Les structures traditionnelles dans la société palestinienne (1/2)

1ʳᵉ partie

Peut-on comprendre le Proche-Orient ?

Si l’on en croit la majorité des médias, c’est très simple. Il y a les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Le choix est idéologique.

Mais si on regarde honnêtement la réalité, on se rend compte de sa complexité.

En Palestine, à côté des organisations politiques et religieuses, il existe des structures familiales traditionnelles dont l’influence est grande sur la population :

— les tribus,

— les clans

— les familles notables.

La frontière entre ces structures est floue.

Ce facteur important et complexe du conflit israélo-palestinien est ignoré, volontairement ou pas, par les acteurs et les intervenants. Lorsqu’ils évoquent les Arabes de la région, Israël, les occidentaux, l’ONU, les ONG, les amalgament en un tout : les Palestiniens. Cette grave erreur fait l’impasse sur l’organisation de la société palestinienne en de nombreux clans, tribus, et familles notables ; il en existe plus de 125. Pour leurs membres, ces structures claniques sont plus importantes que la nationalité. Ils peuvent être amis ou ennemis, partisans de l’indépendance ou alliés d’Israël, la violence y est incessante, nourrie par de nombreux conflits.

Lors de la guerre d’Irak en 2003, le gouvernement américain a réalisé l’importance du rôle joué par les tribus, clans et autres unités familiales dans le Moyen-Orient. Il a fait venir à Washington des d’experts pour étudier leur influence.

Cet article se réfère en particulier à la conférence présentée par le professeur Glenn E. Robinson sur le cas palestinien, sur le rapport « Report Clan conflicts in the Palestinian Territory » de l’organisation norvégienne LandInfo et sur l’article d’Outre Terre « Gaza, le défi des clans et des familles » publié par l’International Crisis Group.

Origine des structures claniques palestiniennes

La société palestinienne en Cisjordanie et à Gaza est caractérisée par des structures claniques. Bien que partageant des attributs familiaux, des obligations comportementales (surtout chez les hommes), des réseaux informels et des systèmes culturels basés sur l’honneur et la honte, ils sont sensiblement différents en ce qui concerne leurs origines et leur importance.

Si les tribus bédouines, très minoritaires, sont d’origine palestinienne, la plupart des clans et des familles notables vient d’une colonisation de peuplement imposée par la Turquie après le démantèlement de l’Empire ottoman.

Par exemple,

— les Dughmush originaires d’Anatolie avaient migré en Palestine durant l’Empire ottoman jusqu’en 1918 ;

— les Masri venaient d’Égypte ;

— les clans de Galilée sont en grande partie issus des 10 000 Algériens venus avec Abdelkader (cf. Algériens de Palestine/Palestiniens d’Algérie : histoire croisée, AFPS) ;

— les Abu-Gosh sont issus de Tchétchénie.

— Des Berbères ont immigré dans ce qui est aujourd’hui le nord d’Israël, notamment dans la région de Safed.

— Des Kurdes, des Albanais, des musulmans chassés de Grèce,

— des Circassiens (musulmans du Caucase) ont également été enracinés en Palestine ottomane et mandataire.

— Quand à la fin du 19 siècle, l’empire austro-hongrois a envahi la Bosnie, une importante émigration s’ensuivit. Les Bosniaques furent implantés par le sultan turc dans la plaine du Sharon.

Tous se revendiquent « Palestiniens » sans avoir oublié d’où ils viennent. Cette colonisation de peuplement dans cette région disputée participe grandement à la complexité de la situation géopolitique.

Tribus

Parmi les trois structures claniques de la société palestinienne, les tribus sont les moins importantes politiquement et socialement. Elles rassemblent les clans et les familles semi-nomades bédouines, vivant dans une zone géographique rapprochée.

Environ 15 % de la population de Gaza et de Cisjordanie est d’origine bédouine, 25 % dans la bande de Gaza, beaucoup moins en Cisjordanie.

