Tamimi sème la haine, ça pousse bien : merci la France

Manuel scolaire palestinien 2
Ce qu’on apprend à l’école Rameh de l’Urnwa

Par Liliane Messika

Le 24 septembre 2018, une information inouïe est parue sur un média mainstream français : « Ahed Tamimi soutient les attaques terroristes », a dit Bernard de la Villardière sur M6. Qu’est-ce que ça a d’inouï ? Quiconque s’intéresse un tant soit peu au Moyen-Orient le sait déjà, cela n’a rien de surprenant ! Inouï ne veut pas dire surprenant ou incroyable, mais qui n’a encore jamais été entendu. Jusqu’à présent, la doxa médiatique présentait les Palestiniens, et a fortiori leur « icône », comme de victimes avides de paix face à un partenaire intransigeant. Villardière lui-même avait donné l’impression, à plusieurs reprises, d’être fait du bois des menteurs qui vous regardent dans les yeux et parlent avec des trémolos dans la voix, non pas de la honte de mentir, mais de l’émotion qu’induisent en eux leurs mensonges.

Une nouvelle ouïe n’a pas forcément de conséquence
Et alors ? Que s’est-il passé ? Un miracle ? L’homme aurait été touché par la grâce ? On ne le sait pas et là n’est pas le scoop (quoique…) Le scoop, c’est que cette fois-ci, il n’a pas caché les propos fort clairs que la donzelle a toujours tenus, à savoir que « mettre fin à l’occupation » consiste à chasser les juifs de tous les recoins de la « Palestine », Tel Aviv, Haïfa et chaque cm2 d’Israël inclus et par tous les moyens, de préférence violents. Le scoop, c’est cette phrase du présentateur de M6 : « Ahed Tamimi appelle à la libération de la Palestine par tous les moyens, y compris les attaques au couteau et les attentats-suicides », et la semaine précédente, une interview de la même chouchoute des médias français par France 24, qui n’a censuré ni sa revendication de « libérer Jaffa, Haïfa et Saint Jean d’Acre », ni son éloge d’Hassan Nasrallah (le chef du Hezbollah, un mouvement classé terroriste par la plus grande partie du monde « libre », UE incluse). « Il soutient la cause palestinienne. C’est quelqu’un qui est contre les États-Unis et Israël. Je le remercie pour son soutien à la cause palestinienne ». Cela n’empêche évidemment aucun média de considérer la Tamimette comme une douce colombe, mais pour une fois, les auditeurs ont les moyens de juger par eux-mêmes.

Tamimi n’est rien, mais qui ses admirateurs tueront-ils ?
En elle-même, la petite Tamimi n’est qu’une jeune femme devant qui on braque tous les projecteurs, quand son papa et sa maman lui ordonnent d’aller gifler un appelé israélien plus jeune qu’elle, qui ne pourra évidemment pas, même s’il est lourdement armé, lui donner la fessée qu’elle mérite. Irrésistible pour un ego de son âge !

Ce qui est dramatique, c’est que le fait de gifler impunément un gamin israélien en uniforme fait d’elle une héroïne fêtée et honorée par nos médias (qui aimeraient probablement avoir le « courage » d’en faire autant) et qu’elle est présentée comme un idéal à imiter à la jeunesse française. Laquelle jeunesse française n’a vraiment pas besoin de cela pour haïr les enfants et les ados juifs, ni pour les harceler, voire les tuer (Sébastien Selam et Ilan Halimi, Arieh et Gabriel Sandler, Myriam Monsenego, pour ne parler que des derniers).

Comme le dit Anne-Sophie Chazaud à propos d’un autre rien-du-tout, mis en exergue par d’autres idéologues creux,

« lorsque des pans entiers de la jeunesse sont aspirés par certains discours ultra-communautarisés, fondés sur la haine du pays dans lequel ils grandissent, la désinformation, le complotisme, l’absence de culture, l’absence surtout de capacité à médiatiser les conflits autrement que dans l’hystérie constante du passage à l’acte (je suis énervé je tue, je désire je viole), lorsque l’on distribue des coups de couteau aussi naturellement qu’on irait cueillir des champignons, la question de laisser ces spectacles proliférer se pose hélas nécessairement (Causeur). »

Bonne nouvelle : la mauvaise éducation sera peut-être sanctionnée
Pour une raison mystérieuse, un énième rapport sur l’incitation à la haine des Juifs dans les manuels scolaires palestiniens n’a pas été totalement ignoré par ses destinataires à l’Union Européenne. Les précédents avaient fini à la poubelle de l’UE (mais pas de l’Histoire) et celui-ci, qui présente une analyse des manuels scolaires pour les élèves du CP à la Terminale, effectuée par IMPACT-se, l’Institut pour la Surveillance de la paix et de la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education en VO), a été lu et apparemment compris.

