Macron à Jérusalem : un remake pire que le navet d’origine

Macron Jerusalem.jpegL’histoire ne se répète pas, elle bégaie

« L’histoire se répète, tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce », écrivait Karl Marx, ce qui a conduit Pierre Mendès-France à préciser qu’à son avis, elle ne se répète pas, mais bégaie. On peut choisir la version que l’on préfère, mais ce qui est sûr, c’est que deux Présidents français ont choisi « l’esclandre à Jérusalem » comme outil de politique intérieure pour des raisons identiques.

Les plus de quarante ans se souviennent certainement du scandale provoqué à Jérusalem par le Jacques Chirac, le 22 octobre en 1996 quand, pour redorer son blason personnel et celui de la France, il agressa le service de sécurité chargé de sa protection, lors d’un voyage officiel dans l’État juif. Mission accomplie : cela lui permit d’apparaître en sauveur du monde arabo-musulman (1 milliard et quelque de personnes) contre l’hégémonie juive (13 millions dans le monde, dont 6 en Israël).

Le prétexte du scénario gagnant procéda de ce que ses gardes du corps serraient Jacques Chirac de trop près à son goût, empêchant les amateurs de câlins présidentiels de l’approcher.

« Vouatt dou you vouant t? » Leur demanda-t-il avec l’accent parigot de celui qui considère que si on veut lui parler, on n’a qu’à apprendre le français, « you vouantt aille go back tou maille pleïne ? »

En version française, cela donnerait quelque chose comme : « quoi toi vouloir moi ? Toi vouloir moi de retour mon avion ? »

Chirac n’était pas en Israël pour voir les Israéliens, mais pour faire savoir au monde entier que la politique arabe de la France reprendrait force et vigueur sous son magistère et qu’à défaut d’être populaire dans son propre pays, il était prêt à se contenter d’une adoration de la part du monde arabo-antisémite. Sa manœuvre fonctionna très bien : son souvenir prend plus de place dans le cœur des rues arabes que dans la mémoire des citoyens de l’Hexagone.

Chirac.2–le retour du concombre costumé 

Emmanuel Macron est un peu dans la même situation que son lointain prédécesseur : désavoué, voire détesté à l’intérieur, en butte à un jugement négatif de toutes les couches de la société, sa cote de popularité a chuté de façon inédite chez un Président en exercice à la moitié de premier mandat.

69% des Français estiment qu’il ne sera pas réélu (BFM), si l’on en croit un sondage du 29 janvier 2020.

Il est donc arrivé en Israël à la recherche d’un coup d’éclat qui pourrait donner l’illusion d’une sienne importance internationale.

L’antisémitisme étant particulièrement prospère dans notre patrie des Droits de l’homme, cela fait des antijuifs, quels que soient les noms qu’ils se donnent, un segment de marché attractif, d’où la séquence « Chirac.2-le retour du concombre costumé. »

La même scène exactement de « l’esclandre à Jérusalem » chiraquien s’est reproduite sur le seuil de l’église catholique romaine Sainte-Anne, dans un quartier musulman de la vielle ville, sous Macron. Cette église avait été offerte à la France, en 1856, par les Ottomans : ainsi appelait-on les Turcs pendant les quatre siècles qu’a duré leur empire colonial, de 1299 à 1917.

La colère de Macron a pris pour prétexte que les garde du corps israéliens n’avaient pas à mettre le pied dans ce que, lui, considérait comme territoire français. Or si la France a la gestion de l’église, elle n’a pas de souveraineté sur les lieux.

Mais quand on hait, la légalité ne compte pas

Si l’on avait ignoré ses motivations, on aurait pu imaginer que, vu son ego de montgolfière, le jeune Président croyait n’avoir que des admirateurs parmi les sept milliards de Terriens et donc nul besoin de protection. Ce qui est sûr, c’est que ces quelques mètres carrés gaulois en pleine « entité sioniste » lui sont apparus comme l’endroit idéal pour susciter admiration et popularité dans « le monde arabe ». Sauf que la situation internationale a changé et que les pays arabes ont cessé d’utiliser la cause palestinienne pour détourner la colère de leurs citoyens contre la prévarication de leurs dirigeants. Ces dirigeants eux-mêmes ont compris que l’Iran était un ennemi autrement plus dangereux que les Juifs. Il y a donc un rapprochement officiel entre différents pays sunnites et l’État juif, dont Macron n’a pas tenu compte pour son scénario.

