« Palestine, une histoire » (France 5)  : Les cancaneries du palmipède

Par Klod Frydman,
[10 mai 2026]

Les « Cancaneries » sont des commérages et des rumeurs colportées dans le but de médire ou critiquer. Propos méchants, souvent répétés sans vérification.

Choqué par l’article « Israël – Palestine, terre sainte, guerre promise1 » publié dans le Canard Enchaîné, le 16 avril 2026 par Sorj Chalandon sur le documentaire de France 5 « Palestine, une histoire », je vous en livre une analyse contradictoire.

J’ai trop de bons souvenirs du Canard pour imaginer que la présentation de cet article n’est pas volontaire.

La série documentaire « Palestine, une histoire », totalement politique, à charge, prétend expliquer la réalité palestinienne en falsifiant et simplifiant une grande partie de l’Histoire pour l’adapter au narratif pro palestinien et pour délégitimer l’État d’Israël…

Les « experts » peuvent avoir leurs opinions. Mais est-on totalement crédible quand on est militant et partial et qu’on prétend donner une explication objective en occultant une des parties ? Ces « experts » sont :

  • Vincent Lemire et Henri Laurens : ces historiens très médiatisés ne cachent pas leur hostilité à l’existence d’Israël. Ils sont d’autant plus reconnus que leur discours est dans la ligne officielle du gouvernement français. Vincent Lemire est à tel point partial que l’autorisation d’entrée en Israël lui a été retirée.
  • Jihane Sfeir, historienne palestinienne franco-libanaise, spécialiste de l’histoire contemporaine du Moyen-Orient et des conflits au Liban. Elle travaille sur les mémoires de guerre, les violences politiques et les sociétés du Proche-Orient. Elle enseigne à l’Université libre de Bruxelles. Elle affirme par exemple sur Radio France qu’Israël a occupé 80 % du mandat sur la Palestine. Elle renverse la réalité en occultant la Jordanie à qui l’Angleterre a octroyé avant le partage, 80 % du territoire du mandat du foyer juif.
  • Clémence Vendryes, géographe, chargée de cours à Sorbonne Université, doctorante en géographie à l’UMR « Temps, espaces, langages, Europe méridionale, Méditerranée » de l’Université d’Aix-Marseille-CNRS. Militante décoloniale, elle mène une véritable critique du « projet colonial de l’État d’Israël ». Voir par exemple sa thèse qui a pour titre « La fabrique coloniale des espaces funéraires palestiniens ».
  • On appelle « idiots utiles » d’après une expression attribuée à Lénine, les militants qui défendent naïvement une cause ou un régime politique ennemi. Par exemple les Juifs qui justifient l’antisémitisme ou s’opposent à l’existence d’Israël au nom de leurs idées politiques.
  • Denis Charbit, politiste franco-israélien, professeur à l’Open University of Israel est considéré comme un spécialiste de la société israélienne, du sionisme et de la vie politique en Israël. Ses interventions, très critiques à l’égard du gouvernement d’Israël, sont souvent controversées, surtout en temps de guerre. Il intervient fréquemment dans les médias français « anti-israéliens » tels le Monde ou Libé.

La présentation du documentaire en question commence par reprendre les chiffres des morts, non vérifiés, donnés par le Hamas, elle prétend qu’Israël s’appelait auparavant Palestine, sans expliquer que cette appellation n’a duré que le temps du mandat britannique. Pour elle les Israéliens génocidaires menacent les Palestiniens d’un sort identique à celui des Indiens d’Amérique ou des aborigènes d’Australie.

Ce documentaire qui prétend expliquer la Palestine est totalement partial, il déforme la réalité de l’État d’Israël.

  • Alain Lewkowicz, le réalisateur est dévoilé en photo sur Internet affublé d’un keffieh palestinien2,3. Google le présente comme militant et trésorier de l’association anti-israélienne UJFP, poursuivie après le 7 octobre 2023 pour apologie du terrorisme, ses comptes fermés.