IMPACT analyse les systèmes d’éducation à l’aide des normes internationales en matière de paix et de tolérance issues des déclarations et des résolutions de l’UNESCO, afin d’en présenter une image claire dans leur rapport à la religion, aux sociétés, aux cultures, aux valeurs démocratiques et à l’Autre. Il se voue à la paix entre les peuples, en encourageant l’acceptation des autres et le rejet des conflits violents. Son objectif est d’empêcher la radicalisation des enfants et des jeunes et de leur enseigner le respect mutuel et l’acceptation des différences.

IMPACT a donc analysé les manuels scolaires palestiniens et y a découvert exactement les mêmes choses que l’avait fait le CMIP, le centre d’analyse de l’impact sur la paix (Center for Monitoring the Impact of Peace), à de nombreuses reprises.

En 2013, le Directeur Général du CMIP, Yohanan Manor, remarquait que

  • « Les manuels scolaires palestiniens se réfèrent souvent aux lieux saints musulmans et chrétiens en Palestine, mais jamais aux lieux saints juifs. [l’un d’entre eux explique que] ‘’L’importance de la Palestine vient de ce qu’Allah l’a choisie pour être le centre des religions. C’est l’endroit où le Nazaréen, Jésus fils de Marie, la paix soit avec lui, est né, l’endroit même d’où Mohammed, paix et prière soient avec lui, fit son voyage’’ (niveau 4, 1996, p. 5). Le Mur occidental (du temple de Jérusalem, NDLT), souvent nommé dans la tradition chrétienne « Mur des lamentations », est uniquement désigné comme ‘’le mur d’al-Buraq auquel l’ange Gabriel, paix soit sur lui, attacha la monture du prophète lors de son voyage nocturne’’ » (Éducation nationale palestinienne, niveau 3, p. 14.)

  • Il notait aussi que « les termes ‘juif’, ‘sioniste’ et ‘israélien’ sont utilisés indifféremment par les manuels scolaires palestiniens, comme s’ils n’avaient pas un sens précis, avec une préférence marquée pour le terme Juif : ‘’Pourquoi avons-nous le devoir de lutter contre les Juifs ? Se souvenir : les Arabes et les Musulmans combattent les Juifs qui les ont odieusement attaqués et injustement expulsés de leurs foyers. Le résultat inévitable sera la victoire des Musulmans sur les Juifs.’’ » (Notre langue arabe, niveau 5, ANP)[1]

Cela en avait, selon une expression rendue célèbre par le président Chirac, touché un œil à l’Union européenne, sans faire bouger l’autre.

Manuel scolaire palestinien 1
Manuels scolaires palestiniens : « Ecrasez… »

Cinq ans après, les mêmes maux trouvent un nouveau remède
L’étude d’IMPACT résume que la base du nouveau programme de l’AP, qui glorifie le martyre et la résistance par la violence, incite les enfants palestiniens à « sacrifier leur vie au nom de la religion. (…) une voix radicale qui couvre tous les aspects des idéologies nationalistes et islamistes (avec une) diabolisation violente d’Israël … des arguments antisémites et un endoctrinement à peine voilé pour la libération de la Palestine (qui passe par) la destruction d’Israël (source : IMPACT). »

Les exemples font froid dans le dos :

  • L’apprentissage du calcul en CM1 se fait en additionnant les « martyrs palestiniens » des deux intifada.
  • Pour leur enseigner les pourcentages, on demande aux élèves de calculer la superficie du désert du Néguev en tant que proportion du territoire de la Palestine.
  • En sciences, la notion d’hormones est expliquée à travers un combat contre l’armée israélienne et la colonne vertébrale par une histoire sur « l’agression sioniste ».
  • En CP, la lettre arabe HA s’illustre avec shahid (martyr), hujum (attentat) et harab (fuir).
  • En CE2, les enfants apprennent un poème : « Je fais vœu de sacrifier mon sang / d’emplir les terres du généreux / d’éliminer de mon pays l’usurpateur / et d’annihiler les descendants des étrangers ».

