Israël intercepte un navire de la flottille dont la motivation prend l’eau

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Par Liliane Messika

L’armée israélienne a annoncé, le 4 août 2018, qu’elle avait intercepté, conformément au droit international, un navire qui cherchait à forcer le blocus naval sur la bande de Gaza.

Faire n’importe quoi ne suffit pas, encore faut-il le faire savoir !
Les autorités d’un pays et la déontologie des journalistes (oxymore ?) les contraignent à un minimum d’honnêteté, ou au moins de retenue, dans les informations qu’ils diffusent… ne serait-ce que parce que la preuve de leur fausseté mettrait les émetteurs dans l’embarras. Cette précaution n’incombe pas aux « organisations de défense des droits d’eux-mêmes quelles que soient les circonstances ». C’est pourquoi, lorsque les flotteurs de la flottille-de-la-liberté-de-faire-des-caprices ont vu arriver les soldats de la marine israélienne, ils ont eu un orgasme collectif de se voir si beaux dans leur costume de martyrs de la bonne cause. C’est probablement pour cette raison qu’ils n’ont pas entendu ce qu’on leur disait, à savoir qu’ils « violaient le blocus naval légal et que les produits humanitaires pouvaient être transférés vers Gaza depuis le port d’Ashdod ».

Les mal-comprenants
Même s’ils étaient tous sourds (à cause de l’onanisme ?), leur réaction n’a pas manqué de surprendre les tenants du rationnellement correct : alors que leur bateau, nommé ‘Freedom’ (celle de ses passagers, bien sûr !) avait été arraisonné en conformité avec tous les paragraphes, codicilles et notes de bas de page du Code de la navigation internationale, leur groupe a publié sur Twitter qu’il avait été « attaqué après (qu’ils eurent perdu avec lui) tout contact ». Un lecteur inattentif aurait donc pu supposer que, après avoir volé les nuages iraniens, les Israéliens avaient déplacé le triangle des Bermudes vers leurs côtes pour y égarer une flottille fantôme.

Certes, chaque jour, des centaines de camions israéliens apportent déjà aux Gazaouis les provisions dont leurs dirigeants les privent. Mais cela n’entre pas en ligne de compte : dans « produits humanitaires », le seul mot important aux oreilles flottantes est « humanitaires » et c’est un adjectif qui les concerne, eux-mêmes, personnellement et exclusivement. Ni le bien-être de la population ni son approvisionnement n’occupent le moindre espace de réflexion dans leurs réunions stratégiques.

En fait de réflexion, c’est réduit au strict minimum : les méchants israéliens interdisent, sans aucune raison, aux pauvres Palestiniens de quitter la bande de Gaza ou d’y entrer, ce qui leur est aisé puisqu’ils en contrôlent l’unique accès. Israël les prive de tout, sauf de mourir de faim dans leur « prison à ciel ouvert ». Il faut donc que les gens de bien (alias les antisionistes militants) se substituent au droit international et fassent connaître au monde entier cette injustice ontologique commise par les Juifs.

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La réalité est trèèèèès éloignée de ce conte pour enfants débiles
Tout d’abord, la Bande de Gaza n’a pas un, mais deux accès terrestres : l’un par l’Égypte, l’autre par Israël. On comprend qu’Israël ferme la porte à des gens qui n’ont d’autre objectif que de le détruire, en commençant artisanalement par des civils pris au hasard, jusqu’à ce que l’Iran les équipe enfin de la bombe atomique. Ou plutôt, on peut le comprendre quand on a un cerveau et qu’on l’utilise à autre chose qu’à refuser la réalité.

On comprend moins bien la position de l’Égypte, dont la Bande de Gaza était une partie jusqu’en 1967, lorsqu’Israël l’a conquise avec une grande partie du Sinaï pendant la guerre des six-jours. Lorsque la paix a été signée entre les deux pays en mars 1979, Israël avait proposé un échange de « la terre contre la paix ». L’ÉGYPTE a accepté la paix et le Sinaï, mais A REFUSÉ DE RÉCUPÉRER GAZA. Vous n’y croyez pas ? Lisez vous-même le traité de paix ici (ou ici en Anglais).

