Le peuple palestinien fait la misère à Suha, veuve joyeuse

Il était une fois une pas très Belle qui épousa une Bête très moche

Il était une fois Suha Tawil, née catholique à Jérusalem, d’un père banquier et d’une mère appartenant au clan Hawa, les plus riches propriétaires terriens de Haïfa et ses environs. La fillette passa une enfance bourgeoise et fit ses études au couvent des Sœurs du rosaire. Après le bac, sa maman, qui connaissait bien Yasser Arafat, s’est vantée de lui avoir obtenu, grâce à ce piston, une bourse pour étudier à la Sorbonne.

À Paris, la riche héritière étudiante a habité chez sa sœur aînée, qui se trouvait être épouse d’Ibrahim Souss, occupant le poste envié d’ambassadeur de l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine. C’était l’année où Mitterrand fut élu président.

Paris aurait pu faire de Suha une fashion victim… C’est ce qui arriva, mais pas seulement. En 1985, elle rencontra le célèbre ami de sa mère, Yasser Arafat. Il n’était pas jeune, il n’était pas beau, il ne sentait pas le sable chaud, mais il portait le keffieh comme personne et il avait déjà commencé à amasser une petite fortune.

En 1989, la maman de Suha encouragea celle-ci à servir d’interprète, lors de son séjour parisien, à celui dont le fan club germanopratin s’étoffait.

Le sexagénaire fut si satisfait de sa prestation qu’il lui proposa un CDI à Tunis, où l’OLP avait établi ses quartiers, après avoir été chassée de Jordanie et être passée par le Liban où elle fomenta une guerre civile. Chassée de Jordanie ? Oui, après un massacre sous le nom de « Septembre noir » au cours duquel le roi Hussein, monarque capricieux et susceptible, s’était vengé des tentatives répétées des Palestiniens de le tuer et de prendre sa place en exterminant 3500 à 5000 d’entre eux (Wikipédia).

Suha avait donc 27 ans, en juillet 1990, quand elle épousa Yasser, de 34 ans son aîné. Il lui avait fallu, pour convoler, se convertir, mais après tout, Paris vaut bien une Mecque.

Entre ses activités politiques et ses mignons, Arafat était très occupé, aussi mit-il cinq ans à faire un enfant à sa jeune épouse. Leur fille Zahwa naquit à Neuilly sur Seine en 1995.

La jeune mère avait choisi une clinique huppée, considérant que les conditions sanitaires dans les hôpitaux palestiniens étaient « désastreuses. » Le fait est que sa BMW bleue coûtait à peu près le budget annuel d’un hôpital local. Inutile de dire combien sa déclaration sur l’état sanitaire du Territoire administré par son mari suscita d’enthousiasme entre Ramallah et Gaza…

Quand la deuxième Intifada fit craindre des représailles aux Palestiniens, en 2000, Suha prit sa mère et sa fille sous le bras et partit s’installer dans la capitale française, où la population était beaucoup plus indulgente à son égard que celle du Moyen-Orient.

Au début de l’Intifada, Suha et Zahwa (qui avait alors 8 ans) se sont installées à Paris. D’abord en banlieue, qu’on n’appelait pas encore des « té-ci » : à Neuilly, puis sur un étage entier de l’Hôtel Bristol (19 chambres), un palace proche du Faubourg Saint-Honoré (le Temps).

Vue de France, la Palestine est un paradis globalement positif

En France, il est interdit de mettre en doute la culpabilité israélienne dans tout ce qui se passe de négatif dans le monde et, cela va sans dire, particulièrement au Moyen-Orient.

Ainsi, toute personne osant attribuer la deuxième Intifada à un autre responsable qu’Ariel Sharon risque la mort médiatique, voire pire. Le non-évènement d’un quart d’heure où figura le député israélien est sanctifié dans le monde de l’antisionisme onusien sous le titre distinctif « la-provocation-de-Sharon-qui-s’est-rendu-sur-l’Esplanade-des-mosquées[1] ».

Pourtant, lors d’une une réunion du Fatah à Naplouse, le 25 juin 2000, c’est-à-dire juste avant le sommet de Camp David, où Arafat était censé se rendre pour signer la paix avec Israël, il avait parlé du retour « officiel » de la stratégie de « la lutte armée » et de son « application officielle », terrorisme en français. « Rappelez-vous la bataille de Beyrouth lors de la Première guerre du Liban en 1982 et la première Intifada. Nous sommes prêts à tout et à recommencer une fois de plus (Cité dans JCPA). »

Euh… Quelqu’un qui parle de « la première » Intifada alors qu’il n’en avait existé qu’une seule et unique, trois mois avant que débute la deuxième, cela évoque quoi ?

Cela évoque le document publié par le quotidien Al Hayat Al Jadida le 20 septembre 2000, soit neuf jours avant le début de l’Intifada.2, dans lequel l’idéologue officiel du Fatah, Sakher Habbash, parlait clairement de reprise de la lutte armée.

