Castaner : « pompier timide, pyromane intrépide »

Castaner2.jpgAu spectacle de Guignol, les gentils canuts sont toujours persécutés par le méchant brigadier, un représentant du pouvoir, dont la seule jouissance réside dans les coups qu’il porte à plus faible que lui. Dans la réalité, c’est pareil : en France, chauffés à blanc par des médias palestinolâtres, les antisémites se rassemblent en hordes pour taper à bras raccourcis sur des Juifs isolés, à proximité des synagogues, dans le métro, partout où l’impunité leur est garantie par le regard détourné de l’État français.

Pas de deux sur la scène de l’opéra médiatique[1], le 24 juillet 2019

Le super-Brigadier contemporain est le ministre de l’Intérieur, le bien-nommé Castaner : la castagne est ce qu’il a pour mission de prétendre combattre, mais de ne pas voir, tout en éliminant soigneusement tous les obstacles qui pourraient contrarier les agresseurs.

Un qui mérite la Légion d’Honneur, c’est son coach, qui lui a appris comment se livrer aux contorsions les plus acrobatiques, tout en vocalisant de mélodieuses onomatopées, sans perdre ni le souffle ni l’équilibre.

Ainsi du solo de pipeau qu’il a interprété en réponse à un courrier de Meyer Habib. Le député lui demandait d’interdire des manifestations de BDS[2], un mouvement prônant le boycott d’Israël. Cette singularité dans le choix de la victime du boycott est une discrimination génératrice d’antisémitisme et le procédé, le boycott, constituant une « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race, une religion ou une nation déterminée (Légifrance) » est illégal dans notre pays.

Réponse allegra consensuellissima du sinistre : « les services de l’État demeurent particulièrement fermes vis-à-vis des discours ou des rassemblements prônant le racisme ou l’antisémitisme. » Soprano léger, exécutant une gracieuse arabesque.

Tableau suivant, le récitatif (Meyer Habib, ténor) : « les rassemblements (du mouvement BDS, NDLR) alimentent jour après jour un climat de haine d’Israël et des Français juifs. » Il s’ensuit une époustouflante série du Castanerietto, avec pour l’image, battement, saut de biche, contretemps et grand écart et pour le son, arioso en haute-contre : « le droit de se rassembler et de manifester (est une) liberté fondamentale constitutionnellement protégée. »

Enchaînement du récitatif : « l’appel au boycott est totalement illicite en droit français » et, de la part du Castanerioso, sur fond de glissade, grand jeté et fouetté double de deux pirouettes entre le rond de jambe, le final musical d’une voix de fausset : « les mesures portant interdiction générale et absolue ne pouvaient être prises en l’espèce. »

BDS peut continuer à appeler à la haine d’Israël et des Juifs. Standing ovation des antisémites.

L’important, c’est de participer

Vous avez déjà essayé d’expliquer un opéra à un enfant ? Pas facile, hein ! Eh bien, la politique française, c’est dix fois pire. Et en période sportive, carrément mission impossible. Dialogue :

– Mère-Grand, pourquoi les gagnants au foot, ils brûlent des voitures ?

– C’est une question de culture, mon enfant. C’est ainsi qu’ils marquent leur joie.

– C’est une preuve de culture de brûler sa voiture ?

– Euh, c’est la preuve d’appartenance à une certaine culture. Et ce n’est pas leur voiture qu’ils brûlent, c’est celle des autres.

– Les gens dont la voiture a brûlé, ils sont contents d’être culturels ?

– Euh, non. D’ailleurs en France, c’est interdit de brûler les voitures, surtout celles des autres.

– Alors ils sont en prison, les cultivés ?

– Euh, non. On ne les met pas en prison parce qu’ils appartiennent à cette culture, précisément.

– Comment on les reconnaît, pour savoir qu’il ne faut pas les mettre en prison ?

– Euh… Au fait qu’ils brûlent des voitures.

– On peut pas le savoir avant ?

– Si, à leurs drapeaux.

– Ah ! C’est pour ça qu’au prochain match, à Strasbourg, les drapeaux seront interdits[3]. Je l’ai entendu à la télé.

– Euh, non. Les drapeaux qui seront interdits, ce sont seulement ceux de l’équipe que les brûleurs de voiture ont envie de tuer.

– Pourquoi on interdit leur drapeau ?

– Pour que les autres ne les reconnaissent pas.

– Mais les supporters, ils agitent toujours un drapeau !

– Oui, les autres pourront agiter leur drapeau, mais pas ceux-là.

