Petit voyage en absurdie

Par Michel Bruley,
[4 mai 2026]

Aujourd’hui, on peut facilement visiter virtuellement d’autres pays et leur culture grâce à des livres, des articles de journaux, des documentaires, des vidéos, des restaurants, des romans, des réseaux sociaux… ;

On peut aussi explorer les diverses composantes de son propre pays, par exemple le milieu de la politique qui ne sait pas prendre en compte la complexité du monde qu’il prétend gouverner.

De la déconstruction

La déconstruction est une pratique d’analyse qui vise à révéler les postulats sous-entendus dans la façon d’appréhender ou de définir habituellement les aspects d’une société (politique, sociale, économique… système de valeur).

La déconstruction remet en cause les façons de voir existantes, les conventions, les normes établies et met en évidence les éventuelles tensions et contradictions sous-jacentes. La déconstruction est source de progression, mais elle est souvent instrumentalisée pour viser essentiellement des buts politiques de destruction ou de rejet des actuelles orientations politiques.

Les « déconstructeurs » cherchent souvent à promouvoir des idéologies partisanes sectaires, ils sont sûrs de leurs idées, et ne sont pas ouverts au débat public.

De la contestation des fêtes chrétiennes

Tous les ans, des ayatollahs de la déconstruction s’en prennent à de nombreuses fêtes traditionnelles en France et s’ils voulaient simplement les déchristianiser on pourrait comprendre la démarche, mais en fait fondamentalement ils les contestent

On notera au passage que seules les fêtes chrétiennes sont en cause, ce qui interroge, d’autant plus que ces événements sont familiaux, loin de la barbarie d’autres fêtes importées qui répandent du sang dans des conditions illégales, sans respecter les législations protégeant les animaux et l’hygiène. Les fourvoiements des politiques sont toujours étonnants, mais ils sont comme cela, c’est ce qui fait qu’ils régalent toujours l’observateur.

De l’origine des fêtes chrétiennes

De nombreuses fêtes et traditions existent depuis longtemps et ce bien avant Jésus-Christ, certaines ont été récupérées et intégrées au calendrier chrétien, par exemple :

  • Noël, sa date du 25 décembre coïncide avec la fête romaine du Sol Invictus (le soleil invaincu) et des Saturnales. Les chrétiens ont choisi cette date pour célébrer la naissance du Christ, afin de faciliter la conversion des païens.
  • Les vœux de bonne année et l’échange d’étrennes remontent à l’Antiquité romaine.
  • La fête des Rois (janvier) s’inspire des Saturnales romaines (fête en l’honneur de Saturne, fin décembre), où les rôles sociaux étaient inversés et un « roi du festin » était tiré au sort.
  • La Chandeleur (février) il s’agit des Lupercales romaines (fête de purification) et des Imbolc celtes (fête de la lumière et de la purification).
  • Le Mardi gras (février ou mars) trouve ses racines dans les fêtes agraires et les célébrations de fin d’hiver, comme les Lupercales romaines (février) ou les fêtes dionysiaques grecques.
  • La fête de Pâques (mars ou avril) est liée à la Pessah juive, mais certaines traditions (comme les œufs et le lièvre de Pâques) trouvent leurs racines dans des fêtes printanières païennes célébrant la fertilité et le renouveau.
  • La fête de la Saint-Jean (24 juin), coïncide avec le solstice d’été. Elle était célébrée bien avant le christianisme par les peuples celtes et germaniques, avec des feux de joie pour honorer le soleil et purifier les récoltes.
  • La Toussaint (novembre) coïncide avec la fête celtique de Samain, qui marquait la fin des récoltes et le début de l’hiver. Les Romains y ajoutèrent la fête des Lémures (esprits des morts).

Du remplacement de Noël et de la nouvelle année par des fêtes de fin d’année sans nom

L’idée de ce remplacement est de déchristianiser, de décoloniser, en n’imposant pas une fête religieuse chrétienne à tout le monde.

Cela tient compte du fait que Noël s’est répandu partout dans le monde grâce à la colonisation, à la littérature… mais cela oublie que Noël est devenu une fête quasi universelle, qui n’est le plus souvent qu’une fête commerciale avec des traditions variées selon les pays (Chine, Japon…), comme peuvent l’être : Halloween, Thanksgiving ou le Black Friday.

Ce remplacement est une action politique de déconstruction des traditions chrétiennes, ces dernières seraient aussi mal vécues par les personnes relevant d’autres cultures, venant souvent de pays qui ont été colonisés, à qui on ne veut pas les imposer…

Le souhait ultime des fanatiques de cette déconstruction est que les colonisateurs s’excusent pour le passé. En suivant cette logique, on pourrait imaginer que les vœux de bonne année étant une tradition importée en France par le colonisateur romain auprès des racisés de l’époque, c’est-à-dire les Gaulois, la France pourrait réclamer des excuses à l’Italie, d’autant plus que la conquête de la Gaule a été brutale, a fait 1 million de morts et 1 million de personnes mises en esclavage sur une population de 10 millions.

De la bêtise politique

L’opposition aux fêtes cultuelles se fonde sur la volonté compréhensible de sortir nos sociétés de l’emprise des religions, ce qui en France au-delà de la loi de 1905 est aujourd’hui acquis, même si les islamistes tentent d’imposer dans la vie de tous les jours des injonctions soi-disant culturelles qui sont en fait cultuelles (voile, alimentation… relation homme/femme… prédominance de la charia sur le droit…).

Les fêtes chrétiennes sont depuis plus d’un siècle dans le collimateur de certains, les mêmes qui prônent aujourd’hui de respecter les mœurs importées, car elles relèvent d’autres cultures, passant sous silence leur dimension cultuelle.

Einstein a dit :

« Deux choses sont infinies, l’univers et la bêtise humaine, mais je ne suis pas encore tout à fait sûr de l’univers ».

La bêtise la plus courante est due à la sottise, mais aussi aux certitudes et parfois à la haine.

Ces trois sources alimentent les politiques, en particulier le fait de se conformer passivement et étroitement aux idées de son clan, d’insister envers et contre tout sans nuances : lutter contre les religions, bien traiter la culture des émigrants jusqu’à défendre des mœurs arriérées.

Enfin, l’absurdie est un immense pays dont je n’ai pas montré grand-chose, juste quelques éléments qui concernent les politiques, il faudrait passer beaucoup de temps pour faire le tour des absurdités politiques.

Cependant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, la déconstruction non sectaire peut être porteuse de progrès comme celle de la place des femmes dans la société. À ce sujet le voyage en absurdie de Michel Sardou en 1980 était prémonitoire. MB♦

Michel Bruley, MABATIM.INFO


Alternative à Michel Sardou :
Joyeux Noël ou joyeux solstice d’hiver ?


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