(Salah) HAMOURI – HAMEL (Père)

Salah HamouriPar Liliane Messika

Quelqu’un ignore-t-il encore qui est Salah Hamouri ?
Dans Salah Hamouri, Salah est le prénom et Hamouri le nom. Quand on lit la presse française, on a pourtant l’impression que le prénom est « l’avocat franco-tunisien ». Les admirateurs que ce terroriste compte dans notre pays ont-ils peur qu’on n’ait pas assez de sympathie pour lui s’il n’était pas un compatriote ? Que sa mère soit une enseignante française et son père un restaurateur palestinien ne change rien au fait qu’il a tenté d’assassiner un rabbin et qu’il appartient à une organisation que l’Union européenne, les Etats-Unis et le Canada ont classée comme terroriste, le FPLP[1]. Le terroriste a donc effectivement la nationalité française, mais il possède aussi, dans l’État d’apartheid qu’il combat par tous les moyens, une carte d’identité israélienne et le droit de vote aux élections locales à Jérusalem, où il réside en tant que Palestinien.

Une libération comme un triomphe
Salah Hamouri est sorti d’une prison israélienne le 30 septembre 2018. Sa libération a été rapportée, en France, avec beaucoup d’enthousiasme. Hamouri avait subi 13 mois de détention administrative. C’était son deuxième séjour en prison. Le premier datait de 2005, lorsqu’il avait avoué avoir prémédité l’assassinat du grand rabbin d’Israël. Cela l’avait rendu très populaire en France, si bien que le microcosme propalestinien ne manquait jamais une occasion d’exiger sa libération.

C’est ainsi que Rama Yade, chargée des Affaires étrangères et des droits de l’homme sous Sarkozy, avait dû répondre à sa famille en ces termes :

« Lors de l’audience le 10 avril dernier, Monsieur Hamouri a reconnu avoir été en compagnie de Monsieur Moussa Darwish, accusé d’avoir voulu assassiner le rabbin Obadia Yossef et condamné pour cette tentative d’assassinat à 12 ans de prison. Monsieur Hamouri a reconnu qu’il avait essayé d’expliquer à son camarade qu’il valait mieux reporter cette tentative par manque d’armes et de munitions. Le juge a alors accusé le prévenu de tentative d’assassinat avec préméditation. Monsieur Hamouri a déclaré être en accord avec l’énoncé des faits et n’avoir rien à ajouter. Le 17 avril dernier, le juge a relevé que Monsieur Salah Hamouri n’a exprimé aucun regret et l’a condamné à une peine de réclusion assortie d’une peine probatoire de 3 ans à sa libération. »

1027 contre un : un pari gagné
Hamouri n’avait pas effectué l’intégralité de sa peine : il avait bénéficié d’une libération anticipée, en décembre 2011, dans le cadre d’un échange de 1027 prisonniers palestiniens contre un appelé franco israélien. Le jeune homme, Gilad Shalit, avait été kidnappé en 2006 par le Hamas près de la frontière de Gaza, mais côté israélien, et maintenu en détention, au secret, torturé, affamé, sans recevoir une seule visite, même pas, surtout pas d’un avocat. Le franco-israélien n’a pas eu les conditions confortables et les dithyrambes régulières de fans dont le franco-palestinien a bénéficié.

Le Monde (le journal, pas la planète Terre) ne se remet pas de cette libération. Libération, pas le journal, ni celle des 1027 prisonniers, qui avaient tous été jugés et condamnés auparavant, non, celle du jeune homme kidnappé ! Voici comment l’antisioniste quotidien en parlait en mars 2013 : « L’ancien soldat, devenu un héros national en Israël, surfait sur une vague de popularité depuis sa libération, le 18 octobre 2011, après cinq années éprouvantes passées à Gaza. Couvert de louanges pour son courage et sa résistance dans l’adversité, reçu par des chefs d’État, ayant retrouvé la santé, tout allait de nouveau bien pour lui (Le Monde). » Cinq années éprouvantes ? On suggère vivement à l’auteur de l’article, Laurent Zecchini, de se promener à Gaza avec une kippa sur la tête. Il sera immédiatement jeté dans un cachot et pourra constater ce que recouvre l’adjectif « éprouvantes » : tortures, mauvais traitements, privation de nourriture, fausses exécutions « pour rire » … Trouvera-t-il encore que « éprouvantes » est pertinent pour décrire cinq ans dans les geôles des gentils organisateurs du Hamas ?

le-pere-jacques-hamel.jpg
Père Jacques Hamel

Pourquoi la détention administrative pour un innocent avocat franco-israélien ?
La détention administrative est une mesure héritée du Droit britannique (comme l’ensemble du Droit israélien) qui autorise à placer en détention des gens considérés comme dangereux pour la sécurité du pays, et ce, pendant plusieurs mois renouvelables sans obligation de leur en notifier la raison. Celle d’Hamouri, avait été notifiée et justifiée : l’homme étant « un haut responsable d’une organisation terroriste opérant à Jérusalem, en Judée et en Samarie [alias Cisjordanie] », la Cour suprême israélienne (autre héritage du Droit anglais, un organisme indépendant qui statue plus souvent en faveur des Palestiniens que des Israéliens) avait conclu qu’il « ressort des éléments que le prévenu constitue bien un danger important et réel pour la sécurité publique et que la détention administrative pour la période donnée est justifiée » [2].

