La Russie, le Père la Vertu (l’Occident), et Israël

En poursuivant la collusion avec la Russie à Vienne, les affirmations de l’Occident selon lesquelles les sanctions que les États-Unis et leurs alliés imposent à la Russie sont fondées sur la moralité, s’effondrent.

Mercredi soir, le journaliste israélien Ron Ben-Yishai a rapporté de Kiev que le site commémoratif de Babi Yar était intact. Mardi, pendant tout un cycle d’informations, les dirigeants ukrainiens, depuis le président Volodymyr Zelensky, ont utilisé un rapport sur un prétendu bombardement russe du site où les forces ukrainiennes et nazies ont massacré 33 000 Juifs en deux jours en septembre 1941 pour diaboliser la Russie. Ils ont également utilisé le prétendu bombardement russe pour blanchir le bilan de l’Ukraine en matière de collaboration massive avec les nazis dans le génocide des Juifs ukrainiens pendant l’Holocauste.

Russie – Ukraine : beaucoup plus de gris que de noir ou de blanc

L’exploitation obscène et cynique de Babi Yar par l’Ukraine et le bombardement russe qui n’a pas eu lieu doivent servir de leçon à Israël : il y a beaucoup plus de gris que de noir ou de blanc dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Puisque les médias occidentaux et israéliens ont donné une couverture maximale à la noirceur de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il est logique de considérer le caractère douteux de la revendication de l’Ukraine au titre de démocratie libérale.

Le président russe Vladimir Poutine et ses collaborateurs ont fait des déclarations excessives accusant l’Ukraine d’être un État nazi. Mais ce n’est pas parce que ces accusations sont exagérées qu’elles ne sont pas fondées. Il y a beaucoup de nazis en Ukraine.

Maidan 2014 révolution libérale ?

Certes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est juif. Mais comme l’a rapporté le journal allemand Die Welt en 2020, Zelensky doit son élection au soutien qu’il a reçu du ministre ukrainien de l’Intérieur de l’époque, Arsten Avakov. Avakov, qui a servi sous Zelensky jusqu’en juillet dernier, est le plus puissant mécène des nazis ukrainiens depuis la révolution de Maidan en 2014.

La révolution de Maidan, qui a fait tomber le président ukrainien pro-russe Viktor Yanukovych, est largement considérée comme ayant été une révolution libérale. Mais la vérité est plus compliquée. La révolution de Maïdan n’aurait pas réussi sans le soutien de la milice néonazie du Bataillon Azov.

Avakov, qui a commencé son mandat de sept ans et demi en tant que ministre de l’Intérieur en 2014, a intégré le bataillon Azov dans la Garde nationale ukrainienne. Avakov a fait de Vadym Troyan, l’un des chefs du bataillon Azov, son adjoint.

Bien que le successeur d’Avakov, Denys Monastryrsky, soit membre du parti de Zelensky, il est largement considéré comme l’homme d’Avakov. Au minimum, Monastryrsky n’a rien fait pour purger les nazis d’Azov de la Garde nationale ukrainienne. Les rapports des médias de la semaine dernière ont montré qu’ils ont joué un rôle important dans les combats à Mariupol et Kharkiv.

L’Ukraine n’est pas le seul prétendu gentil à souffrir d’une déficience morale. Il y a aussi ses partisans occidentaux. Et la réponse de l’Occident à l’invasion de l’Ukraine par la Russie devrait inquiéter spécifiquement Israël bien plus que les nazis ukrainiens ou les forces d’invasion russes.

Biden : « Pas de réaction de l’OTAN en cas d’’’invasion mineure’’ de la Russie »

Le premier aspect du comportement de l’Occident qui mérite d’être examiné est son rôle dans la promotion de l’invasion russe. Si Poutine est évidemment la personne la plus responsable de l’invasion russe, le président américain Joe Biden, le chancelier allemand Olaf Scholz et le prédécesseur de Scholz, Angela Merkel, sont également coupables de la décision de Poutine d’appuyer sur la gâchette et d’envahir le pays.

Il y a un mois et demi, Biden a effectivement donné à Poutine le feu vert pour envahir l’Ukraine lorsqu’il a déclaré lors d’une conférence de presse que l’OTAN ne saurait pas comment réagir si la Russie effectuait une « incursion mineure » en Ukraine.

La politique énergétique désastreuse de l’Allemagne

Quant à l’Allemagne, sous Scholz et Merkel, elle a été le soutien le plus fidèle de la Russie. L’Allemagne a adopté une politique énergétique hypocrite et écologiquement insensée qui a rendu l’Allemagne et une grande partie de l’Europe dépendantes de la Russie pour leur gaz et leur pétrole, et qui a pratiquement mis fin à la production nationale allemande d’énergie nucléaire propre.

