Les intersectionnels sectionnés dans leur élan

[7 octobre 2022]

Plus on est de victimes plus on rit

Pour étendre le domaine de la lutte, rien de tel que l’intersectionnalité, une méthode géniale brevetée outre-Atlantique. Elle consiste à optimiser les manifs et déclarations, en amalgamant les plaintes de tous ceux qui réclament des privilèges en réparation de victimitudes passées présentes et à venir. Un mélange hétéroclite, un peu comme les NUPES : les arc-en-ciel défilent avec les islamistes verts, les féministes avec les féminicides, les antiracistes avec les antisémites, les défenseurs des petits Palestiniens avec ceux qui les font exploser. Vous imaginez le boulot des chargés de com’ quand il faut mettre au point un slogan prononçable par tous les gosiers ? La solution vient des maths et s’appelle PPDC : plus petit dénominateur commun.

De temps en temps, c’est « Mort aux Juifs », plus souvent « Palestine vaincra ! » qui dit la même chose, mais en politiquement correct dans le texte.

La réalité comme autant de bavures

Une info récente risque de faire des étincelles entre les LGBT et les palestinolâtres. Elle a pour nom Ahmed Hakm Hamdi Abu Markhia. Il avait 25 ans, il était palestinien et gay.

Un Palestinien gay, c’est un oxymore, car dans les Territoires que les LGBT veulent « libérer du fleuve (Jourdain) à la mer (Méditerranée) » à chaque Gay Pride, la peine de mort sanctionne les coupables d’homosexualité.

Les penchants sexuels d’Ahmed Hakm ayant été révélés à Hébron, sa ville natale, il a demandé l’asile en Israël, où il a été hébergé dans un refuge sécurisé, le temps qu’on lui obtienne les papiers nécessaires pour émigrer au Canada. Mais le Canada a durci sa réglementation, ce qui se traduit par un allongement des délais.

Cela a laissé le temps à une brigade locale de la vertu de le kidnapper, de le décapiter et de le démembrer.

La vidéo fait un carton dans les Territoires et en Jordanie.

La directrice du refuge pour Palestiniens et Arabes israéliens LGBT est dévastée et reproche aux Canadiens leur lenteur : « S’ils s’étaient dépêché, il serait encore en vie ! (Yonkers Tribune) »

Oui, il y a en Israël des refuges spécialement dédiés aux musulmans persécutés pour leur homosexualité !

Ce meurtre barbare est considéré avec satisfaction comme justice divine par les barbus, y compris ceux qui défilent avec les LGBT français « contre l’islamophobie systémique ».

Heureusement que les médias français ne pleurent les morts palestiniens que si on peut les attribuer aux Juifs, sinon, il y aurait du vent dans les voiles intersectionnel(le)s !

Les homos et les enfants d’abord

On sait, depuis des décennies, que les terroristes palestiniens préfèrent les enfants morts aux vivants. Question de com’. Mais « on est un con », comme disaient les profs de français du temps où ils enseignaient la grammaire, aussi « on » est le seul à savoir cela, car la palestinolâtrie qui sévit dans nos villes et nos campa-ââ-gneuh ferait taire les journalistes s’ils osaient parler de la réalité palestinienne.

C’est donc la presse internationale qui nous apprend les malheurs d’Ibrahim Ramadan, gouverneur de la ville de Naplouse. Il s’est permis de critiquer les mères qui envoyaient leurs enfants en mission kamikaze :

« Il y a des femmes qui envoient leurs enfants au combat. Elles prennent des photos avec eux et les envoient se suicider. Est-ce cela l’action d’une mère ? Pour moi, ce n’est pas une mère. »

La déclaration a fait scandale. Pas parce qu’elle était vraie, mais parce que, en disant cela, le gouverneur allait « à l’encontre d’un large consensus au sein de la société palestinienne, et il fait donc l’objet de beaucoup de critiques (Algemeiner)». Il a été obligé de présenter ses excuses pour ne pas être démis de ses fonctions, voire bien pire.

Les associations trans, qui aiment tellement les enfants qu’elles voudraient tous les recruter, auraient pu être choquées que les parents palestiniens les préfèrent morts pour la com’ plutôt que bien dans leurs baskets, roses, bleues ou arc-en-ciel.

Heureusement, elles pourront continuer de défiler avec le chœur des « combattants de la liberté », car nul média français n’a mentionné cette information : « Tu ne veux quand même pas faire le jeu des sionistes, Coco ? »

L’intersectionnalité est un sacerdoce de plus en plus difficile

Ceux qui pratiquent l’amalgame woke sont contre. Contre les Blancs, contre le patriarcat, contre l’État juif, contre l’hétéro-normativité, contre le boucher syrien Bashar el-Assad…

Le bilan d’el-Assad est considérable : près de 307 000 civils tués, soit 1,5 % de la population totale au début du conflit, sans compter tous les « morts en raison de la perte d’accès aux soins de santé, à la nourriture, à l’eau potable et à d’autres droits de l’homme essentiels, qui restent à évaluer. (ONU)»

Parmi ces morts, les défenseurs des droits humains avaient dénombré, en 2019, déjà 3685 Palestiniens, dont 467 femmes et 200 enfants (Al Araby). Sauf que si le plus grand camp de réfugiés palestiniens de Syrie, Yarmouk, a été pilonné en juillet 2013, c’était… par le FPLP, le Front de libération de la Palestine. Il s’agit d’un mouvement que les palestinolâtres français soutiennent contre Israël, qui l’accuse de terrorisme.

« Le FPLP-CG a été décrit comme un affidé syrien. Le groupe a combattu en Syrie du côté d’Assad, notamment dans le camp de réfugiés de Yarmouk en juillet 2013, et son siège est à Damas. Le groupe a publié plusieurs déclarations de soutien au gouvernement syrien, au Hezbollah et à l’Iran.(Mackenzie Institute) »

Discret changement de cap

Les leaders du Hamas avaient pris le parti du peuple syrien contre le Boucher de Damas, en 2011 et, l’année suivante, ils avaient quitté leur QG de Damas.

Bachar n’avait pas aimé, l’Iran encore moins. Ça s’est arrangé.

« Les relations du Hamas avec l’Iran ont été rétablies par la suite et les responsables du Hamas ont félicité la République islamique pour l’aide qu’elle leur a apportée dans la constitution de leur arsenal de roquettes à longue portée à Gaza, qu’ils ont utilisé pour combattre Israël. »

Le 6 octobre 2022, on a appris que deux envoyés du Hamas allaient se rendre à Damas pour renouer avec le dirigeant syrien.

« La normalisation des liens avec le gouvernement d’Assad pourrait contribuer à rétablir l’inclusion du Hamas dans… ‘l’axe de la résistance’ contre Israël, qui comprend également l’Iran et le puissant groupe armé chiite Hezbollah du Liban. Le Hamas a avancé au pas de fourmi, craignant« un retour de bâton de la part de ses financiers et autres partisans, majoritairement musulmans sunnites, étant donné que la plupart des victimes de la répression d’Assad en Syrie étaient sunnites.(Reuters) »

Les palestinolâtres français, qui disent « je t’aime » au Hamas quand Gaza attaque Israël, vont-ils lui chanter « moi non plus » avec la chorale de ses « financiers et autres partisans » ?

Vous ne le saurez pas en lisant le prochain épisode, car celui-ci, comme les précédents, est autocensuré dans les médias français. LM

Liliane Messika, Atlantico

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