Journaliste à Gaza, un métier dangereux

Par Liliane Messika,
[15 octobre 2026]

Le titre de cet article semblera un truisme aux antisionistes, qui sont au politiquement correct ce qu’étaient les idiots utiles à Trotski et les communistes utiles à l’ayatollah Khomeini1.

Pour ce public avide de justifier sa haine des Juifs, il est évident que le journalisme à Gaza est ce que décrivait Hemingway dans l’Espagne de 1936 :

Une nécessité absolue de faire barrage au fascisme, ainsi qu’un devoir moral de témoignerau plus près de la réalité du terrain2.

Gaza n’est pas Guernica

Mais rappelons quelques faits :

Gaza, avant le 7 octobre 2023, était une dictature Judenrein. Le Hamas y avait évincé les représentants de l’Autorité palestinienne élus en 2006, après le départ de tous les juifs, militaires comme civils, en juillet de l’année précédente…

On dit « évincer » pour ne pas choquer les âmes sensibles, mais en réalité, parmi les Palestiniens fidèles à l’Autorité Palestinienne, 118 avaient été tués et 550 blessés par le Hamas3, ce que nul palestinophile européen n’avait cru utile de remarquer, et encore moins de regretter à l’époque.

Or donc, en octobre 2023, les jeunes Gazaouis en âge de voter n’avaient jamais vu un Juif de leur vie.

Cette remarque est purement rhétorique car,

  • d’une part, aucune occasion n’a jamais été donnée de voter par le Hamas depuis 2007
  • et, d’autre part, il n’est pas nécessaire d’avoir jamais vu un juif pour les haïr tous, quand, depuis la maternelle, on vous l’enseigne à l’école, en vacances l’été dans les camps du Hamas et à la télévision en tout temps.

Rien ne se passait à Gaza en ces temps de paix (avec Israël), qui ne fût exigé ou autorisé par le Hamas, nomination et accréditation des journalistes incluses…

Les journalistes sont nommés par le Hamas, qui dicte et/ou censure

Ce fait n’entame en rien le respect que leur vouent les palestinistes du monde entier, biberonnés à l’héroïsme consubstantiel du statut de « Palestinien ».

Pour les autres publics, le fait que tant de journalistes, à Gaza, figurent sur la liste des morts relève d’une volonté d’Israël de cacher ses crimes de guerre, comme le leur serinent quotidiennement les dirigeants des pays à forte concentration musulmane. Ces édiles ont à cœur de satisfaire leur électorat trublionnaire, ce pour quoi ils disposent de relais efficaces parmi leurs propres médias, voire leur propre agence de presse nationale.

Comme l’a expliqué Matti Friedman, un journaliste américain qui a couvert le conflit israélo-palestinien de 2006 à 2011 pour Associated Press, il y a trois sortes de journalistes à Gaza, tous palestiniens :

  • Ceux qui sont membres du Hamas,
  • Ceux qui sont ses supporters et qui se livrent à de la propagande,
  • Et ceux que le Hamas tient par un chantage ou un autre4.

Friedman a aussi été témoin de l’attitude de ses propres collègues :

« La pratique du journalisme – c’est-à-dire l’analyse éclairée des événements désordonnés de la planète Terre – était remplacée par une sorte d’activisme agressif qui laissait peu de place à la dissidence. Le nouvel objectif n’était pas de décrire la réalité, mais d’amener les lecteurs à la bonne conclusion politique5… »

La même chose pourrait être écrite au sujet de la plupart des journalistes français d’aujourd’hui, mais pour un Américain, c’était une nouveauté en 2006…

Un autre journaliste américain, Hunter Stuart, a décrit le credo avec lequel il avait abordé son séjour d’un an à Jérusalem :

« J’étais très propalestinien. Pratiquement toutes mes fréquentations l’étaient.

Protestant… mon entourage était progressiste. Être progressiste en Amérique s’accompagne d’un panthéon de croyances inconditionnelles : vous soutenez… les droits des homosexuels, l’accès à l’avortement et le contrôle des armes à feu.

La croyance qu’Israël brutalise injustement les Palestiniens fait inextricablement partie de ce panthéon.

La plupart des progressistes aux États-Unis considère Israël comme un agresseur, opprimant les pauvres nobles Arabes, qui sont brutalement privés de leur liberté.6 »

Au bout d’un an, Hunter Stuart avait vu la réalité du terrain et son panthéon s’était sérieusement rétréci.

Les journalistes tués à Gaza pratiquaient le cumul des mandats

Les journalistes qui ont été tués à Gaza ont occasionné des rivières de larmes de crocodiles. Pourtant, la plupart avaient deux casquettes et surtout deux gilets :

  • Le gilet pare-balles marqué « Presse » pour la casquette de correspondant de guerre :
  • Et le baudrier de munitions correspondant au bandeau vert de membre du Hamas.

