Menstruations parlementaires

Tampon RF255 morts du terrorisme en 5 ans – Le Parlement s’occupe des menstruations

Le 11 février 2020, devant une assemblée réduite à quelques députés épars, deux élues, Laëtitia Romeiro Dias (LREM) et Bénédicte Taurine (LFI) ont dévoilé leur rapport d’information sur les menstruations (Assemblée Nationale).

S’agit-il de faire avancer la cause de la parité en faisant prendre conscience aux députés mâles que les règles douloureuses ne sont pas qu’une excuse de leurs épouses pour échapper au devoir conjugal ?

Nenni. L’objectif est de « déconstruire un tabou historique persistant. » C’est beaucoup plus chic et plus vendeur que de dire que les femmes devraient se sentir libres de parler en détail, à table, de l’abondance, de la couleur, de la consistance et de la fréquence de leurs menstruations. Le fait qu’elles s’en abstiennent aujourd’hui en dit long sur notre retard en matière de féminisme et devrait être élevé au rang de grande cause nationale. Ah tiens ! C’est en discussion !

Les femmes sont défavorisées dans notre pays et ce combat arrive à point nommé pour leur redonner un peu de couleurs (oups !). Non, c’est vrai, il n’y aucune raison que les tablées de mecs se régalent du récit de leurs fèces respectifs et que les femmes aient honte de parler de leurs règles !

Ah bon, les hommes ne parlent pas de leur défécation ? Remarquez, les femmes non plus, en tout cas pas à table, mais cela a plus à voir avec un concept ignoré de nos élites, qu’avec un tabou social.

L’intimité, vous connaissez ?

C’est le sentiment qui vous permet de savoir que ce qui se passe dans votre cœur ou dans vos tripes n’est pas un sujet d’intérêt général et que les lieux publics sont plus agréables si les sujets de conversation abordent d’autres thèmes que ceux traités chez un gynécologue ou dans le cabinet d’un proctologue.

Avez-vous remarqué comme l’intimité diminue de façon inversement proportionnelle à l’assistanat, dans notre pays ?

Plus on veut aider les micro-communautés à se distinguer de la populace en les incitant au prosélytisme et plus l’exhibitionnisme s’expanse jusqu’aux domaines les plus intimes.

Cette évolution peut s’observer dans tout ce qui, normalement relève de la sphère personnelle : la religion, le choix sexuel, maintenant les menstruations…

47 recommandations. Pas moins.

Ainsi, pour décomplexer les femmes et améliorer leur santé, le rapport remis à la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale comporte 47 recommandations.

Déjà, rien ne sert de courir, il faut informer à point. On ne suggère pas encore de commencer à la maternelle, mais la 6ème est jugée déjà un peu tardive pour aborder le sujet des règles. Recommandation dans la recommandation : il convient de détacher cette formation spécifique des cours d’éducation sexuelle.

Pourquoi ?

Pour éviter de faire remarquer qu’il y a effectivement des différences entre les sexes et qu’elles ne résident pas toutes entre les oreilles ? Pas seulement : les petits garçons doivent aussi apprendre comment gérer la puberté de leurs filles s’ils en ont une un jour, quand ils seront papas, ou mamans, ou parent 1 ou 2.

Les deux rapporteuses suggèrent de s’inspirer d’un site existant déjà sur la contraception pour offrir aux petits et aux grands une plateforme pédagogique et ludique sur les menstruations – avec des films, des infographies ou encore des témoignages.

On se permet de leur faire une suggestion : projeter dans toutes les classes le désopilant film d’Eric Judor, « No problemos », en particulier la scène où les participants des deux sexes (et en genres non dénombrés) chantent en chœur « j’aime mes règles, elles me connectent avec la lune. (YouTube) »

Dans mon Tampax, savez-vous quoi qui n’y a ?

En 2018, l’ANSES (une des innombrables agences qui font la fierté de notre pays, avec leur taux de reproduction, qui dépasse celui de la Chine du XIXe siècle) avait repéré la présence de dioxines, de phtalates, voire de pesticides « en très faible concentration » dans les tampons et serviettes hygiéniques. D’où la recommandation d’imposer aux fabricants de faire figurer sur les emballages « la présence éventuelle de traces de polluants. »

Intéressante formulation : la « très faible concentration » signifie qu’on a trouvé une trace tout juste assez importante pour identifier la molécule.

Par exemple, les phtalates, qui ont été interdits pour les anneaux de dentition des bébés (Libération), avaient des traces d’un perlimpinpin qui eussent provoqué des cancers chez les souris, si elles avaient passé plusieurs siècles à ne rien faire d’autre que mâchouiller les anneaux 24 heures sur 24.

Idem pour le glyphosate, qui vient de disparaître des jardineries et qu’il faut désormais acheter sur Internet, car bien que les agences de santé aient reconnu sa parfaite innocuité, il n’est toujours pas réhabilité.

Chimie, fais-moi peur !

