Accord nucléaire : iranien qui rira le dernier

accord nucléaire iran 1x1.jpgPar Liliane Messika

L’affreux Donald Trump n’obéit qu’aux intérêts américains
La preuve, il a dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien signé par son prédécesseur.

Cette attitude a été vivement regrettée par tous les idéalistes désintéressés qui sont en affaires avec la République Islamique et par tous les droitsdelhommistes qui espéraient que les mollahs rayeraient rapidement Israël de la carte comme ils s’y étaient engagés. Parmi ces derniers, Federica Mogherini, représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, très copine avec les ayatollahs, qui ne rate jamais une occasion d’exprimer son antagonisme viscéral vis-à-vis de l’Etat juif. Le JCPOA, alias Accord de Vienne, « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a-t-elle déclaré.

Les médias regrettent la fin de l’accord par pure générosité
A l’étranger, quand on parle de la France, on cite soit des responsables politiques, soit des éditorialistes. Sauf que les uns et les autres ne représentent qu’eux-mêmes. C’est normal : ils détiennent la vérité, ils ne vont pas, en plus, s’embarrasser de l’opinion des bouseux !

Donc quand on dit que « la France était entièrement acquise à Obama », en réalité, on parle des médias. Parce que la médiacratie se reconnaît plus dans les démocrates que dans les républicains, mais surtout parce qu’Obama est noir. Ben oui, on ose le dire : et si, en plus, il a reçu le Prix Nobel de la paix au lendemain de son élection, avant d’avoir eu l’occasion d’entreprendre quoi que ce soit, c’est pour la même raison : sa couleur de peau.

Et c’est tout à l’honneur de l’Amérique que d’avoir élu un Président noir. Sauf qu’on l’a pris pour le Messie et qu’il ne pouvait que décevoir les attentes disproportionnées qui avaient été fondées sur lui.

L’exception qui confirme la règle
En France on déteste les Américains, sauf Barack Obama.

Il ne peut rien faire de mal, il ne peut rien avoir fait de mal. Même signer l’accord que son successeur qualifie du « pire qu’il ait jamais vu ».

De fait, Obama était légalement fondé à prendre un engagement politique. Sauf qu’un tel engagement n’est pas un accord contraignant en vertu du droit international, c’est un simple compromis. Le Président démocrate savait qu’en ne demandant l’approbation ni du Sénat ni du Congrès (qu’il n’avait aucune chance d’obtenir), son deal avec l’Iran ne pouvait être qu’un engagement politique personnel auquel le droit (américain, mais aussi international) n’offrait pas de garanties. N’engageant que celui qui le signait, cet accord pouvait parfaitement être dénoncé par son successeur.

En ce faisant, Trump a rétabli ce qu’auraient exigé les votes du Congrès et du Sénat si Obama avait sollicité leur consentement. Le républicain a été élu notamment sur sa position vis-à-vis de cet « Accord » et il a tenu sa promesse électorale.

nucléaire-civil-iranien-rené-le-honzec.jpgL’accord de Vienne raconté à ma fille
Depuis 2000, l’Iran faisait tout pour obtenir l’arme nucléaire et précisait que dès qu’il l’aurait, il effacerait Israël de la carte. C’est devant le danger d’embrasement qu’aurait représenté non pas l’agression contre Israël, mais la réponse armée de l’Etat juif s’il n’était pas éradiqué à la première explosion, que les sanctions avaient fini par être votées en 2006 à la demande des Etats Unis, alors présidés par George Bush.

Les sanctions se sont avérées efficaces, puisqu’elles ont ralenti l’économie du pays et amené les Iraniens à se révolter contre le régime des Mollahs. Sauf que cela s’est passé au bout de quelques années, sous la présidence d’Obama et que celui-ci, au lieu d’aider la population iranienne, a préféré soutenir les religieux qui l’oppressaient et leur proposer le fameux accord de 2015.

En échange de son interruption du programme nucléaire militaire, l’Iran a pu récupérer des milliards de dollars bloqués dans les banques internationales et a eu le droit de reprendre son programme nucléaire civil.

Les petits messieurs font coooomme ça…
Les « commentateurs », voire les « experts » trouvent la démarche de Trump honteuse, parce que l’Iran était l’innocence même et respectait sa partie de l’accord.

Vraiment ?

Ben oui, les inspections l’ont prouvé.

Euh, les inspections que l’Iran autorisait. Mais pas toutes celles qu’il interdisait, c’est-à-dire celles des sites militaires. Or l’accord autorisait le nucléaire civil, pas militaire. Comment savoir si le programme militaire ne continuait pas ?

Justement, le Mossad a, le 3 mai dernier, mis la main sur les archives nucléaires iraniennes et les a rapatriées. Ce sont des milliers de documents prouvant que le programme d’armement continuait. Tout le monde s’en doutait. Quelques-uns en doutaient.

