Élections israéliennes : le jour d’après

Elections IL listes 2019.jpgSource : Institut Israélien pour la Démocratie
de Yohanan Plasner
09 avril 2019

Pour la société israélienne et sa démocratie, les dernières élections se sont avérées être un naufrage. Elles ont sapé la solidarité, la tolérance, et nos valeurs communes ont été mises à rude épreuve. Après la campagne électorale orageuse que nous avons vécue, nous pouvons déterminer les mesures pour essayer de guérir la démocratie israélienne, et envisager l’avenir sous les meilleurs hospices. Le renforcement des lois fondamentales, la modification du processus de formation des gouvernements et la consolidation de la gouvernance de ces gouvernements afin de diminuer la conflictualité.

Dans le passé, nous avons connu des campagnes électorales tumultueuses. Celle 1981, par exemple, où des paroles acerbes ont été prononcées et notamment par Manahem Begin. Sauf qu’aucun discours n’a alors contesté le système, les valeurs communes et les règles du jeu démocratique.

Les dernières élections ont révélé l’absence d’un accord sur les règles du jeu et des limites dans lesquelles le débat public devrait avoir lieu. Elles ont montré l’absence d’un consensus concernant le cadre, à savoir, un État juif et démocratique dans lequel tous, sans exception, sont des citoyens égaux soumis à la même loi et obéissant aux mêmes normes. Nos règles du jeu sont les lois fondamentales.

Un État dans lequel ces lois sont modifiées quatorze fois dans une législature, est un pays dans lequel il n’existe pas de stabilité législative, condition sine qua non à toute consultation démocratique. En comparaison, aux États-Unis la constitution a été modifiée 27 fois au cours des deux cents années d’indépendance, la dernière en 1992 et l’avant dernière 1971.

Il sera important de modifier le processus de formation d’un gouvernement afin de contribuer à la création de deux blocs, pour interdire le chantage politique de la part de petites formations. La dernière campagne électorale, a vu, portée au paroxysme, la surenchère démagogique pratiquée par les plus petits partis. La résultat est que la prochaine coalition, actuellement en négociation, outre le Likoud, sera composée de nombreuses petites formations, chacune disposant d’un pouvoir de vie ou mort, sur le futur gouvernement.

Dans une telle situation, le pouvoir des plus petits partis dépasse de loin leur poids relatif en voix. Ainsi, cinq pour cent des votants détermineront pour les 95% restants, à quoi ressemblera la future politique d’Israël.

Le fait que le chef du plus grand groupe soit le Premier ministre incitera les électeurs à voter pour les grandes listes et les différents partis seront obligés de se regrouper. Un tel changement réduirait le pouvoir de négociation des petits partis et des politiciens individuels.

De tels changements sont les premiers du processus de rétablissement de la démocratie originelle israélienne. En dépit des campagnes désastreuses, le public israélien continue de croire en la démocratie et à ses valeurs, reste fier du pays et veut y vivre. Chaque candidat sera soutenu, s’il promeut la démocratie, essentielle à la liberté du vote et le respect de la dignité humaine. EG♦

Edouard GrisTraduit et adapté pour MABATIM par Edouard Gris, mabatim.info

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