Poules mouillées et autres bêtises

L’important, c’est la dose (de victimitude)

Après les innombrables mots rendus tabous par Black Lives Matter aux États-Unis (Daily Mail) et par les indigénistes chez nous, la tranche des dictionnaires a dû mincir. Comme la liste des agents littéraires de l’agence new-yorkaise Jennifer De Chiara Literary agency : Colleen Oefelein, écrivain, traductrice et agente, vient de s’en faire virer après avoir été dénoncée sur Twitter comme chrétienne et utilisatrice du réseau social Parler, un site conservateur.

« L’agence littéraire Jennifer de Chiara a été peinée de découvrir ce matin qu’un de nos agents utilise les plateformes de réseaux sociaux Gab et Parler. Nous ne tolérons pas cette activité, et nous présentons nos excuses à toute personne affectée ou offensée par ceci. L’agence a par le passé garanti une voix d’unité et d’égalité, engagée pour la justice sociale, et continuera de le faire. À compter de ce matin, Colleen Oefelein n’est plus une agente de l’agence littéraire Jennifer de Chiara (CTRLZ). »

La prochaine édition des dictionnaires, amputée des mots ColleenOefeleinés, sera probablement accusée de promouvoir l’anorexie, alors même qu’une nouvelle prophétesse est née, qui prêche le « body positivism » : son nom est Ashleigh Beevers, retenez-le. Et retenez-vous de rire.

Sa théorie vient d’Australie. Elle est le petit frère pauvre, ou plutôt la petite sœur bientôt riche des initiatives de l’anti-toutisme et s’attaque aux silhouettes qui ne s’habillent pas chez Marina Rinaldi ou Ulla Popken (tailles du 44 au 64).

Le body positivism, positivisme du corps, est à la beauté ce que la discrimination positive est au cursus de Sciences Po : un nivellement par le bas, auquel les bons élèves (et les belles mannequines) sont censés consentir sous peine d’être traités de racistes.

Les premières victimes d’Ashleigh Beevers ont été les héroïnes de Disney, qu’elle a remodelées en thons boudinés et tatoués (e-santé). L’idée est d’éduquer nos chères petites têtes BBRCCA+ (blondes/brunes/rousses/crépues/chauves/autres+), en les convainquant que l’important est la bonté plutôt que la beauté. Il n’est pas exclu que le résultat soit contre-productif et les dégoûte à tout jamais des princesses…

Rien ne sert de réussir, il faut pleurer à point

Si l’on cherche les héros cités en exemples dans les livres d’Histoire de France, jusqu’à l’aube du XXᵉ siècle, on trouvera Clovis, Charlemagne, Jeanne d’Arc, Molière, Voltaire, Pasteur, Marie Curie… À part la pucelle d’Orléans, que des blancs hétérosexuels. Ouh le conformisme ! Aujourd’hui, ce serait politiquement incorrect. Même si Dagobert a mis sa culotte à l’envers ? Oui, même : une hirondelle ne fait pas la Gay Pride.

Heureusement, le XXᵉ siècle a entamé le rééquilibrage en direction de l’idéal du juste et du représentatif : Jean-Paul Sartre (avec qui il convenait d’avoir toujours tort, plutôt qu’une seule fois raison avec Raymond Aron), l’autre Raymond : Poulidor (éternel deuxième, admiré dans nos campagnes, pour n’avoir jamais gagné une course), Zizou (un Beur, alléluia, dont le coup de boule a fait perdre l’équipe de France, mais c’était pour l’honneur de sa sœur), Jean Marais (un homo, ouf !), Jean-Pierre Bacri (toujours en rogne)…

La dernière génération rachète toutes les autres : Mohammed Merah (qui a tué, héroïquement, à lui tout seul 3 enfants de maternelle et 3 adultes), Leonarda (laide, bête et méchante, tout pour plaire à Ashleigh Beevers), Théo (célèbre pour avoir pris une matraque dans le derrière et abandonné par ses fans dès que cela s’est avéré une intox… mais que ses escroqueries aux assoces se sont révélées une info), le Gang des multirécidivistes Traoré (trop nombreux et trop criminel pour détailler), Aya Nakamura (dont le vocabulaire ne possède aucun mot de plus de deux syllabes : la poésie incarnée !), etc.

Plus usurpée est la notoriété, plus courte est sa durée, aussi inutile de vous encombrer la mémoire avec des noms à l’obsolescence programmée à une semaine.

Devenir célèbre grâce au ridicule d’une revendication

En juin 2018, un barbu moustachu a envoyé paître Daniel Schneidermann qui avait osé lui parler au masculin :

« Qu’est-ce qui vous fait dire que je suis un homme ? Il ne faut pas confondre identité de genre et expression de genre (Koreus) ».

