
Par Gaby Geagea,
[Beyrouth, 31 octobre 2026]
Malgré la victoire du Likoud, devenu le premier bloc à la Knesset, et malgré le fait que le camp de Netanyahou ait obtenu le plus grand nombre de voix, la réalité est qu’il ne peut pas former de gouvernement.

Une coalition entre les deux camps semble désormais s’imposer comme une nécessité…
À défaut, le seul scénario envisageable serait que l’un des camps parvienne à attirer un parti de l’autre camp, à travers des négociations, des incitations ou, éventuellement, sous l’effet de pressions internationales, américaines, du sionisme mondial ou de pressions internes.
ET C’EST PRÉCISÉMENT LÀ QUE RÉSIDE LE VÉRITABLE ENJEU. C’EST LÀ QUE SE SITUE LA LIGNE ROUGE.
L’État d’Israël est un État idéologique,
un État juif dans son essence même, dans ses fondements et dans son pacte constitutif…
Certes, son système politique est démocratique dans la manière dont le pouvoir est désigné. Mais toute chose a ses limites et ses lignes rouges.

Israël n’acceptera jamais, en aucune circonstance, que les listes arabes unies ou le vote arabe décident de celui qui gouvernera Israël…
Celui qui ne comprend pas la mentalité du Juif, de l’Israélien et du mouvement sioniste mondial se trompe profondément.
La représentation arabe, à travers ses listes communes, dispose du droit
- de siéger à la Knesset,
- d’y avoir une voix,
- de participer à l’élaboration et au vote des lois,
- d’exprimer ses opinions,
- de défendre les intérêts de ses électeurs,
- d’engager des procédures judiciaires,
- de bénéficier de prestations sociales et d’exercer d’autres droits.
Tout cela est permis.
C’est ce que l’on pourrait appeler le décor démocratique.
Mais que cette représentation arabe devienne L’ÉLÉMENT DÉCISIF, CELUI QUI FAIT BASCULER LA MAJORITÉ et DÉTERMINE QUI GOUVERNERA ISRAËL, voilà ce qui constituerait un PÉCHÉ MORTEL…
Dans le cadre du pacte fondateur juif, cela représenterait une véritable haute trahison.
Celui qui coopère avec les listes arabes afin d’accéder au pouvoir commet, aux yeux du sionisme, une faute impardonnable,
Et celuiqui ne mesure pas la gravité de cette question ne comprend pas la manière dont Israël raisonne…
Il se trompe, celui qui imagine qu’Eisenkot pourrait accepter une telle proposition, quel que soit son degré d’hostilité, de haine ou de rivalité envers Netanyahou, et quelle que soit sa volonté de changement.
CAR, AU REGARD DU PACTE JUIF, UNE TELLE DÉCISION CONSTITUERAIT UNE TRAHISON.
Et même si cela devait se produire à la faveur de circonstances exceptionnelles, Eisenkot devrait en payer le prix fort.
Il lui faudrait alors adopter des mesures militaires et sécuritaires sur le terrain d’une extrême fermeté, afin d’effacer cette accusation et cette honte.
Il devrait, à tout le moins, se montrer d’une férocité et d’une hostilité pouvant aller jusqu’à la destruction.
Il serait contraint d’adopter
- une politique implacable et sanglante à Gaza,
- de faire preuve d’une extrême agressivité envers le Hezbollah et la banlieue sud de Beyrouth,
- et de se montrer tout aussi déterminé face au régime iranien.
Tout cela afin de rétablir sa crédibilité auprès du sionisme mondial et, plus particulièrement, de l’administration américaine.
Il devrait faire preuve d’une hostilité et d’une agressivité extrêmes sur ces différents fronts
- Pour se débarrasser de toute accusation de trahison ou de soumission,
- Et pour démontrer qu’il n’a pas placé la décision politique juive entre les mains des listes arabes communes.
Voilà la vérité que personne ne veut entendre.
La démocratie israélienne possède un plafond : ce plafond, c’est LE CARACTÈRE JUIF DE L’ÉTAT…
Tout le reste n’est que détail.

Celui qui parie aujourd’hui sur le fait que le vote arabe pourra faire et défaire les gouvernements en Israël se berce d’illusions et ne connaît pas Israël...
Et celui qui imagine qu’Eisenkot pourrait gouverner grâce aux voix des listes arabes communes sans devoir payer une facture de sang dans la région ne comprend absolument rien à la politique israélienne.
Une coalition entre partis juifs est donc, selon cette logique, une fatalité, une obligation…
Toute autre solution constituerait un suicide politique, dont l’auteur aurait besoin d’une guerre majeure pour laver la honte. GG♦

Gaby Geagea, Le Courrier du Cèdre
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