« Le président français Emmanuel Macron avait évoqué à plusieurs reprises le cas de Salah Hamouri avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon le Quai d’Orsay », a rappelé l’AFP, reprise par la plupart des journaux francophones (Libération). Si on peut prendre quelques voix du côté des pro-terroristes, autant s’attribuer la libération de leur idole !

En juillet 2016, le Père Hamel avait été égorgé dans son église
Scoop : pour une fois, c’est le nom de la victime et non celui des assassins qui est resté présent dans la mémoire collective française. L’un des deux assassins portait son bracelet électronique et, à part le meurtre, il n’était pas en contravention avec la loi puisque la juge d’instruction qui lui avait accordé la liberté comme « une deuxième chance », l’avait autorisé à sortir pendant les heures de bureau. En effet, le garçon de 19 ans, arrêté pour avoir plusieurs fois essayé de se rendre en Syrie rejoindre l’État islamique, avait prétendu s’être amendé et envisager le suicide s’il restait incarcéré. La juge s’y était laissé prendre, bien que des confrères lui aient expliqué le principe de la Taqyia, le mensonge stratégique encouragé par le Coran, et que le Parquet ait fait appel de sa décision : « Dans ces conditions, et quoiqu’il fasse état d’une erreur et réclame une seconde chance, il existe un risque très important de récidive en cas de remise en liberté. »

Si Paris était en bouteille et la détention administrative en France…
… Le Père Hamel serait peut-être encore vivant.

C’est précisément le type de circonstances évoqué par le Parquet dans le cas de l’un de ses assassins qui justifie, en Israël, une détention administrative. Bien entendu, cela n’empêche sûrement pas les défenseurs des droits de l’homme, qui sont très opposés à la détention administrative, de regretter ce qui est arrivé au Père Hamel, mais ses assassins n’auront pas leur haine.

L’avocat parisien de Salah Hamouri, Bérenger Tourné, estimait que « les droits de l’homme s’arrêtent là où commencent le territoire d’Israël » et même si la détention administrative avait été explicitée à son client, il pensait que c’était plutôt pour empêcher celui-ci de « se consacrer à la défense des très nombreux prisonniers palestiniens détenus injustement par Israël (RT France). »

Comme si les Palestiniens emprisonnés manquaient d’avocats… À commencer par le Président français : en janvier 2018, l’Élysée, sous la signature de Xavier Lauch, avait informé plusieurs organisations anti-israéliennes du soutien du président Macron à la libération de leur héros : « Le président de la République a évoqué le sujet avec Monsieur Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, lors de leur rencontre le 10 décembre dernier et a demandé la libération de Monsieur Salah Hamouri. »

Parmi les associations anti-israéliennes, il y a l’AFPS[3], qui n’est pas l’agence de presse française, même si elles emploient les mêmes termes…

Comment le Président français réagirait-il si, les assassins du Père Hamel ayant survécu à leur victime, un Président étranger lui demandait de les libérer ?

Logo Liliane MessikaSalah Hamouri, lui, a regretté que la France n’ait « pas fait assez pour obtenir (s)a libération (France 24). »

Ça promet ! LM♦

[1] Front pour la Libération de la Palestine, mouvement qui combine antisionisme, nationalisme arabe et marxisme, accusé d’être responsable de l’attentat de la rue Copernic à Paris en 1982 et qui en a revendiqué de nombreux autres : Karnei Shomron, 2002 = 3 morts et 30 blessés, Netanya, 2002 = 3 morts et 59 blessés, Itamar, 2002, cinq morts dont 3 enfants et 2 enfants blessés, Tel Aviv, 2004 = 3 morts et 30 blessés, Jérusalem, 2014 = 5 morts et 7 blessés, Shvut Rachel, 2015 = 1 mort, 4 blessés…
[2] NDLR : aspects judiciaires de l’affaire Hamouri (InfoEquitable)
[3] Association France Palestine Solidarité

Publicités

3 commentaires

  1. Merci Liliane. Je persiste à dire que la collection de vos articles réunis en livre serait un pavé de plus jeté à la face des raclure antisiomites de tous poils, depuis l’ineffable BDS jusqu’au plus haut sommet de l’Etat (c’est bien comme ça qu’on dit ?) en passant par les glauques (CNRTL : Qui est d’un vert blanchâtre) et les [in?]soumis à l’islam.

    J'aime

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s