Elle a été tuée, ils ont tué, nos médias se sont tus

Tara Fares MISS-IRAK-rt.jpgPar Liliane Messika

Vous souvenez-vous du film Love Story ? « Elle avait 20 ans, elle aimait Bach et les Beatles… et elle est morte. » Aujourd’hui, on pourrait reprendre la formule pour Tara Fares : elle avait 22 ans, elle aimait la vie et les Porsche et elle est morte. Le cancer qui l’a tuée s’appelle islamisme et ses instruments ont été trois balles. Tara Fares avait été élue Miss Irak en 2014. Chrétienne, de père irakien et de mère libanaise, elle se savait menacée et avait publié sur Instagram en juillet, 3 mois avant sa mort : « Je n’ai pas peur de ceux qui ne croient pas en Dieu. Ceux qui me font vraiment peur sont ceux qui tuent et massacrent pour prouver son existence. »

Les bêtes ont tué la belle
Contrairement à Sarah Idan, qui lui a succédé en 2017, Tara Fares n’a pas commis le crime de fraterniser avec sa consœur israélienne et d’accepter une invitation à se rendre dans son pays, ce qui a « justifié » les menaces de mort ayant forcé la famille Idan à émigrer comme elle aux Etats-Unis. Mais être belle et le montrer (elle avait 2,7 millions d’abonnés sur Instagram) est tout aussi grave et le tueur qui a tiré, à Bagdad, sur la jeune femme qui osait conduire, court vêtue, une voiture de sport, n’a fait qu’accomplir une fatwa. Il a mérité le Paradis d’Allah où 72 Tara l’attendent avec impatience et un hymen éternellement renouvelable…

Ahmad al-Bashir est un humoriste irakien (oui, il y en a), qui vit en exil en Jordanie (c’est pourquoi il est toujours vivant). Il anime une émission de télévision qui moque la politique irakienne avec beaucoup de succès. Bien entendu, ce succès, et surtout les raisons d’icelui, lui ont déjà valu son poids en menaces de mort. Parlant de Tara, il n’a pas mâché ses mots : « Celui qui trouve une excuse à ceux qui tuent une fille uniquement parce qu’elle a décidé de vivre comme la plupart des filles de la planète est complice de son meurtre ».

Il y en a qui vont plus loin que la complicité, ils tuent carrément : Rafif al-Yaseri, alias « la Barbie irakienne », une femme libre, à l’origine de programmes nationaux consacrés aux femmes, avait déjà succombé aux coups d’un fanatique à son domicile bagdadi en août, une semaine avant que la même chose exactement arrive à Rasha al-Hassan, propriétaire d’un institut de beauté.

Officiellement, les responsables des deux morts sont encore inconnus, mais Faiq al-Sheikh Ali, un député irakien, n’a pas hésité à incriminer des fanatiques religieux : « Après les pilotes, les médecins, les professeurs d’université et autres, c’est maintenant le tour des instituts de beauté ».

Une troisième femme, la militante des droits de l’Homme Souad al-Ali, 46 ans, a également été tuée par balles à Bassora, quelques jours avant Tara. Mais selon la police, cela n’a rien à voir avec le fanatisme religieux et tout avec une dispute avec son mari. Hum hum…

La MANUI (mission de l’ONU en Irak) a quand même trouvé la coïncidence inquiétante et a exprimé « sa grave préoccupation », appelant les autorités à « enquêter de manière approfondie sur les circonstances entourant le meurtre afin de déterminer ses motifs et de traduire les auteurs en justice ». Elle a aussi « condamné tout acte de violence, en particulier contre les femmes, notamment le meurtre, les menaces et l’intimidation, qu’elle juge totalement inacceptables. »

Ceux qui croient que ça n’arrive qu’aux autres se fourrent le doigt dans l’œil
Le 28 septembre 2018, le jour où Tara Fares a été assassinée, la police néerlandaise a arrêté un réseau de sept hommes qui préparaient des attentats aux Pays-Bas, en Belgique et peut-être ailleurs. Citant « des quantités considérables de matières premières destinées à la fabrication de ceintures explosives, des fusils d’assaut de type AK-47 et 100 kilos d’engrais, susceptibles d’être utilisés dans une voiture piégée », le communiqué de la police précisait que les hommes arrêtés « étaient soupçonnés d’être à un stade très avancé dans la préparation d’un attentat terroriste majeur aux Pays-Bas », et que l’un d’entre eux avait déclaré vouloir « faire de nombreuses victimes ».

Les hommes du réseau constitué autour d’un Irakien de 34 ans, avaient, eux, entre 21 et 34 ans et vivaient à Arnhem, à Rotterdam et dans leurs environs. Le chef avait été repéré et on le surveillait depuis sa qu’il avait été condamné en 2017 pour avoir tenté de se rendre en territoire contrôlé par le groupe État islamique.

Malgré ce coup de filet, les Pays-Bas restent en alerte, la menace terroriste étant évaluée par l’agence nationale antiterroriste NCTV à quatre sur une échelle de cinq.

En juin dernier (2018), déjà, l’Allemagne avait échappé de peu à une attaque chimique
C’était le jour de l’été et les 3150 graines de ricin que la police judiciaire allemande avait saisies n’avaient rien de champêtre : un Tunisien de 29 ans venait d’être arrêté, qui avait commencé à les transformer en ricine, un poison 6000 fois plus violent que le cyanure et contre lequel il n’existe encore aucun antidote. L’homme projetait de l’employer comme bombe biologique lors d’un attentat. On a également trouvé chez lui 250 billes de métal, des bouteilles d’acétone, des fils électriques soudés et près d’un kilo d’une poudre contenant de l’aluminium et des substances pyrotechniques : « Il y a eu dans cette affaire des préparatifs concrets pour commettre un tel acte, avec une sorte de bombe biologique et il s’agit d’une chose sans précédent en Allemagne (LCI) ».

