Climat : Catastrophe mondiale ! Vraiment ? 

Au moment de la conférence de Sharm el Sheikh sur le climat (Novembre 2022), nous diffusons l’interview par le journaliste Alex Tseitlin, du professeur Yonatan Doubi, titulaire de la chaire de physique-chimie et de thermodynamique de l’université Ben Gurion de Beer-Sheva (Février 2022).

Mesure de la température

La mesure des températures de manière scientifique date, plus ou moins, de la fin du 19 siècle. Avec les moyens d’aujourd’hui, à savoir des appareils de mesure de la température de la Terre déployés, du moins sur les continents, de façon à peu près régulière. À la question, est-ce que la Terre se réchauffe de manière « anormale » (encore faudrait il définir « anormale ») il y a des indications (par capteurs directs) dans le sens du probable réchauffement, ainsi que par des observations indirectes, comme des carottes prélevées sur des glaciers. Au cours des derniers 150 ans, la Terre s’est réchauffée de 1 à 1,2 °C. Est-ce un réchauffement « anormal » ? Il faudrait se pencher sur les interprétations des données et des centaines et peut-être des milliers de variables, pour déterminer si l’augmentation de la température est normale ou non.

Au cours des derniers 150 ans, la Terre s’est réchauffée de 1 à 1,2 °C. Est-ce un réchauffement « anormal » ?

Les avis sur cette question sont, on s’en douterait, très partagés. En ce qui le concerne, le Pr Doubi ne pense pas que cette augmentation soit anormale, quelles que soient les périodes considérées. Par exemple, dans les derniers 140 ans, le réchauffement s’est opéré en deux sauts. Le premier, entre 1900 à 1940 puis de 1970 à 2000. Depuis 2000 le réchauffement est très graduel et modéré. Le rythme du réchauffement entre les années 1900 et 1940 était presque identique au rythme des derniers 50 ans. Il faut remarquer que le réchauffement du début du XX siècle s’est opéré, avant que les émissions du bioxyde de carbone (CO2) ne deviennent significatives. Aujourd’hui, nous avons des méthodes scientifiques (carottes glacières, analyses de roches, et autres), ainsi que des témoignages (des documents qui décrivent des hivers très doux et des étés caniculaires) permettent d’affirmer qu’entre les années 1000 et 1400, la Terre était aussi chaude qu’actuellement. Cette situation, d’après les témoignages, prévalait pratiquement, sur l’ensemble du monde connu à l’époque.

… la température dépend de tellement de paramètres dont le nombre total nous est inconnu et ceux que nous connaissons varient tellement, qu’il est impossible aujourd’hui de construire un modèle fiable et exploitable de la météo

La Terre reçoit l’énergie solaire de façon inégale. Ensuite, la température dépend de tellement de paramètres dont le nombre total nous est inconnu et ceux que nous connaissons varient tellement, qu’il est impossible aujourd’hui de construire un modèle fiable et exploitable de la météo. C’est cette incertitude qui fait dire au Pr Doubi que la « température moyenne » de la Terre est un concept relatif à un modèle de calcul suivant les variables utilisées. Il est absolument vrai que le CO2 crée un effet de serre, car il empêche la chaleur emmagasinée par un corps de se dissiper. Il n’y a pas de discussion, concernant ce phénomène, car c’est de la thermophysique classique.

La problématique est tout autre et elle est quantitative : c’est-à-dire, à partir de quelle concentration de CO2 dans l’atmosphère, celui-ci agit-il sur la variation de la température ?

« Crise climatique »

La réponse est simple : nous ne le savons pas. Cette variation est évaluée entre 1,5 à 5 fois la concentration du CO2, susceptible d’influencer la température. Cette amplitude est énorme, c’est l’une des nombreuses variables qui ne nous permet pas de définir l’impact de la concentration sur la température. Et des variables incertaines comme celle-ci sont légion. La raison qui nous fait dire « nous ne savons pas » est que la mécanique météorologique terrestre n’est pas une statistique simple et elle s’avère d’une complexité inimaginable. La Terre n’est pas une bouilloire remplie de gaz. La température est influencée par la topographie terrestre, par les océans, par l’interaction de ceux-ci avec l’atmosphère et avec les continents et par énormément d’autres facteurs, dont l’action sur le climat, de par leur complexité, nous fait dire, que l’état de nos connaissances sur les variables agissant sur le climat sont tout simplement insuffisantes. Donc, la grande incertitude par rapport au CO2 nous empêche de donner des réponses péremptoires. De plus, malgré de nombreuses études, cette incertitude est restée la même durant les 50 dernières années.

