L’imagination est au pouvoir depuis longtemps

La révolution cognitive et la colle mythique

Les sciences cognitives sont nées dans les années 1950. Elles cherchent à comprendre, reproduire les mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle. Elles s’intéressent à l’anthropologie, la linguistique, la psychologie, aux neurosciences, à la philosophie et à l’intelligence artificielle.

On a longtemps cru que l’homme avait manifesté tardivement des capacités cognitives (symbole, art, imagination…), mais il semble aujourd’hui que ces capacités sont anciennes (grottes ornées…). On considère que la conquête du monde par l’Homo sapiens, à partir de –70 000 avant le présent, est due à une révolution cognitive qui lui a donné des facultés nouvelles en matière de langage, de transmission d’information, de coopération, de relations sociales permettant de constituer des groupes plus grands, de préparer et d’exécuter des actions plus complexes…

Cette révolution cognitive serait due, selon une théorie, à une mutation génétique accidentelle facilitant le langage, permettant entre autres par plus de bavardages de dépasser les limites des coalitions (20 à 50 individus) que l’on observe chez nos cousins (chimpanzés…) et d’atteindre facilement des groupes de 150 individus. Pour dépasser ce niveau de 150, les sciences cognitives considèrent qu’il faut de la fiction, des mythes partagés, on parle à ce sujet de colle mythique.

Les définitions : mythe, théorie, complot, théorie complotiste

Un mythe est un récit largement cru ne correspondant à aucune réalité et qui du fait de son partage peut orienter, mobiliser, fédérer… Les mythes sont généralement des histoires qui se transmettent depuis des générations, sont souvent des contes populaires incarnant le savoir collectif de peuples primitifs ou préscientifiques en tant qu’héritage culturel. Les raisons de la création de mythes varient, mais les quatre fonctions principales des mythes sont : expliquer l’inexplicable, répondre aux espoirs des sociétés, instruire moralement, distraire.

Une théorie est une hypothèse supposée à des fins d’argumentation ou d’enquête. Une bonne théorie ne contient pas de contradiction interne, correspond aux données observées, n’est incompatible avec aucune et peut prédire des données encore inconnues. Il y a trois façons de remettre en question une théorie : montrer que les preuves à l’appui ne résistent pas à l’examen, qu’il existe une preuve que cela ne peut pas être vrai, ou des preuves qui semblent la contredire.

Un complot est une association, un accord entre des personnes (civils, responsables politiques, religieux…) pour : tromper, induire en erreur, frauder d’autres personnes de leurs droits, obtenir un avantage injuste, enfreindre la loi, renverser un gouvernement…

Une théorie complotiste est un récit purement fictif concernant l’origine conspirationniste d’événements. Ce sont généralement des histoires compliquées multipliant les protagonistes, les coïncidences, les sources d’information non académiques… Ces histoires sont toujours sous-tendues par une idéologie qui met en cause suivant les cas : l’état, les capitalistes… les militaires… les laboratoires pharmaceutiques…

Les théories et mythes : religieux ou politiques

Les mythes et théories, dont l’origine remonte à la nuit des temps, ont beaucoup affecté les civilisations, ont causé d’incroyables dégâts, notamment au travers des religions et de la science. Si la science progresse grâce à sa production de nombreuses théories, l’ignorance des hommes et leur don à l’imagination les ont poussés à se figurer que des dieux étaient les instigateurs des phénomènes naturels.

Les religions sont le plus souvent des facteurs antisociaux de division par les pressions, les persécutions exercées du fait de l’intolérance de personnes persuadées que les fables auxquelles ils croient sont LA VÉRITÉ (Christianisme, Islamisme…). Il existe aussi des perversions politiques fondées sur des théories scientifiques aberrantes : nazisme (race des surhommes…) ; communisme (l’Histoire a un sens et conduit à la dictature du prolétariat…) ; naturalisme ; wokisme…

Toute société a ses hiérarchies imaginaires (caste, religion, finance, sexe…), les nations sont des communautés imaginaires, les droits de l’homme n’existent que dans l’imagination… Tous ces ordres imaginaires, comme en particulier le triptyque « liberté, égalité, fraternité », ont pour fonction d’organiser la coopération entre les hommes.

L’imagination est au pouvoir

En mai 1968 les étudiants revendiquaient mettre l’imagination au pouvoir et pensaient ainsi révolutionner la société, mais s’ils ont été créatifs, force est de constater qu’ils n’avaient pas été attendus et que les Homo sapiens de -70 000 les avaient devancés.

Enfin si l’imagination est à l’origine de la colle mythique, elle-même facteur de coopération, ce n’est pas le seul moyen de sociabilisation et je recommande aussi à ce sujet de suivre les conseils de Marina Rollman : MB

Michel Bruley, MABATIM.INFO

Un commentaire

  1. Et la psychiatrie humaine dans tout ce beau discours???? Les villages Indiens amazoniens n’ont pas de schizophrènes ni Paranoïaques ni Dépressifs ni Bipolaires ni Hysterophobiques ou obsessionnels?
    Toit le monde est Normal, quoi….. et on se demande comment ce Monde Normal fabrique la série constante des pathologies personnelles et sociales, avant que le Milieu ne les série et les sur-fabrique éventuellement, aux « marges »…

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