Médias : la poutre made in France accuse la paille made in USA

L’exception française à l’endroit…

On savait depuis longtemps que le sujet d’étude préféré des médias était leur nombril : en témoignent les sites dédiés aux pipoles qui les animent/habitent, les émissions renvois d’ascenseurs et les « débats » avec des intervenants identiques dont les rôles entre interviewer et interviewés s’échangent sans qu’un mot du contenu ne déborde.

La tendance est internationale, mais l’exception française mérite toujours quelques cocoricos : traduirait-on en javanais la presse internationale, que nos médias se reconnaîtraient aisément à leur parti-pris monolithique et inébranlable contre l’État d’Israël, quelle que soit la couleur de son gouvernement et quelque mesure qu’il prenne, ou ne prenne pas.

Cependant, tout n’est pas rose au pays du noir sur blanc, voire des 1024 nuances en 10 bits1. Le public, qu’il soit constitué d’Homo Journalo-lectorus ou de son cousin Homo Téléspectatorus a évolué avec sa planète. Tous deux ont muté en Homo Internetus, capables de s’informer auprès de médias moins monomaniaques que le mainstream. L’exception française se manifeste aussi à travers l’insatisfaction de certains, du fait que tous les citoyens ne sont pas égaux devant la Toile, les polyglottes étant privilégiés.

Il est vraisemblable qu’une loi sera rapidement votée pour rétablir l’égalité en soumettant les trop-éduqués à une IFI-bis : Imposition sur la Fortune Informationnelle.

et la même de travers

Or donc, il arriva qu’une situation habituellement israélienne se produisit en France, sous la forme d’attentats à répétition perpétrés par des banlieusards immigrés ou par des nationaux, au cri similaire de Allah Akbar, quels que soient le modus operandi et la ou les victimes.

Si l’action déclenchante était similaire, la réaction hexagonale a longtemps été à l’opposé de celle de l’État hébreu : ce dernier n’avait d’autre priorité que de protéger ses citoyens, alors que l’obsession de la patrie des droits de l’homme était que ses dirigeants apparussent comme des « gentils » et ne courussent point le risque de se voir taxés d’islamophobie.

Quand ils n’arrivaient pas à les capturer vivants pour les questionner, les Israéliens abattaient les terroristes. Leurs citoyens se sentaient protégés autant que c’était humainement possible. Les Français faisaient pareil, mais au lieu de questionner les criminels, ils les déclaraient d’office « loups solitaires ayant des antécédents psychiatriques ». Chez nous, il était interdit de soupçonner un acte terroriste et de qualifier Allah de « proche de l’islam ».

Les causes différentes produisant des effets différents, les attentats se multipliaient en France et se raréfiaient en Israël. Est-ce pour cela que les choses, un jour, changèrent ? Pas du tout.

Cétailafautopublic

Les politiciens français polissaient les faits jusqu’à en tirer des contes de fées, les journagandistes jouaient à Emmanuel-a-dit avec autant d’enthousiasme qu’ils avaient pratiqué le Jacques-a-dit, puis le Normal-a-rien-dit… mais le public était de plus en plus réticent au gavage.

Le jour où un professeur fut décapité dans la rue pour avoir utilisé des caricatures comme illustrations de la liberté d’expression, les citoyens démontrèrent sans ambiguïté qu’un autre casting s’imposait pour le rôle de dindons de la farce. Et ce, dès le prochain épisode : ils n’étaient plus volontaires.

Leur président comprit qu’il en allait de l’avenir de son trône républicain.

Il mit à jour son système d’exploitation, passant d’un bond de Peace&Love.1 à Président.V.9. Il fit équiper sa Gameboy de Mortal Kombat et potassa le tutoriel Représailles.

Cela donna un discours inédit, qui attribuait l’attentat terroriste à un terroriste et la formule Allah Akbar à une religion audacieusement nommée : on entendit « séparatisme islamique », on entendit « ennemi intérieur ». Ce dernier, qui portait aussi costume indigéniste, FIfigéniste ou idiot utile multicolore et arc-en-ciel, fit profil bas, sentant sa fin prochaine s’il entonnait son habituel refrain.