C’est une autre des exceptions françaises que cette peur de tout ce qui est chimique, chez des êtres qui sont, eux-mêmes, des usines chimiques grandeur nature : en témoignent justement nos menstruations et nos fèces. Notre usine personnelle s’appelle métabolisme et elle est bien plus sophistiquée qu’un grand groupe pharmaceutique.

N’empêche. Des campagnes de lobbying répétées ont pris les produits chimiques pour cible et ont convaincu le public que « chimie » est un synonyme de « poison ».

Plus le nom du produit comportera de « h » et de « y » et plus il sera perçu comme dangereux. Les phtalates et le glyphosate n’avaient pas une chance de survie contre le lobbying des plus bruyants, qui obtiennent l’interdiction de produits anodins sélectionnés par leurs services marketing, en fonction du nombre de cotisations que ce « succès » est susceptible de générer !

Côté vrai danger

« La mauvaise utilisation des tampons ou des coupes menstruelles peut être néfaste pour leur santé, jusqu’à provoquer un syndrome du choc toxique lié aux règles, une rare maladie infectieuse liée au staphylocoque doré pouvant entraîner des nécroses, voire le décès chez la patiente. (Madame Figaro) »

Pour éviter cette catastrophe potentielle (20 cas par an, aucun mortel en dix ans dans notre pays, – Ouest France), il est impératif que la HAS (une autre Haute Autorité, espèce presque aussi féconde que les Agences d’État) précise qu’on ne doit pas garder le même tampon pendant trop longtemps et surtout, qu’il faut recourir, la nuit à une protection externe.

Une légende urbaine veut qu’une mamie américaine ait obtenu des dommages et intérêts astronomiques après avoir cuit son chat, live, dans son four à micro-ondes, au motif qu’il n’était pas explicitement spécifié sur la notice, que l’appareil ne convenait pas aux êtres vivants.

D’évidence, la HAS craint la contagion en exigeant la spécification « in minou PAS de tampon ad æternam » sur les protections périodiques internes. Périodiques, qu’est-ce que ça veut dire, déjà ?

Cette nécessité d’écrire le bon sens qui va sans dire peut s’apparenter à de la condescendance machiste. Allo les néo-féministes ?

Tout n’est pas à jeter avec l’eau du bain

En effet, on est étonné de trouver, dans ce fatras idéologique et paternaliste, quelques mesures de bon sens. Par exemple renforcer la formation médicale sur l’endométriose, une affection qui touche 10 à 20% des femmes pubères et qui rend les règles très douloureuses, mais qui est souvent mal détectée et prévoir deux visites médicales obligatoires, entre 11 et 13 ans puis entre 15 et 16 ans.

Bon sens économique aussi, en prévoyant une aide pour les 1,7 million de Françaises qui n’ont pas les moyens de s’offrir des protections intimes.

Vraiment, vraiment, il a fallu que s’y penche une commission parlementaire ad’ hoc ? Les associations qui fournissent de l’aide alimentaire n’y avaient pas déjà pensé ?

En France, quand on n’a pas d’idée on sort son recyclage

Une usine italienne recycle, depuis fin 2017, les couches culottes et protections périodiques féminines, pour produire des plastiques et de la cellulose régénérés. En France, on pourrait si on voulait, et Suez a un projet dans ses tiroirs, mais il n’en sort pas à cause de l’absence de rentabilité du projet (Usine Nouvelle). Donc on voudrait bien, mais on se rend compte que c’est idiot.

Qu’à cela ne tienne, cela n’a pas raté : le rapport préconise la mise en place d’une filière de recyclage des tampons hygiéniques dans notre pays.

Mmmmmh ! Que voilà une idée appétissante ! Un énième éco-kekchose : après éco-emballages, éco-serviettes-et-tampons, YESSSS !

Prendre de mauvaises décisions pour de bonnes raisons

En France, au nombre des nouvelles religions totalitaires apparues sur le marché, depuis que le troisième millénaire s’applique à obéir à la prédiction de Malraux[1], l’écologisme est presque aussi bruyant et violent que l’islamisme. Le recyclage est le premier de ses cinq piliers, dont la pertinence ne saurait être questionnée, sous peine de lapidation. Pourtant, le recyclage n’a d’intérêt que dans les habitats concentrés et verticaux, alors que l’incinération avec récupération d’énergie est largement plus efficace en termes environnementaux et économiques. Oui, mais l’incinération, c’est péché !

Alors on va dépenser des sommes astronomiques et des ressources précieuses pour monter une usine à gaz, qui n’aura d’autre utilité que de flatter l’ego des bobos. Mais ils votent, les bobos !

C’est pour cela qu’on leur donne ce qu’ils attendent, sans essayer de les éduquer à ce qui serait souhaitable. Comment ça, « il n’y a pas que dans le secteur environnemental » ? Ça alors ! CA

stylo-plume attcCécile Attal, MABATIM.INFO

[1] « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Sauf que les nouvelles religions ne sont ni drôles ni même spirituelles …

Un commentaire

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