Le billet d’Eva : « Nizza Judaica »

Judaria Bunico NicePar Eva Naccache

Nice : le soleil, la plage et les glaces !!!! Le grand glacier de la vieille ville propose une centaine de parfums : du lilas à la lavande, en passant par le chocolat et la tomate verte. Il a installé une boutique au bout de la rue Bunico, et cette année, une annexe en face de la première.

La rue Bunico était une carriera : la rue aux juifs ; les deux boutiques sont installées à la place des chaines fermant le ghetto la nuit. Avoir une pensée pour les anciens est très déculpabilisant quand on commet le péché de gourmandise !

A cinquante mètres, on trouve une loggia, bâtiment couvert à colonnes pour s’abriter du soleil. Les représentants des fermiers généraux s’y abritaient pour percevoir les impôts. « A la Saint Michel », on venait s’y louer : les soubrettes en tablier amidonné, les cochers, le fouet autour du cou ; les valets, la fleur au chapeau.

Le cimetière juif vu des cimetières chrétiens
Le cimetière juif vu des cimetières chrétiens

Au coin de la rue de la préfecture, notre loggia est devenue « Le musée lapidaire juif ». On y a regroupé différents vestiges du « monument des juifs » : c’était un monument grandiose, offert par la communauté à Charles Felix (1765-1831), roi de Sardaigne et duc de Savoie, Carlo-Félice dit le bien aimé. Les juifs voulaient prouver leur reconnaissance à la maison de Savoie qui les avait toujours bien traités. Pour mémoire,Nice n’est alors ni française, ni italienne, c’est un territoire attaché à la maison de Savoie depuis 1388. Nice votera le rattachement à la France en 1860.

**Retrouvez les billets d’Eva Naccache**

Connaissant le penchant royal pour l’Égypte, alors à la mode, on a choisi un immense obélisque pyramidal, reposant sur une base carrée précédée par quatre gradins ; à chaque angle sont installés des socles surmontés de sphynges en marbre de Carrare, de la taille d’un lion. A mi-hauteur de l’obélisque l’inscription de dédicace : une face en hébreu, l’autre en italien, la dernière en latin ; sur la partie haute, l’aigle de Nice et une couronne royale. L’ensemble était protégé par une élégante grille en fer forgé. Ce monument était situé au bout du pont Saint Charles en centre ville.

En promenade dans Nice, nous grimpons vers le château. A flanc de colline, face à un paysage de rêve, nous arrivons au vieux cimetière juif : à l’entrée, un oratoire abritant des barres de savons fabriquées dans les camps d’extermination. Plus loin la tombe d’un enfant décorée de jouets de marbre ; plus loin encore, un immense caveau de style Empire orné de colonnes cannelées et de lions nous montre la richesse acquise par certaines familles commerçantes.

Juste en face de la porte, de l’autre côté du chemin, face à la mer : « le canon de midi ». Un riche anglais aimait vagabonder dans la garrigue ; son épouse souhaitant déjeuner à l’heure a offert ce mini-canon qu’on tire encore à midi pour donner l’heure.

Eva NaccacheIl faudra envisager le passage au Musée Chagall pour terminer cette découverte de « Nice juive ». EN♦

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