Disons quelques mots sur la terminologie qu’utilisent ceux qui estiment que le climat se dérègle. Leur expression favorite c’est « la crise climatique ». Le terme « crise » n’a aucune signification scientifique et relève plustôt d’une appréciation subjective, d’une situation donnée. Ce mot est utilisé par des communicants et des « lanceurs d’alerte » à propos du climat, et pas par les scientifiques. Les chercheurs ne s’appuient que sur des études, sur des données, sur les calculs, etc.

Le rapport du GIEC

Aucune donnée disponible actuellement, ne justifie ces emballements médiatiques ou politiques, sur l’urgence à agir pour sauver l’humanité. La preuve d’absence d’urgence se trouve dans le rapport du GIEC, lui-même. S’agissant de la montée du niveau des mers, le rapport du GIEC donne des chiffres suivants pour les 100 dernières années. Ces chiffres sont : 3 mm par an, donc 3 cm pour une décennie et par conséquent 30 cm pour 100 ans En clair, depuis 1920 le niveau des mers est monté de 30 cm.

Le Pr Doubi discute à propos de cette donnée avec beaucoup de ses confrères du monde entier et ni eux ni lui, n’arrivent pas comprendre, pourquoi ce phénomène naturel et somme toute très lent, crée une panique chez des gens qui ne sont pas des scientifiques. D’autant plus que les hommes sont tout à fait capables de se prémunir contre cette montée. Il suffit de regarder des Hollandais, qui ont crée des canaux et barrages et ce depuis des centaines d’années. Ensuite, regardons les phénomènes climatiques naturels extrêmes, telles que : cyclones, sécheresses, inondations, orages de grêle, tempêtes de sable, etc. Dans le même rapport du GIEC, il est écrit noir sur blanc que dans les 100 dernières années, aucune augmentation mesurable de fréquence ou de violence de ces phénomènes climatiques n’a été observée. Toujours dans le rapport du GIEC, on constate une augmentation des pluies, mais le même rapport affirme qu’il n’y a aucun lien entre l’augmentation des précipitations et le nombre d’inondations observées durant les 100 dernières années. Durant les 120 dernières années, la température a augmenté de 1 à 1,2 °C, la population mondiale a été multipliée par trois. Malgré cela, la probabilité de mourir, à cause des catastrophes naturelles a baissé de 99 %, par rapport au nombre des morts durant les siècles précédents (évalué grâce aux archives du dernier millénaire).

PIB (produit intérieur brut)

On peut se demander quel est le lien entre le PIB et la problématique du climat. D’ailleurs, ni les politiciens, ni les lobbyistes, ni les partisans de l’écologie catastrophiste n’en parlent. Quelle serait l’influence des variations du climat sur le PIB mondial. Pourtant, c’est une question pertinente, qui a été posée dans les dernières décennies du 20 siècle par l’économiste William Nordhaus. Il a travaillé sur des modélisations qui permettent de répondre à cette question. En 2018 il a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur les interactions du climat sur l’économie mondiale. Les modélisations de William Nordhaus figurent dans le rapport du GIEC de 2014. Dans ce rapport, on pose la question : 

« quarrivera au PIB, si rien nest entrepris contre le réchauffement climatique ? »

Toujours dans le même rapport on présente quatre scénarios, du plus optimiste au plus pessimiste, où la variable RCP1 est modifiée selon les modélisations de William Nordhaus. Curieusement, les rédacteurs du rapport prennent comme hypothèse de calcul, jusqu’à l’année 2100, la plus pessimiste, à savoir RCP 8,5 (voir note 1) et dans ce cas, le PIB augmentera de 4,34 %. Par ailleurs, les instances économiques mondiales, telle que le FMI, la Banque Mondiale l’une des instances de l’ONU ou Fond de développement de l’ONU et le GIEC lui-même, par des calculs classiques, arrivent toujours, jusqu’à 2100, à une augmentation du PIB de 4,5 %. Donc, l’influence du climat sur le PIB jusqu’à 2100 ne serait que de… – 0,16 % et ce dans le scénario le plus pessimiste.

