Minorités aveuglantes et majorité invisible

LGBT assemblée nationale.jpgPar Liliane Messika

De deux choses l’une, ou bien le choix sexuel est affaire privée, dans les limites de la loi (le viol et la pédophilie sont interdits) ou bien il relève de la puissance publique. Dans le premier cas, il est interdit à quiconque de discriminer qui que ce soit pour son choix, mais tout autant d’encourager un choix plutôt qu’un autre, l’État n’intervenant pas. Dans le second cas, c’est l’État qui légifère dans le sens de l’autorisation, comme dans celui de l’interdiction, mais il ne réprouve ni n’encourage : il dit le droit, pas la morale.

Fierté homosexuelle (NDLT, à défaut de LGBT)
La « Gay Pride » s’appelle en français « marche des fiertés », dans la droite ligne d’une interprétation idéologique du vocabulaire. Pourtant, la traduction littérale de l’anglais est « Fierté homosexuelle ». En prévision de celle de Paris 2018, un gigantesque drapeau arc-en-ciel avait été installé sur la façade de l’Assemblée nationale.

Le drapeau a été déchiré pendant la nuit de vendredi 29 à samedi 30 juin.

« L’auteur de cet acte de vandalisme a été interpellé. Il se revendique militant d’extrême droite et anti LGBT. » Ces termes de l’AFP ont été repris par l’ensemble des médias français.

Quand un « djeuns » est pris la main dans la gorge d’un kouffar qu’il vient de poignarder au cri de « Allhou Akhbar ! », l’AFP le désigne comme « l’assassin présumé ».

Celui qui a commis le crime de vandalisme contre le drapeau gay n’a pas eu droit à la présomption d’innocence. Il est « l’auteur », pas « l’auteur présumé ». D’ailleurs il a avoué. Certes. Mais celui qui annonce triomphalement avoir tué un « Shaitan » (Satan) pour mériter sa place à la droite d’Allah au paradis a fait pareil et on ne lui refuse pas pour autant la présomption légale.

Il est notable qu’en France, aujourd’hui, l’homophobie est un crime raciste alors que tuer des mâles blancs ou des Juifs pour ce qu’ils sont relève du droit commun, pas du racisme.

Vous avez dit bizarre ? Non, j’ai dit « deux poids deux mesures » et même quatre de chaque, ou une justice à deux vitesses : la victime compte double ou à moitié et le coupable également, selon le côté de la norme où l’un et l’autre sont situés.

Marche des fiertés. Fierté de quoi ?
La fierté n’est pas l’inverse de la honte, mais de la modestie, de même que la vertu n’est pas le contraire du crime, mais du vice.

Les choix sexuels sont le résultat de pulsions et non de raisonnements mûrement pesés. Il n’y a pas plus de raison d’être fier que honteux d’aimer le fenouil et pas les brocolis, de craquer pour les poilus que d’être indifférent aux brunes.

Si la discrimination d’un individu du fait de son choix sexuel est une imbécillité doublée d’un délit, la célébration d’un autre pour le même motif relève des mêmes qualificatifs : « Hou la honte, celui-ci aime les blondes et celle-là préfère les bruns ! » Ridicule. « Bravo, celui-là aime les chauves et celle-ci les rousses ! » Tout aussi risible.

Tiens, au fait, la 20th Century Fox n’a toujours pas retiré de son catalogue le film d’Howard Hawks « Les hommes préfèrent les blondes » qui, en 1953, commettait le crime présumé et avoué de favoritisme hétérosexuel ? Hou la honte ! Discriminateur ! Il préfère les femmes ! Espèce de Harvey Weinstein !

Crimes, délits et châtiments
On ne peut pas « en même temps » vitupérer contre les publicités exhibant la plastique des femmes pour faire vendre du parfum et applaudir l’Assemblée nationale quand elle fait la promotion de certains particularismes sexuels. Imagine-t-on le scandale si au lieu d’un drapeau arc-en-ciel, une bannière noire et blanche avait vanté l’hétérosexualité ?

« Le drapeau arc-en-ciel est le symbole en général de la lutte contre l’homophobie, de l’égalité des droits », a expliqué l’initiateur de la pose du drapeau, François de Rugy, député LREM ex-écologiste, légitimant cette décoration par le fait que « c’est un combat qui est souvent passé par l’Assemblée nationale. »

On aimerait lui faire remarquer que l’égalité de TOUS les droits passe forcément par l’Assemblée nationale, alors que la fierté n’a strictement rien à y faire.