Le coup qui, de rage, nous étrangla vint de l’étranger

Comme la France, les États-Unis avaient leurs ennemis intérieurs, tout occupés à démolir les fondements sur lesquels leur pays s’était constitué. Ils étaient donc opposés à tout ce qui était blanc, à tout ce qui relevait de l’autorité, surtout si elle était étatique, et s’intéressaient au bien-être du coupable avant celui de la victime. Ils avaient élu le racisme systémique, idéologie de l’année et le pratiquaient systématiquement à tout ce qui dépassait du rang de leurs obsessions.

Leur quotidien de référence titra donc sur l’attentat français, concept pour concept, sinon mot pour mot, comme le quotidien de référence français annonçait attentats israéliens. Le titre : « La police française tire sur un homme et le tue après une attaque fatale au couteau dans la rue (New York Times) » a indigné ladite rue, qui a trouvé cette présentation honteusement biaisée.
Biaisée, elle l’était, évidemment, comme la plupart de celles où « un Palestinien est abattu par l’armée israélienne » sans que soit précisé qu’il venait de poignarder un ou des civils.

Pour les Français juifs, habitués depuis des décennies à subir cette double violence, celle des meurtres et celle des accusations de meurtres par procuration, lesquelles avaient conduit des musulmans ou des pro-palestiniens français à assassiner des vieilles dames et des enfants juifs pour venger les occupés de Gaza, les Français juifs, donc, l’épisode du titre du NY Times aurait dû prêter à rire. Sauf qu’il les a condamnés à une double peine (syn : chagrin), en tant que juifs et en tant que français.

Qu’est-ce qui est insupportable dans la présentation new-yorkaise ?

Puisqu’il est question de liberté d’expression et de susceptibilité, les Français ne sont-ils pas mal venus de se dire offensés par le biais médiatique américain ? Cette question rhétorique ne s’impose que pour revisiter les notions qu’on oppose souvent au bon sens, renvoyant celui-ci loin de chez nous.

Que l’on reçoive avec douleur ou frustration le récit d’un fait dans lequel le coupable et la victime ont été intervertis, cela n’a rien que de très normal. Pourquoi, au nom de la liberté d’expression se priverait-on de le dire ?

En revanche, comme on croit avoir compris que le languedeboisait Ségolène Royal, tout n’est pas bon à dire n’importe comment. Mais justement ! La loi sanctionne les appels à la haine contre des personnes, quelle que soit la raison invoquée pour cette haine. Rien n’empêche, en revanche, de critiquer des idéologies, des religions, des livres, des films, des théories, des programmes politiques, etc. La critique, fût-elle acerbe, n’engage que son auteur et, en aucune façon, les personnes qui partagent cette religion, cette politique ou cette théorie.

Mila, hiérarchie des mots et des maux

Mme Royal faisait référence au manque de respect qu’une adolescente avait manifesté vis-à-vis du dogme musulman, en mettant son doigt dans le derrière de son prophète. En effet, Mila avait dit « doigt dans le cul » et non « dans l’anus », qui eût été médicalement plus précis, ou « dans le fondement », qui eût été plus élégant.

Mila a été impertinente et surtout grossière. Même pour les athées, qui considèrent Allah à la même aune que le Père Noël, cela a pu déplaire. Mais cela ne mérite qu’une remontrance et certainement pas des menaces de mort.

De la même façon, des chrétiens peuvent se plaindre de la grossièreté du lamentable chanteur (à moins qu’il se prétende humoriste ?) dont le succès célébré sur France Inter a tenu à l’audace iconoclaste de son titre « Jésus est pédé (France Inter) », interprété à l’époque de la « polémique Mila ». Heureusement, aucun de ces chrétiens n’a menacé le soprano mineur de mort.

Méthode brevetée Le Monde

La hiérarchie des faits mise au point et perfectionnée par Le Monde consiste, pour les causes qui tiennent à cœur à la rédaction, en l’inversion des causes et des effets : commencer par les représailles, puis évoquer brièvement l’événement déclencheur et embrayer sur le danger que cela fait courir à l’entourage des coupables.

