Puisqu’on vous dit que l’antisionisme n’est pas antisémite !

antisemitisme_antisionismePar Liliane Messika

« Gaza, le Hamas déclare : nettoyer la Palestine des Juifs puis instaurer le Califat ! » titrait, le 19 juillet 2018, MEMRI (Middle East Research Institute), l’observatoire des médias du Moyen-Orient, en traduisant de l’arabe : « Nous allons nettoyer la Palestine de la saleté des Juifs, guérir la nation du cancer juif. Netanyahu, Lieberman, nous arrivons pour vous couper la tête ! » Autre perle relevée dans le même texte : « Leur déracinement de Palestine aura lieu avant 2022, la deuxième étape sera l’établissement du Califat après que la nation aura été guérie de son cancer, les Juifs, si Allah le veut. »

Les experts autoproclamés de la bienpensance vont vouloir nous calmer
C’est juste le délire d’un illuminé, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre ! Ces Juifs, toujours en train de crier au loup… Ce n’est pas comme si c’était une déclaration officielle ! Oups… Fathi Hammad est membre du Bureau politique du Hamas, dont il a été ministre de l’Intérieur…

Mais a-t-il vraiment dit ça ? C’est sûrement une invention des sionistes ! Re-oups… Ces phrases ont été prononcées lors d’un meeting à Gaza, le 12 juillet 2018, diffusé sur Al-Aqsa TV, la chaîne du Hamas, et retransmis sur Al-Jazira. Bonne nouvelle : les « djeunes » des banlieues françaises y ont donc accès. La possibilité de réaliser leur fantasme a de quoi susciter de nouveaux départs pour le djihad, voire pour les plus timorés, la participation à une « flottille de la paix » surarmée où ils auront, de surcroît, l’occasion d’approcher des starlettes, enfin, au moins une. Une starlette, dont rien n’indique qu’elle soit vierge, mais cela pave le chemin jusqu’au Paradis d’Allah où 72 d’entre elles font la queue (jeu de mots volontaire) pour attendre chacun des shahids (martyrs).

Une féministe milite pour le Hamas, qui voit les femmes comme des utérus
Oldoz Javidi, une actrice suédoise d’ascendance iranienne, est candidate aux élections législatives de son pays sous l’étiquette du parti de l’Initiative féministe. C’est donc logiquement sur un site féministe qu’elle a été interviewée… sur sa présence sur un bateau de la « flottille de la paix ». Cette généreuse initiative vise à forcer le blocus à destination de Gaza que l’État juif impose sur les armes (et matériaux servant à les fabriquer), suite à la « marche du retour » a déjà tué un jeune appelé israélien de 22 ans et mis le feu à des milliers d’hectares de terre, tuant toute la faune qui l’habitait.

Oldoz Javidi a déclaré à Feministiskt Perspektiv (ici) qu’il conviendrait de déporter les Juifs aux États-Unis pour mettre tous les voleurs dans le même panier. « Et les Palestiniens pourront vivre en paix à nouveau et construire le pays qui était le leur. Je peux au moins me permettre d’en rêver, n’est-ce-pas ? », regrettant que « Mon opinion officieuse, en tant qu’individu, relève davantage du fantasme. »

Il y a des choses qui vont encore mieux en le disant
L’antisémitisme de Mme Javidi n’en fait pas partie. Elle a dû se l’entendre dire, car elle a demandé au site qui la publiait de supprimer le passage litigieux. Non pas qu’elle ait changé d’avis, mais parce que sa brillante idée « ne représente en aucun cas la politique et ce n’est pas non plus une proposition d’une solution politique, mais je comprends qu’elle puisse être mal interprétée ou mal comprise ».

