France : « WALLAH, ON A TOUT DÉVALISÉ ! »

par Serge Siksik,
[20 oct 2026]

17 OCTOBRE 2026 : LA FRANCE SACCAGÉE, LA RÉPUBLIQUE DÉFIÉE, L’AUTORITÉ HUMILIÉE

Des commerces pillés, des mairies attaquées, des policiers et gendarmes blessés. Mais derrière les destructions se profile une question autrement vertigineuse :

Que devient une civilisation lorsque la violence cesse de faire honte et que la République ne parvient plus à imposer le respect de ses lois ?

« Prie pour la paix du gouvernement, car sans la crainte qu’il inspire, les hommes s’avaleraient vivants les uns les autres. »
Rabbi Hanina
– Pirkei Avot, 3,2

Les lycéens réclamaient un avenir ; les casseurs sont venus leur voler leur colère, et les politiques leur confisquer leur voix.

« Wallah, on a tout dévalisé ! »

Quelques mots. Une formule brutale, presque jubilatoire, qui pourrait servir d’épitaphe à cette journée du 17 octobre 2026. On ne parle plus de révolution. On ne réclame plus justice. On ne revendique même plus une quelconque transformation sociale. On prend. On casse. On emporte. Et l’on abandonne derrière soi les ruines de ce que d’autres ont construit.

Des hordes de barbares ont déferlé sur nos villes, saccageant les commerces, affrontant les forces de l’ordre, attaquant jusqu’aux symboles de notre patrimoine républicain. Interpellations par milliers, policiers et gendarmes blessés, commerces détruits : les chiffres continuent de préciser l’ampleur des événements, mais les images suffisent à révéler la gravité des destructions.

Ce ne sont pas des « débordements ». Un débordement est un accident. Le pillage, l’incendie et l’agression sont des actes dont les auteurs doivent répondre...

Et voici qu’une autre interrogation, plus profonde encore, s’impose.

La France compte-t-elle des territoires où l’autorité républicaine a tellement reculé qu’ils paraissent conquis par des pouvoirs « concurrents » ?

  • Lorsque l’islamisme politique prétend soumettre les règles communes à ses propres prescriptions,
  • Lorsqu’une pression communautaire cherche à dicter les comportements,
  • Lorsqu’une intimidation impose le silence…

Il ne s’agit plus d’une simple difficulté de coexistence : C’EST LA SOUVERAINETÉ DE LA RÉPUBLIQUE QUI EST CONTESTÉE…

Les problèmes liés à l’immigration, ne peuvent plus être minorés. La volonté d’une population qui souhaite remplacer le peuple de France ne peut plus être éludée.

Une République peut être traversée par des différences considérables. Elle ne peut accepter que la violence, la peur ou des allégeances particulières remplacent la loi commune...

  • Et les responsables des pillages, quels qu’ils soient, doivent être identifiés, poursuivis et sanctionnés.
  • Pour les étrangers condamnés, les mesures d’éloignement prévues par le droit doivent pouvoir être examinées.
  • Pour les citoyens français, la réponse relève de la justice française. La fermeté doit être totale et la déchéance de nationalité envisagée.

Les lycéens réclamaient des PROFESSEURS.

Les salariés dénonçaient la VIE CHÈRE.

Les Français exprimaient leur INQUIÉTUDE devant la dégradation des services publics.

Et certains ont répondu par le vol, l’incendie et la destruction.

Il faut une singulière faillite du raisonnement pour prétendre améliorer la condition du peuple en détruisant ce qui lui appartient...

Une mairie incendiée n’est pas un simple bâtiment endommagé. C’est une institution attaquée, la maison commune transformée en cible. À Limoges, l’hôtel de ville a été incendié.

Une mairie n’appartient pas au président de la République. Elle n’appartient pas à un parti. Elle appartient aux citoyens.

Le commerçant pillé n’est pas nécessairement un privilégié. Il peut être un homme ou une femme qui a travaillé trente ans pour constituer son entreprise, qui rembourse un emprunt et emploie plusieurs salariés. Et voilà qu’au nom d’une colère dont il n’est pas responsable, on lui détruit son gagne-pain.

