La ***vergence des con.ne.s, ou le triomphe des complotistes

convergence.jpgSchiappa et Houria, les célèbres duettistes, sont dans un bateau : le Titanidéologic. Elles rament à placer leurs convictions dans les boutiques de prêt-à-penser, mais aucune n’est encore tombée à l’eau. Il y a fort à craindre que leurs rengaines continuent encore longtemps à zonzonner insupportablement dans les oreilles des pensants, Bien ou Mal de leurs prénoms.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », ou alors…

L’alternative à la pensée rationnelle et à sa claire transmission est la répétition ad nauseam de n’importe quelle formule, jusqu’à créer un automatisme d’attente chez l’auditeur. On ne peut écouter sans gêne la Cinquième symphonie de Beethoven, s’il manque la dernière note : Pom pom pom. Non ! C’est : Pom pom pom pom ! On réessaie ? Pom pom pom STOP !

Sondage auprès de nos lecteurs : combien d’entre vous ont machinalement fredonné le quatrième « pom » ? Réponse : 94% selon les organisateurs, 4% selon la police, qui a effectué l’enquête entre les murs de l’Institut des Jeunes Sourds.

On peut répéter la manœuvre avec des devises : « liberté, égalité… », avec des slogans : « je ne suis pas antisémite, je suis… » ou avec des pub : « Omo lave plus… »

Nous prions nos aimables téléspectateurs d’excuser cette interruption indépendante de notre volonté : le mot « blanc » a vrillé l’antenne située au sommet de la Tour Eiffel et la mention « plus blanc que blanc » a provoqué un tsunami sur le bassin du Jardin du Luxembourg.

Schiappa rime avec n’importe quoi

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité des hommes et des femmes, ne rate pas une occasion d’élargir son territoire en prenant également la défense de ceux qui se revendiquent comme n’étant ni l’un ni l’autre, de ceux dont le genre ne s’accorde pas avec le sexe et d’autres qui ne lui ont rien demandé.

Un conseil en communication junior a dû lui expliquer que l’essentiel était d’occuper le terrain. Facile à dire ! Sa stratégie d’éviter soigneusement les zones où les femmes sont inférieures aux hommes et de circonscrire son ring aux combats déjà gagnés par sa mère ou sa grand-mère brouillent la mélodie de ses messages.

Alors elle s’occupe comme elle peut, Schiappa, et tape sur sa grosse caisse une série de déclarations plus outrancières les unes que les autres. Si quelqu’un s’avisait de l’écouter, cette personne (de n’importe quel sexe, genre et orientation sexuelle) serait fondée à admirer sa modestie : pour se couvrir volontairement de ridicule à ce point, il faut vraiment avoir un ego blindé à toute épreuve. Celui de Schiappa est cuirassé par Potemkine©.

La convergence idéologique expliquée par une nulle

« Je ne mets pas sur le même plan la Manif pour tous et les terroristes islamistes, mais je souligne l’existence d’une convergence idéologique », explique Mâme Schiappa dans une interview (Valeurs Actuelles). Euh… Quel rapport ? M’enfin, l’homophobie, bien sûr !

Accrochez-vous, elle explique : +74% de violences antisémites en 2018 + 4,8% d’homophobie en 2017 => juifs = homosexuels = victimes des « théories islamistes radicales » + de l’« extrême droite ».

Non, non, on n’invente pas. Que les islamistes soient d’extrême droite, c’est une évidence de la famille de celles qu’on tait en public. Il est donc d’autant plus surprenant qu’elle sorte de la bouche d’une azimutée du PAF. Mais si le constat est exact, c’est à partir de prémisses fausses et d’interprétations délirantes qu’elle a obtenu ce résultat. Car sa théorie s’appuie sur une alliance stratégique entre extrême droite et islamistes contre les homosexuels. Sinon, les islamistes, ils vont bien ? Ils sont fréquentables ? Apparemment oui, en tout cas plus que la Manif pour tous, qui représente aux yeux de la secrétaire d’Etat, le summum de la violence et de l’agressivité contre des minorités. Pour arriver à cette conclusion désopilante, elle a enfourché une draisienne appelée syllogisme.

Grâce à ce véhicule, il serait facile d’accuser Marlène Schiappa de convergence idéologique avec Marine Le Pen. Déjà, leurs prénoms commencent par la même syllabe : coïncidence troublante ! Or un bon complotiste fait sienne la devise des enquêteurs criminels : une coïncidence n’est rien d’autre qu’un indice de culpabilité en attente de preuve. Quand, de surcroît, le bruit court qu’elles portent toutes les deux des jupes et des chaussures, la convergence est avérée, tous les politologues avertis le confirmeront.

