Les tomates magiques de Gaza

Depuis des siècles, on raconte aux enfants Jack et le haricot magique, on leur fait réciter La poule aux œufs d’or de Jean (de La Fontaine)… La relève est assurée : le conte qui servira de référence pour les siècles à venir était en train de s’écrire à l’entrée du pays du lait et du miel, le 22 mars 2021. Nos petits-enfants se régaleront avec David et les tomates en or.

Un conte qui sent le remake

Sous les pavés, la plage et sous les tomates, des lingots. Foin des œufs d’or démodés ! Au XXIe siècle, on parle de lingots d’or, exportés par des réfugiés qui survivent depuis 72 ans grâce à la charité internationale, dans la prison à ciel ouvert de Gaza. Ils ont été interceptés (les lingots, pas les réfugiés de la quatrième génération) au passage de Keren Shalom, qui sépare de l’État juif l’enclave soumise au blocus (Jewish Press).

Dans un conte de fées traditionnel, Mahmoud Abbas, saisi par un remords tardif, aurait plongé dans ses comptes off-shore ou dans ses réserves d’or pour financer les produits de première nécessité dont manquent les malheureux Gazaouis. Mais il s’agit d’un conte de faits. Alors c’est dans le sens inverse que circulaient les 13 kilos d’or, peints en noir (pour pouvoir bénéficier de la discrimination positive ?) planqués dans des caisses de tomates.

L’or a été confisqué : salauds de Juifs ! Leur réputation de voleurs et d’avares n’était plus à faire, mais là, elle a pris une nouvelle épaisseur. Correction : elle AURAIT PU prendre une nouvelle épaisseur… si la nouvelle avait eu ne serait-ce qu’un écho dans la presse mainstream de notre beau pays.

Version originale

Hélas… À la recherche, sur French Google, de « lingots d’or tomates Gaza », la seule réponse qui ne parle pas de salade ou de sauce date de 2013. Elle est d’ailleurs du même tonneau que celle des lingots de 2021 : il s’agit de l’arrestation, à la frontière entre la Jordanie et Israël, d’un employé consulaire français. L’homme conduisait une voiture immatriculée par le Consulat français de Jérusalem, une institution que de mauvais esprits surnomment « l’ambassade de France en Palestine ».

Ce que contenait le véhicule méritait un conte. Et un décompte. Une forte odeur de tabac ayant attiré l’attention du douanier, celui-ci a insisté pour que la voiture soit fouillée. Le conducteur s’est défendu comme un moche diable et quand quelqu’un en très haut lieu (pas sur le Mont Moriah, mais au Quai d’Orsay) lui a conseillé de laisser faire, il a essayé de faire demi-tour.

Las… Les colons juifs ont encore fait preuve de leur cruauté intrinsèque. En plus du blocus qu’ils imposent à ceux qui vivent sous leur occupation, ils ont empêché le brave chauffeur de livrer 152 lingots kilos d’or, 500 kilos de tabac, des centaines de téléphones portables tout neufs et 2 millions de dollars en chèques (France24).

Cette affaire étant restée strictement confidentielle (comprendre : « diffusée uniquement en Israël et dans la presse juive »), on ne sait pas ce qu’il est advenu du Robin (du Bois dont on fait la contrebande), qui avait été aussitôt expulsé vers le pays des Droits de l’homme. Peut-être a-t-il eu un blâme ?

Il est plus vraisemblable qu’on lui ait discrètement offert un bonus et décerné la Légion d’honneur dans la plus stricte intimité.

Les acteurs changent, pas le scénario

Si l’employeur était le même, c’est-à-dire le consulat français, c’était un autre employé qui, en 2018, a « utilisé un véhicule de sport appartenant au consulat afin de transporter 70 pistolets et deux fusils d’assaut entre la bande de Gaza, administrée par le Hamas, et la Cisjordanie. Il aurait effectué cinq trajets entre les deux territoires palestiniens (France24). »

Les armes de guerre lui avaient été confiées par un salarié palestinien du centre culturel de Gaza, la Bande étant leader dans la production d’armes dites « artisanales ». Artisanales au départ, mais létales à la réception.

Normalement, le contrôle des véhicules consulaires est une formalité. On ne sait pas ce qui a mis la puce à l’oreille du douanier, ce jour-là, mais il a mis les pieds dans un plat bien épicé et a interrompu un trafic d’armes qui se menait bon train.

Trafic d’armes, cet activisme que l’on doit admirer à l’égal du transport de valises pour le FLN, pendant la guerre d’Algérie ? Oui. Les médias français ont habitué leur public à considérer ces opérations comme une défense particulière des droits de l’homme : tuer des colons (synonyme de « juifs ») où que ce soit, et même s’ils portent encore des couches, est digne de louanges.