Les publics occidentaux sont habitués par leurs médias à mettre en doute tout ce qui vient de la démocratie israélienne (qui est scrutée à la loupe par des milliers d’ONG financées dans ce seul but) et à croire comme Évangile tout ce qui vient du « ministère de la Santé » du Hamas.

Israël a donc beau leur fournir des preuves que moult « journalistes » admirés comme des Pulitzer qu’on assassine sont en réalités des gradés de l’armée hamastique, ses preuves (photos, documents d’identité, honneurs rendus par le Hamas) ne pénètrent pas le mur blindé du fantasme palestinophile…

La FIJ, le CPJ et Reporters sans Frontières ont réagi… Quand et comment ?

Quand les dossiers de preuves sont devenus trop épais pour passer sous le tapis, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et RSF n’ont pas admis que les déclarations israéliennes devaient être prises en compte.

Ils ont simplement commencé à retirer discrètement de leurs listes ceux des morts dont la couverture journalistique ne couvrait plus l’uniforme du Hamas…

Cela a été le cas du premier d’entre eux, Mohammad Jarghoun, 28 ans, qui était entré dans les kibboutzim avec les terroristes et qui avait été tué, le jour même, par des habitants du village attaqué.

Rentrer dans les kibboutzim en même temps que les terroristes impliquait qu’il était mieux renseigné que le Mossad, qu’il passait par là et avait vu de la lumière, ou qu’il avait participé au pogrom comme acteur…

Quand, le 22 juin 2026, lors d’un hommage rendu à ce «moudjahid martyr », le Hamas a publié sa photo en uniforme, Reporter sans Frontières l’a retiré de sa liste. Le CPJ a laissé passer les vacances, puis s’est résolu à faire de même en septembre.

Le Point7 a publié les deux photos côte à côte le 6 octobre 2026, avec une légende disculpant le CPJ de son tropisme hamasophile :

Il aurait publié la nouvelle dès qu’il avait fini« d’établir sa participation au combat »,laissant supposer qu’il avait fait son travail de journaliste, alors qu’il avait tout fait pour étouffer celui réellement fait par d’autres.

Il s’était quand même passé près d’une semaine depuis que Tsahal avait publié la liste de 170 « journalistes » tués, une liste agrémentée de leurs CV militaires : …

  • 118 d’entre eux combattaient dans la branche militaire du Hamas ;
  • 49 faisaient pareil sous la casaque du Jihad islamique,
  • deux au sein des Comités de Résistance Populaire
  • et un dans les Brigades des moudjahidines.
  • 17 parmi les 170 faisaient partie des envahisseurs du territoire israélien qui se sont livré à des actes barbares lors du pogrom du 7 octobre 2023.

Parmi leurs autres employeurs figuraient des noms et des titres prestigieux, comme Reuters, CNN, la BBC, l’AFP, Associated Press, Le Monde, ABC Australia…

Pour les curieux, on peut retrouver tous ces « journalistes » sur un site dédié des Forces de Défense d’Israël8 :

Tout figure de leur double identité : leurs noms, leurs fonctions sous leurs différentes casquettes et leurs numéros d’identité, civil comme militaire,

Avec «des preuves vérifiées, notamment des images et des documents produits par les organisations terroristes, dont certains ont été retrouvés sur le terrain, indiquant l’appartenance organisationnelle de ces terroristes et les rôles qu’ils occupaient au sein de ces organisations ».

Qu’est-ce qui fait d’un individu un journaliste ?

Un appareil photo ? Un gilet siglé « Presse » ? Une signature sous un article ?

À Gaza, depuis le 7 octobre 2023, il suffisait du gilet et le combattant armé d’une Kalatchnikov se transformait en reporter, plus vite qu’une citrouille en carrosse…

Depuis le jour même du pogrom, alors que les secours n’étaient pas encore arrivés sur les lieux du carnage, Israël était accusé de prendre délibérément pour cibles des journalistes…

La principale source de cette accusation était la base de données duComité pour la protection des journalistes.

Sa base de données fond à vue d’œil, mais sa base de militants n’a pas crié son dernier « mort aux yahouds ! ». LM♦

Liliane Messika, Dreuz


1 https://iran1988.org/1988-massacre/

2 www.ernesthemingwayofficial.com/blog/bearing-witness-in-spain

3 https://reliefweb.int/report/occupied-palestinian-territory/opt-gaza-and-west-bank-icrc-bulletin-no-22-2007

4 Interview visible sur : https://substack.com/@roybentzvi/note/c-127826923

5 www.thefp.com/p/friedman-when-we-started-to-lie

6 www.jpost.com/jerusalem-report/a-view-from-the-frontlines-480829

7 www.lepoint.fr/societe/quand-le-hamas-honore-ses-journalistes-D4PDDJFQQZHD5PQ4QHL2FSLZZM/

8 www.idf.il/en/mini-sites/the-press-files/


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