La guerre contre la présence iranienne en Syrie

D’après : News1 du 27/06/2018, Yoni Ben Menakhem

Adaptation d’Edouard Gris

F15D’après des sources étrangères, Israël a mené un raid en profondeur sur le territoire syrien. Un convoi militaire transportant d’importants équipements a été détruit. Ces équipements étaient destinés, apparemment, aux militaires iraniens stationnés en Syrie. Selon les mêmes sources, Israël et la Jordanie coopèrent afin d’empêcher un renforcement des milices pro-iraniennes dans le sud de la Syrie.

Alors que les contacts diplomatiques entre Israël, les États-Unis et la Russie sur l’avenir de la Syrie, et spécialement à propos de la mainmise de l’Iran sur ce pays, se poursuivent, Israël continue de défendre ses intérêts contre la menace iranienne. Le 20 juin, Benjamin Netanyahu, faisant allusion à l’activité secrète d’Israël, a déclaré : «nous travaillons sans cesse à éviter le renforcement de l’Iran et de ses « métastases » en Syrie». Cette déclaration a été interprétée par les pays arabes comme l’aveu, à demi mot, d’une attaque aérienne, il y a quelques jours, contre un objectif important de l’armée iranienne à la frontière irako-syrienne. Menée profondément à l’intérieur du territoire syrien, cette frappe n’est en rien ordinaire, et indique qu’Israël est monté en puissance dans sa guerre contre l’Iran, sur le territoire syrien.

Malgré la déclaration de son Premier Ministre, Israël maintient le flou sur ce raid en profondeur en Syrie. Au début, l’armée syrienne a accusé la coalition internationale contre Daesh d’être responsable de cette attaque. Mais un haut responsable américain a déclaré, sur CNN, que les États-Unis n’étaient pas impliqués et a désigné Israël comme l’auteur de l’attaque.

Attaque du 18 juin 2018
Celle-ci a eu lieu le 18 juin à côté de la ville d’Al-Bukhamal contre Al-Hashad a-Shaabi, une milice irakienne chiite, opérant sur le sol syrien pour le compte de l’Iran. Mais un autre rapport indique que l’attaque visait un convoi militaire passant près d’un centre de commandement de cette milice. 52 personnes ont été tuées. La plupart d’entre elles étaient des membres des milices irakiennes, et le restant des officiers et soldats syriens.

Ces milices chiites irakiennes sécurisent la zone iranienne de transit d’Al-Bukhamal, par laquelle passe la route d’approvisionnement vers la Syrie. L’Iran attribue à ce passage une grande importance stratégique. Les milices chiites dans cette zone contribuent à lutter contre Daesh mais également à sécuriser la traversée des troupes et du matériel vers la Syrie.

Les milices chiites irakiennes sont très expérimentées. Elles se sont battues contre Daesh en Irak, mais aussi contre les factions de l’opposition syrienne dans les régions de Homs, Alep et Ghutta a-Sharqiya. Le raid aérien imputé à Israël visait probablement un convoi transportant des armes qui menaçaient sans doute « une supériorité stratégique d’Israël » en territoire syrien. Il est possible que l’Iran livrait aux « Gardiens de la révolution » appuyant Assad, des systèmes anti-aériens avancés, susceptibles de mettre en difficulté les appareils israéliens lors d’éventuelles attaques contre ces Gardiens de la révolution sur le sol syrien.

La frappe contre le convoi est survenue alors que le régime syrien préparait une offensive dans le sud du pays. Il a rassemblé plus de 40 000 soldats afin d’attaquer la région de Dera’a. Toutefois Assad attendait le « feu vert » de la Russie, véritable commandant en chef du pays.

Les Iraniens n’ont pas l’intention de quitter la Syrie et reçoivent le soutien total du président Bashar El Assad. La lutte voire la guerre israélienne pour les expulser du territoire syrien sera, à n’en pas douter, longue et difficile.

Assad : « Pas de soldats iraniens en Syrie !»
Le 13 juin, le président syrien Bashar El Assad a accordé une interview à la chaîne de télévision iranienne arabophone Al-Alam, dans laquelle il a réaffirmé que les relations entre l’Iran et la Syrie étaient stratégiques. Il a indiqué que « ces relations ne dépendaient d’aucun intérêt politique ». Il a souligné que la présence iranienne en Syrie se limitait uniquement à des conseillers et qu’il n’y avait pas de militaires ni bases iraniennes en Syrie (Sic*.)

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Rencontre Netanyahu-Abdallah

Pendant ce temps, le général iranien Qassem Suleimani, commandant de la brigade Al-Quds, continue son activité en Syrie. Le 10 juin, la chaîne Telegram de l’unité afghane Al-Fatimiyun, qui participe aux combats contre Daesh dans l’est de la Syrie, a publié une photo de Suleimani avec les combattants de cette unité en Syrie. Il convient de noter que, de manière exceptionnelle, le général Suleimani n’a pas participé aux célébrations de la «Journée internationale de Jérusalem» à Téhéran le 8 juin. Il a préféré rester en Syrie et continuer à planifier des opérations contre Daesh et contre Israël.

Au vu de la situation dans le sud-est de la Syrie à la frontière jordanienne, Benjamin Netanyahu et le roi Abdallah de Jordanie, se sont rencontrés le 18 juin à Amman, capitale du royaume.

Les commentateurs arabes estiment que la présence militaire iranienne en Syrie et le « plan de paix israélo-palestinien », appelé « le deal du siècle », du Président américain Trump, ont été les deux sujets principaux débattus lors du sommet Netanyahu – Abdallah. Cette réunion politique est d’une importance cruciale car c’est la première fois depuis quatre ans, après plusieurs crises dans les relations entre les deux pays, que les deux dirigeants ont pu échanger leurs points de vue.

Offensive syrienne à venir
La future attaque d’Assad dans le sud du pays pour rétablir son contrôle de Dera’a à Kuneitra, inquiète fortement tant Israël que la Jordanie. Celle-ci est préoccupée également par la présence militaire iranienne près de sa frontière nord. Lorsque les forces pro-iraniennes atteindront le sud de la Syrie, près de la frontière jordanienne, elles se mêleront à l’armée syrienne en sorte qu’il sera difficile de les identifier. Par conséquent, une coordination des positions entre Israël et la Jordanie au plus haut niveau est indispensable.

Ceux qui pensaient qu’après la riposte israélienne massive à l’attaque iranienne contre Israël le 10 mai, (la presque totalité des infrastructures militaires iraniennes en Syrie ont été anéanties*) un certain calme reviendrait sur la frontière syro-israélienne, étaient dans l’erreur totale. La région bouillonne, et Israël considère la Syrie comme un front stratégique. Par conséquent, l’activité israélienne préventive pour contrecarrer le renforcement militaire de l’Iran dans le pays continuera.

L’Iran aspire à ouvrir un autre front contre Israël que celui du Golan. Il réchauffe déjà la frontière sud d’Israël (Gaza*) en actionnant le Hamas et le Jihad islamique, et tente d’enfermer Israël dans un mouvement de tenaille du nord au sud. Par conséquent, l’intérêt vital d’Israël est d’empêcher l’Iran de s’établir en Syrie.

Edouard GrisAu moment où cet article est mis en ligne, un nouveau raid de l’aviation israélienne a ciblé deux hangars à l’aéroport de Damas. Des missiles de fabrication iranienne et destinés au Hezbollah ont été détruits*.EG♦

* Note du traducteur

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