Quel extraordinaire renversement moral : CELUI QUI TRAVAILLE DOIT SE JUSTIFIER DE POSSÉDER, tandis que CELUI QUI VOLE TROUVERAIT DANS SA FRUSTRATION UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE automatique !

  • La misère mérite des réponses.
  • L’injustice mérite réparation.
  • La délinquance mérite d’être jugée.

Confondre ces trois réalités n’est pas faire preuve d’humanité. C’est renoncer à penser.

Qui sont ces casseurs ? Les récits font apparaître plusieurs profils :

  • Des groupes d’ultragauche recherchant l’affrontement,
  • Des pillards profitant du désordre, des individus venus de quartiers populaires,
  • Et des participants entraînés dans la violence.

Il faut établir précisément les responsabilités. Il faut aussi pouvoir interroger le refus de s’intégrer, les phénomènes de délinquance et la contestation de l’autorité publique dans certains territoires. Mais aucun montage de vidéos ne permet d’établir, à lui seul, la nationalité, l’origine ou les motivations de l’ensemble des auteurs.

La responsabilité pénale ne se transmet pas par le sang, ne s’efface pas par la pauvreté et ne se dissout pas dans les explications sociologiques.

Les lycéens réclamaient des moyens pour étudier. D’autres sont venus avec des cagoules, des projectiles et des intentions qui n’avaient manifestement rien de scolaire.

Qui peut sérieusement prétendre que

  • Incendier une mairie permettra de recruter un professeur de mathématiques ?
  • Fracasser une vitrine fera diminuer les effectifs d’une classe ?
  • Blesser un policier rendra Parcoursup plus juste ?

La réponse tient dans l’absurdité même des questions.

Et voici que surgissent les drapeaux palestiniens, les inscriptions « Free Palestine », les slogans importés d’un conflit qui n’a aucun rapport direct avec les revendications scolaires françaises.

On voudrait nous convaincre qu’il s’agit d’une convergence naturelle des luttes. Quelle convergence ?

Entre un adolescent qui souhaite étudier dans de bonnes conditions et un militant qui transforme une manifestation française en tribune contre Israël ? La cause gazaouie, quelle que soit l’opinion que l’on en ait, ne saurait devenir le mot d’ordre obligatoire de toutes les colères françaises.

À force de vouloir faire de CHAQUE REVENDICATION LA CAUSE DE TOUTES LES AUTRES, on risque de ne plus défendre aucune cause : ON ORGANISE UNE HOSTILITÉ GÉNÉRALE...

Et les visages dissimulés sous les masques et les cagoules ? Ils posent une autre question, celle de la responsabilité.

Pourquoi se cacher lorsqu’on prétend agir au nom du peuple ?

Pourquoi détruire anonymement ce que d’autres devront reconstruire à visage découvert ?

Mais une question plus troublante encore surgit de ces images : QU’EST DEVENUE LA HONTE ?

Il fut un temps où celui qui commettait un acte honteux cherchait au moins à le dissimuler.

Aujourd’hui, certains exhibent leurs transgressions, les filment, les diffusent et les transforment en trophées numériques.

Le pillage devient spectacle, l’humiliation d’autrui devient divertissement, la destruction devient une séquence destinée à recueillir des applaudissements.

La honte ne disparaît pas seulement : elle risque de changer de camp…

Celui qui réclame l’ordre doit expliquer pourquoi il exige la sécurité ;

Celui qui transgresse peut trouver dans son groupe une forme de reconnaissance.

La pensée juive accorde une place singulière à la bousha, בושה, cette capacité à éprouver de la honte devant la faute. Le Talmud, dans Nedarim 20a, en fait un signe de disposition morale.

Il ne s’agit évidemment pas de condamner la personne à l’humiliation,

Mais de reconnaître la valeur de cette limite intérieure qui empêche de tout se permettre.

Une civilisation a besoin de deux frontières : celle que la loi impose aux actes et celle que la conscience impose à l’individu…

Lorsque la seconde s’efface, la première doit porter seule le poids de toutes les transgressions...