Schiappa n’est qu’une petite peste, Bouteldja est un maxi-choléra

Bouteldja était la vedette soviétique d’une contre-manifestation qui prétendait s’opposer à la marche contre l’antisémitisme. Initiative logique pour celle qui appelle à lutter contre le philosémitisme et à laquelle elle avait convié tous les habituels choristes du haïr-ensemble. Il n’y avait pas de vedette américaine, ce qui va sans dire va encore mieux en le disant !

L’auteur de Les Blancs, les Juifs et nous a évoqué « l’incroyable forfaiture d’un gouvernement qui entend dénoncer le racisme alors qu’il en est le principal promoteur à travers ses politiques anti-migrants, sa police et ses lois (le Point) ». La fille adultérine[1] de Pétain et de Faurisson s’est emmêlé les pédales, alors que c’est Schiappa qui est sur la draisienne et que l’engin n’en possède pas (de pédales. Frustrant, quand on est branché LGBT…).

Si elle avait vécu sur notre planète et non dans Délirium de la galaxie Tremens, elle aurait dit : « l’incroyable forfaiture d’un gouvernement qui entend dénoncer l’antisémitisme alors qu’il en est le principal promoteur à travers ses politiques antisioniste et pro-migrants. »

Diagnostic exact, mais erreur sur l’agent infectieux

C’est tout la Houria, ça, elle s’emballe et dérape. A ses yeux, la manif contre l’antisémitisme du 19 février rassemblait « tout l’arc de force présent depuis le PS jusqu’à la droite en passant par la Licra ou le Crif (qui) a œuvré pour promouvoir pendant plus de vingt ans une politique profondément islamophobe et pro-israélienne ».

Dans la société civile, quand quelqu’un en arrive à ce degré de distorsion du réel, on le diagnostique paranoïaque délirant et on l’interne dans un hôpital psychiatrique.

Dans la sphère politique, quand ces propos hallucinants sont tenus par une Houria, les médias leur font écho sans souligner leur ridicule et ses complices, comme les complotistes, les reprennent in extenso.

D’une, cela leur donne une utilité sociale qu’ils n’ont pas ailleurs, en faisant d’eux des « lanceurs d’alerte ». De deux, ils cimentent l’immense fraternité de la haine, dont l’antisémitisme est l’avatar au monde le mieux partagé. Probablement se gavent-ils, sur le câble, de replays de Nos imams ont du talent. Ils ont dû applaudir le gagnant du 8 février 2019, qui a remporté la session avec une exégèse a capella du célèbre standard Protocoles des Sages de Sion[2] : « Dans ‘les Protocoles des Sages de Sion’, les juifs sionistes ont déclaré : ‘’Noyez la nation [islamique] dans la luxure et le plaisir, et vous pourrez alors la dominer et la fouler aux pieds’’ (Memri). »

Et de trois, ils alimenteront un peu plus l’antisémitisme à base de « lobbies juifs » et de sionistes « tout-puissants », augmentant ainsi leur notoriété. Une stratégie gagnant-gagnant.

Politique française profondément pro-israélienne ?

De quoi parle la PIRe délirante que la France ait connue depuis les promoteurs des lois juives sous Vichy ? De de Gaulle qui a retiré son seul fournisseur au « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur » quand il a été attaqué par cinq armées arabes déterminées à le « rayer de la carte[3] », en 1967 ? De Pompidou lorsque, au sommet de la CEE, à Copenhague, le 15 décembre 1973, il a entériné l’alignement de celle-ci sur les conditions imposées à l’agressé de la guerre de Kippour qui en était sorti vainqueur : recul d’Israël sur les lignes de 1949, reconnaissance de la Palestine avec Jérusalem comme capitale arabe, celle d’Arafat comme seul représentant de la Palestine et arrêt du soutien militaire et économique de l’Europe à Israël. Ces conditions avaient été énoncées par le VIe Sommet arabe tenu à Alger le mois précédent[4] et donnaient quitus à l’agresseur. Politique pro-israélienne, la signature de la lettre du 10 décembre 2010 adressée par d’anciens leaders, ambassadeurs et fonctionnaires de l’UE (dont de nombreux officiels Français), qui exhortait leurs remplaçants actuels à contraindre, par tous les moyens, Israël à exécuter les obligations prises par les Européens envers les Arabes au sujet du territoire israélien, de sa population et de sa capitale (Leksikon.org) ?

