« Réponse à nos pacifistes », par Zeev Jabotinsky

« La Paix Maintenant » (Shalom Ah’chav)

J’ai rencontré des dizaines de fois nos pacifistes, et à chaque rencontre je leur demande :

« Comment se fait-il que vous ne prêchiez vos conceptions que parmi les Juifs ? Allez donc chez les Arabes, et allez savoir chez eux à quelles conditions ils accepteraient de faire la paix. »

Et je ne suis évidemment pas le seul à poser cette question, que tout le monde pose. Cependant ils s’entêtent et ne vont pas voir les Arabes. Plus encore, ils sont très offensés lorsque quelqu’un d’autre se rend chez les Arabes et leur expose les conceptions des pacifistes, en leur demandant leur avis.

Il y a environ trois ans, Ernest Davis, correspondant d’un des journaux berlinois à Jérusalem, s’est rendu à la rédaction d’un journal arabe et a discuté avec le rédacteur en chef de ces propositions de paix. Il a retranscrit intégralement ses propres propos et la réponse du rédacteur en chef arabe. Les propos de M. Davis comportaient un exposé très précis de l’homélie des membres de « Brith Shalom » – précis et fidèle à tel point que même l’organe de ce camp, en hébreu et en anglais, n’ont pas pu y trouver – malgré tous leurs efforts – la moindre erreur. Pourtant, leur journal était plein de colère contre M. Davis. Pour quelle raison ? La paix serait-elle leur droit exclusif ? N’est-ce pas l’obligation d’un journaliste et reporter de vérifier quel est l’état d’esprit des parties ? Ils sont emplis de colère, parce que la réponse du rédacteur en chef arabe était claire :

« Nous ne voulons pas la paix, tant que vous n’aurez pas renoncé à la Déclaration Balfour, et surtout – à l’émigration juive, sans notre accord. Vous voulez conclure un accord de paix ? Eh bien, acceptez de transférer tout ce qui existe dans le pays, et en particulier votre immigration, sous le contrôle d’un Parlement à majorité arabe. Alors, dans la mesure du nécessaire, nous autoriserons les Juifs à venir en Israël. »

Il n’existe aucune autre réponse chez les Arabes – ceux qui disent ce qu’ils ont sur le cœur – et on ne pourra pas non plus obtenir une réponse différente tant qu’existera le régime politique actuel en Israël. Nos pacifistes le savent bien, aussi ils n’osent pas discuter avec les Arabes.

Dans le camp des « pacifistes », il existe trois groupes :

1 le premier est celui des « Manilov ». Ils sont persuadés que tout dépend de la question de savoir sur quel ton nous parlerons aux Arabes. Si nous leur parlons sur un ton caressant, cordial et convaincant, alors les Arabes accepteront tout. Il suffit de leur expliquer que nous allons les enrichir, leur apprendre comment utiliser des tracteurs et les rapprocher de la culture, et de manière générale, nous ferons d’eux des êtres humains. Si nous parvenons à leur expliquer tout cela, ils acquiesceront de la tête et diront : c’est tout autre chose. S’il en est ainsi, alors venez s’il vous plaît, « Croissez et multipliez-vous et remplissez la terre ». Cela sera particulièrement utile si nous leur enseignons également une leçon tirée des conceptions de Springer, dans les termes qui réjouissaient le cœur des élèves externes membres du défunt Bund ;

« la nation en tant que telle, n’a pas besoin de territoire. L’essentiel est l’autonomie personnelle ».

Et peu importe de savoir qui est la majorité et qui la minorité. Si seulement les Arabes comprenaient cette vérité (et si, dans le même temps, ils ne s’avisaient pas de demander : « dans ce cas, pourquoi vous importe-t-il de créer une concentration juive en Eretz-Israël ? »), alors la terre sainte deviendrait un monde festif, plein d’une farandole sans fin. Il ne vaut pas la peine d’examiner sérieusement les conceptions des « Malinov ». Il suffira de préciser une chose : cette conception repose sur un profond mépris, inconscient, envers les Arabes. Dans ce premier groupe, ce mépris est au niveau de l’inconscient. Dans leurs cœurs, profondément, ils sont convaincus de les respecter.

2 Il existe un deuxième groupe, dont l’élément moteur est un mépris affiché pour les Arabes. Son principal représentant nous a plus d’une fois déclaré :

« Croyez-moi, nous avons le même objectif. J’aspire moi aussi à une majorité juive. Cependant, il vaut mieux présenter les choses de manière tout à fait différente. Si nous nous montrons généreux, nous trouverons des Arabes, y compris parmi les plus importants, qui attesteront à voix haute la véracité de nos propos apaisants. De la sorte, nous pourrons gagner du temps. »

– Sois plus direct, lui demanderai-je, tu souhaites les tromper ?

– Pourquoi employer de tels mots ?

– Et tu penses qu’il est possible de faire croire cela à un peuple aussi intelligent que les Arabes et qu’ils le goberont ?

– Oui. Ils le goberont. Je les connais !

Il ne vaut pas non plus la peine de s’attarder sur la vision du monde de ce groupe.

3 Et finalement, le troisième groupe… Leur conception sur cette question est plus profonde. Ils comprennent qu’un langage délicat et une ruse provinciale ne servent à rien. C’est pourquoi ils proposent de consentir à des concessions importantes. De la sorte, nous ne deviendrons certes jamais avoir la majorité dans le pays, c’est pourquoi il n’y a aucune logique à transférer aux Arabes le contrôle de l’immigration juive. La première chose que nous devons faire, selon eux, est d’appuyer l’exigence arabe de créer en Eretz-Israël un authentique Parlement, avec bien entendu une majorité arabe, car ils sont majoritaires dans le pays. Il va de soi qu’ils auront alors le dernier mot pour décider combien de Juifs auront le droit d’entrer dans le pays. Une grande immigration sera impossible, mais ils autoriseront une immigration modeste, car ils n’auront plus peur de nous. Et cela nous suffit – et c’est le point de départ de la philosophie, au nom de laquelle on couvre de honte la mémoire d’Ahad Aham (dont les conceptions n’avaient rien à voir avec celles-ci. Il concevait en effet un « centre spirituel » en Eretz-Israël disposant d’une majorité juive, comme le montre son article « Trois degrés »). ZJ

Zeev Jabotinsky, MABATIM.INFO


(Remerciements à Pierre Lurçat pour ce rappel)

Article publié en russe sous le titre « La paix » dans Rassviet, 3 novembre 1929, Paris. La présente traduction est établie à partir de la version en hébreu. Extrait du recueil à paraître Le mur de fer. Les Arabes et nous, La bibliothèque sioniste 2022.

Un commentaire

  1. Le Monde est essentiellement psychotique et borderline; seule un minorité 20% est Névrotique-normale. (Jean Bergeret: Personnalité Normale et Pathologique -Dunod 1974)
    Ceci vaut pour tout le monde; avec un glissement vers les « mauvais genres » chez les peuples moins mûrs et moins intelligents! Les Juifs plus fragiles (Clermont Tonnerre et A. Gregoire???!!!) sont encore lus cinglés mais aussi plus intelligents ce qui n’arrange finalement as tellement le Tableau……………..

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