
Par Richard Prasquier,
[23 juillet 2026, Radio J.]
Il est Français, il a vingt-six ans, c’est un expert en arts martiaux qui a en horreur les homosexuels et a traité un opposant de « sale tapette ». Il est proche du gendre de Jean Luc Mélenchon, député de Villeurbanne, et est chargé au LFI de la lutte contre le fascisme.
Allan Brunon est un pur exemple de la nouvelle vague mélenchoniste et il est proche du centre du dispositif.
- Il préside le groupe LFI au conseil municipal de Grenoble et à la métropole, ainsi que la commission des finances ;
- Il a rompu son alliance avec la maire écologiste de Grenoble, alliance qu’ils avaient appelée « Front républicain » comme si leur adversaire, Alain Carignon, LR, était hors du cadre de la République.
C’est Allan Brunon qui s’est vanté d’avoir tout fait pour obtenir la déprogrammation de Barbara Butch et qui remercie « les Grenoblois », en vérité le groupe de manifestants LFI, d’avoir manifesté leur colère, en réalité plus que de la colère, des sifflets, des insultes, des graviers, des liquides, des bouteilles de verre, qui ont entraîné le 10 juillet la suspension du spectacle de la DJ.
Barbara Butch est un pied de nez aux convenances du bon goût bourgeois ; son surnom lui-même tourne en dérision celui d’une épouse et mère de deux présidents américains conservateurs.
Elle avait donc tout pour que le mouvement LGBT+ prenne sa défense quand elle reçut des tombereaux d’injures après sa prestation au cours du spectacle lors des Jeux Olympiques de Paris.
Et elle a, à juste titre, obtenu ce soutien.
Mais son nom n’est qu’un surnom.

Barbara Butch est née de parents juifs et elle a commis l’irréparable, elle a signé un communiqué de soutien à la proposition de loi de Caroline Yadan sur l’antisémitisme…
En raison de sa signature elle a été harcelée sans relâche sur les réseaux sociaux et cette fois-ci elle n’a pas reçu d’aide des organisations LGBT+ les plus actives, telles SOS homophobie. Un militant l’explique :
En signant une tribune en faveur de Caroline Yadan,
BARBARA BUTCH A DÉTRUIT « LA CONVERGENCE DES LUTTES ».
La notion de convergence des luttes résulte du concept d’intersectionnalité concocté par l’universitaire californienne Kimberley Crenshaw sur la base d’une constatation simpliste mais qui se prête à la généralisation :
Comme les femmes sont discriminées par rapport aux hommes, et les Noirs par rapport aux Blancs, si les femmes et les Noirs unissaient leurs revendications, celles-ci auraient plus de puissance.
Donc toute lutte doit être globale. C’est ainsi que lors d’une manifestation en faveur de Gaza, à un journaliste qui lui signalait que sous le Hamas il aurait couru le risque d’être jeté du toit d’un immeuble, un militant LGBT a répondu :
« C’est qu’on n’a pas bien expliqué aux Gazaouis que nous partagions leur combat…»
Pour que cette convergence des luttes soit efficace, elle exige une hiérarchisation et un symbole.
Ainsi la lutte contre l’homophobie est moins porteuse que celle contre l’impérialisme.
Comme symbole, le « capitaliste », en dehors des néo-staliniens archaïques, ne peut plus servir de repoussoir ultime alors que les usines disparaissent et que beaucoup de jeunes ne rêvent que de gagner de l’argent…

Le palestinisme est ainsi devenu le nouveau fétiche identificatoire…
Barbara Butch a failli à la lutte originelle, elle doit être effacée
- Peu importe qu’un homophobe assumé soit son exécuteur.
- Les militants féministes et LGBT devraient être interpellés,
- Mais la majorité d’entre eux restent muets tant ils aspirent à être acceptés par ceux qui sont « du bon côté de l’Histoire ».
– En Californie, le candidat démocrate le mieux placé pour succéder à Nancy Pelosi s’appelle Scott Wiener, juif et homosexuel.
- Il a donné tous les gages de la bien-pensance en déclarant notamment qu’Israël est un État génocidaire,
- mais cela n’a pas suffi et il a été chassé de la manifestation homosexuelle de San Francisco dont il avait été l’un des piliers pendant des années,
- parce que comme juif il était désormais étranger aux causes communes.
– Le cinéaste Nadav Lapid qui a quitté Israël pour la France en raison de son hostilité au gouvernement israélien a dû démissionner d’un jury de cinéma, car son nom rappelle qu’il provient de l’État maudit.
– Et que dire de Joann Sfar et de tant d’autres, peu suspects d’être des annexionnistes messianiques et exterminationistes, voire d’Anne Frank et Primo Levi dont les portraits viennent d’être souillés à Milan……

Il s’agit désormais de faire disparaître des Juifs de la scène non pas pour ce qu’ils font mais pour ce qu’ils sont...
Le procédé entre dans la cancel culture, mais il est connu de longue date. Il a fleuri en URSS et dans les démocraties dites populaires, telle la Pologne des années 1970.
La responsabilité de Mélenchon est accablante,
mais les sondages suggèrent que ses électeurs, les jeunes surtout, n’ont pas été rebutés par ses récentes dérives.
Ses adjoints, tels Manuel Bompard vont au déminage et prétendent que c’est au nom de la liberté d’expression que LFI, qui en est évidemment le plus grand défenseur, favorise l’expression des protestations contre un gouvernement génocidaire et que cela n’a rien, absolument rien, à voir avec l’antisémitisme.
Il faut vouloir être aveugle pour le croire.
- Mélenchon ne veut pas renier les fondamentaux qui lui assurent l’enthousiasme de son socle électoral et il trouvera des échappatoires aux plus inexcusables de ses disciples.
- Mais il pense aussi et surtout à ce deuxième tour où il prendrait la posture de défenseur de la République et de ses libertés contre le danger fasciste.
Peine perdue. Nous savons désormais que le fasciste, c’est lui… RP♦

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