Il revendiquait de n’être ni homme ni femme, ni blanc ni noir (mais libanais), ni nu ni vêtu. La séquence dure quelques secondes, mais on en rigole encore.

En décembre 2019, une certaine Haidée s’est fait connaître pour avoir dénoncé la gratuité des urinoirs pour hommes dans la gare de Brest, alors que les WC étaient payants pour les femmes. Cela a conduit la SNCF à supprimer les urinoirs. On a parlé de cette combattante de la parité pendant au moins un quart d’heure sur les réseaux sociaux (20 Minutes).

Aujourd’hui, nous avons Ashleigh Beevers, qui « milite pour une chair tombante, ridée, gonflée de cellulite et fière de ses vergetures (Causeur). »

Chaque jour, ce qui vient de s’abattre sur Colleen Oefelein arrive à une personne qui ne dit pas ce que la minorité bruyante supporte d’entendre. La libre pensée se fait interdire, « effacer », car ceux qui se revendiquent tolérants (Jennifer de Chiara se reconnaîtra) ne supportent pas la moindre contradiction, la moindre ironie, le moindre soupçon de l’une ou de l’autre.

Georges Bensoussan, Eric Zemmour, Alain Finkielkraut en ont fait les frais. Tiens, ils n’ont pas des noms très catholiques, ces trois-là… Cela aurait-il à voir avec l’aversion que les bien-pensants éprouvent à leur égard ?

PETA se la pète

Il est une association qui milite pour les animaux. Non, ce n’est pas la SPA : la SPA cherche à leur venir en aide. Celle dont il est question ici défend leur susceptibilité vis-à-vis d’un vocabulaire qui pourrait les blesser. Elle s’appelle PETA et pour ceux qui ne parlent pas djeun’s, « se la péter » signifie « se hausser du col ».

PETA est l’acronyme de Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux. Ce pitoyable petit groupe estime que

« Les mots peuvent créer un monde plus inclusif ou perpétuer l’oppression. Utiliser un animal comme une insulte renforce le mythe selon lequel les humains sont supérieurs aux autres animaux et qu’il est justifié de les bafouer (CNEWS). »

Précisons tout de suite que nous trouvons le nom de l’association injurieux pour les tiques. Que ceux qui aiment les tiques nous suivent : tous en-semble, al-lons por-ter plainte !

En version originale, PETA pète plus haut que son postérieur, au point que ses membres ont mauvaise haleine : ils estiment que traiter un mâle hétéro de « chauvinist pig » (littéralement « cochon chauvin », l’anglais pour « macho »), c’est bien, mais il faudrait supprimer le mot « pig ».

Traiter un macho de chauvin n’aurait aucun sens, mais ces militants ne prétendent pas avoir un cerveau : ils n’en ont pas besoin puisqu’ils ont raison, quoi qu’ils disent.

Dans le même esprit (oups ! mauvais choix syntaxique), ils récusent également « poule mouillée », qui en anglais se dit « chicken » (poulet) et s’utilise aussi comme verbe. Réclamons des « safe rooms » dans les poulaillers, avec des psychologues spécialisés en gallinacéologie, afin d’aider les victimes à surmonter leur traumatisme.

Les insultes animalières, c’est mal

Et les comparaisons ? Si on décrit une personne en disant qu’elle a le tonus d’une huître, le charisme d’un bigorneau et la mémoire d’un poisson rouge, sera-t-on accusé d’aquatico-fauno-phobie ?

L’association gagnante du PROUT d’or 2021* estime que

« les humains pourraient au contraire, avec leur langage, créer un monde plus inclusif. »

(*Plus Ridicule OUTrage au bon sens)

Si PETA avait un minimum de cohérence, elle exigerait que les humains apprennent, dès la maternelle, les langages de toutes les espèces, car il est injuste de vouloir enseigner les idiomes humains aux dauphins et aux perroquets, même s’ils ont bien plus de facilités que nous dans les matières linguistiques.

En tout cas, suite à la lecture de la Bible, le SNCF (syndicat national des çerpents français) a porté plainte contre le diable. Celui-ci se serait déguisé en l’un des membres du syndicat pour offrir une pomme à une humaine. C’est injurieux. Il aurait dû se déguiser en sorcière, les espèces seraient restées chacune chez elle et les vaches auraient été bien gardées. Ah non, c’est elles qui auraient gardé les porcs balancés par MeToo ! CA♦

Cécile Attal, MABATIM.INFO

2 commentaires

  1. A l’heure où Macron entend sévir contre la consommation d’alcool, que faire de ces ivrognes de la sottise? Maïmonide distinguait l’âme des animaux de celle des hommes. Sans penser qu’un jour l‘âme des hommes aurait tout à envier celle de l’âne.

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