Sur ces chiffres, il y a un consensus de la plupart des scientifiques travaillant sur le climat. Curieusement, ils ne figurent que dans la partie scientifique du rapport, à la page 679. En revanche, dans la partie du rapport destinée aux décideurs politiques, ces données sont absentes. Cet escamotage constitue l’un des mensonges (et il n’est pas le seul) par omission faussant la compréhension du rapport, par les politiques, les bureaucrates, les lobbyistes et toutes sortes de « lanceurs d’alerte ».

Concernant tout ce qui est présenté plus haut, est-il responsable de créer une panique mondiale, instiller le doute dans la tête de la jeunesse, par la campagne mondiale de peur et par des Greta Thunberg (qui la finance ?), quant à la survie du monde.

Lactivité humaine et le climat

Peut-on dire que « le climat se dérègle à cause de lactivité humaine » ? Toutes les études, modélisations et calculs ne sont pas en mesure de répondre à cette question aujourd’hui. Bref, il est impossible de dire si oui ou non l’activité humaine impacte le climat et si c’est oui, nous ne savons pas mesurer cet impact. Toutefois, après la conférence de Paris en 2015, le statisticien et économiste danois Biørn Lomborg a créé un modèle basé sur un postulat hypothétique où tous les pays présents à cette conférence auraient adapté leurs économies pour se conformer aux résolutions de la conférence. Dans ce cas, Lomborg a démontré que le coût de cette adaptation serait, au niveau mondial, de 100 milliards de dollars par an. En revanche, l’augmentation de la température correspondant à ce coût faramineux serait de… 0,17 °C’en 100 ans. Ce résultat montre que l’impact de l’activité humaine sur le climat serait marginal voire nul.

Énergie fossile vs énergie renouvelable

Aujourd’hui, notre dépendance aux énergies fossiles, ne permet à aucun pays de s’en affranchir, ni d’ailleurs de l’énergie nucléaire, à moins de retourner au mode de vie du 17 siècle. Les politiciens et les bureaucrates exhortent tous les pays à investir dans les énergies renouvelables. Donc, les cent milliards devraient servir à un passage des énergies fossiles vers les énergies renouvelables, d’origine éolienne et photovoltaïque. Mais ce passage ne diminuerait, en aucune façon, les émissions de CO2 et voici pourquoi.

Les énergies renouvelables sont intermittentes, c’est-à-dire que le vent ne souffle pas tout le temps et les panneaux photovoltaïques sont inactifs la nuit. En revanche, le besoin en énergie, lui, est constant. Cette constance ne peut s’obtenir qu’en faisant fonctionner de grandes centrales électriques à énergies fossiles et nucléaires, ainsi que des petites centrales, quand le besoin s’en fait sentir. Or, pour des raisons techniques, les grandes centrales ne peuvent pas être arrêtées pour diminuer les émissions de CO2 (leur redémarrage est long, coûteux et énergivore, donc pas de diminution des émissions de CO2). En revanche, les petites centrales sont plus souples dans leur fonctionnement, mais leur arrêt et redémarrage n’épargne en rien les énergies fossiles et provoque d’importantes émissions de CO2. Dans le meilleur des cas, la diminution (grâce aux sources intermittentes) et l’augmentation (à cause de sources fossiles) des émissions, donnent un résultat nul. Donc, l’unique solution pour annuler les émissions du CO2 est utiliser l’énergie nucléaire. La France, qui produit 70 % de son énergie électrique grâce à son parc nucléaire, est le pays qui émet, proportionnellement, le moins de particules fines et de CO2 de tous les pays industrialisés, sauf peut-être des pays scandinaves, qui ont beaucoup de sources hydroélectriques et géothermiques (Islande).

Depuis les cinq dernières années, sous la pression des écologistes, l’Europe a investi essentiellement dans les énergies renouvelables, éoliennes et capteurs photovoltaïques. On parle surtout de l’Allemagne, du Danemark, de la Belgique, de l’Écosse, de l’Irlande et de la France qui fait des coupes sombres dans les budgets d’entretien de ses centrales nucléaires. Pour des raisons idéologiques, ces pays n’ont pas investi dans les structures gazières (terminaux gaziers, moyens de stockage et de transport du gaz et la mise à niveau de leurs réseaux de distribution). Par manque de chance, durant six mois de l’année dernière, il n’y avait pratiquement pas de vent et les grands champs éoliens off shore de la Mer du Nord, alimentant l’Allemagne, le Danemark, la Belgique, l’Écosse et l’Irlande n’ont fourni que le quart de l’énergie prévue. Curieusement, ce « petit caprice de la nature » n’a eu aucun écho dans les médias occidentaux. Par conséquent, les prix de l’électricité dans ces pays ont triplé. Du fait du marché commun européen d’énergie, les prix se sont alignés à la hausse dans toute la Communauté et continuent de monter, atteignant des niveaux jamais vus en Europe2.

