Le moment est-il venu de démanteler l’autorité palestinienne ?

Autorité palestinienne armoire.jpgLe rêve devenu cauchemar

par Mordekhai Kedar, 31/10/2018
site MIDA (Source hébreu)

MIDA (Mesure) est un site d’information, qui a pour objectif de présenter au public des informations et des opinions qui ne sont pas courantes dans les médias israéliens.

Adaptation Edouard Gris

La dernière agression du Hamas contre Israël, a mis en évidence le violent conflit politique du Hamas avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud ABBAS. De plus, Israël court-circuite de plus en plus l’Autorité, pour entretenir, même au travers du médiateur égyptien, des relations avec l’organisation terroriste régnant à Gaza. Voici ci-après, un article de l’universitaire israélien, le professeur, Mordekhaï Kedar, où il explique la genèse de ce conflit, qui à n’en plus douter, nous réserve, sûrement, d’énormes surprises. EG

En janvier de cette année, le Comité central de l’OLP a recommandé d’annuler la reconnaissance d’Israël et de mettre fin à la coopération en matière de sécurité avec ce pays. En octobre, le Comité central a réitéré sa demande d’arrêter la coordination sécuritaire avec Israël et d’annuler les accords économiques grâce auxquels l’Autorité palestinienne fonctionne.

Ces recommandations avaient pour but de laver l’OLP de l’accusation permanente du Hamas, à savoir, la coopération avec l’ennemi sioniste. Cependant, sans ces coopérations sécuritaire et économique avec Israël, l’Autorité palestinienne s’effondrerait en quelques jours. Cette impasse a conduit l’OLP et l’Autorité palestinienne à la faillite, à la fois idéologique et économique, qui illustre l’échec du rêve palestinien.

De façon naturelle, lorsqu’une construction est bâtie sur une fondation fragile, ses chances de rester debout sont faibles. Pour rester stable, elle a besoin de l’assistance extérieure de ceux qui croient qu’avec le temps, la construction tiendra. La tentative de la conserver artificiellement en vie est une folie, car, de façon autonome elle n’a aucune chance de résister et tout ce qui y a été investi sera perdu. L’Autorité palestinienne correspond exactement à une telle construction.

Chronique d’un échec prévisible

La raison de cet état des choses se trouve dans le principe même de la création de l’Autorité Palestinienne. En 1993, le gouvernement israélien cherchait quelqu’un pour prendre l’initiative d’éliminer la terreur générée par les mouvements du Hamas et du Jihad islamique en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza. En « retour d’ascenseur » de son action contre le terrorisme, L’Autorité Palestinienne obtient le pouvoir politique et économique sur les Arabes de ces régions.

Le « deal » était de mettre en œuvre deux actions, la première de lutter contre le terrorisme du Hamas et du Jihad, et la seconde de piloter l’économie des territoires, octroyés par les accords d’Oslo aux Palestiniens. La mise en œuvre de cette politique a été confiée par Israël et la communauté internationale à l’archi-terroriste Yasser Arafat. Israël croyait naïvement que l’Autorité s’acquitterait de ces taches et qu’en plus, elle mettrait en place un mécanisme autonome administrant la vie dans les territoires (sic).

Sauf que, cet accord était voué à l’échec. Les résidents arabes des territoires ont vu l’Autorité palestinienne, et la voient toujours, comme une organisation qui coopère avec Israël par le biais du mécanisme de coordination de la sécurité, et comme un bras opérationnel de la politique répressive d’Israël dans la région.

La « coordination sécuritaire » est en fait une expression de coopération déguisée, dans laquelle les forces de sécurité palestiniennes poursuivent et appréhendent des terroristes des autres organisations et les livrent à Israël. De nombreux résidents arabes des territoires considèrent cela comme une trahison.

Afin de couvrir cette trahison et de faire taire les critiques, l’Autorité palestinienne emploie des milliers de personnes, la plupart d’entre elles dans des emplois fictifs. En échange de leur inscription sur la liste de ses salariés, ils respectent l’omerta et ne disent pas ouvertement ce qu’ils pensent de l’Autorité et de sa raison d’être.

Cependant, les responsables de l’Autorité palestinienne sont conscients de leur impopularité, et donc, pour se légitimer, ils ont inventé un narratif national visant à créer un État, avec des exigences qu’Israël n’acceptera jamais : le retour de millions de « réfugiés » en Israël et la renonciation des israéliens à Jérusalem.

