Les otages à la mode de chez nous… et d’ailleurs

De nos jours, l’otage idéal.e se porte voilée et reconnaissante des quatre ans de parenthèse spirituelle passés avec le groupe djihadiste qui l’a enlevée. Sophie Pétronin répond à ces critères. Elle est retournée chez ses ravisseurs1. Son nom pourrait devenir un substantif générique, la Frigidaire des otages !

Les otages à l’insu de leur plein gré passent plus difficilement la barre des rédactions… surtout quand ils ont tout pour plaire et que l’on ne veut pas déplaire à leurs ravisseurs.

Certains otages sont classés has been avant d’avoir atteint les Unes

Deux jeunes retenus au secret depuis 2014 et 2015 par le Hamas en sont un bon exemple : on n’en trouve pas trace dans les médias français, alors qu’ils ont été kidnappés dans la région où la densité de journalistes au m2 est la plus élevée au monde (Monde Diplomatique) et où, donc, la couverture médiatique est la plus profuse (ShareOK). Alors, pourquoi l’omerta ?

Leurs noms font partie du problème : Avera Mengistu et Hicham Al-Sayed, c’est pas catholique !

Et surtout, ils sont prisonniers du Hamas, qui jouit d’une sympathie spontanée sur les quais de Seine.

Que le Hamas capture des Juifs, normal et c’est bien fait pour eux, car tous les juifs peuvent être étiquetés « colons », ce qui justifie leur incarcération par les « combattants de la liberté ».

Avera Mengistu est juif, mais…

« No Jews, no news »…

Si y a pas de juif, c’est pas de l’info. Y a pas non plus d’info quand y a un juif, mais qu’il est du mauvais côté, c’est-à-dire de celui des victimes et qu’il n’y a vraiment aucun moyen de le faire passer pour l’agresseur.

Juif c’est de l’info, mais juif noir, c’est compliqué à expliquer. D’autant qu’ils sont environ 150 000 en Israël, (Wikipédia) exfiltrés d’Éthiopie lors des opérations Moïse (1983-1985), puis Salomon (1990-1992).

Black Lives Matter a imprimé dans l’inconscient collectif que les Juifs bénéficient, ès qualité, du privilège blanc. Montrer au public qu’une importante proportion de ces privilégiés blancs est constituée d’immigrés noirs, dans un pays qu’on aime accuser d’apartheid, risquerait de déstabiliser le public. Or on a à cœur, de part et d’autre de l’Atlantique, de ne désespérer ni Saint-Denis ni la Californie.

Et l’autre otage, Hicham Al-Sayed ? Lui, c’est encore pire : il est carrément musulman. Pourquoi le Hamas kidnapperait-il un frère ? Parce que, en tant que citoyen israélien arabe, il bénéficiera de tous les efforts de l’État juif pour être ramené à sa famille. Donc rançon, donc échange contre des prisonniers ayant du sang juif sur les mains. Et mauvaise presse. Pas pour le Hamas, bien sûr, contre Israël.

Circonstance aggravante : les deux otages sont des handicapés mentaux

En France, ce sont les assassins au cri de Allah Akhbar, qui ont des antécédents psychiatriques. Publier que l’État juif met toute sa puissance et sa diplomatie au service de la libération de deux malades mentaux, l’un noir et l’autre Arabe, ça le fait pas, Coco, tu veux pas faire le jeu de l’entité sioniste, quand même ? Coco ne veut pas, ce serait pire que d’interviewer Le Pen, donc Coco se tait et personne, en Europe, ne connaît le sort d’Avera et Hisham.

En Israël non plus, d’ailleurs.

Les deux jeunes sont tenus au secret depuis 6 ans pour l’un, 7 pour l’autre.

Les détenus dans les prisons palestiniennes, que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza ne bénéficient pas de la loi internationale qui garantit la visite de la Croix-Rouge aux prisonniers.

Nul ne s’en offusque. La Croix-Rouge elle-même se contente de faire des remarques discrètes. Des délégués du CICR ont rencontré Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza, en septembre 2017, pour lui murmurer quelques principes de base : les deux handicapés mentaux étant entrés à Gaza dans des conditions sans rapport avec le conflit armé, le droit exige qu’ils soient inculpés d’un délit ou libérés, et de toute façon traités humainement, c’est-à-dire qu’ils doivent recevoir les soins nécessaires à leur état, pouvoir contacter leur famille et bénéficier des visites de la Croix-Rouge.

Le seul résultat tangible de la rencontre entre le Boss du Hamas et les rouges croix, c’est une photo de leur poignée de mains (JPost). Et la seule indication que les deux jeunes handicapés sont toujours vivants est la diffusion par le Hamas, pour sa com’ interne, de photos d’eux, vêtus d’uniformes dessinés par Photoshop. Faire croire que ces réformés pour handicap mental sont des soldats israéliens, ça c’est du journalisme, Coco (Human Rights Watch).

Les cadavres juifs n’ont pas les mêmes droits que les autres

On ne sait pas si Jacques de Maio, le chef du CICR en Israël et dans l’Autorité palestinienne, a fait savoir que ce n’était pas gentil, de la part de la branche armée du Hamas, de diffuser un clip musical narguant les parents de deux soldats juifs morts en 2014 (Times of Israel). Leurs dépouilles servent au Hamas d’instrument de chantage et de monnaie d’échange pour des criminels palestiniens jugés et emprisonnés en Israël. Ceux-là sont visités régulièrement par la Croix-Rouge et par des armées d’ONG.

Les morts, même s’ils étaient soldats de Tsahal de leur vivant, sont quand même protégés par le droit international :

« Les restes humains doivent être traités avec dignité, identifiés et rendus aux familles concernées (Croix Rouge). »

Le Hamas ne se sent pas concerné par le droit international.

Ses innombrables soutiens français non plus, pour qui le qualificatif s’appliquant aux Israéliens n’est pas « humains » mais « colons », quelle que soit la partie d’Israël où ils vivaient.

C’est logique, puisque les palestinolâtres veulent « libérer la Palestine du fleuve à la mer », c’est-à-dire sur 100 % du territoire israélien.

Ça, Coco, c’est un éclairage inutile. Efface ! (En français dans le texte : « Cancel ! ») LM

Liliane Messika, MABATIM.INFO


1 Sophie Pétronin, 76 ans, a mal vécu son retour, en mars dernier, à une civilisation qu’elle méprisait. Elle est repartie au Mali, quelques mois après son rapatriement sur le sol français.

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