Certes, dans les semaines qui ont précédé l’invasion russe, Biden et ses conseillers ont intensifié leur rhétorique contre la Russie. Mais leurs déclarations étaient tellement hystériques qu’il était difficile de les prendre au sérieux. La véhémence de leurs avertissements quant à l’imminence d’une invasion russe a obligé Zelensky à leur dire de se calmer à plusieurs reprises. Leurs menaces de sanctions étaient vagues et semblaient à peine vérifiées. Et en effet, les premières sanctions annoncées par Biden après l’invasion russe étaient fondamentalement peu sérieuses.

Mais subitement, au cours de la semaine dernière, la situation s’est complètement retournée.

Dans les annales de la guerre moderne, il n’y a pas de précédent à la campagne financière que les nations occidentales ont lancée contre la Russie. Les sanctions imposées par les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon et les États européens sont si sévères que, malgré le fait que la Russie ait développé une économie largement autonome et très diversifiée et qu’elle ait constitué une réserve massive de devises étrangères, tous les Russes en ressentent les effets. Le rouble a perdu 30 % de sa valeur en quelques jours. La décision des géants technologiques Google et Apple de bloquer l’utilisation de leurs systèmes de paiement en Russie, l’expulsion des plus grandes banques russes du système SWIFT ainsi que d’autres mesures, ont plongé tous les citoyens russes dans une détresse financière importante.

Qu’est-ce qui explique ce changement de position de l’Occident, qui a provoqué un coup de fouet ? Comment se fait-il qu’un jour, les Allemands et les Américains donnaient au mieux un feu orange à une invasion russe, et que le lendemain, ils aient adopté des mesures financières visant à mettre le peuple russe à genoux et à forcer Poutine à quitter le pouvoir ?

La collusion Occident-Russie aux pourparlers de Vienne est-elle aussi « morale » ?

Ce n’est pas la moralité qui les pousse à bout. Si Biden et ses partenaires étaient plus préoccupés par la moralité, ils ne maintiendraient pas les lignes de gaz et les cargaisons de pétrole en provenance de Russie, et ne financeraient donc pas la guerre de Poutine. De même, ils n’appauvriraient pas le peuple russe pour faire tomber Poutine au service d’une Ukraine moralement compromise, tout en laissant la Russie dicter les termes des négociations nucléaires avec l’Iran à Vienne.

Et en effet, c’est dans la collusion continue de l’Occident avec la Russie à Vienne, que l’affirmation selon laquelle les sanctions que les États-Unis et leurs alliés imposent à la Russie sont fondées sur la moralité, s’effondre.

Mercredi, Gabriel Noronha, ancien fonctionnaire du département d’État et expert en sanctions contre l’Iran, a publié un long message sur Twitter dans lequel il donnait les détails de l’accord nucléaire que les États-Unis sont sur le point de conclure la semaine prochaine à Vienne avec l’Iran. M. Noronha s’est adressé à des fonctionnaires de carrière du Conseil national de sécurité, du département d’État et de l’Union européenne, qui lui ont révélé le contenu de l’accord pratiquement achevé dans l’espoir d’inciter le Congrès à empêcher M. Biden de persister avant qu’il ne soit trop tard.

Vienne : effondrement des positions américaines face à l’Iran

Les sources de Noronha ont décrit un effondrement total de toutes les positions américaines, avec une volonté d’abroger toutes les sanctions contre les maîtres du terrorisme iranien. L’envoyé de Biden, Robert Malley, aurait accepté de retirer le Corps des gardiens de la révolution iranienne de la liste des groupes terroristes étrangers du département d’État. Il a également accepté de retirer de la liste les producteurs d’armes de destruction massive et les institutions iraniennes qui financent et mènent des actions de terreur, de prolifération d’armes de destruction massive, de répression, de meurtres de masse, de torture et d’autres crimes.

L’allègement des sanctions concédé par M. Biden permettra à l’Iran de bénéficier d’une injection de liquidités de plus de 90 milliards de dollars immédiatement après la conclusion de l’accord, et de 50 milliards de dollars supplémentaires par an grâce aux revenus du pétrole et du gaz. Bien entendu, l’accord fournira également aux Iraniens la légitimité des États-Unis et des Nations unies alors qu’ils franchiront la ligne d’arrivée nucléaire et commenceront à produire des ogives nucléaires d’ici deux ans et demi.