Ces impossibles exigences ont été présentées avec la certitude claire, qu’Israël ne les accepterait pas. Par conséquent, dans ces conditions, un État palestinien ne verra jamais le jour et Israël restera à jamais l’ennemi. Donc, quiconque pense qu’un État palestinien vivra en paix aux côtés d’Israël, ne comprend pas le fondement de l’existence du rêve palestinien, qui consiste à inciter à la haine contre Israël, à nourrir le terrorisme et à blâmer Israël pour tous les maux de la société arabe.

Sous respiration artificielle

Selon les médias de l’Autorité palestinienne, Israël est le résultat d’une action coloniale euro-américaine découlant du désir de l’Europe de se débarrasser des Juifs. Toujours, d’après la propagande palestinienne, les Juifs ne sont pas un peuple, mais une communauté dispersée parmi les nations du monde. Le judaïsme, qui est une religion de mensonge, est complètement étranger à l’histoire de la Palestine. Les Palestiniens eux-mêmes sont victimes de la conspiration européenne et leur objectif légitime est de libérer toute la « Palestine » de la mer au fleuve (le Jourdain). Par conséquent, la « paix » avec Israël ne sera jamais qu’un cessez-le-feu temporaire, car l’objectif ultime est, la destruction de « l’entité sioniste ». D’ailleurs, le parti se nomme toujours OLP, Organisation de libération de la Palestine, un nom de guerre. CQFD et no comment…

Au cours des 25 dernières années, de plus en plus d’Israéliens ont compris que les accords d’Oslo sont un marché de dupes. Au fil des années, la gauche israélienne, qui a commis cette erreur historique et fatale, a perdu une grande partie de son soutien dans le public israélien. Le « printemps arabe » – qui ressemblait davantage à un fleuve de sang et de larmes – a fait comprendre aux Israéliens que le rêve du « Nouveau Moyen-Orient », si cher à l’architecte d’Oslo, Shimon Pères, n’était qu’une chimère.

Aujourd’hui, après qu’il est devenu évident que les intentions de Yasser Arafat et aujourd’hui de Mahmoud Abbas étaient et sont toujours d’établir un État palestinien sur les ruines de l’État hébreu, il n’y a donc plus aucune raison de maintenir sous respiration artificielle l’entité appelée l’Autorité palestinienne. Cette créature, dont l’existence est conditionnée aux flots d’argent qu’elle reçoit de ses soutiens étrangers, et avec lequel et elle paie ses employés et les terroristes qui se trouvent dans les prisons israéliennes.

Les élections oubliées

Par ailleurs, l’incapacité de l’Autorité palestinienne à mettre en place des institutions politiques répondant aux normes de la bonne gouvernance et l’absence de la voix de l’opinion publique, rend impossible l’établissement d’un état de droit.

L’Autorité palestinienne a mis en place des bureaux, des services, des organes, qui sont des coquilles vides. Exemple : Palestinian Airlines[1], ou le superbe musée historique d’état de Palestine à Birzaït qui, depuis deux ans, reste vide à cause de l’inexistence d’histoire d’état de Palestine. Il a coûté la coquette somme de 30 millions de dollars, payés par UNESCO, donc aussi par les impôts français (sic)…En fait, ce sont des vitrines à la propagande extérieure et sans signification. Ainsi, par exemple, l’Autorité palestinienne a un système électoral qui, en 2006, a mis en place un pouvoir législatif et un président, élu pour quatre ans. Si l’Autorité palestinienne respectait ses lois, en 2010, 2014 et 2018, nous aurions dû assister à des élections, à des activités de parti et peut-être même à une alternance du pouvoir.

Cependant, rien de tout cela ne s’est produit. Après les élections de 2006, au cours desquelles le Hamas a remporté la majorité des sièges du Conseil législatif, l’OLP l’organisation responsable de l’Autorité palestinienne, décréta les résultats nuls, de sorte que le Hamas a été privé de sa victoire et a été empêché d’exercer le pouvoir par l’Autorité palestinienne.

En septembre de cette année, des membres du Conseil législatif du Hamas ont envoyé une lettre au Secrétaire général de l’ONU, exigeant d’interdire à Mahmoud Abbas de s’exprimer devant l’Assemblée générale. Son mandat ayant expiré huit ans auparavent, donc illégitime. L’existence de la lettre a été portée à la connaissance d’Abbas. Sa colère a été terrible. Il a accusé le Hamas de lui avoir tiré le tapis de dessous les pieds. Il a attribué à la lettre, la faible présence de chefs d’État, lors son discours. Pour se venger du Hamas, il a décidé de dissoudre le Conseil législatif palestinien.