Très peu de tribus sont encore semi-nomades. La fertilisation du désert a eu pour effet de limiter la capacité des tribus bédouines à conduire le bétail en toute liberté. Les problèmes de propriété qui ont accompagné le conflit israélo-palestinien ont provoqué la sédentarisation des Bédouins. Celle-ci a causé une diminution de l’affiliation aux tribus.

Si économiquement et politiquement le poids des tribus diminue en Palestine, l’identité tribale demeure très forte ainsi qu’elle l’est dans toute la péninsule arabique, en Irak, en Jordanie et en Syrie. ?

En Israël, les bédouins du Néguev sont considérés, à l’instar des druzes et des circassiens, comme des citoyens loyaux à l’État. Ils sont historiquement éleveurs de chèvres et de moutons. Par leur culture et leurs coutumes, ils sont différents des Arabes israéliens. Leur nombre est évalué à 140 000 dans le sud du pays et 70 000 dans le centre et le nord. Ils représentent environ 3,5 % de la population israélienne. Les Bédouins sont souvent engagés volontaires dans Tsahal, l’armée israélienne qui bénéficie de leur connaissance du terrain et de leurs talents de pisteurs. Leur savoir-faire a permis d’éviter un grand nombre d’infiltrations terroristes en Israël.

Les tribus de Gaza sont organisées en six confédérations tribales (saffs). Chaque confédération est composée d’au moins une douzaine de tribus (asha’ira). Leurs chefs (mukhtars) les dirigent en véritables chefs de guerre. En dépit des tentatives du Hamas pour les soumettre, ils ont conservé leurs armes et la souveraineté sur leurs territoires. Ils font partie des forces de sécurité de la bande de Gaza. Le gouverneur de Khan Yunis a déclaré : « Le personnel des forces de sécurité est plus fidèle à leur famille qu’à l’appareil de sécurité ».

Les tribus de Cisjordanie, plus petites et plus isolées, sont principalement basées sur les terres désertiques des collines d’Hébron, éparpillées à l’est de Jérusalem et sur le flanc ouest de la vallée du Jourdain. Elles viennent de la tribu Jahalin, ainsi que de quatre autres tribus du désert du Néguev (al-Kaabneh, al-Azazmeh, al-Ramadin et al-Rshaida) qui ont trouvé refuge en Cisjordanie après la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. 20 000 Bédouins sont installés en Cisjordanie, disséminés sur l’ensemble des districts, ils constituent la tranche la plus pauvre de la population palestinienne. « L’UNRWA a accordé le statut de réfugiés à certains Bédouins » a écrit Yasmina Hamlawi, consultante juridique en sciences politiques, dans la revue Confluences Méditerranée, sans préciser lesquels ni à quelles conditions. Le rapport annuel de l’UNRWA publié en 2019 recensait 110 000 bédouins qui percevaient des allocations

Clans

Les clans en Palestine sont plus importants que les tribus bédouines. Les clans sont le regroupement de plusieurs ou de nombreuses familles, en général citadines et apparentées.

L’importance de la structure clanique s’est encore renforcée depuis l’effondrement de l’Autorité palestinienne durant la seconde intifada.

Un clan ou hamula est composé de plusieurs familles élargies (a’ila) revendiquant une ascendance commune. Leurs membres sont, en principe, liés par le sang. Les femmes qui se marient en dehors de la hamula appartiennent alors à l’autre hamula. La taille des petits clans varie généralement de plusieurs dizaines à quelques centaines d’hommes, alors que les plus grands peuvent revendiquer plus de 1 000 hommes.

La dispersion des Palestiniens a rendu plus fluide l’adhésion aux clans, laquelle est plus importante en Palestine qu’ailleurs dans le monde arabe. Dans les camps de réfugiés s’est recréée une identité et des liens claniques plutôt basés sur le village ou le pays d’origine que sur de véritables liens familiaux. Les ménages hors clan (bayt) ou les familles (a’ila) de clans géographiquement dispersés ou marginalisés tentent souvent de s’accrocher à un clan local plus puissant en inventant des histoires sur une ascendance commune. S’il y trouve un intérêt, le clan acceptera d’absorber cette nouvelle famille et adaptera l’arbre généalogique en conséquence. Avec le temps, la nature de la fusion est oubliée, même si la nouvelle famille reste en marge du clan pendant une période plus ou moins longue.