Un régime de sanctions contre l’Iran, qui n’induirait qu’une fraction de la douleur que la guerre financière de l’Occident contre la Russie déclenche, ferait tomber le régime et libérerait en peu de temps le peuple iranien qui souffre depuis longtemps. Cela éliminerait la plus grande et la plus dangereuse force d’instabilité, de terreur, de guerre et de prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Au lieu de cela, Biden est obsédé par la conclusion d’un accord nucléaire avec les mollahs, quelles que soient ses dispositions, depuis le moment où il a prêté serment. Les Européens, pour leur part, ont mené une campagne de 20 ans pour protéger l’Iran et son programme nucléaire contre Israël et les États-Unis.

La moralité n’est pas la seule chose qui manque aux efforts sans précédent de l’Occident pour briser l’économie russe. La logique stratégique est également difficile à discerner.

La stratégie commence par la géographie. L’Ukraine est située entre la Russie et l’UE/OTAN. D’un point de vue stratégique, il n’y a que deux destins possibles pour une nation située au beau milieu de deux puissances concurrentes. Elle peut soit rester neutre dans la compétition qui les oppose, soit devenir un État satellite d’un camp. La neutralité induira la stabilité. À moins que les deux puissances ne conviennent que l’État frontalier peut rejoindre l’un des camps, le rattachement d’un État frontalier à l’une des puissances concurrentes engendrera l’instabilité et augmentera la probabilité d’une guerre.

La Russie était prête à accepter la possibilité que l’Ukraine devienne un État neutre, mais au cours des 15 dernières années, Poutine a déclaré à plusieurs reprises qu’il considérait la perspective d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ou à l’UE comme un casus belli. Le protocole de Minsk de 2014, que l’Ukraine a accepté et que l’Occident a parrainé, a ouvert la voie pour que l’Ukraine devienne un État neutre. Si les États-Unis et leurs alliés avaient agi stratégiquement, ils auraient exhorté Zelensky à mettre en œuvre le protocole de Minsk, qui prévoyait l’autonomie des provinces pro-russes de l’est de l’Ukraine. Au lieu de cela, alors que Poutine déployait des dizaines de milliers de forces russes à la frontière ukrainienne, Biden aurait donné à Zelensky l’impression que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN était possible à tout moment. Et maintenant, l’UE applaudit la demande d’adhésion de Zelensky à l’UE, réduisant ainsi à presque zéro la perspective d’une résolution pacifique du conflit.

Les moutons de Panurge à l’aide de la politique

En observant les déclarations de vertu des dirigeants occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’impression indubitable est que ce à quoi nous assistons n’est pas une politique fondée sur la moralité ou la stratégie. Nous sommes témoins de la façon dont un troupeau élabore une politique. L’élaboration d’une politique de troupeau implique que toutes les parties adoptent la même politique parce que tout le monde adopte la même politique. Dans le contexte actuel, tout le monde s’accorde à dire que l’Ukraine est un modèle de démocratie libérale parce que tout le monde s’accorde à dire que l’Ukraine est un modèle de démocratie libérale. Tout le monde est d’accord pour dire que Poutine est mauvais et fou et doit être chassé du pouvoir parce que tout le monde est d’accord pour dire que Poutine est mauvais, fou et doit être chassé du pouvoir.

L’adhésion de l’Occident à la politique du troupeau contre la Russie est une menace stratégique pour Israël.

Certes, Israël n’est pas la Russie. Et les Palestiniens et l’Iran ne sont pas l’Ukraine. Alors qu’il y a de solides arguments à faire valoir contre la Russie et pour l’Ukraine, il n’y a aucune justification stratégique ou morale à l’hostilité que l’UE et la gauche progressiste des États-Unis manifestent à l’égard d’Israël. Il n’y a aucune justification stratégique ou morale à leur soutien aux Palestiniens ou au régime iranien, qui tous deux promettent la destruction d’Israël.

Il y a une explication antisémite aux positions de l’Occident. Et il y a une explication politique par le troupeau pour leurs positions.

Si la guerre financière totale de l’Occident contre la Russie est couronnée de succès, il est évident qu’elle sera rapidement adoptée comme procédure opérationnelle standard. Il y a de nombreux dirigeants dans le troupeau occidental qui aimeraient l’essayer sur Israël. Par conséquent, Israël doit s’inquiéter du fait que la prochaine fois que ses ennemis déclencheront une guerre contre lui, ces voix du troupeau s’élèveront pour appeler à retourner leur nouvelle arme contre l’État juif. CG

Caroline Glick, IsraelHaYom


Adaptation avec l’aide de www. DeepL.com/Translator

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s