Israël : « Sur la route du Nord »

C’est à chaque fois la même sensation d’apaisement. La voiture roule vers le Nord, je reviens d’un week-end à Tel Aviv, ou à Jérusalem, ou d’ailleurs. La route numéro deux défile, je passe Herzliya, puis Netanya, les grandes villes s’éloignent, le tumulte du Centre laisse la place aux grands espaces, je tourne à droite vers Zikhon Yaacov et je continue mon ascension.

À Yokneam déjà, quelque chose dans mon corps se détend. Les premiers grands champs font leur apparition. Le paysage est relativement plat, l’histoire d’Israël est tellement riche dans ce coin du pays, la chanson Chir HaEmek me tourne dans la tête : Mi Beit Alpha ad Nahalal… et dire qu’un aéroport y verra peut être bientôt le jour, au grand désespoir des habitants.

Le calme se répand en moi. La voiture continue à rouler vers le Nord, vers ma Galilée. Les villages arabes sont de plus en plus nombreux, je traverse leurs grands axes avec les yeux posés plus haut, sur le paysage qui change et les premières collines qui font leur apparition.

En arrivant près de chez moi, dans la région de Misgav, je ne suis pas encore à la maison mais c’est tout comme. La nature est là, majestueuse, partout aux alentours. Les villages de Misgav sont posés tout en haut des collines, à chaque colline sa communauté, ses maisons, ses habitants, son caractère. Le mien est tout en haut, tout au bout d’une des plus belles routes du pays, une beauté à couper le souffle.

Quand j’arrive enfin, là aussi tout est calme, le vert est partout, les fleurs, sur un rocher le nom du yichouv est écrit en mosaïque. Ça a été fait par les jeunes locaux il y a quelques années. Chaque recoin du village est le fruit d’un projet communautaire, toujours bénévole. Le panneau à l’entrée annonce la prochaine fête, c’est une habitante douée en design graphique qui vient peindre presque tous les mois un nouveau rendez-vous. En ce moment, il n’y a pas de fêtes, alors on a gardé le Shana Tova du mois de septembre. Pour qui rentrerait la première fois ici, ça semblerait peut être vide de vie, seulement très beau. « Il n’y a pas un chat dans les rues ».

Seuls les habitants savent tout ce qui se cache derrière ce calme. La vie de la communauté. La vie des communautés à l’intérieur de la communauté.

Les projets qui se mettent en place, la simplicité, l’entraide, l’authenticité.

La grande ville est très loin, j’ai roulé presque deux heures. J’ai quitté l’anonymat, je suis rentrée à la maison. ER

Élisabeth Rozen, Blog

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