1 – Introduction de l’article

Pour commencer son article qui recommande ce documentaire, M. Chalendon présente une lettre tronquée datée de mars 1899 écrite par le maire de Jérusalem Youssouf al Khalidi (qui était ottoman et pas palestinien) au grand rabbin de France Zadoc Kahn à l’attention de Théodore Herzl, promoteur du sionisme.

M. Chalendon occulte ce passage important :

« L’idée en elle-même n’est que toute naturelle, belle et juste. Qui peut contester les droits des Juifs sur la Palestine ? Mon Dieu, historiquement, c’est bien votre pays ! Et quel spectacle merveilleux si les Juifs, si doués étaient de nouveau reconstitués en une nation indépendante, respectée, heureuse pouvant rendre à la pauvre humanité des services dans le domaine comme autrefois ! »

2- « Une terre sans peuple ! »

Cette phrase est assénée comme un slogan de propagande sioniste. Si on regarde les faits, dans la deuxième moitié du 19ela densité de population dans la région de Syrie du sud, Palestine selon le nom attribué par les Romains au 1er siècle, était de 3 habitants au km24. Le documentaire oublie de mentionner que la région avait été ravagée par la peste noire5 qui avait décimé la majorité de la population, y compris les troupes de Napoléon6. La région est restée quasi désertique jusqu’au début du 20e siècle. En témoignent les voyageurs comme Mark Twain, Pierre Loti, Chateaubriand, l’abbé Darbois, le grand géographe anarchiste Élysée Reclus ou celui qu’on a appelé « le Poète de l’islam », Mehmet Akif Ersoy7, etc.

Si on en croit le narratif pro palestinien, ils mentaient tous.

Le wilayet de Beyrouth, celui de Damas, et le sandjak de Jérusalem8 englobaient sous l’Empire ottoman ce qui est devenu la Palestine sous le mandat britannique, en 1920.

Ce sont aujourd’hui Israël avec le Golan, la Jordanie, Gaza et les Territoires disputés.

Ces provinces furent colonisées au fil des années par un cocktail d’ethnies et de peuplades musulmanes. Ces migrations de réfugiés venaient à la suite des guerres contre la Russie, l’Autriche et la Prusse ainsi que les guerres d’indépendance de la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce et des Balkans. Guerres toutes perdues par l’Empire ottoman, auxquelles la France et l’Angleterre participèrent souvent.

3 – Philistins

S’appuyant sur Hérodote, la réécriture pro palestinienne de l’Histoire fait des Philistins les vrais Palestiniens qui auraient vécu sur cette terre vers l’an 500 avant J. C., bien avant les Israélites dont la présence remonterait à 1 500 ans avant J. C. soit un millénaire avant les Philistins. Comprenne qui pourra !

Les recherches ont démontré que les Philistins, qui faisaient partie de ce qu’on appelle les peuples de la mer, venaient de la mer Égée et n’étaient ni arabes ni évidemment musulmans, ni sunnites ni chiites

  • Au 2e siècle après J. C., après la révolte contre les Romains, l’empereur Hadrien expulsa les Hébreux de la Judée où ils vivaient. Pour l’effacer totalement, il renomma Jérusalem, Aelia Capitolina et la Judée, Palestine, nom forgé d’après le philistin « Pelest ».
  • Jusqu’en 1966, à la conférence tricontinentale de la Havane, ce sont les Juifs qu’on nommait Palestiniens9.
  • En hébreu, Philistin signifie envahisseur.
  • En français, le Larousse le définit comme : « Personne d’esprit fermé. Synonyme : béotien, ignorant, incompétent, profane. » (Voir Brassens et Jean Richepin).

4 – Immigrations juive, une terre de réfugiés.

Sorj Chalendon évoque une première population juive immigrée de 30 000 personnes en 1881.

En réalité, malgré l’expulsion romaine, des communautés juives ont toujours subsisté en Terre Sainte.