La deuxième intifada a duré cinq ans et a fait 1062 victimes côté israélien et 4907 côté palestinien, sans compter les centaines de milliers de mutilés à vie par les attentats.

Il n’y a plus que la France pour continuer à parler de cette guerre asymétrique comme d’un « soulèvement spontané », dont le responsable aurait été israélien. Le ministre de la communication palestinien de l’époque avait, lui, indiqué sans ambages que son patron avait pris la décision de la lancer avant la fin du sommet de Camp David, pendant l’été 2000.

Suha Arafat l’a également dit et répété au cours de différentes interviews : le 12 novembre 2011, à la télévision palestinienne : « Arafat nous a envoyées loin avant l’invasion de Ramallah. Il a dit : ‘’Vous devez quitter la Palestine, parce que je veux lancer une Intifada.’’… Il nous a ordonné de partir parce qu’il avait déjà décidé de mener l’intifada à la suite des accords d’Oslo et de l’échec de Camp David. » L’année suivante, elle a remis le couvert à la télévision de Dubaï (16 décembre 2012) : « Yasser Arafat a pris la décision de lancer l’Intifada juste après l’échec des pourparlers de Camp David. Nous nous sommes rencontrés à Paris et il m’a demandé de rester là-bas. Quand j’ai demandé pourquoi, il a dit ‘’parce que je vais lancer une Intifada’’. »

6e fortune mondiale dans la catégorie « Rois et despotes »

Du moment où elle s’est installée à Paris, Suha Arafat a reçu une allocation mensuelle de 100.000 dollars (CENT MILLE DOLLARS PAR MOIS !) sur le budget de l’Autorité palestinienne.

Certes, c’était peu de chose au regard de la fortune de son mari, qu’en 2003, le magazine Forbes classait sixième mondiale (RFI). Mais l’Autorité palestinienne, elle, était classée représentante du peuple le plus miséreux du monde dans le cœur des Français, depuis 1967 et jusqu’à plus soif.

Suha a raconté à Vogue qu’en voyant sa collection de chaussures, son mari l’avait, un jour, comparée à Imelda Marcos, la femme de son homologue philippin (New York Times).

Après la mort du Raïs à Paris, sa veuve a négocié une pension de réversion auprès des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Ils ont accepté de lui verser 22 MILLIONS de dollars par AN à partir de comptes secrets détenus par Arafat, à condition qu’elle révèle les numéros de tous les autres comptes de son mari, dont la fortune était évaluée entre 300 millions et 5 milliards de dollars.

Entre les deux chiffres, l’écart est énorme, mais le cœur ne balance pas : il y avait d’un côté, les comptes perso des Arafat et du même côté, les comptes de l’OLP tenus personnellement par Arafat Yasser. « L’ancien trésorier du budget de l’OLP, Jawad al-Ghussein, réfugié à Londres depuis 2002, a déposé chaque mois durant douze ans quelque 8 millions de dollars sur le compte personnel d’Arafat. D’après lui, l’argent venant des pays arabes a coulé à flot durant les années 1980, permettant à l’OLP d’investir dans de nombreuses sociétés de par le monde (compagnies aériennes, immobilier…). Des ressources qui se tarissent en 1990, lorsqu’Arafat se range derrière Saddam Hussein pendant la première guerre du Golfe. Elles seront en partie compensées par le dictateur irakien, puis par les dons de la communauté internationale à l’Autorité palestinienne à partir de 1994 (les Échos). »

La bonne veuve de la brute est accusée de truander

« Cible d’une information judiciaire ouverte en octobre 2003 par le Parquet de Paris, l’épouse du raïs refuse de fournir des explications sur ses ressources. Surtout sur la provenance de la somme mensuelle de 100.000 dollars qui lui était jusqu’alors versée à partir d’un mystérieux compte anonyme suisse. ‘’C’est un complot d’Ariel Sharon’’, affirme-t-elle. Mais les enquêteurs ont estimé ce flux à un peu plus de 9 millions d’euros et ils voudraient des explications un peu plus précises (le Temps). »

Du coup, elle a préféré s’installer à Tunis, où la météo était plus agréable que sur les bords de Seine. Suha Arafat et sa fille ont vécu à Tunis de 2004 à 2007. Mais en août 2007, l’État tunisien a révoqué la nationalité qu’il avait accordée à la veuve joyeuse… sans l’en avertir.

Il fallut attendre quatre ans pour savoir pourquoi : le 31 octobre 2011, le tribunal de première instance de Tunis a émis un mandat d’arrêt international contre elle, pour corruption dans le cadre d’une transaction commerciale impliquant l’ancienne première dame tunisienne, Leila Ben Ali, en 2006. Après avoir prétendu vouloir coopérer avec les procureurs tunisiens, Suha Arafat a dénoncé ses accusateurs, arguant qu’ils faisaient rien qu’à les diffamer elle et la juste cause du peuple palestinien (Wikipédia).

