« Missiles du Hezbollah, d’Iran et d’Irak, Roquettes de Gaza » : les scénarios catastrophe

Source :
Nadav Shragaï, Israël HaYom
01/04/2021

L’Institut pour la sécurité Nationale présente un scénario dans lequel les grands centres urbains et des sites stratégiques d’Israël subiront de graves dégâts infligés par des missiles de précision. Auteur du rapport, le général de réserve Udi Dekel déclare :

« Ce scénario est extrême mais réaliste, notre front intérieur est un point faible et nos investissements sont insuffisants pour parer une telle attaque. C’est un avertissement : une attaque balistique massive qui brouille les systèmes de détection et de défense de l’État d’Israël, est un scénario extrême, mais plausible.

Le général de brigade Udi Dekel l’a présenté comme probable, en titrant son avertissement :

« Personne n’est infaillible ».

Les médias et le discours public israéliens donnaient peu de place à la probabilité d’une attaque balistique massive. Le discours dans les médias concernant des dommages humains et matériels étendus, qu’une telle attaque entraînerait au secteur civil israélien, est lénifiant et en minimise les conséquences. Mais déjà en 2020 et surtout cette année, Oudi Dekel et son l’institut, à savoir, INSS (Institute for National Security Studies) de l’université de Tel-Aviv, plaçait cette menace en tête des dangers existentiels contre Israël. Le péril nucléaire apparaît comme infiniment plus grave, mais à court terme, une guerre qui pourrait éclater aux frontières nord et est d’Israël, contre une coalition dirigée par l’Iran et comprenant le Hezbollah, la Syrie, des milices pro-iraniennes syriennes et irakiennes, est ressentie comme plus réaliste par le public israélien..

Oudi Dekel, qui a terminé son service actif comme chef de la division stratégique de la planification à l’état-major général, considère, au vu de l’arsenal présent face à Israël, le scénario décrit plus haut comme « absolument pertinent et réaliste ».

Cet arsenal comprend :

  • des missiles et des drones à partir de la Syrie et du Liban (Hezbollah),
  • des missiles balistiques et des missiles de croisière à partir d’Iran et d’Irak,
  • et dans une variante du scénario initial, Israël recevrait des essaims de roquettes, des drones suicide et des obus de mortier de la bande de Gaza.

Par ailleurs, les ennemis de l’État juif possèdent des capacités opérationnelles pour utiliser leurs moyens militaires dans des attaques coordonnées et simultanées, concernant tout le territoire du pays.

Le rapport énumère les cibles privilégiées (connues et publiques) en Israël, que le rapport appelle des « cibles stratégiques vitales »: port et raffineries de Haïfa, centrales électriques et notamment celles d’Ashdod et d’Hertzliya, car construites sur la côte de la Méditerranée, infrastructures gazières, usines de dessalement, le Parlement « La Knesset », le bureau du Premier ministre, l’état-major général dans le quartier de la « Kirya » à Tel-Aviv, les bases de l’armée de l’air, l’aéroport Ben Gourion…

Si l’ennemi parvient à lancer des centaines de missiles en simultané depuis tous les fronts, ce qui selon Dekel est « une capacité non déraisonnable », alors la défense aérienne d’Israël aura probablement du mal à faire face. Il en résultera des destructions, à une échelle que le pays n’a jamais connue auparavant.

Toute fois, l’INSS voit la lumière au bout du tunnel. Les essais des missiles IAI1 Barak ER et de Flèche 4ᵉ génération, ont été couronnés de succès. Ces deux engins sont conçus pour faire face à la menace de missiles balistiques. Ce n’est que récemment que le général de division Isaac Brick a défini l’État d’Israël comme

« le pays le plus menacé du monde, vers lequel des milliers de missiles sont dirigés depuis des pays du Moyen-Orient ».

Brick estime qu’

« Israël n’a pas de réponse appropriée à ces menaces, ni offensive ni défensive »…

Brick est connu comme un opposant à l’establishment sécuritaire, tandis que Dekel, en revanche, vient du sérail sécuritaire. Malgré cette opposition, les deux généraux aboutissent pratiquement aux mêmes conclusions catastrophistes.

