Festival « Pour violer les consciences »

 

Pour violer les consciences.jpgFaites un cauchemar…

Imaginons qu’un festival se propose de laver le cerveau des homosexuels pour les transformer en hétéros capitalistes. Vous imaginez le scandale ?

Associations LGBT sur le pont, manifestations d’une violence inversement proportionnelle au nombre de participants, surenchère des médias dans la dénonciation du fascisme, Président de la République et Premier ministre convoqués devant le tribunal populaire, pour rassurer les homos et leur promettre-jurer-cracher qu’on ne laissera pas revenir les heures-les-plus-sombres…

Dans la foulée, bien entendu, annulation du festival et comparution immédiate des organisateurs sur reconnaissance préalable de culpabilité et pour la peine, fermeture du théâtre où aurait dû se tenir ce festival de la bien-pensance honnie, inspection de l’URSSAF et contrôle fiscal, sans compter les milliers de Tweets appelant au meurtre, moralement justifiés par les Inrocks et leurs alliés idéologiques.

Rassurons-nous, nul ne serait assez masochiste, voire suicidaire, pour imaginer, dans la France de l’hyper-progressisme homo-corporatiste et hétéro-culturaliste, de lancer un festival « pour sortir de l’homosexualité ».

J’ai fait un rêve…

En revanche, un festival intitulé, le plus sérieusement du monde, « Pour sortir de l’hétérosexualité » se tient à Paris du 24 septembre au 6 octobre 2019. Non, ce n’est pas une blague, c’est un programme moralement justifié, lui aussi, car « Plus qu’une simple orientation sexuelle, l’hétérosexualité est avant tout un régime politique. » Ainsi que l’explique l’une des organisatrice, Juliet (Juliet.t.e.s ?) Drouar, « l’hétérosexualité est la pierre angulaire de la construction du patriarcat et les féminismes en parlent sans jamais la nommer. Elle est au fondement de la structuration de la binarité des genres et des sexes, de la création des classes mêmes d’hommes et de femmes qu’elle pose en miroir. Elle est aussi en lien étroit avec la construction du capitalisme, puisqu’elle permet de ne pas salarier le travail de reproduction. (les Inrocks) »

Prostitution et GPA exauceront-elles le rêve progressiste ?

Si l’on a bien compris (mais on peut être interloqué par nombre des vocables, sans parler des concepts qu’ils recouvrent), la « binarité » des sexes, autrement dit le fait que l’on soit ou bien masculin ou bien féminin, est politiquement incorrecte et conduit au capitalisme, du fait que l’amour et le désir d’enfants sont gratuits. Le rapport de cause à effet demeure à être démontré, au même titre que l’une des interrogations majeures d’Einstein : « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Ubu Roi se serait régalé de la formule lesbiano-charabiatique, car la conclusion logique des propos de cette militante progressiste est qu’il convient de salarier le travail de reproduction et donc la prostitution et la location d’utérus. Ces deux activités réunissent capitalisme primaire et mépris de la femme dans une politique qu’on eût pu jurer fort éloignée de la doxa féministe…

Non au féminicide, vive le liberticide sexuel !

Le festival « Pour sortir de l’hétérosexualité » est d’abord un festival de refrains en langue de bois et de prosélytisme nihiliste : « l’équipe du festival entend exposer l’hétérosexualité pour ce qu’elle est : un régime d’exploitation et une fiction politique », psalmodie Les Inrocks, qui ne se prend jamais autant au sérieux que quand il s’agit de sacraliser la bagatelle en la plombant d’idéologie. Si le quidam oups, LA qui-Dame, imagine qu’une telle masse doctrinale ne s’adresse qu’aux adeptes du culte déjà convertis, il/elle s’en détournera. C’est qu’il/elle n’a pas compris que ce festival s’adresse aux hétéros, dans le but de les guider vers la nouvelle religion de l’endogamie homosexuelle. Faites venir à elles les petit.e.s enfant.e.s pour qu’elles les transforment en parfaites lesbiennes et les vaches seront bien gardées.

Bref, il s’agit pour les organisatrices du festival de convaincre les femmes hétérosexuelles de quitter leur soumission ontologique au mâle, qui représente le mal incarné, en favorisant, bien qu’elles prétendent le contraire, « des perspectives plus radicales qui peuvent être celles du lesbianisme voire du séparatisme. » Elles veulent bien reconnaître qu’il n’existe pas (encore) « d’hyperespace lesbien autonome – puisque les lesbiennes aussi doivent gérer l’hétérosexualité tous les jours au travail ou les transports », mais toute l’interview donnée par les trois grâces du lesbianisme intensif aux Inrocks indique que c’est l’objectif ultime. Aaaah ! Comme on rêve du monde qu’elles nous concoctent, où règnera un apartheid, oups, une discrimination positive, qui évitera aux lesbiennes d’avoir à côtoyer des hétéros dans les transports ou au travail !

Aider au lieu de détruire ? Quelle drôle d’idée !