– Depuis 1492, date de l’expulsion des Juifs d’Espagne, de nombreux réfugiés juifs ont émigré en terre d’Israël10, ils suivaient le vœu répété chaque année depuis l’expulsion, (la première nakba ?) de Palestine : « l’an prochain à Jérusalem ». Des sages, poètes ou mystiques, comme Yehuda Halévi, Maimonide et Nahmanide s’y établirent et, continuellement, des Juifs ashkénazes puis des Juifs d’Algérie fidèles à Abdelkader vinrent avec celui-ci s’établir en Galilée. Ils ont tous composé ce qu’on a appelé le « vieux yishouv11 ».

– La première alya12 date de 1882. Chassés par les pogroms et les massacres en Europe de l’Est, des Juifs de Roumanie et de Russie prennent le chemin de l’exil. Ils n’ont nulle part où aller, Jérusalem deviendra leur destination. Est-on des colonisateurs quand on rentre chez soi ? Persécutés, sans armes ils n’ont trouvé que les endroits insalubres dont personne ne voulait. Ils ont été rejoints par les Juifs du Yémen, encore plus misérables, chassés par la Turquie. Ils fondèrent les bases de l’agriculture pionnière.

De 1904 à 1945 les persécutions des Juifs ne cessent pas jusqu’à l’apogée de la Shoah. La Palestine juive était la seule terre d’accueil possible malgré l’opposition des Britanniques. Le nazisme fut encore une cause d’immigration, en dépit des quotas imposés par l’Angleterre et l’hostilité des nationalistes arabes influencés par l’Allemagne nazie.

– Après l’indépendance, Israël ne cessa pas d’être une terre d’accueil. Pour les centaines de milliers de Juifs expulsés des pays arabes, pour les Éthiopiens menacés, juifs et chrétiens, pour les Juifs russes et les Ukrainiens, et même pour les quelques centaines de boat people vietnamiens recueillis en mer qui ont depuis acquis la nationalité israélienne.

« Féodaux – cléricaux »

Sorj Chalendon rappelle que les Juifs se sont d’abord installés sur des terres qu’ils n’ont pas prises de force, ils les ont achetées à des propriétaires arabes, ceux que la gauche palestinienne appelait féodaux-cléricaux13 , et aux paysans, en les payant le double de leur valeur

À l’indépendance d’Israël, Les Palestiniens selon M. Chalendon ont été massés dans seulement 45 % du pays, mais il s’agissait entre autres de la Galilée, la partie la plus fertile. Ils étaient donc favorisés, le désert du Néguev constitue 55 %, la plus grande partie du pays. Israël a, dit-il, a effacé l’image de Mahomet s’envolant de Jérusalem vers Allah sur sa jument Al Bouraq.

Effacée, l’image d’une Palestine tumultueuse et bouillonnante dont le dynamisme était dû à sa bourgeoisie, sa culture, ses intellectuels et ses scientifiques dit-il encore.

Ce narratif pro palestinien contredit la réalité historique.

M. Chalendon montre une Palestine imaginaire et fantasmée… Avec de telles explications de la situation dramatique actuelle, on est loin de pouvoir comprendre la réalité et de trouver un chemin vers la paix.

Si on veut avoir une réelle explication, factuelle et dépassionnée, de la Palestine, il vaut mieux lire,

  • de Georges Bensoussan : « Les origines du conflit israélo-arabe (1870-1950) » et « Une nouvelle histoire du sionisme 1860-1950 »,
  • et de Razak Abdel-Kader : « Le Conflit judéo Arabe – Juifs et Arabes face à l’avenir ».

Par cet article, M. Chalendon illustre parfaitement cette phrase de Georges Bensoussan :

« Depuis près d’un siècle (et jusqu’aujourd’hui), les trois grandes idéologies totalitaires que sont le nazisme, le communisme et l’islamisme ont fait du sionisme une figure repoussoir qui a fini par occulter le sionisme comme question d’histoire »...

