à entrer en guerre contre l’Iran.
Des voix en Occident soutiennent que les États-Unis ne sont pas capables de vaincre l’Iran, afin qu’il ne puisse plus menacer l’ordre mondial.
- Les mêmes voix considèrent que l’unique façon de terminer la guerre c’est un accord,
- Sauf qu’un accord que l’Iran signera ne peut être que défavorable à l’Occident, voire très mauvais ;
… et un accord où il y a des points positifs pour l’occident, l’Iran ne le signera pas.
Par conséquent une fin de la guerre par un accord, qui satisfera les deux parties n’est pas possible.

La seule façon de finir cette guerre c’est la destruction totale de tous les moyens militaires et même dans ce cas, ceux du régime qui survivront ne signeront jamais une capitulation…
L’idéal ce serait un soulèvement du peuple, mais tant que les organes de sécurité régneront sur le terrain, les Iraniens ne descendront pas dans la rue.
En revanche, il faut se poser la question suivante :
Si ou lorsque, qu’à Dieu ne plaise, arrivera au pouvoir aux États-Unis l’administration démocrate, saura-t-elle sauvegarder les acquis militaires et stratégiques de l’administration Trump, vis-à-vis de l’Iran ?
En fait, pour moi, sauvegarder les acquis, c’est pratiquer une « maintenance violente », c’est-à-dire,
- ne pas tolérer une quelconque tentative de restaurer un état de menace,
- tuer dans l’œuf une telle tentative.
Cette façon de procéder doit être massive, immédiate et « non proportionnelle », notion obscure, si chère aux donneurs de leçon européens.

Une méthode erronée, comme la stratégie de défense israélienne prévalant AVANT le 7 octobre (« le calme répondra au calme »), ne fera que repousser une guerre, qui serait autrement plus meurtrière qu’une action préventive immédiate et massive.
D’ailleurs, concernant les politiciens européens, qui ont prouvé leur consternante nullité dans la compréhension du processus historique en cours dans le monde en général et au Moyen-Orient en particulier,…
…il est évident, que seuls les États-Unis ont la capacité de maintenir l’ordre mondial, car le reste de l’Occident est actuellement dans une attitude passéiste « chamberlaine », complètement opposée à celle que présentait l’Occident dans les années cinquante et soixante.

Toutefois, malgré la politique occidentale suicidaire, à l’exclusion des États-Unis, je reste optimiste, car la politique de Trump, qui parait quelquefois chaotique, imprime au monde dans sa globalité un changement de l’ordre mondial à 180°, de celui qui prévalait avant la période actuelle.
Souvenons-nous de la politique « tiers-mondiste » d’Obama, que je considère comme le plus mauvais président américain depuis au moins cinquante ans, et dont la politique, qu’on appellerait aujourd’hui « woke » a initié le défaitisme le déclinisme de l’Occident.
Trump a prouvé qu’il comprend l’ampleur du défi actuel et fait ce qu’il faut pour asseoir un nouvel ordre mondial et la question de savoir si sa politique procède d’un processus conscient de prise de décision ou de « l’instinct de l’homme d’affaires », je la laisse à toute sorte de « spécialistes », qui n’ont rien d’autre à faire que de « couper les cheveux en quatre »
Par ailleurs, ce qui me rend optimiste, c’est que jusqu’à ce moment précis, toutes les décisions de Trump contraires aux impératifs tactiques, comme celle de s’abstenir d’attaquer les infrastructures pétrolières d’Iran, afin ne pas aggraver le marché pétrolier mondial, s’avèrent stratégiquement positives.
Une autre raison alimente mon optimiste c’est l’amélioration spectaculaire de la position d’Israël. On pensait jusqu’à présent que l’Arabie Saoudite était une puissance du Moyen-Orient, car c’est l’une des rares monarchies pétrolières à posséder une armée. Mais on s’aperçoit, qu’à part une puissance financière, militairement l’Arabie Saoudite « ne pèse pas lourd » dans la région.
En revanche, aujourd’hui Israël est devenue LA puissance du Moyen-Orient.
- Il y a quelque temps, l’Égypte était considérée comme le leader des pays arabes, mais il s’avère que ce pays est en échec économique et social, où des centaines de milliers d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
- Même la Turquie, bien qu’elle fasse partie de l’OTAN, du fait de son positionnement ambigu justement dans l’OTAN, ne peut pas bénéficier de la confiance des États-Unis.
L’unique allié des États-Unis dans la région c’est Israël et ce facteur renforce et améliore le positionnement d’Israël sur la scène internationale.

Le fait qu’Israël, après le 7 octobre, a pu se relever, mener une guerre sur 7 fronts et être le pays, qui par son action, modifie du tout au tout le visage du Moyen-Orient, démontre qu’il est devenu un pays incontournable dans cette région…
Restons toutefois modestes.
Si jamais,
- les États-Unis ne réussissent pas à vaincre l’Iran
- et que le régime des ayatollahs, quoique affaibli reste en place,
…alors la situation d’Israël se détériorera et tous les bénéfices stratégiques et politiques, acquis ces deux dernières années risquent de disparaître. Il y a une chose qu’Israël ne perdra pas, c’est sa grande capacité à se défendre, grâce à son avance technologique. Même les pays européens, qui ont retiré à Israël leur appui politique, continuent en secret à acheter les équipements et armes israéliennes, car aucun autre fabricant d’armes n’est capable de fournir des armes à un tel niveau technologique et surtout, qui ont fait leurs preuves sur le champ de bataille.
Israël a développé des lasers qui sont opérationnels et qui ont fait merveille contre les drones du Hezbollah ou d’Iran. Aujourd’hui, Tsahal est la première et unique armée dans le monde à avoir intégré les lasers, comme armement standard de défense antiaérienne.
Pour toutes ces raisons, je considère le statut régional et international actuel d’Israël, est beaucoup plus favorable, par rapport à celui qui prévalait avant le 7 octobre 2023. DS♦

Dan Shiftan, Shomer Saf
Traduction et adaptation : Édouard GRIS
1 Dan Shiftan est directeur du Centre d’études sur la sécurité nationale de l’Université de Haïfa et maître de conférences au département de sciences politiques de cette même université. Il a enseigné à l’École de sécurité nationale de Tsahal et à l’École de commandement et d’état-major. Shiftan se décrit lui-même comme un « sioniste fondamentaliste »
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Globalement, je ne suis ni pro-américain ni anti-américain. Je n’adhère ni à la glorification ni à la diabolisation des États-Unis. Mais il faut reconnaître que, depuis 1945, c’est l’une des rares fois où le gouvernement américain mène incontestablement une guerre juste et nécessaire. Grâce à Trump et aux côtés d’Israël. La destruction du régime Islamo-nazi de Téhéran serait non seulement une immense libération pour le peuple iranien et une victoire existentielle pour Israël mais également un bienfait à l’échelle planétaire.
Quant à l’Europe de Macron, Starmer, Sanchez etc…elle se trouve encore une fois et est définitivement passée du mauvais côté de l’Histoire.
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