Il n’a pas non plus crédité les électeurs français d’assez de connaissances ou de logique pour se douter que les mesures de sécurité pour la visite d’un chef d’État étranger ne sont pas improvisées, mais établies en liaison avec le service d’ordre du chef d’État en question.

Macron savait donc à l’avance ce qui était prévu, à savoir que deux agents de sécurité israéliens du Shin Bet (les services secrets) entreraient avec lui dans l’église. Cela ne l’a pas empêché de mener son scénario de A à Z.

Cynisme et mépris

Le Président aime les « bad boys », les mauvais garçons, surtout ceux qui sont issus de la diversité. Ce n’est pas un secret : il a montré l’étendue de son tropisme avec des Alexandre Benallah, Yassine Bellatar, Mohammed Saou et autres Vegedream…

Ce tropisme a certainement joué dans le choix du scénario de son spectacle.

Il a probablement aussi songé à récupérer les suffrages précédemment portés sur Mélenchon, lui aussi en perte de vitesse, puisqu’il a reproduit la manœuvre la plus récente du Chon.

L’insoumis a accusé le CRIF et le Likoud de la défaite de son alter ego britannique. Macron a donc pu se croire au meilleur endroit pour attiser le racisme anti-Blancs et anti-juifs de l’électorat mélenchoniste, sans même recourir au prétexte habituel du soutien à la cause palestinienne. Il s’est contenté de la lutte contre le capitalisme, dont les Juifs sont le symbole dans l’imaginaire collectif des antisémites.

Cette hypothèse est cohérente avec la caricature d’accent franchouillard qu’il a estimé nécessaire de prendre pour cette unique séquence, qui contraste fortement avec l’anglais impeccable qu’il utilise lors des G8. S’y ajoute son mépris du « petit peuple », dans lequel il inclut même ses conquêtes rappeuses (sans accent circonflexe et avec 2 P).

Le comble du cynisme, c’est que son déplacement coïncidait avec le 75ème anniversaire de la libération des camps où avaient péri six millions de Juifs et qu’il a osé se poser en arbitre du bon goût en déclarant : « Nul n’a le droit de convoquer ses morts pour attiser les divisions et les haines contemporaines. » N’est-ce pas ce qu’il a fait en prononçant cette phrase ? Si, très exactement.

Et s’il y avait une autre raison ?

« Le président de la République mène-t-il une stratégie de chaos ethnique pour assurer sa réélection ? Quel bien peut-il sortir de la ‘’nazification’’ des Français rapatriés d’Algérie ? » a demandé Yves Mamou, ancien journaliste au Monde, spécialiste du Hezbollah et, présentement, chroniqueur sur Causeur.

Plusieurs médias israéliens ont hasardé l’hypothèse que la colère macronienne était, en fait, liée à une crainte. Macron, craintif ? You are rigoling, are you not ? Pas tant que ça : l’église Sainte-Anne de Jérusalem abrite une branche de l’EAPPI, le Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et en Israël. Cette organisation, issue du Conseil mondial des églises (COE), est un outil propalestinien, ou plutôt anti-israélien, dont les militants fournissent une formation à des Palestiniens de Cisjordanie qu’ils installent aux checkpoints, où ils sont chargés de provoquer des confrontations avec les soldats israéliens. Les incidents sont filmés pour usage de propagande, dans la veine des saynètes pallywoodiennes articulées autour de la star-icône Tamimi.

L’EAPPI ne cache pas que son combat « pour une paix juste », implique qu’il reste « juste » les Palestiniens sur place. C’est ce qui explique que ses seules actions consistent à délégitimer Israël, en filmant exclusivement « l’oppression contre les Palestiniens » et surtout pas les attentats et les violences en sens inverse.

Y a pas que moi qui l’dit

ONG Monitor est une ONG… qui surveille les ONG. Un de ses rapports, en 2019, a été consacré à EAPPI, sous le titre : « EAPPI : le camp de formation du Conseil œcuménique pour le lobbying anti-israélien ». ONG Monitor remarque que l’ONG EAPPI organise contre Israël, et Israël seul, des actions, pour lesquelles elle a mobilisé, depuis 2002, 1800 volontaires lors de stages de trois mois, articulés exclusivement sur la version palestinienne du conflit. Elle n’organise ce type d’action pour aucune autre zone de conflit à travers le monde. Ce préambule n’est qu’une présomption de culpabilité, qui peut s’appliquer à des centaines d’ONG et groupuscules dans le monde, dont les militants consacrent leur vie à la destruction du peuple juif et de son État.

