Et si nous parlions du sionisme ?

Débuts du sionisme

Par Michel SMADJA
A la mémoire de mon père Robert Fradji SMADJA

Le terme « sionisme » est aujourd’hui utilisé à tort et à travers sans que des réponses appropriées ne soient formulées clairement. Comme si ce terme continuait à mettre mal à l’aise les communautés, toujours soupçonnées de « double allégeance ».

SIONISME ET JUDAÏSME

Le retour à Sion et la reconstruction du Temple sont des éléments constitutifs du Judaïsme. Toutefois le prolongement de l’Exil pendant presque deux millénaires ont progressivement transformé ces idées en concepts beaucoup plus éthérés.

Le Judaïsme préféra consacrer une journée particulière, la date anniversaire (le 9 du mois d’Av- Ticha béAv) de la destruction des deux temples, au souvenir de sa gloire passée. En espérant qu’un jour cette date indiquera en sens contraire l’avènement du temps du retour, l’avènement des temps messianiques.

Shimon Bar Kokhba

Les dernières révoltes des Zélotes et de Bar Kokhba qui entrainèrent l’écrasement total de la Judée ainsi que les désillusions catastrophiques des deux principaux faux messies que furent Sabbatai Tsvi et Jacob Franck, détournèrent les Juifs de tout projet collectif de retour à Sion, à plus forte raison organisé militairement.

Cette « montée en muraille », rigoureusement interdite par les rabbins, connu une première ébauche spirituelle après l’expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal. «L’expulsion d’Espagne en 1492 représente un tournant capital dans l’histoire de la kabbale…..Le véritable élan créatif naquit dans le nouveau centre qui s’établit en Eretz Israël, quarante ans environ après l’expulsion. Le courant religieux issu de Safed…..fut le dernier à avoir une telle portée au sein du judaïsme et une influence aussi décisive et permanente sur l’ensemble de la Diaspora, tant en Europe qu’en Asie et en Afrique du Nord »[1].

*** Autres articles de Michel Smadja ***

LA RÉUSSITE SIONISTE

Pendant des siècles le Judaïsme a survécu en Diaspora, confiné dans des quartiers réservés, avec ses périodes de massacres, d’humiliations et également avec des périodes plus tranquilles.

Au 19e siècle, les espoirs d’une intégration harmonieuse promise par la Révolution Française et les Lumières (Haskala), concrétisée par la disparition progressive des murs du Ghetto, se dissipent au fur et à mesure que l’antijudaïsme chrétien laisse la place à l’antisémitisme à prétention scientifique.

Israel needs youL’idée du retour à Sion recommence à émerger mais d’une manière extrêmement minoritaire. Elle se veut résolument moderniste et nationalitaire, les éléments religieux étant considérés comme une composante de la ou des cultures juives et hébraïque. Le concept de nationalité triomphe en Europe au 19e siècle alors que la Révolution française venait de supprimer l’identité nationale pour les Juifs, lui substituant une citoyenneté individuelle pleine et entière.

C’est Théodore Herzl qui a su créer les outils (le sionisme politique) qui devaient permettre la création de l’État. L’explication donnée par David Catarivas (petite planète-1957) est très intéressante : Herzl à mi-distance des cultures juive et européenne était suffisamment sensible à l’aspiration juive et en était suffisamment éloigné pour porter une démarche politique rationnelle qui a fait le succès de son entreprise.

Progressivement le sionisme dit « général » était remplacé par le sionisme socialiste qui enrichissait la réflexion sur la condition juive en Exil et prenait une part prépondérante mais non exclusive dans la mise en place des institutions socio-économiques qui structurèrent l’économie juive dans la partie occidentale de la Palestine.

Lire également :
« Renaissance politique d’Israël ou
rédemption messianique du peuple juif ? »

de Maurice-Ruben Hayoun

Au-delà du Jourdain, cet espace géographique désigné par le terme de Palestine fut rebaptisé Transjordanie par l’occupant britannique)[2].

Dans des conditions extrêmement difficiles, entre le dernier tiers du 19e siècle (même avant le premier congrès sioniste de 1897) et la moitié du vingtième siècle, le sionisme réalisateur transforma une terre déshéritée en un ensemble viable économiquement.

Ce développement économique attira une population arabe nombreuse des territoires environnants.

LA CRÉATION DE L’ÉTAT : de la liquidation à la renaissance du mouvement sioniste

Liquidation

Malheureusement, le Sionisme fut plus prophétique qu’il ne l’aurait souhaité. Le Grand Génocide balaya tous les autres formes de projet en vue de concilier Judaïsme et existence parmi les Nations (le représentant du Bund[3], Samuel Zygelbojm, au sein du gouvernement polonais en exil se suicida pour protester contre l’inaction des alliés devant l’étendue des massacres).