Les Palestiniens ne se revendiquent comme peuple que depuis 1967. Auparavant, la Cisjordanie appartenait à la Jordanie et Gaza à l’Égypte et ni l’une ni l’autre n’envisageait quelque autonomie que ce soit.

Un peu d’Histoire majuscule pour rectifier les histoires ridicules
Tant que des Israéliens habitaient à Gaza, de 1967 à 2005, ils concentraient sur eux toute la haine et la violence arabes. En 2005, le Premier ministre israélien Ariel Sharon (vous vous souvenez, l’homme le plus faucon jamais porté par la planète Terre !) décida unilatéralement de quitter Gaza et de laisser aux Palestiniens ce qu’ils réclamaient depuis 38 ans : leur indépendance.

Las ! Le Hamas confisqua le pouvoir à l’Autorité palestinienne quelques mois plus tard et il impose sa dictature aux Gazaouis depuis 2007, dans l’objectif monomaniaque d’effacer Israël de la carte et de jeter tous les Juifs à la mer. Vous n’y croyez pas ? Lisez vous-même la charte du Hamas ici.

Pas de chance, Israël refusa de se laisser anéantir. Il construisit une barrière de séparation gardée militairement jour et nuit du côté israélien et les points de passage de la frontière sont sous son contrôle.

Du coup, les Palestiniens transitèrent par l’Égypte, mais comme celle-ci avait signé un traité de paix avec Israël, elle ne laissait pas passer autant d’armes que l’aurait souhaité le Hamas, aussi finança-t-il la construction d’innombrables tunnels. Les Frères Musulmans, au pouvoir en la personne de Mohammed Morsi après le Printemps arabe, voyaient ces manœuvres d’un œil plutôt bienveillant. Mais lorsque les islamistes palestiniens tuèrent 16 gardes-frontière égyptiens en août 2012, Le Caire ferma le poste-frontière de Rafah et 95% des tunnels de contrebande d’armes.

En mai 2014, Abdel Fattah al-Sissi devint Président de la République arabe d’Égypte et se lança dans une entreprise de démantèlement des Frères musulmans, qui rejaillit sur leur allié, le Hamas.

Pourquoi le blocus égyptien ? Contagion de la méchanceté israélienne ?
La fermeture des tunnels créa une pénurie et une flambée des prix, en particulier pour l’essence. « C’est quand même un comble qu’on doive acheter de l’essence israélienne et que les pays arabes, qui produisent du pétrole, ne nous aident pas, nous les Arabes de Gaza ! », déclara un Gazaoui au micro de RFI.

Les habitants souffraient, mais le plus grand perdant fut le Hamas, qui contrôlait auparavant les tunnels et percevait des taxes sur tout ce qui y passait. Le manque à gagner considérable décupla sa haine de « l’occupant sioniste » parti depuis des années, qui osait en plus fournir directement les biens de consommation à la population sans passer par sa case Racket.

« Plus que les biens de consommation courante, qu’on peut encore trouver à Gaza – même à un prix plus élevé -, c’est l’absence de liberté pour circuler qui frappe. Israël laisse entrer très peu de Gazaouis sur son territoire, surtout des personnes âgées malades », expliquait RFI le 24 septembre 2013. « Et l’Égypte n’a ouvert ses portes que pour quelques dizaines de personnes la semaine dernière, contre des milliers habituellement. Pourtant, ce jour-là au terminal de Rafah, personne ne songe à imputer la responsabilité de la situation au Hamas. L’Égypte et Israël sont les véritables fautifs à leurs yeux. » (Lire ici)

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Que s’est-il passé ? RFI, qui avait l’habitude de peindre Gaza comme une prison dont les pensionnaires mouraient de faim, a admis qu’on y trouvait de tout, même pendant un vrai blocus, un qui fermait les deux frontières, pas seulement celle avec Israël.

RFI, qui avait l’habitude de peindre les Palestiniens enfermés par d’impitoyables garde-chiourmes israéliens admet qu’en réalité il existait une autre frontière par laquelle passaient plusieurs milliers de personnes chaque jour, avant les dernières provocations et violences du Hamas.

