Armée française : Histoire juive à Versailles

Abraham DSC_1922Par la rédaction

Aller garder une synagogue, quand on est militaire de carrière, ce n’est pas forcément très drôle. Alors quand ça tombe sur Pierre[1] et sa compagnie, eh bien il n’a d’autre choix que d’y aller. Lille ou Perpignan, peu importe, même s’il y a j’en suis sûr, des missions plus sympathiques.

Mais là, il s’agit de la synagogue de Versailles, encore plus belle que le château, et le hasard qui comme chacun sait, n’existe pas, va se mettre de la partie.

Pierre rejoint donc la ville royale, et prend ses quartiers d’été devant la synagogue, et loge dans les locaux mitoyens. C’est le rabbin Toledano qui est content : il a de nouveaux voisins, et quels voisins ! Lui qui a été aumônier de l’armée, ça doit lui rappeler des souvenirs.

Mais pour Pierre, fréquenter d’aussi près une synagogue, et habiter tout près d’un rabbin, ça ne laisse pas indifférent. Eh oui, parce que Pierre est juif. Soit, et alors ? Certes, il est juif de par sa mère, mais n’a jamais fait sa bar mitzva. Déjà, à sa naissance, sa mère, et son père, non juif, avaient dû faire venir de loin un moel[2], et Pierre avait été circoncis. Il a même reçu comme prénom Abraham, tout un programme !

Alors, depuis le temps qu’il y pensait, Pierre/Abraham pousse la porte du rabbin pour lui dire qu’il envisageait de faire sa bar mitzva, même s’il n’en était pas encore totalement convaincu. Surprise du rabbin, bien sûr, mais Pierre était tombé entre de bonnes mains.

Après discussions et une formation dispensée par le rabbin, et un appel à Eizer Cohen pour les indispensables tefillin[3], Abraham a accepté de formaliser son état de bar mitzva en récitant publiquement quelques prières, allant même jusqu’à discourir sur la paracha de la semaine.

Abraham DSC_1927

Cela s’est passé dimanche 20 septembre 2015.

Qui, d’Abraham ou de l’assistance, plus nombreuse qu’à l’accoutumée pour un office de semaine, était le plus ému ? Allez savoir… A moins que ce ne fût sa mère, radieuse, ou bien encore son père, particulièrement heureux ?

Au cours du petit déjeuner qui a suivi, Abraham a reçu du rabbin Toledano son diplôme de Bar Mitzva.

Est-ce l’air de Versailles qui a convaincu Abraham de franchir le pas ? Est-ce le son du shofar[4] qui devait le changer de celui du clairon ? Quelle importance, au fond…

La même histoire, juive évidemment, était déjà arrivée à son frère ainé, quelques années plus tôt. Brit mila à huit jours, et bar mitzva surprise à l’autre bout du monde à presque quarante ans.

Quand je demandais à la mère d’Abraham si elle avait encore des garçons plus jeunes, elle a souri : il n’y aura pas d’autre bar mitzva surprise dans sa famille, pourtant manifestement prédisposée.

Mazal tov Abraham ! DF♥

[1] Les noms ont été changés
[2] Personne pratiquant la circoncision
[3] Phylactères
[4] Corne de bélier utilisée pendant les fêtes de début d’année

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