Le rapport Dekel souligne le large fossé entre l’intensification de la menace de missiles contre Israël et une réelle indifférence des habitants du pays, face à ce danger. La défense passive, appelée en Israël front intérieur est définie, dans le rapport Dekel, comme « une faiblesse critique dans la capacité de l’État à faire face à des conflits prolongés. Le rapport note :

« qu’Israël investit insuffisamment dans la préparation de son secteur civil, d’autant plus que la menace balistique, décrite dans le scénario extrême, est bien connue, et ce depuis longtemps. La capacité du front intérieur à faire face aux dégâts et à de nombreuses victimes, exige la cohésion entre le peuple et un gouvernement qui se soucie avant tout de l’avenir d’Israël.

Nous avons un grand débat parmi les experts. La crise du Covid a révélé une certaine faiblesse du public. Ce constat suscite un doute sur l’esprit de résilience des citoyens, en cas d’incident sécuritaire grave, tel un conflit militaire prolongé. Le public montrera-t-il une fois de plus la même solidarité qui l’a caractérisé durant les guerres passées ? Ceci est primordial s’agissant de la discipline et le respect des instructions dictées par les autorités, afin de réduire les pertes ».

Le rapport de Dekel note que :

« l’État s’abstient d’exposer l’ampleur du risque afin de maintenir, dans la conscience du public, notre capacité de dissuasion. Si cette capacité est affectée, les citoyens se sentiront en danger et la résilience nationale en sera gravement affectée. Dans la course aux armements entre l’ennemi attaquant et Israël défensif, Israël est en infériorité parce que le développement, par nos ennemis, d’engins peu sophistiqués dont la production est peu onéreuse. Alors que les moyens de défense à la pointe de la modernité demandent de lourds investissements et des essais et expérimentations chronophages ».

Dekel conseille aux décideurs israéliens de bien intégrer, dans leurs prévisions, les nouvelles capacités, et en particulier celles de la Russie, telles que les missiles de croisière supersoniques et les missiles balistiques, dont les trajectoires sont difficiles à prévoir et l’interception plus problématique, car en fin de compte, « toutes ces avancées sont susceptibles d’arriver dans notre région, dans un avenir pas si éloigné. »

L’auteur du rapport décrit la manière dont Israël a développé un système de défense aérienne multicouches : « Dôme de fer », « Baguette Magique », « Fronde de David » et « Flèche ». En même temps Dekel considère que :

« Ce concept multicouche ne fournit pas une réponse efficace aux diverses menaces, en particulier si les attaques sont « multi frontales et simultanées, comprenant des armes agressives de divers types. ».

Le rapport fournit une longue liste de menaces, allant des plus primitives pouvant atteindre 40 kilomètres, lancées depuis Gaza, puis les roquettes « Fajr » d’une portée de 50 à 90 km et les roquettes « Zalala » de 100 à 200 km, et jusqu’au missile « Fatah 100 » et « If-600 » pour des portées allant jusqu’à 500 km. La liste comprend également des missiles « Scud » de divers modèles, d’une portée de 300 à 700 km, qui peuvent être lancés depuis la Syrie et le nord du Liban, des missiles « Shihab » 3 et 4 d’une portée de 1300 à 2000 km, qui peuvent être lancés depuis l’Iran, et les missiles de croisière, qui pourraient être lancées aussi bien d’Iran que d’Irak.

Dekel met sur la table d’autres préoccupations, qui ne sont pas évoquées publiquement. Par exemple : « une utilisation intelligente des ressources balistiques, par l’envoi de salves de missiles variés, dont la quantité pourrait mettre en échec la stratégie prioritaire de Tsahal et épuiser rapidement le stock stratégique d’intercepteurs. Dekel évoque également le coût élevé de ce type d’affrontements : plus de 30 milliards de dollars, et ce montant ne comprend pas les dommages aux personnes et aux biens.