Il est des sociétés qui meurent sous les coups de leurs ennemis. Il en est d’autres qui commencent à se défaire lorsqu’elles ne savent plus reconnaître ce qui les menace…

Elles disposent encore de lois, de magistrats, de policiers et de gouvernants. Mais elles ont perdu quelque chose de plus essentiel : la conviction intime que certaines limites ne peuvent être franchies…

Alors commence une étrange inversion.

Le citoyen respectueux de la loi doit expliquer pourquoi il exige la sécurité ;

Celui qui détruit voit son geste entouré d’explications.

LA VICTIME DEVIENT UN DOSSIER, L’AGRESSEUR UN SUJET D’ÉTUDE.

Et la société, fascinée par les causes de sa propre fragilité, finit par consacrer davantage d’intelligence à comprendre ce qui la détruit qu’à préserver ce qui la fait vivre.

C’est ici que surgit la question de la responsabilité politique, notamment celle de La France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.

Comment en sommes-nous arrivés à discuter de la possible valeur politique de destructions qui ruinent des citoyens ?

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a défendu l’idée que la violence pouvait, dans certaines circonstances, être légitime. Ses déclarations ont suscité une vive controverse. La distinction entre violence politique, résistance à l’oppression et pillage de commerces est pourtant essentielle.

Comprendre les causes d’une émeute est indispensable ; lui chercher systématiquement une noblesse morale ne l’est pas.

La souffrance sociale ne transforme pas un vol en acte de justice. La colère ne métamorphose pas un incendie en progrès de civilisation.

  • On peut combattre les injustices sans applaudir les destructions.
  • On peut dénoncer les abus policiers sans minimiser les agressions contre les policiers.
  • On peut réclamer davantage d’égalité sans accorder à quiconque le droit de dépouiller son voisin.

La victime d’un pillage ne devient pas moins victime parce que son agresseur invoque une cause politique.

Jean-Luc Mélenchon a fait de la conflictualité l’un des ressorts de son action politique.

Il dénonce les institutions, critique l’ordre établi et appelle à une transformation profonde des rapports politiques et sociaux.

Le 17 octobre, il a condamné les pillages tout en mettant en cause la conduite des opérations policières.

Ces deux positions doivent être rapportées ensemble :

  • Elles n’interdisent pas d’interroger la stratégie politique de LFI, ses alliances, ses discours et sa conception de la conflictualité.
  • Mais elles ne permettent pas davantage d’imputer personnellement à son dirigeant des infractions commises par des tiers.

Une interrogation demeure : comment articuler une rhétorique de rupture permanente avec l’exigence d’une règle commune respectée par tous ?

Le problème dépasse une personne.

Il concerne tous les responsables politiques

  • qui mobilisent la colère,
  • désignent des adversaires
  • et promettent une rupture sans toujours préciser comment sera préservée la coexistence démocratique.

La politique commence par des convictions. Le gouvernement commence par des responsabilités.

Un responsable politique ne peut être déclaré coupable d’une violence simplement parce que ses discours sont radicaux. Mais il doit accepter que sa stratégie, ses déclarations et ses prises de position soient examinées publiquement. Et si des faits constitutifs d’infractions lui sont personnellement imputables, ils doivent être poursuivis, prouvés et jugés, comme pour n’importe quel citoyen. C’est une exigence de justice, non une faveur. Car une République qui emprisonnerait ses adversaires sans preuve détruirait elle-même le principe qu’elle prétend défendre.

La force du droit consiste précisément à ne pas ressembler à la violence qu’il condamne.

Mélenchon célèbre sa « nouvelle France ». Mais laquelle ?

  • Une France où la citoyenneté commune s’effacerait derrière les appartenances particulières ?
  • Où chaque conflit social deviendrait le réceptacle de toutes les rancœurs ?
  • Où le drapeau national semblerait parfois moins mobilisateur que les emblèmes de causes étrangères ?

Ce sont des interrogations politiques auxquelles LFI doit pouvoir répondre, et auxquelles ses contradicteurs doivent pouvoir opposer des faits.

La diversité des origines n’est pas en elle-même une rupture du pacte civique. Le problème commence lorsque des individus ou des organisations contestent effectivement la primauté des règles communes.

Le grand danger n’est pas qu’une France nouvelle apparaisse. C’EST QUE L’IDÉE MÊME D’UNE FRANCE COMMUNE DISPARAISSE…

Les élus municipaux portent, eux aussi, une responsabilité considérable.