Cela dit, même ceux-là ne tombent pas des nues, parce que selon une tradition bien ancrée dans le modus operandi médiatique français, on ne voit que ce qu’on croit et on nie la réalité quand elle ne concorde pas avec nos croyances.

Les jolies demoiselles font coooomme ça
Une demi tonne de documents et de DVD transférés depuis l’entrepôt iranien, c’est pas une preuve ?

Bah, soupirent les blasés, il n’y a aucun secret là-dedans, on connaissait déjà tout ça !

Ah bon ? Dès le jour de l’annonce par Netanyahou, la bienpensosphère avait eu le temps de les faire traduire (oui, ils sont en farsi, les documents !) et de les analyser dans le détail, pour savoir que tout leur contenu était déjà de notoriété publique. Chapeau ! Tchador, même !

Les complotistes ricanants ont ricané : le Mossad nous prend pour des cons, il n’y a rien dans les documents et les DVD contiennent des vieux épisodes de Friends. De Walking Dead, plutôt, non ?

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Ya rien dans les documents du Mossad !

Sur le pont du déni, on y danse, on y danse
Pendant les trois ans où l’accord a été en vigueur, l’Iran a continué sans se cacher beaucoup à construire des missiles de plus en plus sophistiqués. La trentaine de ceux qu’il a lancés, le 10 mai, sur Israël depuis la Syrie appartient à la dernière génération, mais pas à l’ultime : pendant les affrontements, la recherche continue.

Quant au programme nucléaire militaire, on a aujourd’hui la preuve qu’il n’a pas été interrompu, ce qu’on aurait su depuis longtemps si on avait exigé de visiter TOUTES les installations nucléaires.

Mais on est bien élevés : quand on nous dit non, on n’insiste pas. Téhéran a inventé le concept d’islamophobie, on n’a pas envie qu’il nous stigmatise avec. On préfère qu’il balance des bombes atomiques sur Jérusalem.

Après Obama, le déluge ? Non : Trump
L’accord signé par Obama devait durer 10 ans. Que se serait-il passé à son terme ? Leur signataire, qui espérait peut-être un deuxième Nobel de la paix, a dû penser qu’il ne serait plus là pour le voir, donc tout cela ne le regardait pas.

Mais Trump n’est pas le genre de bébé à accepter de couler avec l’eau du bain. S’il n’a aucun savoir-vivre, il ne manque pas d’instinct de survie. Alors il a annoncé qu’il réfléchissait à l’avenir de cet accord « lamentable ». Et puis il a fait comme il avait dit qu’il ferait, il l’a dénoncé.

Trump met une claque à l’Iran, l’Iran lance des missiles contre Israël
Ce n’est pas juste pour donner du grain à moudre aux amateurs de complot sioniste mondial et autres Protocoles des sages de Sion, c’est parce que les ayatollahs sont moins suicidaires qu’ils ne le prétendaient. Ils savent bien Israël plus vulnérable à la réprobation internationale que « l’hyperpuissance américaine ».

Ils en ont été pour leurs frais : les représailles ont été immédiates et ont détruit la grande majorité des installations militaires iraniennes en Syrie.

La majorité mis pas toutes : celles où des « conseillers russes » étaient présents ont été épargnées. Pur hasard qui fait bien les choses, probablement.

Israël, Bahrein et l’Arabie saoudite sont d’accord pour être contents
Le rapprochement entamé entre les monarchies sunnites du Golfe et l’État juif a culminé lorsqu’Israël a bombardé les bases iraniennes en Syrie, éliminant ainsi une menace qui pesait sur les concurrents régionaux de l’Iran pour la domination du Moyen-Orient.

En effet, dans le million de documents que la CIA avait trouvés dans le repaire de Ben Laden et qu’elle a divulgués fin 2017, il y avait plusieurs communications électroniques au sujet d’un échange entre le soutien de l’Iran à Al Qaeda si l’organisation ciblait les États du Golfe.

La Mecque est maintenant gouvernée par un pragmatique qui voit que son pays ne peut plus rester enchaîné aux règles édictées au VIIe siècle, quand les paraboles donnent accès aux chaînes satellitaires du village mondial du troisième millénaire.

Salmane Ben Salmane a entrepris la modernisation à une cadence accélérée.

Logo Liliane MessikaIl a étudié son voisin chiite et a conclu que la bonne méthode était de faire tout le contraire. Si les femmes saoudiennes finissent par devenir l’avenir de l’homme, il aura réussi. Mais pour cela, il faut que son pays ne soit pas éliminé par le terrorisme ou une bombe atomique d’ici là… Donc merci Israël ! LM♦

11 mai 2018

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