
par Richard Prasquier,
[21 mai 2026]
Le 11 mai, le New York Times a publié un long article où son chroniqueur vedette, Nicolas Kristof, accusait les gardiens israéliens de comportements ignobles à l’égard des détenus palestiniens, sur la base de 14 témoignages personnellement recueillis, dont 12 restaient dans l’anonymat pour préserver sur leur demande la dignité des victimes.
- Sur les femmes et les adolescents, minoritaires en prison, on parle d’attouchements et de menaces de viols,
- sur les hommes de coups sur des organes génitaux et d’introductions d’objets intra-rectaux.
Tout cela donne la nausée au lecteur. On se souvient aussi que l’an dernier avait explosé le scandale du camp militaire de Sde Teiman, dont un détenu gazaoui avait dû être transféré vers un hôpital civil israélien avec une perforation rectale. L’arrestation de soldats à la suite de l’enquête interne avait déclenché des protestations par des militants extrémistes et finalement l’abandon des poursuites. Triste épisode…
On a documenté dans des prisons de New York des comportements sadiques de certains gardiens et on se doute que les situations les pires se déroulent dans les pays où l’information est la moins libre. La nature humaine étant ce qu’elle est, il n’y a malheureusement pas de raison de penser qu’en Israël la situation soit différente. Plusieurs organisations israéliennes s’attachent à la défense des droits des Palestiniens et dénoncent leurs conditions d’incarcération.
Cependant, on n’a jamais établi, et Nicolas Kristof le reconnaît, qu’il s’agit d’une politique conçue à l’échelon gouvernemental.
D’autre part certaines de ces ONG, dont la plus célèbre, B’Tselem, se contentent souvent de répercuter des allégations palestiniennes sans les vérifier.
La justice israélienne a démontré à plusieurs reprises que certaines de ces allégations étaient fausses. Ce qui ne signifie pas, évidemment, que toutes l’étaient, mais que la prudence s’impose, d’autant plus que l’argument de la cruauté d’Israël est une arme puissante dans la guerre des narratifs.
Les témoins de Nicolas Kristof lui ont été obligeamment fournis par Euro-Med Human Rights Monitor.
- C’est une organisation qui a pignon sur rue à Genève mais c’est aussi une organisation qui a affirmé de façon médicalementabsurde que les Israéliens prélevaientsur des Palestiniens tués à Gaza des reins, des foies et des cornées.
- C’est une organisation qui a prétendu qu’Israël se livrait à des massacres délibérés d’enfants à Gaza
- et c’est évidemment une organisation qui a mis en avant des chiffres trafiqués de famine dans la population.
- Une organisation dont on ne sera donc pas surpris qu’elle soit très bien vue au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU et sur la chaîne al-Jazeera.
Son fondateur, Ramy Abdou, avait tweeté le 7 octobre
« Dans cette bataille, la Palestine a présenté l’élite de ses jeunes hommes et femmes sur le chemin de la liberté et de la dignité ».
Euro-Med avait lancé en 2024 un canard trop gros pour être repris par la presse sérieuse :
Celui du viol de prisonniers palestiniens par des chiens dressés par l’armée israélienne, une accusation dont les spécialistes en comportement canin ont confirmé l’impossibilité physiologique.
Mais voici que l’article de Nicolas Kristof, ce journaliste aux deux Prix Pulitzer, auto-proclamé conscience morale des États-Unis et solide contempteur de la politique israélienne, ouvre une fenêtre d’opportunité. C’est ainsi que son article du New York Times, sobrement intitulé « Pourquoi ce silence sur le viol des Palestiniens ? », reprend cette affirmation sur la base d’un seul témoignage anonyme.
Kristof est un professionnel et prend ses précautions pour les poursuites judiciaires qui pourraient lui être intentées, que le gouvernement israélien a promises mais qui, recours aidant, prendront des années pour être définitivement jugées. Il pourra alléguer la bonne foi et la sacro-sainte liberté d’expression, car il n’a pas repris pour son propre compte cette accusation, il a rapporté le témoignage d’une victime.
Et le New York Times fait corps pour le soutenir, ce journal qui est l’incarnation américaine de la détestation anti-israélienne dans les beaux quartiers comme il fut pendant la guerre l’incarnation de l’indifférence au sort des Juifs.

Cerise sur le gâteau, la polémique suscitée par cet article a facilité le silence sur un énorme travail publié le lendemain, celui de la commission Cochav Elkayam-Levy sur les crimes commis par le Hamas le 7 octobre, 10 000 photos et fragments vidéos, 1 800 heures de matériel visuel, 430 témoignages……
Après l’accusation d’assassinats d’enfants, celle d’apartheid, celle de famine et celle de génocide, celle de viol avec bestialité reçoit de la part du New York Times un tampon de crédibilité et enfonce Israël dans une infamie ontologique.
Nicolas Kristof le sait mieux que quiconque, il n’importe pas qu’une allégation soit vraie ou fausse, il faut qu’elle soit à la bonne place dans la fabrique des représentations du monde qu’on veut faire prévaloir. Au pire, en cas de preuve du contraire, on alléguera la bonne foi et on arguera de la vérité du contexte.
En attendant, pour les crédules candides que sont la plupart des lecteurs, il n’y a pas de fumée sans feu……
Cela se rapproche bien d’une accusation de crime rituel…RP♦

Richard Prasquier, Hey
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qu’est ce que c’est que cette histoire de sde teman ?
les soldats étaient ils coupables ?
la justice israélienne si prompte a taper sur la droite sans parler de l’extrême droite aurait enterré l’affaire pour faire plaisir à la droite et à l’extrême droite ?
sans que la cour suprême enragée anti Netanyahou , Smotrich et ben Gvir n’air rien dit et rien fait ?
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