Quelle tristesse de voir le Canard plonger dans ce marécage nauséabond. KF♦

Klod Frydman, MABATIM.INFO


1 https://www.lecanardenchaine.fr/culture-idees/53618-israel-palestine-terre-sainte-guerre-promise

2 https://www.bedetheque.com/auteur-34975-BD-Lewkowicz-Alain.html

3 https://www.radiofrance.fr/franceculture/comment-le-keffieh-est-devenu-un-symbole-de-lutte-des-palestiniens-4211532

4 Évaluation du Consul de France en 1847, confirmé par le recensement Peters et le recensement turc 1893. La densité atteint aujourd’hui 400 hab. au km2. Un slogan chrétien pour la réalisation de la prophétie d’Ézéchiel du retour des juifs sur leur terre disait « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Ce slogan est issu du livre du pasteur écossais Alexander Keith : The Land of Israel According to the Covenant with Abraham, with Isaac, and with Jacob (Edinburgh : William Whyte and Co., 1843), p. 43.

5 https://frblogs.timesofisrael.com/le-bon-vieux-temps-de-la-peste-noire-en-palestine/

6 En témoigne le tableau exposé au Louvre : « Les pestiférés de Jaffa », tableau d’Antoine-Jean Gros datant de 1804.

7 Son célèbre poème Shark (Orient), écrit en 1918, résume assez bien sa pensée et son pessimisme concernant les peuples musulmans :

« On me dit : qu’as-tu vu, tu as beaucoup voyagé dans l’Orient ? J’ai vu :
Ici et là
Des villes en ruine, des monuments par terre, des peuples
(umma) sans leader,
Des ponts écroulés, des canaux défoncés, des routes sans voyageurs,
Des dos courbés, des cous amaigris, des sangs sans vie
(kaynamaz kanlar),Des têtes sans pensée, des cœurs durs, des âmes rouillées :
Des insurrections, des esclavages, des dictatures, des abjections,
Des hypocrisies, des obsessions dégoûtantes, des maladies ;
Des foyers sans fumée couverts de toiles d’araignée, des forêts brûlées,
Des champs sans culture, des maisons envahies par l’herbe, des moissons pourries ;
Des imams sans fidèles, des visages sales, des têtes sans prosternation ;
Des coreligionnaires impitoyables tuant leurs frères au nom de la ‘Guerre Sainte’ ;
Des demeures inhabitées ; des villages vides ; des toits écroulés ;
Des jours sans travail ; des soirées sans réflexion !… »

8 Le Wilayet correspondant au département et le Sanjak à la commune sont des divisions administratives ottomanes.

9 https://mabatim.info/2019/07/16/une-usurpation-didentite/

10 Vieux Yishouv et nouveau Yishouvhttps://books.openedition.org/septentrion/51054

11 De l’hébreu : peuplement.

12 Retour en Israël

13 Ghassam Kanafani, Razzak Abdelkader


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2 commentaires

  1. les gouvernant francais se croient tres futės en adoptant le narratif des islamistes et en chargeant le peuple juif , au premier abord cette strategie scelerate peut paraitre payante pour la haute bourgeoisie française possedante .
    mettre de leur cotė les masses musulmanes françaises tout en profitant allegrement de la mise en esclavage du limpen proletariat islamisé , capter des contrats arabes et encaisser les valises du qatar , tout cela sent bon le gros pognon pas trop propre et s il faut sacrifier quelques petits juifs craintifs et apeurės , tout cela semble plutot juteux et sans risque .mais les imbeciles de la haute bourgeoisie ignorent que l ouverture de la boite de pandore leur eclatera au nez tot ou tard .les juifs les plus endormis finiront par plier bagage et le tete a tete avec des millions d islamistes chauffés a blanc risque de laisser un mauvais souvenir aux petits bobos bien proprets qui n imaginent pas encore sur quel volcan ils sont assis .

    mais

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  2. un reportage odieux, manipulé par tous ces intervenants vendus à la cause, en dénigrant les faits historiques de la création de l’état, mais malheureusement il faut s’incurgiter toute cette propagande, et c’est un juif qui a réalisé cette inversion……

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