Quels sont les facteurs possibles qui pourraient conduire à une telle attaque de missiles contre Israël ?

Une attaque contre Israël pourrait se développer à partir d’un incident isolé, en réponse à une escalade et renforcer la motivation de l’ennemi à mener des frappes balistiques et/ou avec d’autres moyens aériens. Une telle attaque pourrait augmenter la légitimité régionale des ennemis d’Israël, et même la légitimité internationale.

Général Dekel présente des scénarios qui pourraient entraîner une escalade.

« Une attaque secrète israélienne, où Israël ne reconnaîtrait pas sa responsabilité. Cette attaque viserait les sites d’infrastructure de développement nucléaire de l’Iran, ce qui entraînerait de graves dommages matériels aux sites d’assemblage de missiles de précision et les sites de stockage en Syrie, au Liban et en Irak. Cette attaque pourrait causer de lourdes pertes humaines aux scientifiques, aux travailleurs et aux militaires stationnés à l’intérieur et autours de ces sites stratégiques ».

Autre scénario :

« un acte terroriste d’extrémistes juifs qui conduirait à la destruction de parties importantes de la mosquée Al-Aqsa et causerait des centaines de victimes directes et/ou indirectes dans les émeutes qui s’ensuivraient ».

L’Iran peut être tenté d’attaquer, car il connaît les faiblesses et les lacunes du front intérieur israélien. Lors d’une telle attaque, l’ennemi s’efforcerait de mener une campagne longue et multi fronts. Il concentrerait ses attaques de missiles de précision, essentiellement contre les infrastructures militaires. En revanche, pour les civils, il lancerait des missiles, massivement et sans distinction de cibles « Pour annihiler les capacités de combat, affaiblir la résilience économique et sociale. De cette façon et au fil du temps, présenter une image de victoire, qui affecterait le moral de la population d’Israël. »

Le rapport souligne le fait nouveau que constitue la « révolution balistique de précision », qui apporte

« un changement radical dans les capacités d’attaque de l’ennemi. Le tir de plusieurs missiles de précision est, statistiquement, bien plus efficace que le tir aveugle de dizaines ou de centaines de missiles et roquettes. La capacité de l’ennemi à présenter une ‘’image de victoire’’ en raison des dommages causés aux sites stratégiques ou aux symboles du gouvernement de l’État d’Israël »

représente un nouvel équilibre de la terreur.

Face à la nouvelle situation, le candidat Joe Biden, avait promis, qu’il consulterait ses partenaires, afin d’inclure dans les nouveaux accords avec Iran, la thématique balistique. Dès lors, le président Biden sera mis à l’épreuve afin que ses promesses deviennent réalités. EG

Édouard Gris, MABATIM.INFO
Traduction et adaptation

1 Israel Aircraft Industries

4 commentaires

  1. si on agit comme toujours en evitant de detruire un immeuble habite par des civils aux etages superieurs, civils qui protegent les terroristes qui se situent aux etages inferieurs, avec toute une armada, c’est nos civils a nous qui prendront les coups. nous sommes de bons samaritains, nous preferons etre tues plutot que tuer les familles de terrosites.

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  2. Rien de très nouveau dans le listing des menaces, ni dans l’explication d’une reponse impossible en cas d’attaque massive, simultanée et coordonnée des enemies et alliés de l’Iran.
    Mais il est bon de rappeller que la menace plus vonventionnelle est toujours là après le succès de la destruction du site des centrifugeuses de Natanz.
    Je m’étonne que la dissuasion nucléaire en cas d’attaque massive coordonnee ne soit pas évoquée dans cet article. Car c’est bien dans ce cas que son sens reapparait.

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    • Si Israël appliquait simplement oeil pour oeil dent pour dent ça suffirait à dissuader ou à détruit ses ennemis , exemple 10 missiles sont tirés sur Israël de Gaza capitale , Israël enverra 10 missiles du Gaza sans viser comme le font les terroristes arabes …

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