Paris c’était fini, Capri aussi. Elle partit s’installer à Malte.

Tout allait pour le mieux dans le plus corrompu des mondes…

… Quand les Émirats arabes Unis ont eu une épiphanie et se sont rendu compte que l’Iran était beaucoup plus dangereux pour eux qu’Israël et que, même, ce dernier pouvait les aider à se protéger des visées hégémoniques des mollahs de Téhéran.

Renversement de situation, traité de paix à la signature et rage palestinienne contre le « traître » qui abandonne la juste lutte que mène le peuple palestinien pour remplacer les Juifs sur leur terre ancestrale.

Les Palestiniens brûlent le drapeau des EAU. Les émiratis s’énervent et alors, et alors, et alooooors ?

Suha est arrivé-éééheu pour s’excuseeeee-éheu, la belle Suha, la riche Suha, avec son Jet privé et ses belles godasses.

Elle n’est pas idiote, Suha, et elle sait de quel côté sa tartine est beurrée. Elle a donc demandé pardon aux Émiratis de la part du peuple palestinien : les premiers ont versé dans la caisse des seconds des milliards sonnants et trébuchants pendant des années, alors il faut se montrer reconnaissants et ne pas brûler leur drapeau (Instagram).

Une déclaration qui ne mange pas de pain, mais qui montre que s’il y a un pactole à récupérer, ce n’est pas dans sa poche à elle qu’il faut venir le prendre.

Curieusement, sa déclaration a été mal perçue dans le Territoire qui lui verse 22 millions de dollars par an et Suha a fait l’objet de menaces.

Deeee quoi ???? Des menaces ?

Alors à menaces, menaces et demi, la dame est allée se plaindre… à la télévision israélienne !

« Il y a des instructions pour me transformer en traître et ces instructions viennent du chef du bureau du président qui donne de fausses informations au président et qui contrôle la Palestine par le biais du président ».

Devant une injustice aussi flagrante, la veuve éplorée se rebiffe et promet aux ingrats que cela ne leur portera pas bonheur s’ils continuent : « S’ils veulent m’ouvrir les portes de l’enfer, je leur ouvrirai aussi les portes de l’enfer. Et j’ai le journal personnel de Yasser. Il a écrit sur chacun d’entre eux. Si je publie un petit bout de papier de ce que Yasser a écrit sur eux, cela les exposera à leur peuple (United With Israel) ».

Menace pour qui ?

Le peuple, il ne se doute pas du tout que ses dirigeants sont pourris : il doit payer des bakchichs pour avoir le droit de quitter le territoire afin d’aller se faire soigner gratos par les Juifs, il n’a le droit de dire que « oui, Bwana », sinon il risque de « disparaître » et sa famille de mourir de faim, les journalistes sont en prison et les ministres changent de Mercedes blindée tous les six mois. Vraiment pas de quoi avoir la puce à l’oreille. Surtout quand celle qui y fait monter, monter, la petite bête menace de dévoiler les secrets qu’elle lui cache depuis la mort de Yasser, le 11 novembre 2004…

Qui tremble ? Peut-être seulement les Français qui ne veulent pas qu’on les prive de leur conte de fées favori ! LM♦

Liliane Messika, MABATIM.INFO

[1] 7 octobre 2000 : Adoption par le conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 1322 déplorant la visite d’Ariel Sharon, chef du Likoud, qui s’était rendu le 28 septembre sur l’esplanade des mosquées/mont du Temple à Jérusalem et les émeutes palestiniennes qui s’en sont suivies dès le lendemain avec le déclenchement de la Seconde Intifada (Wikipédia).

4 commentaires

  1. Merci Liliane pour cette émouvante biographie. Nous attendrons patiemment la reprise en main de cette riche saga familiale par l’héritière en titre en espérant qu’à ce moment la situation ne l’oblige à demander asile en Israël.

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  2. L’histoire n’est pas finie. Il est rare que ce genre de conte se finisse bien (pour elle j’entends). Un jour, son prince viendra, mais il aura les traits de la justice immanente.

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  3. Sa fortune est considérable ,elle est bien armée pour attaquer et se défendre. La total korruption. Est une pratique traditionnelle dans les pays où le sable regorge d or noir .
    D ailleurs ,dans votre pays ,ces pratiques sont courantes et rarement condamnées quant les médias en parlent ,car l information diffusée concerne les « pov palestiniens  »
    J aimerai connaître la fortune ( cachée ) de tous les illustres prédécesseurs de l actuel président .Il y a même quelqu un d intégré et compétent qu on disait ..un certain barre Raymond entre autres.
    Bref ,la France arrosé et maintenant elle est arrosée et glissera dans le sable mouvant .

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  4. Un vrai conte de fée…dayin (!)….Merci Liliane pour cette “petite” histoire qui aurait pourtant méritée d’être racontée aussi dans la grande …vous savez celle avec un grand H (!)…

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