« Danièle Sibony (Union des Juifs Français pour la Paix) » : une émule de Jimmy Lustig ?

« J’exige que le gouvernement israélien ferme et démolisse immédiatement Yad Vachem, le musée du souvenir de l’Holocauste à Jérusalem. Je l’exige au nom de l’avenir des Juifs. L’avenir des Juifs, c’est maintenant. Il nous faut tourner la page des persécutions. Plus jamais nous ne devrons prononcer le mot  »nazi », il faut le rayer de notre mémoire. »
Communiqué de presse de Jimmy Lustig, le pirate de l’air dans La Contrevie, roman de Philippe Roth1

Si je convoque Jimmy Lustig pour introduire cet article, c’est parce qu’il est le symbole de Juifs qui supportent tellement mal l’idée qu’on ait voulu les assassiner, eux ou leurs parents, dans des usines nazies d’extermination, qu’ils veulent refaire l’histoire. Jimmy est négationniste, mais pas par antisémitisme, au contraire parce qu’il veut libérer les Juifs. Il veut annuler rétroactivement le génocide. Jimmy a trouvé la solution, sa solution aux persécutions : il suffit de détruire Yad Vachem, le Mémorial de la Shoah. Il est convaincu que s’il parvient à dynamiter ce lieu de la mémoire, tout ira enfin bien. Ou plutôt tout sera allé bien. Aussi, il détourne un avion vers Munich, la ville des débuts de Hitler, et explique son acte :

« Dès qu’on atterrit à Munich on laisse le cauchemar là où il a commencé, Les Juifs sans Holocauste seront des Juifs sans ennemi… Ce seront des Juifs qu’on laissera enfin vivre. Dans dix minutes, on va réécrire notre avenir ».2

Un autre article de MABATIM décrit l’exemple d’Eli Barnavi, dont le comportement présente des similitudes avec celui de Jimmy Lustig. Barnavi, l’ambassadeur d’Israël, l’intellectuel dandy, est très conscient de la réalité de l’antisionisme et de sa portée antisémite. Comme Jimmy, pour rendre la Shoah moins horrible, il en prend le contrôle. Voici ce que j’en écrivais :

« Autour de nous, des Jimmy Lustig, terrorisés par le racisme, préfèrent croire que les Juifs sont responsables de l’antijudaïsme, que tout est de la faute des Israéliens. Si on en est responsable, on peut l’infléchir, l’arrêter. Alors ils s’en prennent à d’autres Juifs, au gouvernement israélien, qu’ils qualifient de responsables de l’antisionisme. »

Je vous propose aujourd’hui un autre possible Jimmy Lustig : Danièle Sibony, de l’Union Française Juive pour la Paix. L’UJFP critique ceux qui n’aiment pas qu’on critique la politique israélienne :

« Le projet sioniste en France consiste à empêcher toute critique du sionisme et d’Israël. Pour ce faire, il existe des outils bien rodés. Le premier consiste, si j’ose dire, à appuyer sur la touche ‘’antisémitisme’’. Si vous critiquez la politique israélienne, c’est que vous êtes antisémite. Le deuxième outil sert à désigner l’ennemi ou à participer à la désignation de l’’’ennemi intérieur’’, c’est-à-dire les musulmans. Au fond, on est pris dans l’idéologie néoconservatrice de la défense d’un Occident judéo-chrétien, dont le grand ennemi est l’islam »

Sur le site internet de l’UJFP, on trouve des articles et des prises de position qu’on ne voit pas sur MABATIM, comme la dénonciation de l’islamophobie et le rejet de la définition de l’antisémitisme selon l’IHRA. La Maire de Strasbourg a sans doute lu le site de l’UJFP. L’UJFP a des positions antisionistes et se situe résolument à l’extrême gauche. Notre objectif, ici, n’est pas de discuter ces idées, mais d’examiner la démarche de Danièle Sibony, selon ses propos :

En 2002, l’armée israélienne avait mené une opération à Jenine. Selon le rapport du secrétaire général des Nations unies, publié le 1ᵉʳ août 2002, le nombre total des morts est de 52 combattants palestiniens et 23 soldats israéliens. Il y a donc eu des combats très difficiles. Devant la difficulté d’identifier les personnes interrogées, le commandant de l’unité israélienne avait fait inscrire au feutre un numéro sur leur bras. Ces personnes devaient être relâchées rapidement. Il ne s’agissait ni d’une torture ni d’une atteinte aux droits de l’homme. Voici une intervention de Michèle Sibony devant des organisations chrétiennes, en 2002 :

« Pour nous, le seul héritage juif que nous puissions revendiquer, c’est l’adage juif : ‘’Tu ne feras pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse’’. Associé à l’héritage des persécutions, cet adage pèse de tout son poids dans notre éducation, notre conscience. Si ce n’est pas cela être juif, alors quel autre sens donner à cet héritage ?

Ces derniers mois, il est arrivé qu’on inscrive des numéros sur des bras de prisonniers palestiniens. Où est la mémoire ?
Qui est juif ?

A Jénine, les 200 prisonniers qui ont été libérés avaient les orteils brisés.
Qui est juif ?

A Jénine, les chars ont écrasé les maisons sur leurs habitants qui refusaient de se rendre.
Qui est juif ?

