Antisionistes pyromanes défilent contre l’antisémitisme

pompier pyromane.jpgQuand plus rien ne va en France, on cherche un prétexte pour organiser une manifestation festive qui rappellera à nos compatriotes qu’ils sont tous gens de bien, qu’ils soient de droite, de gauche ou du milieu, qu’ils mangent du pied de cochon, du casher ou du halal, qu’ils aiment les comédies romantiques, les pamphlets politiques ou le vampirisme gore.

Demain mardi 19 février 2019, cette fiesta tournera autour de deux catégories : les Juifs et les antisémites, qu’ils soient d’obédience gauchisante, fascisante, islamisante ou les trois à la fois.

Tout le monde va à la manif contre l’antisémitisme…

Surtout les antisémites, car l’antisémitisme est un OIVNI, objet idéologique volontairement non identifié. « Cachez moi cette définition que je ne veux pas voir », clament tous ceux qui ne sont pas antisémites, mais qui n’aiment pas les Juifs, qui ne supportent pas qu’un pays autre que musulman soit défini par une religion, qui détestent les cosmopolites apatrides à double allégeance et les nationalistes patriotes, veulent traduire l’État juif devant la CPI pour toutes ces raisons et pour l’inverse également.

Vous voyez bien que si on commence à éliminer de la manif contre l’antisémitisme tous ceux qui répondent à sa définition, il n’y aura pas grand’ monde. Or en cette période troublée, il est important que « la-société-fasse-citoyenneté-au-delà-des-clivages », comme on l’écrit quand on est chargé de com’ en langue de bois politique.

On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses propres dépens (dixit le Cardinal de Retz)

C’est particulièrement visible lors de cette énième démonstration que la France est dirigée par des non comprenants qui n’ont pas de poil aux pattes et que la manifestation sera purement déclarative et ne débouchera jamais sur la moindre action concrète.

Ainsi Mélenchon a d’abord prétendu n’avoir pas reçu le courrier invitant à la manif et comme il ne lit pas les journaux, il ignorait même qu’il y en eût une de prévue. Et puis, à cinq jours du jour J, Manuel Bompard, porte-parole de l’Insoumis fifi, invité sur BFMTV, a déclaré que son parti allait « discuter collectivement (BFMTV) » de leur éventuelle participation.

La discussion a dû être fructueuse, puisque dès le lendemain, on apprenait la présence du Méluche en personne dans le cortège des belles âmes qui s’indignent du résultat de leurs propres manœuvres.

Le cas Mélenchon est exemplaire. L’homme qui appelle à détruire l’État juif par le boycott, par la démographie, par la politique internationale ou par la seule force de sa volonté, l’homme qui a qualifié de « dignité et honneur de la France » les jeunes attaquants d’une synagogue en juillet 2014, celui qui, lorsqu’il a énoncé les qualités de son adepte Obono, a commis un lapsus en la décrivant (avec justesse) comme « antisémite irréprochable », va défiler pour s’opposer au poison qu’il répand par avions-citernes dans les réseaux sociaux et dans les esprits de ses affiliés !

Le bal des hypocrites 

À l’origine de ce rassemblement destiné à revernir la bonne conscience des pyromanes, on trouve Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. « Ça fait très longtemps qu’il n’y a pas eu ce geste magnifique de dizaines de milliers de Français qui viennent dire : ‘l’antisémitisme, ce n’est pas la France !’ (Europe 1) », ose-t-il se vanter.

Mais ça fait très longtemps que le PS, aujourd’hui moribond, s’est fait une stratégie d’alimenter sciemment l’antisémitisme. Très exactement depuis les élections présidentielles de 2002, quand le conseiller du candidat Jospin avait pondu une note interne dans laquelle il demandait s’il était d’une grande « efficacité électorale » de se montrer favorable à Israël « alors que l’électorat d’origine arabe pèse de plus en plus lourd (Libération). »

Contrairement à des rumeurs persistantes, il n’a pas été exclu du PS, mais l’a quitté de son plein gré parce que « priorité est donnée à ceux qui, au PS, ont une lecture ethnique du conflit israélo-palestinien », si bien (si mal) qu’il s’estimait « diabolisé par certains amis d’Israël ».

La même année, Pierre-André Targuie remarquait que « les antiracistes et antifascistes que sont les Verts, l’extrême gauche trotskiste et la gauche radicale antimondialisation ne paraissent nullement gênés de manifester avec des islamistes du Hezbollah ou du Hamas prônant le jihad dans des manifestations où l’on entend ‘’Mort aux juifs’’! (l’Express) ».