– Ils sont punis parce que les cultivés qui brûlent des voitures veulent les tuer ?

– Oui.

– Trop compliqué. Tu me fais réciter ma leçon d’éducation civique ?

– Bien sûr ! C’est sur quoi ?

– Tous les hommes naissent libres et égaux devant la loi.

– Euh, écoute, j’ai pas le temps, là, j’ai un sanglier sur le feu…

Finalement, les Juifs sont des joueurs comme les autres ?

On a appris, le jour de la rencontre, le 26 juillet 2019, que les Israéliens pourraient, finalement, bénéficier de la même loi que leurs adversaires, pour le match Strasbourg/Maccabi-Haïfa (RMC Sport).

Peut-être était-ce dû à la réaction de l’ambassadrice d’Israël en France, Aliza Bin Noun, qui n’avait pas twitté avec le dos de sa cuiller : « Alors que les manifestations appelant à boycotter #Israël sont autorisées au nom de la liberté d’expression, les autorités interdisent aux supporters du Maccabi Haïfa FC d’afficher notre drapeau national en marge du match ce soir à @strasbourg ! Un 2 poids 2 mesures inacceptable. »

Nananère ! « Cette décision va à l’encontre de l’esprit du sport. Quand les supporters français viendront en Israël, nous attacherons une attention particulière au fait qu’ils puissent se déplacer librement et arborer les couleurs de leur club, et de leur pays (l’Opinion) », a déclaré le dircom du club israélien.

Encore un choc des cultures ! Pas entre la France et Israël, mais entre l’image et la réalité. En France, pays des droits de l’homme, on ne pratique ni la liberté (décrire les faits, au lieu de souscrire à la doxa, vous expose à la disparition médiatique), ni l’égalité, qui est détournée en zoologie discriminative, les musulmans étant une espèce protégée, comme les bébés phoques[4], et les Juifs des boucs émissaires.

À l’autre extrémité du spectre, l’État juif, qui sert chez nous de faire-valoir à Hitler dans la détestation nationale, est garant, chez lui, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

En témoigne Sayyaf Sharif Daoud, un Arabe israélien capturé comme combattant de l’État islamique et interviewé sur la BBC en arabe, le 16 juillet 2019 : « Israël est un pays démocratique. Je n’y ai pas vu d’injustice. Nous, Arabes, cohabitons en Israël avec les Juifs. Il n’y a pas d’injustice. Nous sommes traités exactement comme les Juifs. » Faites-le taire ! À force de décrire ainsi la réalité sans filtre, il va provoquer une épidémie de suicides chez BDS !

En France on n’aime pas l’État juif, mais on aime les Juifs morts

La preuve, Le 21 juillet 2019, la ministre des armées, Florence Parly, a mentionné le projet d’élever, à titre posthume, le capitaine Dreyfus (Alfred et non « Affaire » de son prénom) au grade de Général.

Dans un discours prononcé le 21 juillet 2019, lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, la ministre a déclaré : « Il est encore temps que les Armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l’honneur et toutes les années qu’on lui a ôtés. Et j’y veillerai personnellement (l’Opinion)  ». Quand un militaire, fût-il ministre, emploie le mot « personnellement », il faut comprendre qu’il a reçu des ordres.

N’ayant agi en rien de rien, non-on-oon, rien-en-en de rien, contre l’antisémitisme galopant qui prospère en France, Macron ne regrette peut-être pas son inaction, mais il a besoin de faire du bruit avec sa bouche pour convaincre le bon peuple qu’il est aussi vivant que Fidel, euh, que fidèle à ses promesses.

Justement, l’occasion pourra être le 21 septembre 2019, 120ème anniversaire de la grâce accordée à l’innocent capitaine Dreyfus, de retour du bagne. Il fallait bien trouver un prétexte, celui-ci fera l’Affaire, euh, l’affaire. Pourtant la date qui aurait vraiment fait du sens est le 12 juillet 1906, celle de l’arrêt de la Cour de cassation qui « annule le jugement du Conseil de guerre de Rennes qui, le 9 septembre 1899, a condamné Dreyfus à dix ans de détention et à la dégradation militaire, (…) ; Dit que c’est par erreur et à tort que cette condamnation a été prononcée ; Donne acte à Dreyfus de ce qu’il déclare renoncer à demander l’indemnité pécuniaire que l’art. 446 C. inst. crim. permettait de lui allouer…[5] »

De l’influence de la visibilité médiatique sur les convictions

Si Macron espère séduire ainsi l’électorat de gauche, il se fiche le doigt dans l’œil : au moment de l’Affaire, Jean Jaurès lui-même n’avait basculé dans le camp Dreyfusard qu’après le J’accuse de Zola, publié le 12 janvier 1898. A-t-il été convaincu par l’article ou par le succès que celui-ci a obtenu ? Le fait est que 300.000 exemplaires vendus, contre un tirage habituel exactement dix fois inférieur, ça ouvre des horizons… Peu importe la motivation, Jaurès a fini par interpeller le gouvernement : la culpabilité du capitaine Dreyfus n’aurait-elle pas reposé sur « le mensonge, l’arbitraire, la propagande antisémite et la manipulation de la justice » ?