Les clans ruraux possédaient des « terres partagées » (mush’a) dont les récoltes étaient réparties entre les membres du clan. L’importance des terres partagées a diminué de façon constante depuis l’adoption par l’empire ottoman du code de droit foncier de 1858, la reconnaissance de la propriété privée sous les régimes britannique et jordanien et depuis 1981, la classification par Israël des terres d’État en Cisjordanie. Ainsi, s’est affaibli un pilier économique du clan.

L’économie des clans est alors passée de la culture partagée des terres à des activités financières partagées. De nombreux clans ont créé des fondations, des ONG ou d’autres outils institutionnels pour gérer les finances et les investissements de leur hamula. À Gaza particulièrement, une telle répartition des richesses a été essentielle à la survie des ménages alors que l’emploi est rare et l’épargne souvent inexistante. Les membres du clan vivant en diaspora contribuent à ces fonds, dans certains cas à hauteur de dizaines de milliers de dollars.

La plupart des entreprises de la bande de Gaza, peut-être 95 %, sont familiales. Ce qui signifie que les emplois, les revenus et les bénéfices peuvent profiter au clan dans son ensemble. Par exemple, la culture des fraises dans le nord de Gaza est gérée par les Masri ; l’importante flotte de pêche est aux Bakr ; le port de Gaza et les pépinières de fleurs du sud de Gaza aux Abu Naja ; les Dughmush ont le monopole des pneus, etc.

Les fonctions historiques des clans ont contribué à leur survie dans la période moderne. Ils sont un facteur de sécurité individuelle et familiale. Les étrangers réfléchiront à deux fois avant d’attaquer un membre d’un clan (surtout si celui-ci est puissant), sachant qu’une vengeance (tha’ir) s’ensuivra inévitablement.

Un petit affront peut déclencher une guerre de clans. En l’absence de médiation, la vengeance doit continuer jusqu’à ce que l’honneur de la partie lésée soit lavé. Pour donner deux exemples : une altercation a commencé à Khan Yunis, en 2005, quand un membre Masri a abattu un marchand de mangues du clan Abu Taha qui n’avait pas de monnaie à rendre sur son billet de vingt shekels (5 euros). Le combat a duré deux ans et a causé 29 morts, 60 blessés et des incendies criminels.

Une collision mineure entre une voiture et une charrette à âne impliquant un membre apparenté au clan Masri et un membre du clan Kafarna de Beit Hanun est à l’origine d’une guerre de territoire qui a fait onze morts.

Bien sûr, de tels conflits entraînent une interdiction des mariages mixtes entre clans rivaux.

Le ciment qui lie les membres du clan est un code d’honneur appelé mithaq al-sharaf, obligatoire pour tous les hommes du clan. Le mithaq est souvent un accord écrit de plusieurs pages qui lie entre elles toutes les familles disparates qui constituent la hamula. Les membres s’engagent non seulement à la loyauté les uns envers les autres, mais conviennent qu’une attaque (physique ou déshonorante) contre un membre du clan constitue une attaque contre tous les membres de la hamula. La société palestinienne partage le système social de l’honneur et de la honte commun aux pays méditerranéens. Les membres ne peuvent enfreindre ce code sans se déshonorer eux-mêmes et leurs familles. En l’absence d’un État pouvant assurer la sécurité publique, le code de la vendetta et de la vengeance domine.

Les vendettas n’ont pas de délai de prescription. Toutefois rapides à la colère, les clans peuvent être tout aussi rapides à la réconciliation. Il existe un système de résolution des conflits dit comité de conciliation (lajnat islah), distinct de l’appareil judiciaire d’État. Il se compose des anciens membres respectés qui connaissent la loi coutumière.