Une mairie n’est pas un laboratoire de clientélisme électoral, encore moins un territoire soustrait aux exigences républicaines. Les habitants ont droit à la sécurité, à la neutralité des services publics et à une autorité qui ne négocie pas l’application de la loi selon les sensibilités communautaires. Les maires qui ferment les yeux sur les intimidations ou les atteintes aux principes républicains doivent rendre des comptes. Ceux qui les combattent, quelles que soient leurs étiquettes, doivent être soutenus.

La responsabilité se mesure aux actes, non aux procès d’intention.

Et voici le paradoxe de la tolérance, auquel Karl Popper a donné une formulation célèbre.

Une démocratie doit tolérer la contestation de ses lois. Elle n’a pas à tolérer leur violation violente.

  • Elle doit garantir la liberté de conscience et d’expression, y compris à ceux qui combattent ses gouvernants.
  • Mais elle doit également protéger les citoyens contre ceux qui voudraient imposer leurs volontés par l’intimidation ou la force.

La tolérance cesse de protéger la liberté lorsqu’elle devient l’alibi de l’impunité. Il ne s’agit pas d’abolir le débat, mais de rappeler que débattre et détruire sont deux actes radicalement différents.

Et Emmanuel Macron ?

Il avait promis de dépasser les fractures françaises. Neuf années plus tard, elles demeurent au centre de la vie politique. Il serait historiquement absurde de lui attribuer l’ensemble des tensions qui traversent le pays, mais tout aussi absurde de soustraire son action à l’examen de ses résultats.

La présidence dispose de pouvoirs considérables ; elle ne dispose pas du pouvoir de transformer une déclaration en résultat.

On peut convoquer des réunions d’urgence, annoncer des sanctions, promettre la fermeté. Mais l’autorité ne se mesure pas au nombre de déclarations prononcées après les crises.

Le pouvoir est une fonction. L’autorité est une capacité. Le premier s’obtient par les institutions ; la seconde se démontre dans les faits. Le drame d’un État n’est pas seulement de ne plus parvenir à faire respecter certaines de ses décisions. C’est de devoir sans cesse rappeler qu’il possède encore l’autorité.

Car l’autorité véritable n’a pas besoin de se proclamer à chaque crise : elle se reconnaît à la constance de ses effets...

Plus un pouvoir multiplie les déclarations de fermeté sans résultats perceptibles, plus il risque de transformer le langage de l’autorité en aveu de son impuissance.

Une République qui doit continuellement annoncer qu’elle est forte finit par susciter une question terrible : pourquoi éprouve-t-elle si souvent le besoin de le répéter ?

Il existe une manière particulièrement insidieuse pour une démocratie de s’affaiblir. Elle ne nécessite ni coup d’État ni abolition des élections.

Il suffit que les citoyens cessent progressivement de croire à l’efficacité de la règle commune…

Les ministères demeurent, les tribunaux fonctionnent, les parlementaires délibèrent, les cérémonies républicaines se poursuivent.

Et pourtant, dans la vie quotidienne, une autre logique peut commencer à s’installer : celle de l’adaptation permanente à la menace…

  • On ferme les commerces avant les manifestations,
  • On protège les bâtiments publics derrière des barrières,
  • On évite certains quartiers lorsque les tensions montent,
  • On attend les bilans des interpellations comme on attend les chiffres d’une catastrophe naturelle.

Puis on recommence.

La plus grande victoire du désordre n’est pas d’avoir détruit un bâtiment. C’est d’avoir convaincu une société que sa destruction était prévisible...

Voilà le véritable danger :

  • Non pas seulement la violence, mais l’habitude de la violence ;
  • Non pas seulement la peur, mais l’organisation de la vie collective autour de cette peur.

Une civilisation ne se définit pas par l’absence de conflits. Elle se définit par la manière dont elle les règle :

La loi remplace la vengeance, le juge remplace le rapport de force, la responsabilité remplace l’impunité.

C’est tout le sens de l’avertissement de Rabbi Hanina : sans une autorité publique légitime, les hommes risquent de se dévorer les uns les autres...