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Youssef Jabareen : « Israël est une dictature pratiquant l’apartheid »

Au contraire, elle a été bien comprise ! La preuve, il y a des bataillons entiers de militants « antisionistes » qui sont d’accord avec son interprétation, avec ses rêves et avec l’interprétation d’iceux. On compte même parmi eux un député arabe israélien qui explique candidement qu’Israël est une dictature pratiquant l’apartheid ! Il s’appelle Youssef Jabareen et il représente une liste de citoyens arabes à la Knesset, le parlement israélien. Accessoirement, il est titulaire d’un doctorat de droit spécialisé en droits de l’homme et enseigne sa matière dans… deux universités israéliennes. Le fait qu’Israël le considère comme un citoyen à l’égal de tous les autres ne l’empêche pas de se prétendre victime d’un cruel apartheid : « En nous qualifiant d’Arabes israéliens, les institutions israéliennes tentent de créer une nouvelle identité pour notre communauté. Mais nous insistons sur notre identité arabe palestinienne, tout en étant également des citoyens d’Israël. »

Autrement dit, nous profitons à fond de la démocratie israélienne en siégeant au parlement, mais c’est seulement dans l’espoir de détruire l’État qui nous donne l’égalité pour lui substituer un État islamique judenrein où les hommes seront supérieurs aux femmes, où les Juifs seront interdits et où les autres non musulmans seront inférieurs en droits.

Un interviewer un peu rigoureux en ferait la remarque
Hélas ! Cela ne risque pas d’arriver, car M. Jabareen est interrogé, ou plutôt courtisé, par Armin Arefi, qui n’en est pas à sa première campagne de propagande sous la houlette du « Point ». C’est pourquoi il ne boude pas son petit lait quand le député israélien évoque la Naqba. Le thuriféraire euh, le « journaliste », traduit même pour les lecteurs français : « Après la Nakba (la « catastrophe » en arabe, soit l’exode forcé de 750000 Palestiniens de leur terre durant la guerre israélo-arabe de 1948, NDLR), seuls 15 % des Palestiniens n’ont pas été expulsés par l’armée israélienne. Nous sommes donc ce qu’il reste du peuple palestinien qui vivait en Palestine avant 1948. »

En classe, le traducteur et le traduit auraient eu chacun un zéro :

  1. La catastrophe n’est pas l’exode forcé, dont Arefi se garde bien de nous dire qu’il a été provoqué par la demande des pays arabes coalisés contre Israël, qui voulaient avoir les coudées franches afin de l’exterminer. La catastrophe, c’est l’indépendance d’Israël. Cela pourrait aussi être le refus de la Ligue arabe, qui représentait les Arabes de Palestine, d’accepter le partage décidé par l’ONU et par voie de conséquence l’État Arabe de Palestine qui devait voir le jour en même temps que l’État juif d’Israël. Mais cela, il ne faut surtout pas que les lecteurs du Point l’apprennent.
  2. La guerre israélo-arabe est mal nommée. Elle a été déclenchée par la coalition de cinq armées arabes attaquant l’État hébreu nouveau-né. C’est comme au foot, l’ordre dans lequel on cite les adversaires a un sens. Les agresseurs d’abord, (l’Égypte, la Syrie, le Liban, la Transjordanie, l’Arabie Saoudite et l’Irak), les agressés en second, donc « la guerre arabo-israélienne », pas « israélo-arabe ».
  3. Il est possible que 15% des Palestiniens arabes AIENT ÉTÉ expulsés par l’armée israélienne, mais le chiffre semble un peu élevé. Ce sont plutôt les 85% des autres exilés dont il est sûr qu’ils N’ONT PAS ÉTÉ expulsés par les Juifs. Les innombrables déclarations officielles des pays voisins d’Israël à l’époque sont là pour attester de l’importance de la propagande déversée sur eux afin qu’ils s’absentent le temps que s’effectue l’œuvre sacrée de nettoyage ethnique contre les Juifs.
  4. « Nous sommes donc ce qu’il reste du peuple palestinien qui vivait en Palestine avant 1948 », se plaint l’élu israélien dans l’oreille bienveillante du militant français. 1948 est la date qui donne le label « réfugié palestinien »… à condition d’avoir vécu en Terre Promise pendant au moins deux ans auparavant. Deux ans, pour ce que l’interlocuteur du « journaliste » qualifie de « peuple indigène », ce n’est pas beaucoup ! Mais cela correspond à la période pendant laquelle le développement économique insufflé par les Juifs a fait accourir la main d’œuvre des quatre coins du Moyen-Orient. Cela suffit encore aujourd’hui pour qu’un enfant né en 2018 dans n’importe quel pays du monde, dont il possèdera la nationalité, soit comptabilisé parmi les « réfugiés palestiniens » si l’un de ses ancêtres a travaillé dans un champ de la Palestine mandataire, il y a sept décennies.

