Par Pierre Lurçat,
[9 septembre 2026]

Les réactions à la sortie très attendue de la cinquième saison de Fauda sur Netflix en France permettent de saisir à la fois ce qui a changé en Israël depuis le 7-Octobre, et ce qui ne change pas dans certains médias français, dès lors qu’il est question d’Israël. Analyse.

Ce qui ne change pas, aux yeux de certains médias français, c’est la culpabilité d’Israël, éternel bouc émissaire, même lorsqu’il se défend contre le plus grand pogrom antijuif depuis la Shoah….
Ainsi, un article de Libération explique doctement que « les exactions de l’armée israéliennes (sic) sont passées sous silence… » Comme si Fauda était un reportage et non une fiction.

L’article de Libération est intitulé de manière éloquente, « Avec Faudra, Netflix fait le Tsahal boulot ». Derrière le mauvais jeu de mot, c’est toute une idéologie qui transparaît…
Pire, c’est une véritable théorie du complot dans laquelle la plateforme la plus visitée au monde est accusée de propagande en faveur d’Israël !
Selon le Nouvel Obs, la « saison 5 cède à la caricature et oublie la réalité ». Accusation qui ressemble à celle de Libération, et qui oublie délibérément le fait que Fauda est une fiction, qui n’a aucunement vocation à refléter la « réalité »… Selon le Nouvel Obs encore, la « saison 5 cède à la caricature et oublie la réalité ».
En prétendant imposer à une série israélienne une exigence de fidélité à la réalité qu’eux-mêmes ne respectent pas dans leur couverture de l’actualité, Libération et le Nouvel Obs démontrent une fois de plus qu’ils sont enfermés dans une idéologie, où Israël est l’éternel coupable.
Télérama abonde dans le même sens, en accusant la série de « manichéisme ».
C’est sur France Info qu’on trouve le compte-rendu le plus honnête de la série israélienne :
« Cette ultime saison est dure, extrêmement touchante, et elle prend aux tripes, sans doute encore plus que les saisons précédentes ».
Mais, au-delà de l’idéologie antisioniste, qui a littéralement explosé depuis le 7-Octobre, c’est le changement interne à Israël qui est l’événement le plus important. Comme l’écrivait Yohan Alimi dans Le Point :
« Fauda revient métamorphosée. Elle n’est plus seulement ce divertissement musclé addictif. Elle est désormais un miroir brutal, inconfortable, parfois imparfait, mais profondément connecté à l’état psychologique d’Israël et son image depuis le 7 Octobre. »
Cette métamorphose de la série culte israélienne est à l’image de la métamorphose subie par Israël tout entier : celle d’un pays qui a compris – mieux vaut tard que jamais – qu’il se battait pour une juste cause et contre des ennemis qui n’ont rien de commun avec lui, ni avec l’humanité…
Comme l’écrit le philosophe Jacques Dewitte :

L’erreur tragique du 7-Octobre repose largement sur l’idée erronée selon laquelle nos ennemis seraient « comme nous »1.
Contre un ennemi inhumain, le peuple juif a enfin compris qu’il n’a pas d’autre choix que de vaincre.
Ad Hanitsa’hon !
Shana tova à tous mes lecteurs. PL♦

Pierre Lurçat, Vu de Jérusalem
1 Dans sa belle préface à mon livre Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël.
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