C’est la preuve d’une politique systématiquement anti-israélienne dans un conflit qui ne concernait ni la France ni l’UE et qu’elles se sont engagées directement auprès de leurs partenaires arabes à obliger Israël à exécuter. Politique profondément pro-israélienne, vraiment ?

On excuse le bourreau et on accuse la victime, comme d’hab

Les antisémites joviaux minimisent à qui mieux mieux les insultes dont Alain Finkielkraut a été agoni et les antisionistes, leurs jumeaux, cherchent dans la tête de l’académicien les poux responsables de sa stigmatisation.

Marylin Maeso, prof de philo dans le civil, détricote les alibis et les excuses :

« Qu’Alain Finkielkraut puisse aujourd’hui encore être menacé de mort et traité de ‘’sale juif !’’ ou de ‘’sale sioniste !’’ au nom de la lutte pour les droits des Palestiniens, c’est aussi l’œuvre de ceux qui s’évertuent à nier que l’antisionisme est instrumentalisé depuis des décennies, à l’extrême gauche comme à l’extrême droite, par des antisémites qui souhaitent se refaire une vertu et diffuser plus librement leurs idées nauséabondes. (… C)ertains ressentent toujours le besoin de se justifier par une désolidarisation idéologique préalable avant de parvenir à condamner des attaques antisémites (le Point). »

Oui, certains excusent l’antisémitisme, d’autres le condamnent après moult circonvolutions. Il y a aussi ceux qui ne disent mot et consentent. Et puis il y a les collabos juifs de l’antisémitisme, qui ont conclu un pacte avec leur ennemi en endossant la livrée de l’idiot utile. Affublés de ce gilet pare-balles poreux, ils tirent à boulets rouges bruns sur leurs coreligionnaires et peinent à se montrer plus hargneux que l’Houria.

Quand on n’a que l’amour,
A offrir à Israël
Dont l’unique combat
Est de chercher le jour,
On est moins admiré
Qu’en couvrant les Juifs,
De haine couverts déjà
De nos propres crachats.

Cécile Attal, mabatim.info

[1] On ne peut pas dire « spirituelle » puisqu’elle n’a ni esprit ni humour
[2] Musique Maurice Joly, titre original Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu sur Napoléon III. Paroles : Tzar Nicolas II. (Paris, 1901)
[3] « L’objectif national: l’éradication d’Israel. » – Président égyptien Nasser 18/11/1965. « Notre objectif de base sera la destruction d’Israël. »– Nasser, 27/05/1967. « Nous détruirons Israël et ses habitants et pour les survivants, s’il y en a, les bateaux sont prêts à les déporter. » – Ahmed Shukairy, dirigeant de l’OLP 1/06/1967, sermon du vendredi à Jérusalem. « L’existence d’Israël est une erreur qui doit être rectifiée. Notre objectif est clair : rayer Israël de la carte. To wipe Israel off the map. Nous nous verrons, Inch Allah, à Tel Aviv et Haifa. » – Président irakien Abdel Rahman Aref, 31/05/1967. CITATIONS.
stylo-plume attal[4] 26-28 novembre 1973.

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5 commentaires

  1. Ah Ah! J’adore ce jeu. Il suffit de remplir les blancs.

    Je vous parle d’un temps que les moins de 20 —
    Gaza, prison à ciel ——
    une paix juste et ——-
    On a quand même le droit de critiquer la politique ———-
    etc. etc.
    Y’en a plein des phrases slogans comme ça qui résonnent comme de vieux tubes depuis des décennies.
    Schiappa et Houria machin-chose ont dues être biberonnées à cette musique.

    Quant à moi, je sais pas pourquoi, quand je pense à elles, je pense aussi à du goudron et à des plumes. C’est grave, docteur?

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  2. Que de mots. Paroles paroles paroles. Faut-il encore rappeler que less is more ?
    Schiappa et Bouteldja ? Pourquoi pas Beauvoir et Bruni ?
    Et quel bonheur de découvrir la magnifique poésie à la fin. Que Verlaine aille se rhabiller.

    J'aime

    • L’une des définitions de l’intelligence est « la capacité d’établir des rapports entre des choses ou des événements qui n’ont pas de lien apparent ».
      Pourquoi dépenser autant d’énergie pour dire que vous n’êtes pas d’accord avec cette définition ?
      Pourquoi continuer à lire un auteur qui n’obéit pas à vos injonctions ?

      J'aime

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