À Ramallah, on enferme des hommes, des enfants, des vieillards, on les empêche d’accéder aux soins. Leur représentant élu est assiégé, sans eau, sans électricité.
Qui est juif ?

On détruit des mosquées, on tire sur des églises, on vandalise des habitations, on écrase des voitures dans les rues, par plaisir.
Qui est juif ?

Les rapports envoyés par Gush Shalom [organisation de pacifistes israéliens] sont de véritables appels au secours vers l’Europe ; on y lit :
‘’l’armée israélienne se conduit comme des bandes de hooligans’’.
Où sont les Juifs ? »

La structure-même de cette intervention de Sibony, avec ce refrain « qui est juif ? », fait penser à un cantique ou une prière. Elle revendique la vraie judéité, elle serait plus juive que les autres, ceux qui « empêchent toute critique du sionisme et d’Israël ». D’emblée, en mettant l’accent sur le marquage au feutre des Palestiniens, Sibony renvoie ses interlocuteurs à la Shoah, même si marquages et tatouages ne sont pas comparables. Pas un mot sur les combats, qui auraient permis de mettre Israéliens et Palestiniens sur un plan d’égalité.

Étrange aveu : l’héritage juif, tel qu’il est décrit dans ce texte, ce sont les persécutions. On comprend que l’image d’une armée israélienne qui défend les Juifs contre de nouvelles persécutions soit insupportable. On ne sait plus qui est juif, ce sont peut-être, sans doute les Arabes palestiniens, puisqu’ils ont le bras marqué. Ce sont eux les victimes. L’armée israélienne a pris la place des nazis.

Ce qui est insupportable dans la Shoah, c’est l’aspect inéluctable : il n’y a pas de jugement, les victimes sont exterminées sans raison. Sans autre raison que le délire des nazis. Aussi, il est rassurant de penser qu’il y a une raison. Quitte à s’inventer une raison. C’est ce que semble faire Danièle Sibony. En mettant les Israéliens dans le rôle des nazis, Sibony prend le contrôle de l’antisémitisme, elle le rend moins horrible, moins inéluctable. Si les Juifs sont les oppresseurs, c’est moins horrible que les nazis. Il y a une chance pour que le pire « ne soit pas arrivé », comme aurait pu dire Jimmy Lustig, Sibony propose une démarche pour prendre le contrôle de la Shoah : accepter la paix telle que les Arabes veulent l’imposer. Même si cette paix ramène les Juifs dans un statut de dhimmitude. Le paradoxe serait qu’en tentant de sauver les Juifs, Sibony devienne l’alliée de ceux qui veulent les exterminer.

Le prochain article sera consacré à un Jimmy Lustig très connu, qui résout son angoisse par le négationnisme. AF

Alexandre Feigenbaum, MABATIM.INFO
Président de Dhimmi Watch

1 Collection folio page 22
2 Philippe Roth, La Contrevie, première édition 1986, folio, page 232

4 commentaires

  1. Bien entendu, ne pas confondre avec le Psy Daniel (sans « E ») Siboni, dont on se regale.
    En fait, c’est cette association qu’il fauf liquider ! Finalement, ne vise-t-elle pas l’extinction du judaïsme, et donc des Juifs ?
    Pas de chance, nous avons un contrat que Dieu Lui-même a bétonné. Il ne peut nous divorcés, et nous non plus.
    Alors,forcément, ça crée des tensions… Mais il y a la garantie que ça finira bien… 😇

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  2. […] « J’exige que le gouvernement israélien ferme et démolisse immédiatement Yad Vachem, le musée du souvenir de l’Holocauste à Jérusalem. Je l’exige au nom de l’avenir des Juifs. L’avenir des Juifs, c’est maintenant. Il nous faut tourner la page des persécutions. Plus jamais nous ne devrons prononcer le mot  »nazi », il faut le rayer de notre mémoire. »Communiqué de presse de Jimmy Lustig, le pirate de l’air dans La Contrevie, roman de Philippe Roth1 […]

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  3.  » Qu’est-ce qu’un islamo-gauchiste ? C’est soit un militant d’extrême gauche qui s’allie avec des groupes islamistes au nom de certains causes supposées révolutionnaires (anticapitalisme, anti-impérialisme, antisionisme, etc.), soit un islamiste qui se rapproche de l’extrême gauche pour des raisons tactico-stratégiques, en épousant certains de ses thèmes mobilisateurs.

    Dans les deux cas, l’antiracisme est invoqué. Tout islamo-gauchiste prétend lutter contre le racisme. Mais le « racisme » qu’il combat est avant tout le « racisme systémique », censé structurer les sociétés occidentales, dites encore « blanches ». Il s’ensuit que l’antiracisme des islamo-gauchistes se réduit au projet de détruire les sociétés occidentales accusées d’être intrinsèquement racistes. L’ennemi désigné est donc l’Occident et les sociétés occidentalisées. La « lutte contre le racisme » se transforme en lutte contre le « racisme systémique » ou contre toutes les discriminations dites « systémiques » (de race, de genre, de religion, etc.). »

    https://perditions-ideologiques.com/2021/04/10/liaisons-dangereuses-islamo-nazisme-islamo-gauchisme-islamo-decolonialisme/

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