Au moment de la création de l’État d’Israël, il était évident que le mouvement sioniste n’avait plus de raison d’être puisque ses dirigeants allaient devenir les dirigeants de l’État. Par conséquent les structures sionistes subsistantes allaient se transformer en structures administratives au service de l’État, sans autonomie propre.

ONU 27 Novembre 1947Il semblait que la création de l’État aller permettre au peuple juif d’obtenir la reconnaissance des Nations et en particulier celle de ses voisins. Des ambassades, l’adhésion à l’O.N.U., un président, une assemblée parlementaire et tout finirait par s’arranger.

A l’intérieur des frontières de l’État, le même optimisme, conditionné par l’idéologie socialiste, permettait d’envisager l’émergence d’une société équilibrée qui aura su réduire les différences ethniques, religieuses et sociales.

Le remplacement des socialistes par le Likoud n’a rien changé sur le fond : on espère une intégration progressive de la forte minorité arabo-musulmane et la création d’un Etat arabo-palestinien qui n’aurait plus l’ambition de supprimer l’État d’Israël.

Ainsi, même si l’État-nation reste la structure indépassable d’un gouvernement démocratique, il n’est pas toujours facile de faire coïncider exactement l’État et la Nation. Il a fallu accorder les droits civils aux arabes israéliens alors qu’ils ne sont pas tenus au service militaire (comme pour le Judaïsme ultra-orthodoxe d’ailleurs).

Renaissance

Finalement, le Sionisme militant s’est maintenu, surtout dans la composante du Judaïsme la plus en retrait initialement dans ce projet, le Judaïsme traditionnel.

En mai 1967 pour la fête de l’indépendance de l’État d’Israël, le rabbin Zvi Yéhouda KooK, fils du rabbin Abraham Isaac Kook (grand théoricien du sionisme religieux) fit pleurer son auditoire et « fustige la nation qui se contente d’un Israël tronqué, mutilé de ses villes saintes de Hébron, Naplouse, Jéricho etc…-nous avons péché- conclut-il »[4].

Ce discours fut considéré comme prophétique trois semaines plus tard   avec la guerre des Six-Jours qui permit la conquête de Jérusalem et des lieux saints juifs.

Depuis cette époque le Judaïsme traditionnel adhère très largement au Sionisme. Certains vont plus loin en envisageant la forme radicale du Messianisme (voir kahanisme)[5].

LES MENACES SUBSISTENT

En fait, le seul évènement vraiment nouveau qui s’est passé en 1948, est la création d’une armée juive unifiée et l’obtention d’une certaine légitimité internationale constamment contestée depuis.

Bien sûr, les réalisations sont considérables : hébraïsation presque générale de la population juive habitant Eretz Israël, aménagement du pays, Armée, Économie, patriotisme…

Parachutistes au Mur Occidental 1967
Parachutistes au Mur Occidental 1967

En 1967, la guerre des Six-Jours a brusquement confié à l’État d’Israël l’immense domaine archéologique et identitaire juif, parfois même malgré l’opposition de ses dirigeants. Le vainqueur de la guerre des Six-Jours, Moshe Dayan, préféra confier la responsabilité du Mont du Temple au WAKF musulman (autorité religieuse, NDLR) ne voulant pas « reconstituer un nouveau Vatican ».

En conséquence de quoi, cet organisme se permit d’en déblayer les sous-sols pour construire une mosquée souterraine, dispersant à jamais des tonnes de matériau archéologique.

Selon ces accords avec le WAKF, les Juifs n’ont pas le droit de prier sur le Mont du Temple. Ainsi on arrive à cette situation ridicule et humiliante où les gardiens du WAKF surveillent les lèvres des Juifs qui sont autorisés à parcourir cet espace.

Ainsi au fur et à mesure que le refus arabe d’Israël persistait, appuyé par la plupart des états musulmans, des courants internationalistes et des états européens en voie de vassalisation, les Juifs font un retour identitaire à l’instar de beaucoup d’autres cultures ayant absorbé la modernité scientifique et technique[6].

La nouvelle stratégie arabe

Le coup de la Palestine

Malgré les accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie, l’hostilité du monde arabe vis-à-vis d’Israël ne régresse que très lentement et rien ne dit que le calme relatif actuel perdure.

