Un 19 Septembre 2012…

Nicolas Alquin Jardin de l'Intendant
Jardin de l’Intendant

Par Samuel Sandler

« Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles, militaires et religieuses, Mesdames et Messieurs, chers amis, … »

C’était jour pour jour il y a cinq ans, en ce même endroit le 19 septembre 2012, 29ème anniversaire de l’attentat contre l’avion d’UTA, six mois venaient de s’écouler depuis les tueries de Toulouse et Montauban, comme on disait alors…

J’avais été invité à prendre la parole.et j’avais rappelé, comment enfant, on m’avait recommandé de prendre précaution d’un soldat de plomb avec lequel je jouais et qui avait appartenu à mon cousin Jeannot, âgé de 8 ans, Jeannot, arrêté au Havre en Mars 1943, déporté avec ses parents et notre grand mère Pauline …. Des années durant le souvenir de mon cousin ne me quittait pas, je me disais qu’en France on ne tuerait plus jamais d’enfant parce qu’ils sont de religion juive.

En cette même journée, je devais rencontrer pour la première fois Mme Latifa Ibn Ziaten et M. Albert Chemnouf.

Madame Ibn Ziaten avait pris la parole, le portrait de son fils entre les mains, elle avait évoqué le souvenir de son fils Imad, mais aussi l’initiative qu’elle avait prise en se rendant à Toulouse dans le quartier d’où était originaire l’assassin.

Madame Ibn Ziaten a réussi sa mission
Depuis elle a fondé une association, Imad pour la paix, et je dois vous l’avouer, quand en Avril dernier, à Sarcelles devant la stèle Sandler Monsonégo, j’ai été entouré de quatre jeunes filles : une palestinienne, une jordanienne, une israélienne musulmane, une israélienne juive, au bout de deux minutes d’échanges avec elles, je ne savais plus qui était qui. Madame Ibn Ziaten a réussi sa mission.

Albert Chemnouf vint à ma rencontre, il m’expliquait sa manière de réagir, souvent en haussant le ton, …

Je me remémore d’avoir croisé Mme Djeema Legouad à l’occasion d’une réunion d’information organisée au palais de justice par les magistrats instructeurs. Madame Legouad portait avec silence et dignité, sa profonde affliction.

Trop souvent oublié, Loic Liber, soigné à deux pas d’ici devenu tétraplégique, il était l’un des trois militaires visés par le terroriste, le 15 Mars 2012 à Montauban.

« M. le Premier Ministre, un point commun nous unit, nous les familles des victimes : la souffrance, l’indicible souffrance, l’incompréhension et la lutte sans faille ni répit contre l’oubli… »

C’est ce même message que l’artiste Nicolas Alquin, à la demande de SOS Attentat, exprime à travers cette statue représentant une femme dont la tête décapitée repose dans ses mains mais dont les paroles continuent à sortir de la bouche : cela symbolise les paroles de la victime portées au-delà de la mort.

Place Sandler-Monsonego Sarcelles
Inauguration de la Place Sandler-Monsonego à Sarcelles Avril 2014

Pour ma part, comme pour beaucoup de proches des victimes, je n’ai jamais accepté l’assassinat de mon fils Jonathan et de mes deux petits fils Arié et Gabriel.

Comment faire vivre leur souvenir, si ce n’est en parlant d’eux, encore …et.. toujours… ?

Ces cinq lettres qui écrasent le souvenir des victimes…
Outre la stèle que je viens d’évoquer, une place de Sarcelles a été nommée Place Sandler Monsonégo, un square de Versailles porte le nom de Jonathan. Chaque nouvel attentat perpétué par les islamo fascistes, tend à effacer et faire basculer dans l’oubli, le nom des victimes des crimes précédents et, pour notre malheur, véritable leitmotiv, le nom exécrable de l’auteur de notre peine infinie, ce nom de cinq lettres, ce qui veut tout dire, revient comme la référence en la matière, écrasant par la même, le souvenir de ses victimes.

Certains n’hésitent pas à vouloir perpétuer ce nom abominable en organisant des marches ou en faisant jouer au festival d’Avignon une pièce de théâtre, au mépris de la souffrance des familles des victimes. Que dire des approximations de la presse quand je lis qu’a Toulouse devant le lycée collège Ozar Hatorah, un professeur et trois élèves ont été abattus.

Lire les contributions de Samuel Sandler

Pas de différence entre nazis et islamistes
Je ne savais pas que la tétine était admise pour les élèves des collèges. C’était un père qui prenait ses fils par la main, Arie, 5ans Gabriel, 3 ans avec sa tétine à la bouche et leur petite cousine Myriam Monsonégo, 8 ans. Ils attendaient, devant le collège, la navette du jardin d’enfants et de l’école primaire. Alors aujourd’hui, devant ce monument dédié aux victimes des terroristes, je ne peux pas faire de différence entre les nazis et les islamistes, c’est la même haine qui les habite, ce sont des tueurs d’enfants juifs ! Au Havre comme à Toulouse, ils ont assassiné Jeannot, Arie, Gabriel et Myriam.