Il ne s’agit pas de célébrer la puissance pour elle-même, mais de rappeler que la liberté des citoyens dépend aussi de leur protection contre la violence d’autrui.

La liberté n’existe pas là où le plus violent
décide à la place du droit.

Les Français ont désormais besoin de réponses vérifiables. Combien de personnes seront effectivement poursuivies ? Combien de victimes seront indemnisées ? Quelles défaillances ont empêché d’anticiper les destructions ? Quelles mesures permettront de mieux protéger les commerces, les habitants et les institutions ? Comment garantir simultanément la liberté de manifester et la sécurité des personnes ?

Ce sont ces questions qui devraient dominer le débat public, et non les concours d’indignation, les affrontements de slogans ou les tentatives de récupération politique de la souffrance des victimes. Les revendications initiales des lycéens et des salariés doivent également recevoir des réponses. Les violences ne sauraient devenir un prétexte pour les oublier.

Mais il faut enfin cesser de confondre compassion et complaisance.

  • On peut comprendre une colère sans accepter ses violences,
  • Reconnaître une injustice sans légitimer une infraction,
  • Défendre les libertés sans abandonner l’autorité.

Une démocratie qui perd cette capacité de discernement s’expose à deux dangers opposés : la démission de l’État et la tentation de l’arbitraire. Aucun des deux n’est une solution.

La réponse réside dans

  • Une justice ferme, impartiale et effective,
  • Une autorité qui protège sans humilier,
  • Une loi qui sanctionne sans discriminer
  • Et une République qui ne négocie pas le droit de chacun à vivre en sécurité.

Mais il reste une question plus vertigineuse encore : QUE TRANSMETTONS-NOUS À CEUX QUI VIENDRONT APRÈS NOUS ?

Nous croyons parfois qu’une civilisation se transmet par ses monuments, ses bibliothèques, ses institutions et ses programmes scolaires.

Mais elle se transmet aussi par les interdits qu’elle juge suffisamment essentiels pour ne pas les négocier.

Ne pas voler. Ne pas détruire. Ne pas faire de la force un droit. Respecter la dignité d’autrui.

Si ces principes deviennent de simples opinions discutables, ce n’est pas seulement l’ordre public qui vacille : c’est la possibilité même de transmettre une morale commune.

Lorsque les adultes hésitent à nommer ce qui est interdit, comment peuvent-ils encore demander aux enfants d’apprendre ce qui est juste ?

Le 17 octobre 2026 ne doit pas devenir une date supplémentaire dans l’inventaire des violences françaises. Il doit conduire à une interrogation fondamentale :

  • Que vaut une République si ses citoyens doivent sans cesse calculer le risque de voir leur ville, leur commerce ou leur quartier livré à la destruction ?
  • Que vaut la promesse d’égalité devant la loi si certains finissent par douter de son application ?
  • Que vaut enfin la liberté lorsque les plus violents peuvent confisquer l’espace public à ceux qui souhaitent simplement manifester pacifiquement ?

Le philosophe peut expliquer la violence, le sociologue en rechercher les causes, le responsable politique en prévenir les conséquences et le juge en établir les responsabilités.

Aucun de ces devoirs ne remplace les autres.

Une civilisation ne s’effondre pas seulement lorsqu’on détruit ses institutions. ELLE COMMENCE À S’AFFAIBLIR LORSQU’ELLE NE SAIT PLUS POURQUOI ELLE DOIT LES DÉFENDRE…

Le 17 octobre, des centaines de milliers de Français sont descendus dans la rue pour exprimer leurs revendications. D’autres ont choisi le pillage et la destruction.

La différence entre les deux n’est pas secondaire : elle est la frontière même entre la liberté et la prédation.

Et cette frontière ne saurait être effacée par une théorie politique, une circonstance sociale ou une indignation de circonstance.

La République n’a pas à s’excuser d’exiger le respect de ses lois. Elle a le devoir de les appliquer.

Car lorsqu’une société commence à chercher des excuses à ceux qui détruisent ce qu’elle a construit, ELLE RISQUE DE FINIR PAR DEMANDER PARDON À CEUX QUI LA PILLENT. SS♦

Serge Siksik, MABATIM.INFO


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