Journalistes, femmes et homos sont-ils des hommes ?

Colombe droit hommePar Liliane Messika*

Dans certains endroits de la planète, les droits de l’homme sont superposables aux devoirs des musulmans. Les femmes, les journalistes et les homosexuels ne font donc pas partie des catégories qui bénéficient des droits d’iceux. Ne parlons pas des femmes journalistes et lesbiennes !

C’est dans ce cadre, et uniquement dans celui-ci que l’on peut parler, au sujet de la Bande de Gaza, d’une « prison à ciel ouvert ».

Droits de l’homme à géométrie variable
Hajer Harb est une journaliste palestinienne. On ne sait rien de sa sexualité, mais on connaît ses droits, ou plutôt son absence de.

Elle a été condamnée par le Hamas à six mois de prison ferme pour avoir dénoncé la corruption qui règne dans le système de santé palestinien.

Mettons tout de suite les choses au point, Hajer Harb n’écrit pas dans La Croix ou dans Le Pèlerin, publications sulfureuses se revendiquant d’une religion interdite. Ce n’est donc pas pour ce crime qu’elle a été jugée.

C’est bien plus grave : elle faisait une enquête pour le compte d’une chaîne télévisée anglaise non accréditée auprès de l’Autorité Palestinienne ! Une démarche en soi déjà louche.

Mais le comble, c’est qu’elle a démontré, preuves à l’appui, que certains médecins, avec la complicité du Hamas et de l’Autorité palestinienne, exigeaient des pots de vin pour délivrer des permis aux patients quittant la bande de Gaza pour un traitement médical en Israël, en Cisjordanie ou dans les pays frères environnants.

Démocratie et opinion publique devraient être les mamelles de l’anti-palestinisme
En France, quand une affaire de cette ampleur est révélée par le Canard Enchaîné, on lance une enquête. Souvent à reculons ; parfois en faisant d’abord élire l’accusé président d’un groupe à l’Assemblée nationale pour qu’il bénéficie de l’immunité parlementaire ; mais enfin, on investigue.

Le Hamas, lui, n’est pas handicapé par une quelconque prétention à la démocratie. Il a donc ignoré le fond et condamné pour la forme la journaliste qui a révélé la combine.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a eu beau protester, conscient de son impuissance, il s’est tourné vers des associations internationales de défense des droits de l’homme, les priant d’intervenir auprès du Hamas. Cette démarche n’a pas eu plus de succès que les précédentes : ces dernières semaines, des dizaines de Palestiniens, notamment journalistes, ont subi le même sort, pour avoir critiqué l’Autorité Palestinienne, pour « atteinte à la sécurité de l’Etat », ou encore pour « insultes contre des hauts responsables palestiniens » et nulle association n’a eu voix au chapitre.

Nonobstant les communiqués clamant le contraire, le Hamas et l’Autorité Palestinienne s’entretuent sans merci, mais ils partagent une valeur essentielle : la haine des médias, sauf ceux qu’ils accréditent pour diffuser leur propagande.

Soutien aux innocents-par-essence, surtout quand ils sont coupables

Hajer Harb
Hajer Harb

Avec le nombre de groupes pro-palestiniens qui bénéficient de la bienveillance des nôtres, de médias, vous auriez imaginé une immense levée de boucliers et le portrait de Hajer Harb sur le fronton de l’Hôtel de Ville de Paris, non ?

Vous auriez eu tort. Si un portrait doit orner cet édifice, ce sera celui de Salah Hamouri, un « avocat franco-palestinien emprisonné dans les geôles sionistes ».

Certes, Hamouri a été régulièrement condamné en 2005 à douze ans de prison par un tribunal israélien pour tentative d’assassinat. Et alors ? Cela n’entre pas en ligne de compte : tous les citoyens sont égaux devant la loi (c’est ce que signifie le mot « égalité » inscrit sur le ci-dessus désigné fronton), mais quand il s’agit de Palestiniens, ils sont toujours innocents et quand ils sont emprisonnés par Israël, c’est toujours injustement.

Hamouri, lui, avait été libéré au bout de cinq ans dans le cadre de l’échange du soldat israélien Gilad Shalit contre 1027 détenus palestiniens.

Le jeune appelé avait été kidnappé et il est resté emprisonné pendant 5 ans sans pouvoir être visité par quiconque (Croix-Rouge incluse dans l’exclusion). La seule preuve qu’il était encore en vie avait coûté à Israël en 2009, la libération de 20 prisonnières contre une vidéo de deux minutes.

Ceux qui disent que cinq ans dans les geôles sionistes, ce n’est pas pire que cinq ans chez les militants du Hamas sont rien que des islamophobes.

Avocat franco-israélien diplômé de la faculté de droit de Jérusalem est
Contrairement aux Gilad Shalit, les Salah Hamouri sont visités quotidiennement par d’innombrables ONG consacrées à leur seul bien-être et ils passent des doctorats de droit dans les prisons israéliennes.

Salah Hamouri a été à nouveau incarcéré au mois d’août dernier pour appartenance au FPLP, le Front populaire de libération de la Palestine, une organisation dans laquelle moult jeunes Français humanistes voient un beau mouvement révolutionnaire, et dont seuls des Juifs remarquent qu’il a à son actif dizaines de morts dans des attentats fièrement revendiqués.

« L’arrestation de notre concitoyen – dont le seul crime est de résister à l’occupation et à la colonisation – est inadmissible et insupportable » avait écrit l’Association France Palestine Solidarité. Puisqu’on vous dit que les cadavres juifs ne comptent pas !