La stratégie a changé puisqu’il est simplement question de défendre les intérêts d’un soi-disant peuple palestinien (en quelque sorte un réchauffé du ragout de l’impérialisme romain) qui n’a jamais existé. Il suffit d’approfondir légèrement l’argumentation pro-palestinienne pour se rendre compte qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de la destruction de l’État d’Israël[7].

Cette politique a l’avantage de leur point de vue de faire apparaître un peuple palestinien faible subissant le joug israélien, alors qu’il s’agit de populations arabes composant une nationalité arabe contrôlant vingt-deux états et quatorze millions de kilomètres carrés.

Eurabia couvertureEurabia

Une essayiste d’origine judéo-égyptienne, Bat Ye’or (de son vrai nom Gisèle Littman-Orebi) a élaboré une thèse expliquant qu’après la guerre de Kippour et du choc pétrolier de 1973, les dirigeants européens et arabes ont conclu une alliance tacite en vue d’éviter une nouvelle crise entre les deux ensembles géopolitiques. Bat Ye’or décrit les trois modes opératoires qui régissent cette Alliance bien troublante.

*** Voir conférence de Bat Ye’or (source Akadem) ***

La corruption économique
Le Jérusalem Post en français du 1er avril 2015 raconte comment la Suède s’est inclinée devant l’Arabie Saoudite et l’Organisation de Coopération Islamique. Lorsque le ministre suédois des Affaires Etrangères a osé critiquer le régime politique saoudien, les menaces économiques ne se sont pas fait attendre. Le roi et le gouvernement suédois ont bien été obligés de revenir sur les déclarations de leur ministre des Affaires Etrangères.

L’intimidation terroriste (et maintenant intellectuelle) :
Le président du CRIF a été rappelé à l’ordre lorsqu’il s’est permis de constaté que ce sont des musulmans qui ont assassiné des Juifs en France, ces dernières années. Là, aussi, soumission sans vergogne ;

La non réciprocité
Par exemple, il n’y a pas eu de réciprocité à la Mecque ou à Ryad, lorsqu’a été édifiée à Rome l’une des plus grandes mosquées d’Europe.

Pareillement lors des négociations acharnées (combien de fois John Kerry fit-il le voyage au Proche-Orient ?) « israélo-palestiniennes », il n’est question que d’évacuation des Juifs mais jamais des Arabes[8].

La dimension islamiste

Les régimes et organisations théocratiques de l’islamisme sunnite ont essaimé à travers le monde sans aucune opposition. Les seuls opposants étant des mouvances encore plus radicales ou des impérialismes concurrents comme le chiisme iranien. Le régime iranien n’hésite pas à proclamer que « tout est négociable sauf son droit à vouloir détruire Israël ».

L’hostilité internationaliste

Tous les internationalismes léninistes (communiste, trotskiste), écologiste ou économique (comme Georges SOROS-pourtant d’origine juive) poursuivent de leur vindicte le Judaïsme et l’Etat d’Israël. L’arriération et la hargne des régimes mentionnés ci-dessus ne semblent pas trop les déranger beaucoup.

Israël encerclé

Imaginons une Europe complétement soumise à l’islamisme. Il ne pourrait plus y avoir, tout simplement, de relations aériennes et navales entre Israël et le reste du monde. Cette situation a failli se produire pendant la guerre de Kippour. L’approvisionnement en armes américaines n’a pu se faire que par l’intermédiaire du Portugal salazariste, les autres pays européens ayant fermé leurs aéroports.

ACTUALITÉ DU SIONISME

Bilan d’étape

Dégradation du Capitaine Dreyfus
Dégradation du Capitaine Dreyfus

Le Sionisme a été conçu pour permettre la défense des populations juives en les transplantant dans le pays d’Israël. Comme tout mouvement révolutionnaire, le sionisme est animé par deux pulsions : l’indignation et la révolte :

– l’indignation de Herzl devant la dégradation du capitaine Dreyfus ;
la révolte des survivants du ghetto de Varsovie mais aussi le départ en masse des populations juives des pays arabes, ne supportant plus leur statut de dhimmi.

La volonté de construire une société plus juste : c’est à cette étape que l’élan révolutionnaire se brise généralement car l’idéal ne résiste pas aux réalités politiques et économiques.

L’État d’Israël qui en est la réalisation est loin d’avoir démérité et les résultats matériels et culturels obtenus sont indéniables. Le fonctionnement de la démocratie et de l’état de droit est indiscutable.

Malheureusement sa puissance militaire ne compense pas la petitesse de sa taille physique. L’État d’Israël est un nain diplomatique (heureusement compensé par l’amitié du peuple américain).