Conférence du Professeur Doubi (hébreu)

La politique énergétique irresponsable de l’Europe

Les idéologues écolos européens estiment, qu’investir dans des énergies fossiles est hors de question, car c’est contribuer à la « catastrophe climatique ». Alors les européens, qui avaient, tout de même, besoin du gaz ont donné le robinet de gaz à Poutine. Puis la production des panneaux photovoltaïques et des éoliennes aux chinois. La Chine produit 85 % des équipements mondiaux d’énergie renouvelable. Résultat, l’Europe a abandonné l’indépendance énergétique sur l’autel de l’idéologie et de la mondialisation et n’est plus capable seule, d’assurer aujourd’hui, son mantra « la lute contre la future catastrophe climatique ». Sa politique irresponsable a atteint le résultat exactement contraire de celui qu’elle s’était fixée, avec une légèreté coupable.

Conclusion

Après tout ce qu’on a vu dans cet article, comment expliquer que la majorité des « spécialistes » du climat considèrent que nous courons tout droit à la catastrophe climatique, qui détruira l’humanité ? Donc, il y a des « spécialistes » et puis il y a des scientifiques. Les scientifiques s’efforcent d’interpréter des données et on serait étonné du nombre de scientifiques qui sont d’accord sur l’interprétation et la bonne compréhension des phénomènes liés au climat. Évidemment, la discussion peut être vive, mais elle est enrichissante. Les discussions entre les chercheurs créent de l’émulation très profitable à l’avancement de la science. En revanche, les « spécialistes » ou ceux qui se disent tels, sont très souvent des gens qui abordent les sujets climatiques avec des idées préconçues et somme toute idéologiques, et qui ne connaissent que dans les grandes lignes ces problématiques du climat.

Il est vrai que les vrais chercheurs se méfient du monde médiatique. La recherche a besoin de calme, de sérénité et de réflexion. Tout le contraire des affres médiatiques et des réseaux sociaux. Par ailleurs, le fonctionnement des politiciens, des lobbyistes et des fonctionnaires, c’est le bruit, surtout dans les médias, où celui qui crie le plus fort a raison. En plus, le sujet de la « catastrophe climatique » est devenu une vraie religion, où celui qui s’exprime contre le « clergé » qui enseigne la fin prochaine de l’homme dans des plaies climatiques extrêmes, sera « excommunié ».

Aujourd’hui, ne pas croire à cette religion est devenu politiquement incorrect. Alors les scientifiques laissent tous ces gens vociférer et continuent de travailler sereinement. EG

Édouard Gris, MABATIM.INFO
Traduction et adaptation


1 Un scénario RCP permet de modéliser le climat futur. Dans le cinquième rapport d’évaluation du GIEC (AR5, paru en 2014) et sur la base de quatre hypothèses différentes concernant la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise dans les années à venir (période 2000-2100), chaque scénario RCP donne une variante jugée probable du climat qui résultera du niveau d’émission choisi comme hypothèse de travail. Les quatre scénarios sont nommés d’après la gamme de forçage radiatif ainsi obtenue pour l’année 2100 : le scénario RCP 2.6 correspond à un forçage de +2,6 W/m2 (Watt par mètre carré), le scénario RCP 4.5 à +4,5 W/m2, et de même pour les scénarios RCP 6 et RCP 8.53. Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.

2 Nous parlons de la situation d’avant la guerre russo-ukrainienne. Les augmentations du prix de l’énergie, objet de cet article, n’ont aucun lien avec l’arrêt des livraisons du gaz russe à l’Europe.

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Un commentaire

  1. Interressant et courageux dans ce climat culpabilisateur matraqué par les ONG les politiques et les médias.
    Mais un peu léger dans l’argumentation qui se résume par : On ne sait pas si c’est l’activité humaine…
    Et Alors ? On fait quoi ? On investigué dans quoi ?

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