*** Lire les articles de Liliane Messika ***

Antisémitisme ? Qu’allez-vous chercher là, mauvais esprits ! Seul le souci d’humanisme anime les défenseurs de « l’avocat franco-israélien », contempteurs du soldat israélien (un appelé qui faisait son service militaire de trois ans et qui possédait lui aussi la double nationalité franco-israélienne, mais bon…)

Une brève parenthèse de bon sens dans un océan de mauvais sentiments
Les ONG avaient beau insister, les sans cœur israéliens étaient insensibles au fait qu’une tentative d’assassinat sur la personne d’un rabbin octogénaire n’est qu’une incivilité sans conséquence.

Pire, même, Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme de 2007 à 2009, avait écrit ceci à la famille d’Hamouri qui sollicitait son aide :

Tribunal-justice« Monsieur Hamouri a reconnu avoir été, en compagnie de Monsieur Moussa Darwish, accusé d’avoir voulu assassiner le rabbin Obadia Yosef et condamné pour cette tentative d’assassinat à 12 ans de prison. Monsieur Hamouri a reconnu qu’il avait essayé d’expliquer à son camarade qu’il valait mieux reporter cette tentative par manque d’armes et de munitions. Le juge a alors accusé le prévenu de tentative d’assassinat avec préméditation. Monsieur Hamouri a déclaré être en accord avec l’énoncé des faits et n’avoir rien à ajouter. Le 17 avril dernier, le juge a relevé que Monsieur Salah Hamouri n’a exprimé aucun regret et l’a condamné à une peine de réclusion assortie d’une peine probatoire de 3 ans à sa libération. »

Le seul moment où on refuse de croire les assassins, c’est quand ils disent la vérité
Pas plus que Salah Hamouri, le Hamas ne cache pas ses intentions. Il déclare dans sa charte qu’il mène une guerre de religion contre les Juifs et qu’il ne cessera pas sa lutte tant qu’un seul israélite sera vivant en Israël, qu’il nomme intégralement « Palestine musulmane ».

Cela incite d’innombrables comités de soutien à Salah Hamouri à proposer sa candidature comme « citoyen d’honneur » dans des municipalités françaises.

Cela les empêche, en revanche, de mentionner les démêlés de Hajer Harb avec ses autorités tutélaires.

Un étudiant bisexuel américain moins dupe que bien des associations gay de son pays
Alfred MacDonald n’aurait certainement pas adhéré à ces comités, ni gardé le silence sur l’emprisonnement des journalistes.

Discutant avec un de ses condisciples, cet étudiant en philosophie à l’Université du Texas San Antonio a déclaré n’avoir pas « une opinion positive de l’islam », parce que, étant bisexuel, il « encourrait la peine de mort dans une douzaine de pays dont l’islam est la base du système judiciaire. »

Son interlocuteur s’est empressé de le dénoncer auprès de l’administration de l’université pour islamophobie.

C’est la directrice du département, Eve Browning, qui a été chargée d’ouvrir les yeux d’Alfred sur son crime. « Est-ce que vous comprenez maintenant, combien vos remarques ont pu offenser votre camarade ?» lui a-t-elle demandé.

L’université de San Antonio Texas adepte de Jules César ?
L’empereur romain tuait les messagers de mauvaise nouvelles, l’université de San Antonio les criminalise.

femmes-sharia5Apparemment, Madame la directrice ne trouvait pas offensant que l’on précipite les homosexuels du toit des immeubles pour les punir de leurs penchants, alors que mentionner cette réalité devant un adepte du Coran représentait à ses yeux un crime susceptible d’envoyer le coupable devant « l’équipe d’intervention comportementale de l’université ».

L’équipe d’intervention comportementale ? Quelle peut bien être la fonction d’une telle équipe au pays des Pompom girls ? Leur apprendre à taper leurs devoirs en rythme sur leur clavier d’ordinateur ? A slammer la récitation de leurs cours ? Non, à discuter I-slam sans blasphémer. Eh oui, l’Université salarie des intervenants qui expliquent aux étudiants la différence entre ce qui est politiquement correct, donc autorisé, et ce qui ne l’est pas, donc interdit. Tout ce qui décrit les détails de la sharia fait partie de la deuxième catégorie.

Hiérarchie dans la victimisation des minorités visibles
Il fut un temps où Alfred MacDonald aurait été chouchouté par les autorités universitaires comme faisant partie d’une minorité opprimée, oups pléonasme, d’une minorité tout court. Mais depuis que le mariage homosexuel est légal aux États-Unis, la situation a changé et on peut traiter les homos en hommes comme les autres. Du coup, cumulant les handicaps de la normalité et de la peau blanche (en américain dans le texte, on dit « race caucasienne »), ils deviennent des oppresseurs ordinaires.

On peut donc en toute bonne conscience, les accuser, en insistant à chaque attentat commis au nom d’Allah hou Akbar, d’offense à religion ontologiquement victime.

Donc, finalement, journalistes, femmes et homos sont-ils des hommes ?

Oui, évidemment, ce sont des hommes au sens de « humains ».

Au sens de « droits de l’homme », il est plus difficile d’être catégorique.

Alors, « hommes » avec quel qualificatif ?

CaptureSi l’on en juge par le nombre de féministes qui défendent le foulard, d’homos qui défilent à la Gay Pride en scandant « Is-ra-ël a-ssa-ssin ! Li-bé-rez la Pa-les-tine ! » et de journalistes occidentaux palestinolâtres, on se rend compte que c’est une race infiniment masochiste ! LM♦

* Liliane Messika est écrivain (http://www.lili-ecritures.com/)

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