À l’inverse, le même institut juge que « Les manuels israéliens voient la paix comme le but ultime, et la dépeignent comme hautement désirable et atteignable, alors que la guerre est considérée comme un événement négatif, bien que parfois nécessaire. » Les manuels israéliens « n’incluent pas de message d’incitation à la haine ou de stéréotypes contre les Palestiniens. » Et ces livres « incluent une représentation respectueuse de la culture et de l’héritage arabe et musulman. »

L’UE a l’air d’avoir compris le concept de « punition » pour l’école. L’air…
En effet, suite au rapport d’IMPACT-se, l’Union a voté le gel de 15 millions d’euros de subvention à l’Autorité palestinienne au motif de sa « glorification du djihad (i24news. On a bien dit « suspension », pas suppression : cette somme, qui représente 5% de l’aide européenne (indépendamment de celle des pays européens à titre individuel) est gelée jusqu’à ce que l’AP « s’engage à réformer ses manuels ». Attention bis, on n’a pas dit « réforme ses manuels », uniquement « s’engage à les réformer ».

La décision, présentée par une eurodéputée allemande, a été soutenue par le Parti populaire européen, l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, le groupe des Conservateurs et réformistes européens et le Mouvement pour l’Europe des nations et des libertés, mais combattue par les sociaux-démocrates. Pour qu’elle soit effective, elle doit encore être ratifiée par l’assemblée plénière du Parlement européen.

Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, une bonne si !
Pour tenter de forcer l’Autorité palestinienne à envisager la possibilité d’une paix avec Israël (sans l’exterminer, comme elle l’espère) Trump avait considérablement diminué les subsides américains à l’UNWRA, l’agence qui s’occupe des « réfugiés » palestiniens, arguant aussi du fait que sur les 5,4 millions de bénéficiaires, 30000 à peine seraient considérés comme réfugiés si on leur appliquait les critères de tous les autres réfugiés pris en charge par l’ONU.

Les USA retirent leur participation, l’UE traîne les pieds pour « geler » 5% de la sienne face à des preuves accablantes que l’Autorité palestinienne incite les enfants à la haine, à la guerre et au martyre ? Eh bien l’Allemagne, la Suède, l’Union européenne, la Turquie et le Japon se cotisent pour ajouter 118 millions de dollars au pot (i24news/AFP). L’Union européenne ? Oui, l’Union européenne dont la poche droite ne veut pas savoir que la main gauche la vide. Quant à la France, « elle apportera une aide d’urgence supplémentaire de 2 millions d’euros en 2018. En 2019, elle doublera sa contribution, qui sera portée à 20 millions d’euros. » C’est Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères qui l’a annoncé le 28 septembre 2018.

Combien de nouvelles incitations à tuer les Juifs cette contribution française pourra-t-elle financer ? Par exemple des affiches comme celles illustrant cet article partagées sur sa page Facebook par l’une des écoles de l’UNWRA, la Rameh Unrwa School.

C’est pas grave, un Juif d’écrasé, dix qui restent à persécuter et cela permettra à not’Président de prononcer des paroles fortes et inoubliables, du genre «je suis déterminé à lutter contre les agressions à l’égard de nos concitoyens juifs en raison de leur confession (Sud Ouest» … LM♦

Logo Liliane Messika[1] Yohanan Manor, Les manuels scolaires palestiniens. Une génération sacrifiée, Berg international éditeurs, 2003

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3 commentaires

  1. […] Il notait aussi que « les termes ‘juif’, ‘sioniste’ et ‘israélien’ sont utilisés indifféremment par les manuels scolaires palestiniens, comme s’ils n’avaient pas un sens précis, avec une préférence marquée pour le terme Juif : ‘’Pourquoi avons-nous le devoir de lutter contre les Juifs ? Se souvenir : les Arabes et les Musulmans combattent les Juifs qui les ont odieusement attaqués et injustement expulsés de leurs foyers. Le résultat inévitable sera la victoire des Musulmans sur les Juifs.’’ » (Notre langue arabe, niveau 5, ANP)[1] […]

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  2. Sans oublier la Belgique, qui « trouve » 2 millions d’euros supplémentaires et a doublé sa contribution pour cette année, l’amenant à 14,25 millions… « pauvres » palestiniens…

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  3. Bravo Liliane Messika!
    Vous résumez bien à la fois le parti pris anti israelien européen. L’europe et la France tout particulièrement ne bougeront pas le petit doigt si Israel était menacé de destruction. Leurs paroles rassurantes sont contredites systématiquement par leurs actes et prises de position. Plus que jamais les israeliens ne peuvent compter que sur eux mêmes et les alliés du moment qui de toute façon ne seront que conjoncturels.

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