Outre la sécurité et l’économie, un troisième élément contribue à la force des clans palestiniens. Les clans constituent un vivier important de conjoints dans une société où la moitié des mariages se fait entre cousins. Plus largement, ils sont un réseau de confiance pour toutes les occasions sociales.

Si les clans et les chefs de clans (mukhtar) n’ont qu’un pouvoir local, réunis ils deviennent une puissance politique qui peut influencer le pouvoir national. Le Hamas s’est attaqué aux clans à Gaza. Les clans se sont unis pour résister et le Hamas a cédé. Il compose désormais avec eux.

Lorsque l’État est fort et peut protéger ses citoyens, les clans s’affaiblissent. Là où l’État est faible, les clans sont forts. La raison principale de la montée en puissance des clans est l’effondrement de l’Autorité palestinienne.

Familles notables

Le troisième groupe clanique qui structure la Palestine est la « famille notable », une formation sociale typique dans toutes les régions arabes de l’Empire ottoman.

En principe, les familles sont issues de la même ascendance. Elles sont dites élargies c’est-à-dire qu’elles incluent les parents (oncles, cousins) jusqu’au énième degré et les affidés. L’ancêtre d’origine est honoré, il remonte souvent à l’époque de l’Hégire même si cette revendication est souvent fictive.

Beaucoup des plus célèbres et des plus importantes familles palestiniennes sont issues de cette classe sociale des notables appelée a’yan. Ces familles élargies ont dominé la politique palestinienne jusqu’aux années 1980 et sont encore très influentes aujourd’hui.

En dehors de l’Anatolie, l’État ottoman dirigeait son empire de manière indirecte en s’appuyant sur des hauts fonctionnaires locaux, membres des familles éminentes. Dans les pays arabes, ces familles servaient d’intermédiaires pour imposer le pouvoir ottoman à la population. Elles le faisaient souvent en édictant leurs propres lois. Le pouvoir qui leur était concédé par l’Empire ottoman était lié à leur capacitéd’accroître les recettes fiscales.

Les officiers de l’armée et de la police, les responsables religieux, ceux de l’administration étaient issus de ces grandes familles. Après l’adoption dans l’Empire du droit foncier de 1858, les familles notables dominantes devinrent également d’importants propriétaires terriens dans toute la Palestine ottomane et le Bilad al-Sham (la grande Syrie).

Avant l’indépendance d’Israël, 30 % des paysans arabes palestiniens ne possédaient aucune terre, 50 % avaient des parcelles insuffisantes pour subvenir aux besoins de leur famille, alors que 250 propriétaires féodaux possédaient des millions d’hectares qu’ils louaient aux paysans. D’après Ghassan Kanafani, historien et écrivain palestinien, cette forme d’exploitation des « effendis » était de loin plus ruineuse pour les paysans que la colonisation sioniste.

Kanafani appelait « féodaux-cléricaux » cette classe sociale qui s’est maintenue à la tête du mouvement national palestinien jusqu’en 1948.

Les Britanniques nommaient les familles notables des « gangs ». Malgré tout, ils se sont appuyés sur elles pendant la période du mandat. Dans les années 1920 et 1930, ils ont joué la division pour affaiblir la société arabe. La tension entre les familles a atteint des sommets avec la rivalité historique des familles Husseini et Nashashibi ; les premiers se caractérisant par leur hostilité envers les Britanniques, leur antisémitisme et leur proximité avec l’Allemagne nazie, les seconds, bien que nationalistes, étaient connus pour leur coopération avec les autorités mandataires.

Pour contrer les sionistes, les Britanniques ont donné un avantage conséquent à la famille Husseini et son chef Hajj Amin el Husseini qu’ils ont nommé grand mufti de Jérusalem.

Pour assurer sa domination sur la Palestine, le mufti a fait assassiner des Juifs et des francs-maçons conformément aux ordres nazis et des chefs syndicalistes comme Michel Mitri et Sami Taha. Il s’en est pris également aux membres des clans Nashashibi, Dajani, Khalidi et Abu Gosh qui lui résistaient. Hajj Amin el Husseini reste aujourd’hui la référence de Mahmud Abbas et de l’Autorité Palestinienne.