C’est cette même haine qui a tué Imad Ibn Ziaten, Abel Chemnouf, et Mohamed Legouad et blessé Loic Liber, parce que dans leur uniforme ils défendaient la démocratie et les valeurs permanentes de la France : liberté, égalité, fraternité

Les nazis cachaient leur méfaits, cachaient leur crime, l’assassin, cet excrément de la nature, a filmé ses crimes, a eu le temps d’en faire un montage, de désigner ses victimes, d’envoyer un enregistrement à des chaines de télévision moyen orientales, l’horreur absolue !

Reconnaissance au Président de la République
Ici, dans ce lieu riche de l’histoire de France, je tiens à exprimer publiquement, ma très profonde gratitude envers l’État. Depuis cette triste date du 19 Mars 2012, l’État à travers ses institutions et ses représentants n’a eu de cesse d’être à nos cotés, il nous a apporté soutien et réconfort, et nous a entourés d’une très sincère affection. Monsieur le Premier Ministre, je vous prie de m’autoriser à exprimer à Monsieur le Président de la République au nom des membres de ma famille et en mon nom, nos plus sincères marques de reconnaissance pour avoir rappelé publiquement la mémoire de Jonathan, Arie et Gabriel, le 16 Juillet 2017 à l’occasion du 75ème anniversaire de la rafle du Vel d’hiv.

Puisse cette cérémonie du 19 septembre, ici aux Invalides, devenir celle du souvenir, de la mémoire et jamais plus celle du témoignage. ♦

Samuel Sandler

Et aussi…
Mémorial SOS Attentats
« Cher Jonathan… »
« Latifa, ou le combat d’une femme »

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3 commentaires

  1. Effectivement l’Islamo-nazisme existe bel et bien.
    Seulement Il existe depuis longtemps et il faut rappeler ses incarnations pendant la deuxième guerre mondiale sous la forme du mufti de Jérusalem et aussi sous la forme des 20.000 musul-germains bosniaques (https://www.youtube.com/watch?v=rhB-c4goZuk) de la 13e division Waffen SS HANSCHAR. Autrement dit, pas de simples supplétifs mais des troupes d’élite.
    Je vais plus loin dans l’amalgame puisque les jeunes juifs Tunisiens de l’époque dont mon père, furent envoyés dans des camps, surveillés par des Tunisiens musulmans1. Ces derniers faisant le même travail que leurs collègues du Vel’ d’Hiv. Il n’y eu jamais de travail de repentance ni pour les Bosniaques ni pour les Tunisiens.
    Pire. La nation serbe qui put se libérer seule du joug nazi fut dépossédée quarante ans plus tard de sa province du Kossovo, abandonnée à des trafiquants d’organes humains islamistes.
    L’islamo-nazisme a certainement été pour quelque chose dans l’épuration ethnique que subit l’Algérie après la victoire politique du F.L.N. qui vida, en quelques semaines, ce pays de ses populations européenne et juive.
    N’oublions pas non plus les attentats atroces que subissent continuellement nos frères israéliens.
    Par conséquent les dirigeants communautaires feraient bien de rappeler cette filiation dans le temps et dans l’espace aux Autorités de la République Française.
    D’autre part s’il est incontestable que ces dernières savent apporter le réconfort qui convient aux proches des victimes de la Terreur islamiste, ils sont bien passifs face aux six cents zones de non-droit républicain officiellement recensées sur le territoire de la dite république.
    Certains font, un peu vite, le parallèle avec la situation israélienne. L’Etat d’Israël se prémunit contre cette terreur islamiste en construisant des murs externes avec l’Egypte et la Jordanie et interne avec la partie arabe de l’ancienne Cisjordanie.
    Faut-il donc mettre des barrières autour de ces 600 zones de non-droit ? Ce que semblait admettre l’ancien Président de la République (« un président ne devrait jamais dire ça »). On en est loin puisque le pouvoir politique ne veut même pas rétablir un contrôle policier aux frontières de la France.
    Pour des raisons idéologiques les citoyens français ne sont donc pas réellement protégés.
    Je n’ai donc aucune gratitude vis-à-vis de ce pouvoir politique. Et une très grande colère envers les dirigeants communautaires que j’aurai pu qualifier de juifs de cour mais, comme ces mêmes dirigeants ont imposé une grille de référence se limitant à 1933-1945, que je qualifierais de collabos du totalitarisme islamiste.
    _________
    1La communauté juive fut sauvée par la victoire anglo-américaine sur ce front.

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