L’auteur de la dégradation du drapeau est coupable de vandalisme. L’auteur de la pose du drapeau au fronton de l’Assemblée nationale, lui, est coupable de discrimination en faveur d’orientations sexuelles spécifiques, outre qu’il contrevient à la loi : l’arrêt du Conseil d’État n°259806 du 27 juillet 2005 établit clairement que « le principe de neutralité des services publics s’oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. »

images.jpgStatistiques ethniques racistes sauf…
La France de Vichy s’étant déshonorée avec les lois juives de 1942, les gouvernements qui ont suivi la Libération ont interdit de cataloguer les citoyens français en fonction de leur religion, a fortiori de leurs choix sexuels. La loi Informatique et Liberté de 1978, en vigueur aujourd’hui, interdit de « recueillir et d’enregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, ainsi que les appartenances religieuses des personnes. »

C’est au titre d’une infraction à cette loi que le maire de Béziers, Robert Ménard, avait été interrogé sur la « tenue illégale de fichiers en raison de l’origine ethnique » après avoir affirmé, lors d’une émission de télévision, qu’il y avait 64,6% d’enfants musulmans dans sa ville. En réalité, il ne s’était appuyé que sur les prénoms des enfants pour justifier son calcul, échappant donc aux poursuites, car ce qui constitue le délit est la création d’un fichier recensant ces données sensibles, pas une déclaration de statistiques.

Éric Zemmour, notablement de droite, comme le maire de Béziers, avait lui aussi été incriminé pour avoir affirmé l’évidence : la majorité des détenus dans les prisons françaises n’est pas constituée de mâles blancs catholiques.

En revanche, nulle sanction ne touche jamais les Indigènes antirépublicains qui font de « la race » non blanche et/ou de la religion musulmane condition(s) sine qua non pour participer à certaines de leurs manifestations.

Nul opprobre non plus contre Libération, qui se sent obligé de dénombrer ses pigistes « issus de la diversité », afin d’échapper au crime de « majorité » (celle qui est minoritaire en prison), dans un article du 3 juillet 2018 intitulé : « La rédaction de Libé est-elle ‘’blanche’’ ? »

2 poids 2 mesures X 2 poids 2 mesure = zéro égalité
Cette formule mathématique est reproductible indéfiniment, ce qui est le propre des démonstrations scientifiques. Zéro coupable du côté des bien-pensants et tous responsables chez les « majoritaires ».

Les « majoritaires » (pour résumer en un mot les hétérosexuels français laïques qui ne communient pas dans le culte migranto-islamisto-palestinolâtre) n’ont aucune chance de voir leurs revendications, s’ils en ont, portées au fronton de quelque édifice public que ce soit.

A l’inverse, les célébrations des « minorités visibles » (« bruyantes » serait probablement plus précis), qui vont du Ramadan fêté à la Mairie de Paris aux drapeaux LGBTI sur l’Assemblée nationale, font l’objet de manifestations officielles, variées, festives et régulières.

En regard de la bienveillance dont bénéficient les précédents, on observe que l’inverse se produit quand des membres de la « majorité » se permettent de prendre des initiatives festives non conformes aux diktats des minorités. Ils se voient illico désignés à la vindicte publique comme « ayant des liens avec l’extrême-droite », ce qui leur interdit de facto l’accès présent et futur aux médias mainstream. Pour mémoire, un « apéro pinard-saucisson » vilipendé comme raciste, il y a quelques années, les sapins de Noël et crèches interdits chaque année à la période de Noël, oups, de la semaine avant le Nouvel An…

Enfin, le Parquet n’hésite pas à poursuivre les mal pensants, en témoigne l’ubuesque procès fait à Georges Bensoussan. Certes, le tribunal est, pour cela, aiguillonné par des organisations aussi soucieuses des droits de l’homme (là, on ne parle plus de la femme) que le CCIF…

En revanche, quand un élu transgresse les plus élémentaires lois de la république, notamment celles qui ont trait à la laïcité, on cherche désespérément un magistrat capable de retrouver les articles pertinents pour se déclarer compétent à poursuivre. Absence d’aiguillon, peut-être ?

Allez, c’est bientôt le 14 juillet.

Logo Liliane MessikaAh ça ira, ça ira… les majoritaires à la lanterne, ah, ça ira, ça ira… LM♦

5 juillet 2018

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