L’arrestation a été rendue possible grâce à des « services de sécurité nationaux et internationaux » sur lesquels la presse allemande a mis les initiales de la CIA et dont les informations rappellent, par leur précision, un service israélien qui a très mauvaise presse chez les islamistophiles.

La France l’a échappée belle à plusieurs reprises
En mai 2018, un attentat à l’explosif ou à la ricine prévu à Paris avait été déjoué et un Égyptien âgé de 20 ans avait été arrêté et incarcéré.

En juin, à Rotterdam, cela avait été le tour de deux hommes, soupçonnés de préparer des attentats en France et aux Pays-Bas. Récemment, le Parquet a indiqué qu’ils étaient « proches du passage à l’acte ». Ces deux garçons, âgés de 21 et 22 ans, ont été arrêtés en région parisienne par la DGSI et « placés en garde à vue du chef d’association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crime d’atteintes aux personnes : des couteaux, un dispositif de mise à feu et de la propagande du groupe djihadiste ont été retrouvés en perquisitions » après leur arrestation samedi en Seine-et-Marne. Leur projet reste mal défini à ce stade, mais des éléments laissent penser qu’ils envisageaient de s’en prendre à des homosexuels (LCI). »

Une bonne nouvelle qu’on n’a pu lire, en France, que dans les médias juifs[1]
En juillet dernier (2018), le Mossad a permis aux polices française, belge et allemande de déjouer un attentat terroriste et d’arrêter les suspects, notamment le chef du groupe, un diplomate en poste à Vienne, nommé Assadollah Assadi.

L’objectif était le rassemblement annuel du NCRI, le conseil national de la résistance iranienne, qui s’est tenu à Villepinte, le 30 juin 2018, et qui a rassemblé 25000 personnes.

Quelques jours après l’arrestation, le premier ministre israélien a déclaré que celle-ci « n’était pas une coïncidence ». Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites ! Il a engagé les responsables occidentaux à constater « l’hypocrisie sans fond de l’Iran » qui, tout en commanditant des attentats, « rencontre cette semaine les dirigeants européens pour leur demander de ne pas tenir compte des sanctions du Président Trump. »

Et une fois qu’ils auront ouvert les yeux, il espère qu’ils fermeront leurs poches : « J’appelle les dirigeants européens : Arrêtez de financer le régime terroriste qui finance le terrorisme contre vous sur votre sol. Assez avec la politique d’apaisement et de faiblesse concernant l’Iran. » À force d’habiter à proximité de lieux saints, il croit aux miracles !

En matière d’hypocrisie, l’Iran est champion du monde. Dans la discipline ‘mauvaise foi’ (on ne parle pas de religion), il a aussi le pompon : l’ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué pour se faire remonter les bretelles. Cela fait longtemps que Téhéran demande, sans succès, la suppression du CNRI à Paris, à Riyad et à Washington.

Un proverbe africain dit que si l’on veut monter à l’arbre, il faut avoir le derrière propre. L’Iran fait le contraire : c’est quand la république islamique n’a plus de PQ qu’elle est le plus virulente. En l’espèce, Téhéran « a fermement protesté contre le soutien français aux activités de l’organisation terroriste ». Il ne s’agissait évidemment pas de la cellule dormante réveillée par le « diplomate » iranien de Vienne, mais du NCRI, organisation tellement terroriste qu’elle veut autoriser les femmes à se vêtir comme elles le souhaitent et les Iraniens des deux sexes à voter pour des candidats qui ne soient pas tous choisis par le « Guide Suprême ».

Le Français a aussitôt fait amende honorable et rappelé « que la France ne soutient ni l’idéologie, ni les objectifs, ni les activités du NCRI. Cependant, ayant été retirée de la liste européenne des organisations terroristes, cette organisation peut mener, comme toute autre association, des activités tant qu’elles ne portent pas atteinte à l’ordre public. »

Manquerait plus que la France affirme soutenir les opinions de ceux qui militent pour la démocratie ! Ce genre de fanfaronnade est strictement destiné au marché intérieur.

Le 1er octobre 2018, le Parquet allemand a rendue publique sa décision de transférer à Bruxelles, qui le réclamait, le chef-de-bande-et-diplomate Assadollah Assadi, qui avait été arrêté pendant ses congés en Allemagne, et qui, de ce fait, ne bénéficiait pas de l’immunité diplomatique garantie par son poste, en Autriche uniquement.

Qui est plus hypocrite, l’Iran qui fomente des attentats tout en se clamant victime ou les Européens qui arrêtent le chef du réseau iranien, mais continuent de défendre le droit de l’Iran à construire sa bombe atomique ?

Logo Liliane MessikaDernières nouvelles de la ligne Maginot
Si vous n’êtes ni juif, ni journaliste, ni Hollandais, ni homosexuel, ni Iranien et si vous vivez loin de la région parisienne, vous pouvez continuer à dormir sur vos deux oreilles. Sinon, il serait prudent d’ouvrir les yeux… et de réviser votre opinion sur les méchants Israéliens : vous risquez d’avoir besoin d’eux de plus en plus souvent ! LM♦

[1] Yediot Aharonot

Publicités

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s