RFI, qui avait l’habitude de peindre les Israéliens comme des nazis faisant des cartons sur les Palestiniens pour le plaisir, a admis qu’Israël laissait entrer les vieux et les malades pour les soigner, même pendant le blocus.

Le public ne va plus rien comprendre, si on lui change le casting en cours d’épisode !

Les Arabes de Palestine n’ont jamais raté une occasion de rater le coche
En 2018, pour les 70 ans de l’Indépendance d’Israël, qui correspondait au 70ème anniversaire du refus par la Ligue arabe de la création de l’État arabe de Palestine, le Hamas a lancé l’opération médiatique « Marche du retour des Palestiniens exilés. »

Le mouvement terroriste ne souhaite évidemment pas l’avènement d’un État palestinien qui l’obligerait à prendre ses responsabilités vis-à-vis de sa population. Ce qu’il vise (dans tous les sens du terme), ce à quoi il occupe ses troupes, c’est à la disparition d’Israël.

La Marche du retour a fait un flop : aucune bavure ne s’est produite, aucun des bébés ni des enfants palestiniens servant de boucliers humains aux lanceurs de missiles n’a été tué.

Le Hamas a donc lancé le plan B, de loin. Côté cour, la flottille des idiots utiles s’est mise en branle (encore des sourds en perspective ?).

Mais après le flop terrestre, c’est un Pschiitt et Plouf qui ont accueilli sa flotte.

Comment sortir du conflit ?
L’Égypte et l’ONU ont proposé à Israël et au Hamas un accord à long terme sous forme de cessez-le-feu. Le second a accepté : cela ne lui coûte rien puisqu’il continue chaque fois ses affaires de terrorisme comme si de rien n’était. Al-Sissi est prêt à rouvrir le checkpoint de Rafah en échange, mais il faudrait que les deux adversaires cessent le feu, c’est-à-dire le Hamas aussi. Malheureusement celui-ci ne se cache pas d’avoir l’intention d’agir comme d’habitude : il a annoncé officiellement que la Marche du retour, avec ses manifestations hebdomadaires contre la frontière israélienne, étaient prévues chaque vendredi à venir.

Un autre problème d’importance réside dans l’Intrafada : la lutte entre le Hamas et l’Autorité palestinienne. Car Israël a beau pousser à la roue, l’AP refuse de lever les sanctions de tout ordre contre Gaza et de payer les salaires de ses fonctionnaires. Quelle confiance peut avoir Israël dans un accord signé par une des deux parties qui n’engage pas l’autre ?

Justement, Israël a, lui aussi, une exigence : que le Hamas lui rende les corps de ses deux soldats tués à Gaza en 2014 pendant le cessez-le-feu de l’opération Bordure Protectrice. Quelle disproportion ! Curieusement, aucun des organes qui tonnent habituellement contre Israël en arguant de ce motif ne s’est manifesté…

Mettez-vous à leur place, les pauvres ! Desquels parlez-vous ?
Nonobstant les prises de positions déterminées par les équipes marketing des ONG et de RFI, Tsahal a affirmé sa volonté de « continuer à défendre les frontières maritimes d’Israël ainsi que sa population civile ». Cela contrarie les « humanitaires » des flottilles de la guerre contre les Juifs, c’est normal.

Logo Liliane Messika

Cela dit, imaginons qu’une coalition d’ennemis encercle notre pays afin de « défranciser la France » et de jeter tous les Français à la mer. Si, dans cette configuration, des ONG affrétaient des bateaux pour les aider à y parvenir, nous apprécierions la situation avec un point de vue moins bienveillant que le font aujourd’hui médias, Flottille-de-la-hargne et consorts… LM♦

6 août 2018

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2 commentaires

  1. Rien a faire. L’idiotie humaine n’a que faire de la raison ou de la verite et peu importe l’accessibilite aux medias de tous bords. Ce qui lui importe c’est de pouvoir s’enroler ds des tas d’ « ismes » et surtout surtout ne pas penser.

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