« Résister aux totalitarismes d’hier et d’aujourd’hui »

Enfant ghettoPar Danielle Khayat*

Nous sommes le 19 avril et beaucoup d’entre nous se souviennent que cette date marque le début de l’insurrection du ghetto de Varsovie.

Nous sommes le 19 avril et beaucoup d’entre nous se souviennent que, dans quatre jours, il faudra voter pour élire le nouveau Président de la République, ou plus exactement pour qualifier deux candidats qui s’affronteront ensuite pour accéder à ce titre.

Quel rapport entre ces deux événements, me demanderez-vous ? Eh bien, j’en vois non pas un mais plusieurs.

Tout d’abord, en abolissant la démocratie, le gouvernement national-socialiste allemand et ses affidés, dont le gouvernement collaborationniste de l’État français, ont supprimé les attributs incontournables de celle-ci dont l’égalité entre tous les citoyens et le respect des droits fondamentaux que sont le droit à la vie et le droit à la dignité. Leurs crimes ne se sont pas arrêtés là, mais la commission de toutes leurs abominables entreprises exigeait que tout commençât par là.

La tentation de l’abstention
A l’heure où la tentation de s’abstenir saisit nombre de concitoyens, furieux – à juste titre – de la manière dont s’est déroulée la pseudo-campagne qui aurait dû nous éclairer sur les candidats et leurs programmes, et nous permettre de nous déterminer en citoyens dûment informés, il est nécessaire de se souvenir que voter est une liberté précieuse et fragile. Il suffit de regarder le monde qui nous entoure – ou de se retourner vers le passé – pour en avoir la confirmation. Or une liberté qui ne s’exerce pas est vouée à disparaître, comme une relique d’un passé révolu.

Prenons garde de préserver ce trésor pour les générations à venir, comme il nous a été transmis par ceux qui nous ont précédé et ont parfois péri pour le conquérir ou le défendre.

D’autre part, les héros du ghetto de Varsovie – de celui de Vilnius et d’autres encore – comme les révoltés du camp d’extermination de Sobibor – pour ne citer que cet exemple emblématique mais loin d’être unique – nous ont légué un impérissable devoir : celui de se battre pour la liberté et la dignité, pour celles des autres, de ceux qui suivront, c’est-à-dire nous. Eux savaient qu’ils allaient mourir, qu’aucun ne survivrait, mais ils étaient convaincus que leur combat n’était pas pour autant désespéré puisqu’ils se battaient pour les générations à venir.

Les Juifs en première ligne
L’heure de nous battre à notre tour a sonné. Nous savons tous que la France est en péril, et que les Juifs sont en première ligne face à cette menace mortelle.

*** Autres articles de Danielle Khayat ***

Le terrorisme a de multiples visages, tous plus hideux les uns que les autres.

Terrorisme armé
Terrorisme armé qui tue n’importe où, n’importe qui, simplement parce qu’il a eu le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Pour nous, le mauvais endroit peut être devant une école, devant une synagogue, dans un magasin cacher, et le mauvais moment est un instant quelconque où le terroriste a compris qu’il avait en face de lui un Juif.

Terrorisme sournois
Mais le terrorisme peut revêtir un masque plus sournois, sans que le danger soit moindre pour autant : celui de la parole muselée, de la pensée et de la réflexion interdites, et ce à peine de mort sociale via l’opprobre attaché à une condamnation pour qui n’a pas enfreint la loi républicaine mais seulement l’interdiction édictée par des textes religieux. Ce terrorisme-là, je l’ai vu à l’œuvre en assistant au procès intenté à Georges Bensoussan[1], un historien respecté et respectable pour la rigueur de son travail sur la Shoah mais aussi – et ce fut son crime – sur la condition des Juifs en terres musulmanes. Ne pouvant être attaqué sur le terrain de ses recherches, il était attendu « au tournant » : un jour ou l’autre, « on » trouverait bien un propos qui puisse être brandi pour l’anéantir, quitte à omettre que ce propos n’était que citation d’un universitaire musulman, à sortir ce propos de son contexte, à en tordre la portée et la signification pour seulement stigmatiser celui qui l’avait tenu, le traîner devant un tribunal correctionnel avec l’appui d’un parquet dont tout le monde sait que, dès qu’il s’agit d’une affaire dite « sensible », il sollicite les instructions au sommet de la hiérarchie.

Vote-urne-drapeau.jpgUne seule question qui vaille, en fait
Alors, à l’heure de glisser votre bulletin dans l’enveloppe, vous qui me lisez, posez-vous une seule question : lequel de tous les candidats qui sollicitent votre suffrage offre le plus de garanties pour mener le combat contre le terrorisme islamiste sous toutes ses formes ?

Bien au-delà des problèmes réels qui se posent comme le chômage, le déficit budgétaire, les dérives de la Commission européenne, etc., la question existentielle est celle-là et seulement celle-là. Ne croyez pas ceux qui vous disent que la solution c’est l’Alya en Israël : si « monter »en Eretz Israël est noble pour ceux qui le choisissent par idéal, il n’en va pas de même pour ceux qui le font par peur, et se figurent qu’ils pourront vivre heureux comme Astérix dans son village assiégé. J’ajoute que l’attachement à Israël va de pair, pour la plupart d’entre nous, à l’attachement à la France, à ses valeurs, à son mode de vie, à sa culture, et que le déracinement n’assure pas le ré-enracinement réussi.

Le « vivre ensemble » est tellement reposant,
même si c’est vivre sous la loi des autres…

Vous voterez librement, dans le secret de l’isoloir. Et vous aurez à cœur de choisir, non pas le meilleur – la campagne qui s’achève nous laisse à tous un goût amer – mais le candidat qui vous paraît le plus déterminé à ne pas laisser la France, et donc notamment ses Juifs, se laisser submerger par une conquête que d’autres considèrent comme inéluctable (le « vivre ensemble » est tellement reposant, même si c’est vivre sous la loi des autres…) ou qui, tout en se targuant de vouloir l’empêcher, nous ont déjà enseigné que la France n’est pour eux qu’à vendre au plus offrant – et ses Juifs à être éradiqués comme les « poux ».

L’heure est trop grave pour regarder ailleurs que dans cette direction : faire barrage à l’idéologie mortifère islamiste. C’est notre devoir, et nous devons l’assumer en mémoire des héros du ghetto. DK♦

justice* Magistrat à la retraite

[1] Nouveau procès du CCIF contre Georges Bensoussan

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2 commentaires

  1. Texte hautement bénéfique pour réfléchir à la dérive de ne pas vouloir voter. En effet, en tant que juive, notre histoire nous demande de combattre en tous temps. Dimanche sera une journée difficile pour un choix médiocre……….mais notre optimisme chronique nous pousse à cueillir les paramètres les plus visibles et d’oublier les alléchantes propositions de certains.

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  2. Merci pour ce texte exemplaire, cet appel à un combat qui doit se nourrir des combats du passé. Nous avons un devoir de ne pas trahir le sacrifice de tous ceux qui se sont battus pour la liberté. Aujourd’hui, l’ignorance historique et l’ignorance politique des media masquent les idées républicaines. Le combat contre le terrorisme islamiste nous regarde tous. En France, il doit commencer par la lutte contre la subversion islamiste et son bras idéologique: la prétendue « islamophobie ».

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