La suite du rapport n’est pas non plus particulière à cette ONG-là, mais elle mérite quand même d’être citée : « Bien qu’il se présente comme un programme de protection des droits de l’homme, l’EAPPI met fortement l’accent sur le lobbying politique avant, pendant et après le voyage. Lorsque les volontaires retournent dans leur pays d’origine et dans leurs églises, ils s’engagent dans une propagande anti-israélienne, notamment à travers les campagnes de BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) et comparent Israël à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et à l’Allemagne nazie. »

Le siège social de EAPPI-Israël est domicilié dans l’enceinte de l’église Sainte-Anne, donc sous juridiction française, ce qui lui permet de bénéficier de l’immunité diplomatique. En 2016, le père Gabriel Naddaf, responsable du Christian Empowerment Council, le Conseil pour l’indépendance chrétienne, a écrit, dans une lettre à l’ambassadeur de France en Israël, que « Le gouvernement français devrait cesser d’aider cette organisation, qui opère dans l’illégalité. (…) L’activité dangereuse de ce groupe, dont le seul but est d’affaiblir Israël, sape la souveraineté israélienne pour faciliter le terrorisme contre elle (Jerusalem Post). »

Dans l’avion qui le ramenait de l’État juif, Emmanuel Macron a comparé la colonisation de l’Algérie à la Shoah. Voyons, six millions de juifs exterminés en cinq ans d’un côté, 3 millions d’Algériens multipliés par 3 en 232 ans de l’autre[1]… Quel est le point commun entre les deux, déjà ?

De cette comparaison indigne à la participation active de la France dans la protection d’une entreprise de délégitimation d’Israël, en abritant des militants qui rêvent de terminer le travail d’Hitler, il n’y a que la distance qui sépare une gaffe d’une preuve de complicité…LM♦

Logo Liliane MessikaLiliane Messika, MABATIM.INFO

[1] La population algérienne en 1830 avoisinait les trois millions d’individus. En 1962, en partant, les Français, qui avaient asséché les marais et débarrassé le pays de la malaria, de la typhoïde et d’autres maladies mortelles, en ont laissé neuf millions.

6 commentaires

  1. Au lendemain, grosso modo, de l’année 1960, je m’étais imaginé que la France s’était vue obligée de renoncer à la colonisation, appelée jusque-là apport de la civilisation (c’est ce que j’apprenais à l’école) et révélation de la religion. C’était sans compter ce qu’on a appelé plus tard la Françafrique et les DOM-TOM (Dominions/Territoires d’Outre-Mer). Jérusalem n’étant pas en Afrique, l’église Sainte-Anne fait-elle alors partie des DOM-TOM? L’EAPPI-Israël bien abrité et chéri dans ce micro-territoire pas perdu de la République est la continuation actuelle de l’enseignement déversé depuis dix-sept siècles. Qui parmi tant d’horreurs à travers les siècles a mené à la Shoah et au réveil actuel. L’inoubliable Jean XXIII est bien oublié. La Shoah vue depuis la France métropolitaine, ce ne sont plus six millions d’assassinats mais six millions de « bouffées délirantes ».

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  2. Notre cher Président est vraiment machiavélique! Tant qu’il y aura des hommes et des femmes qui agissent de cette façon pour détruire le peuple Juif qu’ils jalousent et qu’ils lui vouent une haine implacable le monde ira de plus en plus mal !!! Mais heureusement qu’aujourd’hui des hommes et des femmes ont bien compris le jeu de certains chefs d’Etat qui sans scrupule et pour leur propre intérêt veulent encore détruire une partie de l’humanité à cela il faut répondre NON !!! jAMAIS PLUS ÇA !!!!!! Et être très vigilants !!!!!

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  3. Merci pour apporter des précisions concernant la fonction détournée et le symbole de cette église administrée par la France.
    J apprends, et je retiens que c est a cette adresse que se trouve le Siège où se protège cette ONG anti Israelienne et EAPPI. Qui organise des incidents qui sont filmés aux checkpoints… Et je comprend mieux le signal envoyè par Macron en provocant son altercation avec le service de sécurité rapproché israélien.
    Que c est moche tout ça…

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  4. Ce minable personnage , issu , lui et son parti fantoche , d une manipulation digne d une republique bananiere , cherche simplement le vote islamique français , il sait que hollande le tocard a reçu 90% de ces voix et que nul ne sera plus jamais elu au royaume des francs sans les voix du second peuple de ce pays …. simple petit calcul atithmetique … les juifs sont priés de conserver le role qui leur est assigné : avaler les couleuvres et les petits fours cacher sous les dorures et surtout …fermer leurs gueules

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