Rendant compte du débat au sein du parti à la rose, Libération citait les adversaires : « ‘’Je ne peux pas laisser dire que la position du PS est pro-israélienne’’, se défend Moscovici. ‘’Ce que je dis est majoritaire au sein du parti, mais Hollande ne veut pas de vagues’’, réplique Boniface (Libération). » Autrement dit, il faut cocher toutes les cases pour être bien considéré dans le camp progressiste. Nier être antisémite est un must, mais apparaître comme ne l’étant pas est suicidaire. D’où la défense de Moscovici, à l’idée qu’on le situerait comme juif dans un parti pro-État juif !

Les marranes de l’antisémitisme

Le président d’honneur de la Licra, Alain Jakubowicz, manie une timide langue de bois, une brindille qui ne risque pas d’aplatir un phénomène massivement agressif : « Ces partis politiques qui organisent cette manifestation ont, pour la plupart, été aux affaires et on fait de grandes et belles déclarations depuis toujours, et sûrement très sincères, mais ça a donné quoi ? Il y a un décalage entre ces manifestations et la réalité du mal dont souffre notre société. » Dans la famille Euphémisme, donnez-nous le président d’honneur !

Le décalage entre la réalité de l’antisémitisme et les manifestations contre lui, C’EST l’antisémitisme qu’il faut pratiquer avec assurance, tout en jurant ses grands dieux qu’on lutte contre lui.

On se rappelle que dans une grand’messe de cet ordre, en janvier 2015, on avait invité à défiler contre le terrorisme Mahmoud Abbas, dont 7% du budget est une ligne « salaire des terroristes ». On se rappelle aussi l’indignation des antisémites, oups, antisionistes parce que l’on avait osé inviter Netanyahou, chef de l’État champion mondial du nombre de victimes du terrorisme.

« Et jamais nous n’accepterons la banalisation de la haine », explique l’appel à l’union contre l’antisémitisme. De la même façon que le djihad est pacifique parce que la définition de la violence est « acte perpétré par un non musulman », l’antisémitisme n’est de la haine que quand le haineux est d’extrême-droite, l’antisémite de gauche étant exempté d’office de toute pensée condamnable.

La marche contre l’antisémitisme du mardi 19 février n’a comme objectif véritable que de donner quitus aux vrais antisémites en prétendant condamner leur pratique quotidienne, mais surtout pas eux. Ceux qui ont instillé la haine de l’État juif et ont fait porter à l’ensemble des juifs la responsabilité collective de méfaits imaginaires sont ceux qui sont directement responsables de l’augmentation de 74% des actes antisémites en 2018.

Logo Liliane MessikaLes combattants sincères contre l’antisémitisme se sentiront bien mal à l’aise au milieu de cette mascarade ! LM♦

Liliane Messika, mabatim.info

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7 commentaires

  1. Oui Liliane, vous avez raison. Mais une partie du mal vient aussi de la differenciation qui a lieu depuis 70 ans , et qui a encore de beaux jours devant elle entre  » anti sionisme  » et « anti semitisme » . Cette differenciation a permis l’attaque d’Israel tout en se defendant de sentiments inavouables, dans tout le spectre politique et surtout chez les divers gouvernants. En outre , une large categorie de gens rejetant les qualifications d’anti-semite et anti-sionite comme ce Mr Faure , pretend ne lutter que  » contre la politique de Mr Natanyaou  » comme si celle ci etait tres differente de ses predecesseurs. Et au fait , Israel du temps d’Ehud Barak etait il d’avantage supporte ?Si les Juifs francais sont attaques , alors de gauche a droite se leve un vent d’hypocrite indignation. Mais s’il s’agit de juifs israeliens , alors bien fait pour eux.

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  2. Accessoirement : « Pierre-André Targuie » ? Quèsaco ?

    Principalement : finalement, à lire ça, il n’existe en ce bas monde (car il ne s’agit pas d’exclusivité française ; voyons la Grande Bretagne, la Suède et j’en passe) que deux engeances : les Juifs et les antisémites.

    Postulat dangereux ; d’autant qu’il soulève la question « pourquoi ? ».

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  3. Bravo Liliane vous avez parfaitement décrit la situation : « Cachez cet antisemitisme que je ne saurais voir ! » disent tous ceux qui font diligence pour qu’il se donne libre champ, toujours plus libre champ, l’essentiel etant que ses zelateurs se drapent dans la pose de l’indigné en parfaits schizophrènes !
    Le vent les emmènera comme d’autres avant eux car ils ne sont qu’inconsistance et leurs mots cymbales sonores vides de sens.

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