Certes, on ne donne pas, en France, le nom de terroristes à des écoles, mais on ne les baptise pas non plus de celui de professeurs assassinés pour leur travail (France 3). Quant aux assassins de petits civils juifs, certaines communes du 9-3 qui se prennent pour Gaza, décident régulièrement de les nommer citoyens d’honneur (le Parisien).

Dans les deux autres Palestine, que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza, les écoles portent des noms de « martyrs », qui ont réussi à cumuler leur amour de la mort avec l’assassinat de Juifs (Libre Belgique). Ce n’est pas le seul signe par lequel on encourage les enfants à suivre leur exemple : il y a aussi les pièces de théâtre qu’on leur fait jouer, les chansons qu’on leur fait chanter et les histoires qu’on leur fait apprendre par cœur (Times of Israel).

Les carottes sont cuites pour le destinataire des tomates

Revenons à nos moutons, qui sont herbivores, certes, mais qui n’apprécient pas les herbacées de la famille des Solanacées, même rouges : ce 24 mars 2021, les services israéliens continuent de chercher qui était le destinataire cisjordanien du chargement des tomates au cœur d’or noirci. Ne pas confondre avec les noires de Crimée : c’était de la peinture. Ni avec les cœurs-de-bœuf : l’or devait financer l’arrêt du cœur d’humains, pas de bovins.

Quoique, pour les terroristes palestiniens, les Juifs sont plutôt des animaux, précisément des singes et des chiens, comme l’indique le Coran (Memri).

Quant à leurs thuriféraires européens, en particulier français, ils sont souvent aussi engagés dans l’anti-spécisme, c’est-à-dire l’égalité entre humains et animaux, que dans l’antisionisme, c’est-à-dire l’égalité entre tous les peuples du monde à disposer d’eux-mêmes, sauf le peuple juif.

Dis-moi qui tu admires et je te dirai si tu dois manger des tomates ou du foin ! LM

Liliane Messika, MABATIM.INFO

3 commentaires

  1. La France est la plus grande donneuse de leçons de Droit/Morale à toute la planète.
    Elle a mis en place un système de verrouillage de l’information qui dure depuis des décennies.
    Le Quai d’Orsay décide des dépêches à diffuser, puis l’Agence France Propagande les publie, et les fournit aux torchons aux ordres qui les reprennent telles quelles sans les vérifier/recouper.
    En échange de cette complicité, les torchonistes reçoivent des subventions qui leur permettent de survire.
    On peut lire ainsi dans différents torchons, la marque de fabrique de l’agence poubelle qui a pris l’habitude d’appeler le Président TRUMP, le « milliardaire » ou le « septuagénaire » ou le « magnat de l’immobilier ».
    Ce matin, une dépêche sur la prétendue baisse de la désinformation depuis le départ de TRUMP, a été supprimée, tandis qu’elle porte aux nues la moindre déclaration du sénile Barak Obiden.
    Voilà une explication possible sur la censure permanente de certains événements qui déplaisent, et qui sont introuvables dans la presse aux ordres, ou dans les chaines d’infaux en continu.
    Parmi les obsessions pathologiques des Roquets d’Orsay : Israël, victime de toutes sortes de saloperies générées par des descendants de collabos, pour la plupart, des antisémites haineux.
    Inutile de revenir sur les différents scandales provoqués par Chiracaille à Jérusalem, ou à ceux du Micron.
    La France est devenue le pays le plus extrémiste de la Ligue Arabe.
    Pour compléter le billet de Liliane, un petit rappel.
    Romain Franck, originaire du nord de la France, est un volontaire international qui a été embauché comme chauffeur au Consulat de France, l’officieuse ambassade de « Palestine » à Jérusalem.
    Le Consulat lui a remis le passeport de service qui lui a permis d’utiliser une voiture officielle pour échapper à la Sécurité israélienne, afin de transporter des pistolets et des fusils d’assaut de Gaza vers la Judée Samarie, il a renouvelé son trafic d’armes à cinq reprises.
    Difficile d’imaginer que l’on puisse donner un passeport de service, avec possibilité d’utiliser un véhicule officiel, à un travailleur volontaire recruté pour deux ans…
    Ce sinistre individu travaillait également pour le Centre Culturel Français dans la bande de Gaza, autre obscure officine française dont on ignore quel rôle exact elle joue, dans un lieu où la culture n’a pas sa place pour s’épanouir et se développer.
    Dans une photo prise à Lille fin 2017, on peut voir ce trafiquant d’armes à l’air paumé, en compagnie de deux individus de type « islamistes » à l’air pas très net.
    Protégez-moi de mes « amis », de mes ennemis, je m’en charge….

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