Si le même procès avait lieu aujourd’hui, les complotistes de tout poil, socialistes inclus, socialistes d’abord, dont le mensonge, l’arbitraire et la propagande antisémite sont le miel, n’hésiteraient pas à prendre parti contre le Juif. Ils n’ont, d’ailleurs pas besoin de Dreyfus, pour pratiquer quotidiennement, contre l’État du peuple juif, l’accusation d’assassinat d’enfants, d’apartheid et de génocide.

Qu’est-ce qu’il ferait, Monsieur Castaner ? Dreyfusard ou anti-Dreyfusard ? Comme aujourd’hui, probablement : il expliquerait qu’il est très attaché à la lutte contre l’antisémitisme et que Dreyfus est innocent. Et puis il voterait sa culpabilité et retournerait faire des entrechats et des vocalises. CA♦

Cécile Attal, MABATIM.INFO

[1] Le livret est de i24-News
[2] BDS : Boycott Désinvestissement Sanctions Contre Israël. – Pourquoi ça s’appelle pas BDSCI, Mère Grand ? – C’est pour mieux couillonner les BIMI, mon enfant. – Les BIMI ? – Bien intentionnés mal informés.
[3] L’arrêté interdisait « à toute personne se prévalant de la qualité de supporter du Maccabi Haïfa FC, ou se comportant comme tel, de circuler ou stationner sur la voie publique » dans certains secteurs de Strasbourg tels que la gare et ses alentours, une partie du centre-ville ainsi qu’aux abords du stade. (i24news)
[4] Expression empruntée avec gratitude à André Versaille
stylo-plume attc[5] Arrêt de la Cour de cassation du 12 juillet 1906 (Wikipedia)

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6 commentaires

  1. Nommer Dreyfus general ! Quelle pitrerie ! Cette bande de bras cassés de macroniens depassent tous les records d anerie que leurs clones du ps ou de l ump nous avaient offerts .

    Donc , les juifs ,

    On vous tue gratuitement , vous n avez ni drapeau , ni droit de citoyen a etre defendu , mais on veut bien rajouter une barrette a celui que nos grands parents ont persecuté 😇

    Aaargh , soit ils nous prennent pour des super niais , soit ils sont odieusement cons , soit , et je n ose y songer , c est les 2 en meme temps 🤡

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  2. Castaner, entre tous ses pas de danse : Balancé, battement, glissade, déboulé, entrechat, etc.
    Nous joue en un ballet politique : « Les fourberies de Scapin ».

    Il choisit Scapin, parce que celui-ci, à la fin est, par tous pardonné.

    Nous sommes le peuple du grand pardon (il peut toujours courir). Cependant nous avons aussi la Loi du Talion…Pas utile d’en arriver là, c’est d’ailleurs un précepte de nos Lois qui semble caduc chez nous depuis longtemps. Sinon après la Shoah, si nous avions suivi cette « ordonnance », à ce jour nous serions encore de faire payer …

    Il nous reste la Foi et l’espoir en une Justice divine, qui j’espère arrivera sur lui et sera bien ressentie.

    En tout cas merci de réussir à nous faire sourire, avec un si triste sire.

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  3. Merveilleux moments de détente ! Même si la teneur de cet article est d’une sombre gravité, la manière d’écrire « les choses » force l’imagination. Quelle bêtise crasse chez le shérif et ses BIMI !
    Toda Cécile ATTAL.

    Aimé par 1 personne

  4. Merci de dire tout haut, et si bien, ce que nous pensons tout bas.
    Dreyfus est et reste un des grands exemples du double langage officiel.
    Les paroles du PR sur Dreyfus resteront lettre morte comme sa déclaration au dîner du Crif.
    Au fait, à quoi sert ce dîner si ce n’est à donner une tribune aux « antisémites en général et amis intimes d’un juif de cour en particulier »?

    Aimé par 1 personne

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