Le billet d’Eva Naccache : ET SI LA CROISADE AVAIT ÉTÉ FINANCÉE PAR LES JUIFS ?

croises03[1]par Eva Naccache

Avant, c’était avant, tout n’allait pas mal : à Troyes, les amis de Rachi lui apportaient des douceurs à la fin de Pessah.

Les débuts des « croiseries » sont des pèlerinages de gens modestes qui vont prier au pied de la vraie croix et au Saint Sépulcre pour se laver de leurs péchés. Les dangers de la route ajoutent à l’importance de l’effort.

En 638 les arabes prennent Jérusalem, et moyennant une redevance, le pèlerinage peut continuer mais en 1009 le Pacha El Hakim fait détruire le Saint Sépulcre ; reconstruit par son successeur…qui rétablit l’impôt.

**Retrouvez les billets d’Eva Naccache**

Nous voilà en 1033 millénaire de la mort du Christ. Multiplications des arrivées en Terre Sainte et création de monastères. En 1045, parmi sept mille pèlerins, un Pierre, fuyant des déboires conjugaux, se fait moine –petite cause, grands effets- Il veut soulever l’Europe chrétienne contre les mauvais traitements « infligés par les infidèles ». Il deviendra Pierre l’Ermite et ira à Rome rencontrer le Pape Urbain II.

Le Pape décide de reprendre le Saint Sépulcre aux infidèles ; On prêche la Croisade, avec quelques avantages autres que religieux pour stimuler la foi. Les biens du Croisé et sa famille sont sous la protection de l’Église, « intouchables » avec rémissions des péchés. Mise en sommeil des procès civils et autres ennuis….

Le seigneur emmenant une suite de nobles et de valets va faire armer chevaliers ses proches et les damoiseaux envoyés par ses vassaux dans son château pour leur éducation. C’est une fête ! On offre un destrier, une armure, le parrain choisit l’épée, la mère des étriers éventuellement d’or ou d’argent. Pour tout cela il faut emprunter, à qui ? Aux usuriers, et ils sont juifs !!!!! « L’argent n’a pas d’odeur » D’autant plus que le croisé étant sous la protection de l’Église, la remise des péchés comprend le fait d’emprunter à des usuriers, donc pas de remboursement….. .

Une autre technique s’est avérée rentable pour les besoins d’argent : les juifs pourront quitter la seigneurie sans être tués s’ils acquittent le droit de sortie et…. acquittent un droit d’entrée dans la seigneurie voisine. Simple, utilisable à l’infini !!!!

Les rois, eux, ont recours aux usuriers juifs et aux banquiers lombards ; il faut aussi des vivres et des munitions. Louis IX, pas encore Saint Louis, a eu des difficultés pour le transport des chariots remplis de flèches et les soins à donner aux bœufs qui les tiraient.

La formule : les juifs financent les croisades est peut être excessive, mais il faut aussi considérer les pillages exercés au cours du trajet, en argent, victuailles et « contributions » de toutes sortes.

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