C’est valable, depuis des lustres pour les attentats palestiniens contre les civils israéliens, les manifestations armées de la « Marche du retour » à Gaza ou les roquettes lancées sur les villes israéliennes :

  • 1) le décompte des « victimes » côté agresseurs,
  • 2) l’évocation de la cause : « pacifique marche du retour » (y compris quand le Hamas honore tous ses morts comme combattants) ou « fusées artisanales » (y compris quand les rockets made in Iran tombent sur un jardin d’enfants) et enfin,
  • 3) recension des appels au calme à Israël « contre les réponses disproportionnées », de la part des chancelleries antisionistes.

Copycat, en français se dit « imitation »

C’est cette méthode et cette hiérarchie que le NY Times a appliquées à la décapitation du professeur Samuel Paty, suivie d’attentats contre des civils, qui ont conduit le Président français à décider de dissoudre les associations promouvant la haine de la France et d’expulser les imams qui incitent au djihad.

Cela a donné un premier titre dans le registre de ceux qui condamnent, habituellement, Israël, laissant comprendre aux lecteurs que seule la police française était coupable de l’assassinat d’« un homme » après une attaque sans coupable identifié.

Le sujet est tragique, mais la réaction du Monde est quand même douloureusement comique, car l’antisioniste français s’indigne de la réaction de l’anti-français américain sous le titre

« Une déroutante cécité américaine face au phénomène du djihadisme dans l’Hexagone ».

L’article explique, avec une déroutante cécité, l’ignorance étatsunienne :

« Ni la droite trumpiste, accusant tous les musulmans, ni le camp progressiste, qui préfère la « bonne parole » à la liberté de parole, n’arrivent à analyser l’assassinat de Samuel Paty et la spécificité du djihadisme ».

Il est enrichissant de constater que l’analyse des éditorialistes du Monde décrypte parfaitement le fonctionnement du support qui copie leur méthode :

« Les grands titres de la presse progressiste américaine ont jusqu’alors minimisé la portée de l’événement. À l’inverse, la presse conservatrice a multiplié les articles, des émissions en direct sur la chaîne Fox News aux flots infinis de commentaires sur Breitbart. »

Encore une fois, s’il ne s’agissait pas d’une série d’événements aussi dramatiques, on aurait presque envie de rire, tant, depuis septembre 2000, les grands titres de la presse progressiste française ont jusqu’alors minimisé la portée de l’événement à chaque attentat terroriste.

Le problème des médias est que les problèmes sont complexes

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. » Ce principe de Boileau est également valable pour des choses complexes. Encore faut-il saisir ladite complexité et en rendre compte avec clarté.

Essayons, face à deux problématiques étroitement intriquées.

  • 1) Les décisions d’action énergique prises par l’État français après 30 ans d’entrisme islamiste et de dos rond face aux attentats.
  • 2) Le récit des événements par le NY Times complètement faussé suivant la méthode Le Monde.

La conjugaison des deux a entraîné les protestations indignées de la presse française et de nombreux responsables politiques, qui tombaient des nues, n’ayant jamais remarqué qu’ils pratiquaient quotidiennement, à l’égard de l’État juif, ce qui les choquait tant, ce jour-là, à leurs dépens.

Quoiqu’ils aient chacun leur fierté, aucun média n’est insensible à la bronca de ses confrères, aussi le quotidien de référence américain a-t-il légèrement modifié son titre, actant le fait que la police n’avait pas tiré machinalement sur un passant :

« Un homme décapite un enseignant dans la rue en France et est tué par la police (New York Times) »

Mais comme la presse ne peut pas avoir tort ni ici, ni de l’autre côté de l’Atlantique, il a embrayé sur un deuxième article qui, comme le premier, victimise les terroristes et/ou leur communauté. L’opus n°2 est titré :

« Après les attaques terroristes, les musulmans s’interrogent sur leur place en France (New York Times). »

Les musulmans de France y sont présentés en victimes d’une discrimination généralisée, les associations menacées de dissolution étant « considérées comme extrémistes par le gouvernement » (ce qui n’empêche pas d’autres de les considérer comme des organismes caritatifs) et « l’élimination des rayons communautaires dans les supermarchés » étant carrément inventée pour augmenter la discrimination… et la pression sanguine des lecteurs.