Avant la guerre des six jours (1967), l’Égypte à Gaza et la Jordanie en Cisjordanie ont également utilisé les familles notables comme intermédiaires auprès des populations arabes. L’Égypte s’est appuyée sur les familles Shawwa et les Rayyes pour administrer le territoire de Gaza. Les maires, conseillers municipaux et fonctionnaires locaux à Gaza dans les années 1950 et 1960 provenaient presque toujours de ces familles notables.

Après la guerre des six jours, durant les 15 premières années d’administration israélienne, les familles notables ont maintenu leur position privilégiée. Elles ont ensuite perdu de leur importance à cause de la modernisation sociale, l’apparition d’une classe moyenne éduquée et d’une nouvelle élite politique. Elles demeurent malgré tout influentes. Elles ont intérêt à la stabilité politique et économique garantie par un État fort.

C’est dans ces conditions que les familles notables peuvent utiliser au maximum leurs compétences : éducation et ressources. KF

Klod Frydman, MABATIM.INFO


À suivre : Deuxième partie

– Tribus, clans et familles sous Arafat
– Le rôle des clans dans les conditions d’effondrement de l’État
– La politique des clans sous la domination du Hamas à Gaza
– Clans et Islam politique
– Les familles, les clans, les tribus et l’État : implications politiques

_______________________________________________________________________

Annexe : liste des Tribus, clans et familles notables en Palestine (non exhaustive)

GAZA :

Confédérations tribales (Saffs) :

• Hayawat • Tarabeen • Tayaha • Ijbara • Azazma • Jahalin

Clans et Familles notables (Hamula and a’yan)

Gaza

• Reyyes • Shawwa • Abu Middain • Dughmush • Abd al-Shafi • Mughani • Mattar • Hillis • Bakr • Shawwaf • Abu Hassanayn • Abu Sharkh • Madhun • Agha • Adwan • Dira • Jaraf • Abu Warda • Abu Taha • Buhaisi • Abu Khusa

Rafah :

• Al-Sha’ir • Abu Samhadana • Abu Naja

Bayt Hanun :

• Kafarna • Masri • Abu Awda • Abu Amash

Khan Yunis :

• Ashur • Mamar • Jughan • Barbakh • Abu Kuwayra • Masri • Majayda • Shahwan • Abu Taha • Al-Sha’ir

Jabalya :

• Nasir • Samana

Dayr al-Balah :

• Abu Mashaseeb

Cisjordanie (JUDÉE-SAMARIE)

Jérusalem :

• Husseini • Nashashibi • Nussaybe • Khalidi • Dajani • Dakkak • Bani Zayd • Bani Murra • Bani Himar • Simhan • Alami • Uraqat • Baytuni • Hasan • Ka’raja • Abu Ghosh • Darwish • Lahham • Khatib • Salah

Hébron :

• Tamimi • Ja’bari • ‘Amr • ‘Azza • Dweik • Muhtasib • ‘Amla • Atallah • Qawasma • Natshi

Nazareth :

• ‘Abd al-Hadi • Tuqan • Masri • Jarrar • Nabulsi • Hilmi • Al-Sayf • Ahfat • Jayyusi • Al-Ahmad • Rayyan • Qasim • Duwaykat • Mansur • Bani Shamsa • Nimr • Burqawi • Al-Hajj Muhammad • Kan’an • Shaq’a

Ramallah :

• Tawil • Khalaf • Barghouthi • Musleh • Khoury • Ziyada • Haniyya • Kamal

Bethléem :

• Ta’amra • Lahham • Barghouthi • Freij • Dawud • Hizbun • ‘Atrash • Rishmawi • Hamad

Jéricho :

• Suwayti • Uraqat

Tulkarem :

• Hanun

Halhul :

• Milhem

Qalqilya :

• Nasr‘

Anabta :

• Hamdallah

Jenine :

• Yahya • Abu Hasan • Shami • Al-Ahmad

Salfit :

• Jawwad

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