Par conséquent on comprend mal les concessions déjà accordées, le dénigrement qu’il subit par ses propres élites (cour suprême, presse, université) et dénoncé par un politologue francophone, Emmanuel Navon ainsi que la mise en sourdine de revendications légitimes comme les compensations à obtenir pour les Juifs issus des pays arabes.

Les diasporas européennes

Aujourd’hui les communautés juives de la Diaspora d’Europe, et en premier lieu celle de France, se sentent menacées. Pour conjurer ce danger, les dirigeants communautaires s’accrochent à une grille de lecture parfaitement obsolète.

Hier

Stanislas de Clermont Tonnerre

L’antisémitisme raciste s’est effondré avec l’écrasement du 3e Reich comme l’anti-judaïsme chrétien a disparu progressivement avec la disparition des murs du Ghetto.

L’anti-judaïsme portait sur la Foi car le Christianisme du Moyen-Age avait besoin d’un ennemi à stigmatiser pour démontrer la justesse de ses dogmes.

L’antisémitisme à prétention culturelle et raciale devait démontrer la perfection européenne par rapport aux civilisations d’ailleurs ou venues d’ailleurs. Il ne s’agit pas d’une invention nazie mais d’une sorte de vertige qui a accompagné l’Europe dans sa conquête de la Nature et du reste du Monde.

Après la Foi et la Tradition stigmatisées par le Christianisme de l’Inquisition, la nationalité juive remise en cause par la Révolution française (Comte de Clermont-Tonnerre[9]) c’est l’humanité juive qui fut avilie par l’antisémitisme qui se prétendait scientifique[10].

Aujourd’hui

L’antisionisme cache un nouvel impérialisme. Celui du monde arabo-musulman. (Avec un petit frère irano-shiite, et même, pourquoi pas, turco-ottoman).

La nouvelle forme que prend l’hostilité à Israël (tradition, communauté et état) est le refus du droit à se défendre et à reconstituer une communauté nationale. Il est bien seyant de compatir aux massacres d’antan mais pas question d’admettre que les Israéliens puissent se défendre. Pour reprendre le raccourci sarcastique de l’ancien chef du Bétar[11], ce que certains adorent dans le Judaïsme, c’est surtout le Kaddish, la prière des morts.

Il devrait être plus efficace de combattre aujourd’hui les menaces d’aujourd’hui que celles d’hier ou d’avant-hier. Bien sûr les nostalgiques du paganisme, du christianisme de l’inquisition et de l’antisémitisme n’ont pas disparu et leurs argumentaires se mettent, bien volontiers, au service des nouveaux impérialismes.

Israël n’est pas contre les autres nations mais contre les empires : « la Tora énumère dans ce chapitre [10 de la Genèse] soixante-dix nations. La tradition talmudique a retenu ce chiffre pour forger la notion de soixante-dix peuples et langues, et désigner sous cette métaphore les identités collectives qui forment l’humanité séparée en entités diverses »[12]

« Dans cette vision prophétique [le livre de Daniel], Daniel voit quatre bêtes différentes et extraordinaires, qui émergent de l’océan : elles incarnent les grands empires terrestres qui s’emparent successivement du pouvoir »[13].

« C’est bien moins à la stricte vérité historique que s’attache le Maharal [de Prague] qu’aux principes moraux et métaphysiques que ces Empires véhiculent quant au rapport des Nations à Israël »[14].

Objectivement la situation n’est plus la même qu’il y a soixante quinze ans. Les populations européennes sont plutôt prospères et vieillissantes. Elles ont tiré les leçons de siècles de massacres. Il s’agit d’une réalité que beaucoup ne veulent pas voir.

De plus, nous ne sommes pas seuls contre toutes les Nations malgré ce que pensent et disent imprudemment certains commentateurs. N’oublions pas, par exemple, le million de soldats soviétiques qui ont perdu la vie à Stalingrad.

A l’encontre de ce qui est fait aujourd’hui, il ne faut pas hésiter d’interpeler nos concitoyens musulmans. Le Jérusalem Post rapporte qu’à une conférence scientifique se tenant au Maroc, les délégués israéliens se sont vus reprocher de parler de paix, comme si une paix proposée par des Israéliens entrainait une conversion à la religion de ces derniers.

Qui sommes-nous ?

Nous ne cherchons pas à dominer le monde, ni à le judaïser. Les Lois de Noé (antérieures au Décalogue et s’adressant à l’ensemble de l’Humanité) peuvent être interprétées de manière compréhensible pour les contemporains. Elles réclament des tribunaux (État de Droit), le refus de la bestialité (traduction du rabbin Daniel Fahri), de l’idolâtrie (divination des idéologies), et prônent la maitrise des instincts.

