À Cornell, le nouvel antiracisme s’appelle EMSICAR

(EMSICAR = racisme à l’envers, mais vous l’aviez deviné…) Aux États-Unis, l’excellence universitaire change de critères.

Il ne s’agit plus d’écrire les thèses les plus argumentées ou les plus innovantes, ni de formuler les hypothèses intégrant les découvertes les plus récentes, mais de se couler le plus étroitement possible dans le moule du conformisme racial ambiant.

Non aux noms !

Pour ce faire, l’université Cornell, à Ithaca dans l’État de New York, a changé l’intitulé de son département d’anglais, pour le rebaptiser « Département des littératures en anglais. » À quoi sert la différence ?

Premier effet positif, elle a occupé pas mal de neurones à couper des poils de barbe en quatre, ce qui a pu donner l’impression que le sujet du racisme était pris avec le plus grand sérieux, dans cette prestigieuse institution.

Quel rapport entre le « Département d’anglais » devenu « Département DES littératures en anglais » et le racisme ? C’est une excellente question, mais vous avez eu tort de la poser, car elle montre que vous êtes un engourdi, pas encore un « woke », un éveillé.

Vous ne voyez même pas que

« Le nouveau nom proposé marque un changement distinct dans l’image de marque du département, aidant à éliminer ce que la directrice des études de premier cycle, la professeure Kate McCullough, voit comme la ‘fusion de l’anglais comme langue et de l’Anglais comme nationalité.’ (the Cornell Daily Sun

Ceux qui ne sont pas traumatisés par la confusion anxiogène du même mot pour décrire le français et les Français, pourraient imaginer que ladite confusion provenait de ce que les étudiants de Cornell sont américains, pas anglais. Pour autant, ils parlent ce que le correcteur de Word appelle « l’anglais US ». Américain au lieu d’anglais ? Rien à voir, si l’on en croit Carole Boyce-Davies, l’une des professeures (avec un E, œuf corse) qui a rédigé la proposition originale de changement de nom. Elle s’est dite motivée par la popularité croissante du mouvement Black Lives Matter après la mort de George Floyd :

« Les universités de tout le pays – pas seulement celles de couleur, mais les universités en général – ont commencé à examiner l’institution pour voir comment nous pouvons contribuer à faire progresser un discours qui remet en question les formes structurelles de racisme qui se reproduisent sans cesse chez les étudiants et dans l’enseignement. »

La langue de bois, elle, est manifestement universelle.

Ceux qui continuent à ne pas voir le rapport entre la langue anglaise, la nationalité éponyme et le racisme structurel n’ont aucune chance d’être admis à Cornell… et ils n’ont aucune raison de le regretter !

Si les vaccins étaient interdits aux Noirs, ce serait un scandale

Et l’esclandre serait justifié. C’est le contraire qui se produit. Comme leurs homologues français toujours en recherche d’une stigmatisation, les étudiants BIPOC (ceux qui s’identifient comme Noirs, Indigènes ou Personnes de Couleur) ont un besoin irrépressible de se sentir discriminés.

Ils ont donc pris le premier prétexte venu, celui de la vaccination obligatoire contre la grippe. Cette mesure a été prise par des établissements d’enseignement, dont Cornell, pour lutter contre le risque de comorbidité en cas de Covid-19.

Cette obligation a été ressentie comme une contrainte insupportable par les fragiles myosotis qui étudient dans cette université, l’une des plus haut-de-gamme du pays, qui émarge au club ultra select qu’on appelle, avec respect, la Ivy League.

Il est probable que ce sentiment n’a pas affecté que les individus qui réduisent leur identité à une différenciation raciale, mais ils sont les seuls à avoir été exemptés du vaccin pour cette raison.

« Les étudiants qui s’identifient comme noirs, autochtones ou comme personnes de couleur (BIPOC) peuvent avoir des préoccupations personnelles concernant le respect des exigences du Compact1 en raison d’injustices historiques et d’événements actuels (Campus Reform) »,

… peut-on lire sur la FAQ du site de l’université, qui renvoie à une page spécialement destinée aux étudiants de couleur.

Sur cette page ségréguée, on peut lire l’explication tirée par le résidu de poil coupé en quatre lors de l’épisode précédent (celui du changement de nom d’un département) :

« Par exemple, historiquement, les corps des Noirs, Autochtones et autres personnes de couleur (BIPOC) ont été maltraités et utilisés par des personnes au pouvoir, parfois à des fins lucratives ou médicales. »

Et les étudiants blancs qui ont simplement peur des piqûres ? Leur vécu n’a pas à être pris en compte… sauf peut-être s’ils arguent d’une appartenance à une minorité sexuelle incompatible avec le sentiment de sécurité donné par la vaccination contre une maladie parfois mortelle.

La différence des droits en fonction de la race, n’est-ce pas la définition du racisme ?