Nonobstant le capital de sympathie et la motivation que ne manquera pas de susciter le festival « Pour sortir de l’hétérosexualité », il existe, ailleurs, d’autres initiatives plus pacifiques et plus efficaces. Celle de WOSNA (Women Of Start-up Nation), un accélérateur lancé à Tel Aviv, le 17 septembre 2019, vise à doubler le nombre de femmes chefs d’entreprises. Les Israéliennes chefs d’entreprise ou occupant des postes de haut niveau en Israël sont en nombre trop faible, aussi le pays cherche-t-il à réduire l’écart entre les sexes. En 2017, seuls 12% des postes de direction dans les sociétés cotées en bourse au Tel-Aviv-125 étaient occupés par des femmes et parmi les start-ups créées entre 2014 et 2018, 10% seulement l’ont été par une femme et 17% par une équipe au sein de laquelle figurait une femme (Times of Israel). On comprend pourquoi l’Autorité Israélienne de l’Innovation a annoncé, en février 2019, le lancement d’un nouveau programme d’incitations pour « accroître de manière transparente la présence des femmes dans l’écosystème technologique israélien (Nocamels) », grâce, notamment à des subventions pouvant atteindre 75%, dans l’objectif de doubler le nombre de femmes entrepreneurs aidées en deux ans. Sans les forcer à l’homosexualité.

On veut accuser l’économique, pas le comprendre !

L’initiative israélienne, c’est du pratique, du matériel, du pragmatique, aucun intérêt pour les organisatrices du festival parisien. « C’est important de mettre en avant qu’il y a une base économique à l’hétérosexualité, montrer que ça s’enracine dans des formes d’organisation de la vie, comment le désir est construit dans des échanges économiques », explique cependant l’une des organisatrices, Tamar (un prénom hébreu et pas de nom !). Mais cette mention de l’économie ne sert qu’à vanter une conférence du festival sur « le travail du sexe ».

L’amélioration du travail pour les humains de sexe féminin aidera les Israéliennes à vivre dans une société où l’on ne cherche pas à se débarrasser des hommes et ne les poussera donc pas à sortir de l’hétérosexualité. À éviter. Et en plus c’est israélien, or les progressistes français.e.s n’aiment pas (le mot est faible) les Israélien.ne.s.

Les lesbiennes françaises sont beaucoup plus audacieuses que l’État juif : « Le capitalisme est une culture du gratuit qui repose sur le fait de ne pas payer un certain nombre de populations comme les femmes ou les personnes racisées (…) Les corps ne sont pas une donnée mais des archives du sexisme et du patriarcat », explique Drouar, qui doit vivre au Zimbabwe, d’où les Blancs sont expulsés, et certainement pas en France, où les minima salariaux sont négociés par des partenaires sociaux, où la loi punit ceux qui les appliqueraient en discriminant les salariés en fonction de leur origine et où les corps sont issus d’un code génétique et d’une hygiène de vie.

« A l’inverse », renchérit sa complice Tamar, « on empêche les femmes racisées et en France les femmes des anciens pays colonisés d’accéder à la maternité ». Curieux emploi du présent de l’indicatif pour évoquer une affaire datant des années 1970 à La Réunion : des médecins avaient escroqué la Sécurité Sociale en pratiquant des avortements et le contrôle des naissances était mis en avant, pendant qu’en métropole, l’avortement était interdit. Dame Palmier (Tamar en hébreu) passe sous silence le fait que d’un côté, la métropole souffrait déjà de sous-population, pendant que de l’autre, à La Réunion, les familles de 8 enfants étaient courantes. N’a-t-elle d’Israélien que le prénom ? Soit elle ne maîtrise pas les temps de l’indicatif, soit elle expose la mauvaise foi idéologique du festival, qui unit, sous un même opprobre, régime hétérosexuel et régime colonial, blanchité et hétérosexualité, situations passées et valeurs du présent.

L’écoute du charabia fémino-crypto-communisto-lesbien et l’observation de ses représentantes devrait amener tout esprit curieux ou logique, quel que soit le sexe du corps qu’il habite, à se poser la question du choix des priorités : « Le pseudo-féminisme grammatical est une lubie d’intellectuels qui prennent leur égocentrisme comme fondement de leur action sociale. (…) Pourquoi ne pas s’en prendre à la misogynie réelle que représente le voile islamique, par exemple ? (Jean Szlamowicz, Le Figaro) »

Conclusion en musique par le trio des organisatrice, en Inrocks dans le texte :

Juliette (avec 2T) Hammé : L’idée, donc, c’est que le public de l’expo soit la cible de pistes de sortie, d’extraits de Wittig ou de témoignages anonymes, de moments poétiques ou politiques, qui vont infuser dans leur tête.

Juliet Drouar – C’est subliminal [rires]. En fait tu ressors non-hétéro et brainwashé.

Tamar (sans nom de famille) – L’hétérosexualité n’a qu’à bien se tenir !

Et les citoyens de tous sexes, démocrates épris de liberté, d’égalité et de fraternité, n’ont qu’à trembler devant ces « idéologues de l’égalitarisme sociétal (qui) encouragent le passage de la singularité du désir à l’universalité du droit », comme l’a si bien formulé Françoise Bonardel, philosophe et essayiste, professeur émérite de philosophie des religions à la Sorbonne (Causeur), « ces gens, qui prennent leurs coquetteries pour des convictions, (…) capables de s’emparer de n’importe quelle cause pourvu qu’elle leur permette de donner aux masses qu’elles méprisent des leçons de morale. (Régis de Castelnau, Causeur) »

Juliet, Juliette, Tamar, Saint Just, Robespierre, Staline, Mao Tse Toung, Pol Pot… CA♦

stylo-plume attcCécile Attal, MABATIM.INFO

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