Le mandat du président élu a pris fin il y a près de neuf ans. Depuis lors, le chef de l’OLP, Mahmoud Abbas fait proroger par le Comité central de l’OLP chaque année, son mandat du président de l’Autorité palestinienne. En fait, les Palestiniens ont inventé un mécanisme d’« état en devenir », une gouvernance « démocratique » imposée par l’OLP à l’Autorité palestinienne. Pour L’Amérique, l’Europe et même Israël, Mahmoud Abbas est un président commode, car il n’hésite pas à bafouer les règles du jeu – juste pour que le Hamas ne puisse pas prendre le pouvoir.

Par conséquent, ce pouvoir ne saurait, en aucun cas, être légitime aux yeux du public palestinien. De ce fait, personne ne respecte les règles et décrets de l’Autorité palestinienne, perçus comme illégitimes par la grande partie de la population arabe vivant en Judée-Samarie. La majorité de la population déteste Mahmoud Abbas, entre autres, parce qu’il est né à Safed, donc ne faisant pas partie du clan, et que ses fils Yasser et Tareq se servent sans vergogne dans les caisses de l’Autorité palestinienne.

La lâche trahison de Gaza

Le Hamas avait compris, déjà en 2007, vers quel échec, du point de vue palestinien, allait aboutir la politique de Mahmoud Abbas. Par conséquent il prit, de manière violente, le pouvoir à Gaza. Le Hamas refuse de coopérer avec Israël et continue, contre lui, le Jihad. Cette guerre d’usure contre Israël est la raison d’être du Hamas. Les cinq cents roquettes envoyées il y a quinze jours sur Israël, illustrent parfaitement cette guerre d’usure, qui d’accès de violence en cessez-le-feu, épuise Israël et érode sa dissuasion, depuis plus d’une décennie.

La situation dans laquelle la bande de Gaza est contrôlée par le Hamas empêche l’OLP de réaliser son rêve d’unifier Gaza et la Rive Occidentale (du Jourdain), d’abord administrativement, puis le jour de la victoire sur « l’ennemi sioniste », territorialement. D’un autre côté, l’activisme du Hamas fait craindre à Israël que la chute du pouvoir de l’OLP en Judée-Samarie ne conduise à la prise de contrôle, de ce territoire, par le Hamas, comme ce fut le cas dans la bande de Gaza.

C’est la raison pour laquelle Mahmoud Abbas fait tout ce qui est en son pouvoir pour soumettre le Hamas : Il le prive de l’argent généreusement octroyé par des donateurs du monde entier, il refuse de payer les factures de carburant et d’électricité de Gaza et bloque les salaires des fonctionnaires de l’OLP, afin d’empêcher le Hamas d’en prélever des impôts. L’Autorité palestinienne a trahi 1,5 million de Gazaouites, qui subissent, volontairement ou pas, le pouvoir du Hamas.

Avant la dernière agression du Hamas contre le sud d’Israël, l’organisation terroriste avait reçu du généreux Qatar 15 millions de dollars, pour honorer les dépenses courantes. Normalement, cette somme devait passer par les caisses de l’Autorité palestinienne, mais, ultime affront, le Hamas a exigé et obtenu (avec l’accord d’Israël) que cette somme lui soit livrée directement. Les médias ont fait leurs « choux gras » avec les images de valises pleines de billets verts, passant vers Gaza par le passage de Kerem Chalom.

L’OLP est confrontée à une faillite idéologique complète. D’une part, elle n’arrive pas à mettre le Hamas au pas et lui imposer son ordre du jour, d’autre part, Israël n’est pas intéressée à la création d’un état palestinien, lequel état, constituerait un danger existentiel pour l’état juif. EG♦

Traduit et adapté pour MABATIM par Edouard GRIS

18 novembre 2018

[1] Palestinian Airlines : Fondée en 1995, inaugurée en 1998 lors du processus de paix, Palestinian Airlines avait débuté ses vols d’Al-Arich, en Égypte, dans le Nord Sinaï, avant d’utiliser l’aéroport de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. En 2001, lors de la 2e intifada Israël a détruit l’aéroport, qui n’a jamais été reconstruit.
Hébergée à Aman, en Jordanie, la compagnie aérienne, constituée d’une flotte de deux avions et d’un équipage réduit au strict minimum, est régulièrement au bord de la faillite.
Edouard GrisL’interdiction de survoler Israël fait perdre du temps et de l’argent. Et se rendre de Cisjordanie à Gaza relève de la gageure. Les voyageurs palestiniens – aucun étranger n’est admis à bord de l’avion – font d’abord escale en Jordanie, avant d’embarquer pour l’aéroport de Al Arish, en Égypte et de là, s’apprêtent à faire 45 minutes de trajet jusqu’à Gaza. Soit plus de deux heures de voyage pour relier 100 kilomètres…

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