C’est exactement ce qu’a pensé un étudiant de premier cycle, qui a accepté de s’exprimer pour le journal de la fac, à condition de conserver son anonymat. La précision de son niveau d’études est d’importance, car il y a fort à parier qu’à la fin de son deuxième cycle, il aura été formaté au racisme obligatoire… ou il aura changé d’Alma Mater.

« Tous les étudiants méritent un traitement égal en ce qui concerne les choix de soins de santé qu’ils sont autorisés à faire à Cornell. Qu’une déclaration de politique institutionnelle distingue les étudiants BIPOC pour les demandes d’exemption est injuste pour les autres étudiants », a déclaré cet antiraciste primaire.

En tout cas, s’il veut changer de fac ou de cursus, inutile qu’il envisage des études en France : le politiquement correct traduit en français « BIPOC » par « racisés » ou par « discriminés », deux synonymes, qui attestent que l’intersectionnalité des victimisations est un jackpot convoité.

Certes, à peu près n’importe qui peut se déclarer racisé ou discriminé, il suffit de trouver sa niche.

Pourtant, attention : il reste une catégorie et une seule, que l’on continue à stigmatiser véritablement en toute impunité. C’est celle des blancs hétérosexuels. Pour obtenir des privilèges, il convient donc de se choisir une identité discriminablement profitable, plutôt que d’admettre sa pâle banalité.

« Le vaccin n’est obligatoire que pour les étudiants blancs »

Il existe aux États-Unis un site web d’information tendance conservateur, axé sur l’enseignement supérieur. TheCollegeFix.com a été créé en 2011 par le journaliste John J. Miller et il est mis en ligne par la Student Free Press Association (SFPA). On peut y lire des billets d’humeur, comme celui-ci :

« L’une des choses étonnantes que nous avons apprises en 2020 est que le nouveau coronavirus ne peut pas infecter les personnes qui assistent aux manifestations de Black Lives Matter. C’est beau, la science ! Apparemment, la grippe saisonnière est encore plus prévenante, du moins à Cornell. Cette université offre une exemption de son nouveau vaccin obligatoire contre la grippe, basée sur la race et exigeant que seuls les étudiants blancs soient obligés de se faire vacciner avant la rentrée (the College Fix). »

Le désir d’insatisfaction

Le principal bénéfice que tirent les « racisés » en France et les BIPOC outre-Atlantique est de se sentir victimes. Cela mène les uns et les autres à une susceptibilité sourcilleuse et à la recherche permanente d’une injustice contre laquelle revendiquer réparation.

Il n’y a, hélas, aucun moyen de les satisfaire, car leur jouissance provient de leur insatisfaction. Il est donc stupide de chercher à les amadouer en s’agenouillant ou en empilant à leur bénéfice de plus en plus de discriminations positives, puisque cela les force, à chaque victoire, à rechercher une cause supplémentaire d’insatisfaction.

Avec des enfants gâtés qui n’ont pas encore atteint l’âge de la majorité, la seule méthode pour limiter les dégâts est la patience des parents, le refus de céder aux caprices des enfants et le respect strict de la loi (que les premiers peuvent exiger vis-à-vis des seconds, si eux-mêmes s’y conforment rigoureusement).

Les petits enfants finissent par atteindre l’âge de raison, qui se traduit par la perte des dents de lait et une prise de conscience de la réalité et des limites du désir personnel par rapport à cette réalité.

Ceux qui s’auto-désignent comme racisés ou qui n’ont d’identité que BIPOC sont des mutants : leurs dents de sagesse ne pousseront probablement jamais. Les exceptions finiront peut-être par en avoir, mais la sagesse elle-même demande une conscience de l’altérité qui leur échappe. Pour notre malchance, il y a des chances qu’ils aient perdu toutes leurs dents avant de s’éveiller à la signification du mot sagesse… même ceux qui font des études de philosophie ! LM♦

Liliane Messika, MABATIM.INFO

1 Le Cornell Student Behavioral Compact est le document auquel doivent adhérer les étudiants et qui décrit les attentes de l’administration au sujet de leur comportement, afin de minimiser la transmission de la COVID-19 au cours de l’année universitaire.

Un commentaire

  1. Par exemple, historiquement, les corps des Noirs, Autochtones et autres personnes de couleur (BIPOC) ont été maltraités et utilisés par des personnes au pouvoir, parfois à des fins lucratives ou médicales. et les juifs dans les camps n’ont-ils pas été maltraité et utilisés par des personnes au pouvoir, parfois à des fins lucratives ou médicales.
    NON Mengele et d’autres soi-disants médecins n’ont pas existé.
    NON les juifs n’ont pas été utilisés comme des esclaves dans les camps de concentration.
    Mes parents qui l’ont vécu ont me mentir, ou bien ne voulaient-ils pas être victimisés, mais se sont battus pour réussir leur vie et celle de leur enfant sans passer pour des victimes mais pour des mentsch.

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