De même aujourd’hui, beaucoup de populations souffrent des exactions islamistes. Nous devons poser la question en termes politiques car « tu n’évoqueras pas en vain le nom de l’Éternel ». Mais encore faut-il les poser. Et ne pas attendre d’autres massacres et, peut-être une catastrophe, pour ne pas hésiter à interpeller les musulmans sur le projet de société qu’ils envisagent. Est-ce que pour eux Islam et Salam (mêmes racines SLM) sont des concepts qui ne peuvent être séparés. Peuvent-ils vivre en paix (pas en trêve) avec des pays qui ne sont pas musulmans ?

Le Sionisme d’aujourd’hui ne cherche pas à forcer la fin des temps par des actes inconsidérés mais ne doit pas non plus renoncer à ce que la providence a mis entre ses mains.

Le rabbin Léon Ashkénazi, élève du deuxième rabbin Kook et qui s’est attaché à expliquer toute sa vie, les concepts hébraïques à des publics francophones, nous a demandé de redevenir des Hébreux et de nous nous considérer comme les exilés du troisième Temple. Seule réponse identitaire aux ennemis d’aujourd’hui.

Cette aspiration relève d’une foi plus que trimillénaire qui ne remet pas en cause notre loyauté de citoyens français mais qui n’empêche pas de poser les questions strictement politiques évoquées par cet article.Michel Smadja

Terminons sur une note d’Espoir en rappelant la venue de Anouar El-Sadate[15] à Jérusalem qui a créé une situation irréversible, au moins au niveau symbolique. MS♦

Notes :

[1] Gershom Scholem : La Kabbale, folio essais p137
[2] Ce terme n’avait de légitimité historique que du fait de la rage de l’empire romain devant l’opiniâtreté des défenseurs juifs et décidèrent d’effacer les termes d’Israël et de Jérusalem (remplacés respectivement par Palestina et Aélia Capitolina) de la carte géopolitique de l’époque. Un journaliste juif français faisait remarquer qu’il n’y a pas d’autre exemple que celui de l’Arc de triomphe de Titus où figurent les symboles de la nation défaite (ménora, instruments du Temple). Les Romains n’ont jamais éprouvé le besoin de symboliser aussi clairement que dans ce cas, l’identité de la nation vaincue.
[3] Puissant mouvement socialiste juif en Pologne, Lituanie et Russie
[4] Meir Kahana de Raphaël Mergui et Philippe Simonnot. Editions Pierre-Marcel Favre.
[5] Idem
[6] Samuel Huntington, le choc des civilisations
[7] France culture, émission « éloge du savoir »- n’ayons pas peur des mots. Le professeur au Collège de France, Henry Laurens donne à longueur d’interventions une description très spécieuse et fastidieuse (ça fait sérieux) des différents évènements qui ont jalonné les relations entre Juifs et Arabes pour arriver à la conclusion que la solution serait de revenir à la résolution de l’ONU de 1947 et puis finalement même à la déclaration Balfour de 1917, soit rayer d’un trait de plume la magnifique épopée du Sionisme qui s’est prolongée du milieu du 19e siècle à nos jours. Un tel mépris à l’égard des Juifs, de leurs aspirations et de leurs réalisations m’amène à penser que l’antisionisme est une nouvelle catégorie spécifique de l’anti-judaïsme succédant à l’anti-judaïsme chrétien et à l’antisémitisme scientiste.
[8] En 2014, l’UNESCO refusait une exposition sur les liens entre peuple juif et Terre Sainte sous la pression des pays arabes, prétextant que cela nuirait aux négociations en cours (autrement dit, on interdit à l’un des participants de ces négociations de faire valoir ses arguments – drôles de négociations !).
[9] « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus ».
[10] Pendant plusieurs siècles nos ennemis ont observé « cliniquement » la soi-disant lâcheté des Juifs. Thèse difficilement tenable aujourd’hui. Par conséquent l’ancienne directrice du journal de référence de ces gens-là explique au sujet de Jules Moch, le courageux ministre de l’intérieur socialiste et juif qui brisa les grèves de 1947 /1948 et évita à la France des décennies de stagnation communiste, qu’en fait les Juifs sont intrinsèquement querelleurs et hargneux, et que le mérite de sa réussite en revient à la nature de sa race.
[11] Mouvement de jeunesse de droite (NDLR)
[12] Benjamin Gross « Que la lumière soit » Albin Michel. Commentaires sur « Nér Mitsva » du Maharal de Prague.
[13] et [14] Idem
[15] Président de l’Égypte, assassiné en 1981 (NDLR)

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