victimVictime, c’est un état ontologique, pas une situation ponctuelle
« Nous sommes victimes de politiques de discrimination au niveau économique et social », explique encore le député qui se revendique « Arabe palestinien citoyen d’Israël », qui développe : « Si notre nombre a été décuplé depuis 1948, nous ne possédons plus que 50 % des terres que nous avions par le passé, en raison d’une politique continue de confiscation de la part du gouvernement. »

On observera tout d’abord que les tenants de la naqba, les co-militants de Monsieur Arefi, ont fait du « génocide lent » leur slogan chouchou N°1, avant même l’apartheid dont il est question ici. C’est pour les besoins de la démonstration qu’ils admettent ici que leur population a été décuplée par ceux que, par ailleurs, ils accusent de génocide…

Ne pinaillons pas non plus sur les chiffres qui ne se réfèrent à aucune donnée consultable, mais rappelons juste que la loi palestinienne fait encourir la peine de mort à tout Palestinien qui vendrait un cm2 de terre musulmane à un Juif. Est-il utile de préciser qu’il n’existe aucune équivalence de cette loi en Israël vis-à-vis de qui que ce soit ?

– En 2009, un Palestinien nommé Anouar Breghit en a fait les frais, condamné à mort pour avoir vendu son terrain à des Israéliens juifs près de Hébron : (http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/8024281.stm).

– En 2014, Mahmoud Abbas a encore durci la législation à cet égard : (https://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/Abbas-adds-hard-labor-to-punishment-for-Palestinians-who-sell-land-to-hostile-countries-379350).

– A la suite de quoi, Ezra Nawi, un Israélien d’extrême gauche, a été mis en examen le 15 juillet 2018 pour mise en danger de la vie d’autrui, en l’occurrence plusieurs Palestiniens. Nawi ne peut pas être accusé d’hyper-sionisme, quand même ? En effet, c’est l’inverse. Il a montré la dimension de son amour du peuple palestinien en transmettant au Service de Sécurité Préventive des informations sur des citoyens qui avaient vendu des terres à des Juifs israéliens, ce qui leur faisait encourir la peine de mort.

Un Israélien fait tuer des Palestiniens en les dénonçant à l’Autorité Palestinienne et c’est Israël qui le met en examen ? Cherchez l’erreur…

Tous les peuples ont droit à l’autodétermination sauf le peuple juif
Dans notre rubrique apartheid, citons aussi Saeb Erekat, ex-négociateur palestinien, qui s’indigne avec les militants français du vote, à la Knesset, d’une loi qualifiant Israël « d’État national du peuple juif ».

On imagine le scandale, si notre pays se dotait d’une loi similaire, désignant la France comme l’État national du peuple français… ou si les mots « République française » figuraient sur les bâtiments publics…

Les « antisionistes », qui font semblant de ne pas savoir que « Peuple juif » n’est pas seulement une religion, se défendent cependant d’être antisémites. Allez comprendre…

Monsieur Erekat, qui est aujourd’hui secrétaire général de l’OLP, le parti de Mahmoud Abbas, considère la loi ci-dessus « dangereuse et raciste par excellence » car elle « légalise officiellement l’apartheid. »

Ch’est ben vrrrai, cha : Saeb Erekat, qui milite pour la création d’une Palestine Judenrein, est bien placé pour faire cette déclaration.