Les musulmans, dans leur ensemble, ont une vie en France bien plus enviable que dans leurs pays d’origine, où ils n’ont aucune envie de retourner et ceux qui sont le plus agressivement opposés au French way of life déclarent fièrement leur combat pour le remplacer par une dictature régie par la sharia. Même si leurs réponses sont différentes, ni les uns ni les autres ne se posent la question de leur place en France !

Le NYT est aussi bienveillant vis-à-vis de l’islam que son alter ego parisien

Du coup, il prend mal qu’on lui reproche son tropisme. D’autant qu’il le partageait jusqu’au mois dernier.

En France, le statut du président n’a rien à voir avec son confrère américain. Ici c’est une monarchie présidentielle. Alors Emmanuel Macron n’a pas l’habitude de recevoir des coups en traître. A fortiori d’être condamné quand il fait son boulot correctement. Ça, c’est bon pour les dirigeants israéliens à qui il dispense régulièrement conseils et leçons. Justement, pour une fois, il faisait réellement le travail d’un président : il avait réagi de façon logique et constructive face à des agresseurs. Il a dû être d’autant plus frustré quand il a lu les titres du Monde américain.

S’il espérait, en prenant langue avec le journaliste américain, pour lui faire prendre conscience de ses erreurs, que celui-ci serait flatté d’être traité en égal, son ego a dû en souffrir et c’est bien fait pour lui, cela lui fera prendre conscience 1) que la France est un tout petit pays et 2) que Président de la république est un job qu’aucun journaliste américain n’envie.

Macron est allé pleurnicher et le journaliste a cafté

Sous le titre « Macron contre les médias américains », Ben Smith a déballé que le Président des Français l’avait « appelé jeudi après-midi de son bureau doré au palais de l’Élysée pour (lui) soumettre une plainte (New York Times). »

Macron a déclaré à l’envoyé permanent du NYT ce que Netanyahou ne dit probablement même plus à ses intimes, car l’automatisme antisioniste de la presse française finit par le laisser de marbre : « quand je vois… de nombreux journaux… qui écrivent, dans un pays qui est l’enfant naturel des Lumières et de la Révolution française, et qui légitiment ces violences, qui disent que le cœur du problème, c’est que la France est raciste et islamophobe, je dis : ‘les fondamentaux sont perdus’. »

Les fondamentaux, fallait peut-être y réfléchir, en janvier dernier, avant de jouer le remake de Chirac à Jérusalem : « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi, sortez ! C’est la France ici, et tout le monde connaît la règle (le Parisien). » Parce que, du coup, son reproche sonne étrangement comme une projection freudienne. De quels fondamentaux parle-t-il ? L’honnêteté intellectuelle ? Ah ah ! (On traduit pour lui en djeun’s dans le texte : MDR !)

Car lorsque, « Après les attentats, le président français accuse les médias anglo-saxons de “légitimer” ces violences », n’est-ce pas très exactement ce que lui-même a fait, quand il s’en est pris aux soldats israéliens chargés de le protéger, devant l’église hiérosolymite offerte à la France par l’empire ottoman en 1856 ? Non en réalité, c’était plutôt de l’incitation à la violence contre les Juifs français à l’intention des palestinolâtres hexagonaux.

Il ne pouvait pas deviner que moins d’un an plus tard, les terroristes tueraient des « Français innocents » !

Ah bon, gouverner ce n’est pas prévoir ? Non, plus depuis Thiers, qui avait aussi dit : « Pacifier, réorganiser, relever le crédit, ranimer le travail, voilà la seule politique possible et même concevable en ce moment. » C’était le 19 février 1871. Février mille huit cent soixante et onze, pas mai deux mille vingt-deux. Pourtant, on espère bien que cela s’inscrira au programme d’un/e homme/femme politique d’ici là. LM

Liliane Messika, MABATIM.INFO

1 La couleur d’une télévision est communément appelée « nombre de bits par pixel ». Plus elle est importante, plus l’image peut afficher de couleurs différentes : 8 bits = 255 nuances de couleurs sur chaque canal de couleur primaire (rouge, vert, bleu) 10 bits = 1024 nuances. Voir : https://www.ubaldi.com/guides/televiseur/traitement-image–gup248.php

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