« Cette loi ne mentionne ni le mot démocratie ni le mot égalité, et s’engage à une emphase brutale de la suprématie ethnique, ne laissant aucun doute sur le fait qu’il y ait des types de citoyenneté – les Juifs de première catégorie et les Arabes de seconde catégorie », a déclaré Ayman Odeh, qui préside la Liste arabe unie, laquelle, comme son nom l’indique, rassemble plusieurs partis politiques s’articulant sur leur seule origine. On a les mêmes à la maison : le Parti des Indigènes de la République et le Parti des musulmans de France.
Évidemment (mais ce qui va sans dire va encore mieux en le disant) ni en Israël ni en France, les musulmans ne sont absents des partis traditionnels. Et en Israël plus qu’en France, ils atteignent les hautes sphères de l’État, notamment Président de la Cour Suprême dans l’État juif.

israel-emblemePourquoi rappeler maintenant que l’État juif est juif ?
Peut-être parce que partout ailleurs qu’en Israël on veut l’oublier ? La déclaration d’indépendance, qui a eu 70 ans le 15 mai dernier, stipulait pourtant textuellement :
« Nous proclamons la fondation de l’Etat juif dans le pays d’Israël, qui portera le nom d’État d’Israël. (…) Aux prises avec une brutale agression, nous invitons cependant les habitants arabes du pays à préserver les voies de la paix et à jouer leur rôle dans le développement de l’Etat sur la base d’une citoyenneté égale et complète et d’une juste représentation dans tous les organismes et les institutions de l’État, qu’ils soient provisoires ou permanents. »
On est bien loin d’un mouvement « juif et colonial, qui poursuit la judéisation de la terre et continue à voler les droits de ses propriétaires », comme l’exprime avec nuances Youssef Jabareen, député de cet État d’apartheid.

Si ce qui va sans dire a besoin d’être écrit, c’est que la réalité n’est pas visible par tous
C’est ce que confirme Maître Pierre Lurçat, avocat, quand il écrit : « le jour où il n’y aura plus aucune opposition arabe à l’existence de l’État d’Israël en tant qu’État-nation du peuple juif alors effectivement cette loi sera devenue superflue. » (ici)
En France, c’est au nom de la laïcité que les « antisionistes » prétendent lutter contre l’État juif, en faisant semblant de croire que « juif » est seulement une religion et pas un peuple. Il eût été plus utile qu’ils en convainquent Hitler, cela lui aurait évité de massacrer les bébés qui n’avaient pas encore conscience de quelque religion que ce soit, les Juifs qui ne savaient pas l’être parce qu’ils avaient un seul grand-parent juif et se croyaient catholiques, ayant été accueillis par Jésus lors de leur baptême et les Juifs qui s’étaient eux-mêmes convertis et avaient donc choisi d’abandonner cette religion. Mais Hitler était plus cohérent que les antisémites français du XXIème siècle : « il n’y a pas, à proprement parler, et du point de vue de la génétique, de race juive […] La race juive est avant tout une race mentale[1]. »

Le point Goldwin n’est pas 0, c’est 1
La « loi du retour », qui garantit à tout juif (sans majuscule parce qu’il s’agit de la religion) la citoyenneté israélienne au titre de son appartenance au peuple juif, a repris les critères d’Hitler pour définir cette appartenance, ce qui garantit dans les actes le « plus jamais ça » réduit aux vœux pieux dans le reste du monde.
Laissons respectueusement le mot de la fin à Shmuel Trigano, qui parle juste, fort et clair : « La quasi-totalité des Juifs (avec majuscule parce qu’il s’agit du peuple, NDLR) d’Europe ont été sortis de leurs nationalités individuelles pour être détruits en masse comme un seul peuple. Quant aux Juifs du monde arabe, ils ont été expulsés et spoliés comme un seul homme de onze pays arabes, entre 1940 et 1970. C’est ce peuple qui s’est constitué comme État en Israël et que l’on accuse de “racisme”[2]. » LM♦

22 juillet 2018

Logo Liliane Messika[1] Testament politique d’Hitler, Adolf Hitler, notes de Martin Bormann, préface de Trevor-Roper, éd. Fayard, 1959
[2] http://www.atlantico.fr/decryptage/israel-etat-nation-juifs-polemique-pour-rien-3458103.html#S8APiMRY7JECbMSi.99

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